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Archives de la ville de Semur

Enfin, le 9 Avril 1573, Nicolle Frolois, prêtre mépartiste de Notre-Dame, bachelier en droit, homme de bien et de grande intelligence, passa devant les notaires royaux François Josserand et Philibert Gaudot, en résidence à Semur, mi acte par lequel il dota le collège de rentes destinées à entretenir deux professeurs, l'un pour la grammaire et les humanités, l'autre pour la rhétorique. Cette donation est ainsi libellée :

« En nom de nostre Seigneur, amen. Comme l'institution des jeunes enfïans aux premières lettres, que l'on dit humaines, est la chose la plus requise et nécessaire pour l'instruction des jeunes enfïans, à quelque estât où il plaise à Dieu de les appeler, soit pour la connaissance des sainctes lettres que aultres civiles et humaines, et que pour cette saincte considération, cette ville de Semur-en-Auxois ayt érigé et faict bastir ung collège près le pont Pignard, où il y a quelque commencement de précepteurs aux gages de la dicte ville; pour l'entretennement du quel collège et bastiments d'iceulx, entretennement et augmentation des dicts précepteurs, selon que l'affluence des escolliers le requiert, je, Nicolle Frolois, prestre, bachelier-ès-droict, demeurant à Semur, de pure, franche et libéralle volonté, et pourvu que ainsy m'a pieu et plaict, ay donné et donne à la dite ville, par pure, parfaite et irrévocable donation, faicte entre les maire et eschevins présents, stipulans et acceptans, comme comparans par maistres Sebastien Champregnault maïeur, Nicole Odin, licencié èsdroit, Claude Dubois et Estienne Le Mulier, eschevins, tant pour eux que pour les aultres absens, avec nous notaires roj^aulx soubscripts, pour et au profict de la dite ville, et pour employer à l'entretennement du dict collège et gages des précepteurs qui y sont gagés pour l'instruction de la dicte jeunesse, les deux tiers de tous et chacuns de mes biens présens immeubles, dont les trois parts font le tout, pour les fruits et revenus d'iceux être emploiés aux causes que dessus et non ailleurs, dont je supplie et charge l'honneur et conscience des maire et eschevins présens, et ceux qui seront à l'advenir pour le temps de leurs charges, que le dict collège soit de tant mieulx entretenu et conservé... Et affin que la dicte ville ayt souvenance de mon salut, je veulx que les précepteur et enfïans qui seront instruicts au collège, le soir, avant que de partir d'iceluy, soient tenus de dire, pour le salut et remède de mon âme, ung De Profundis avec les collectes accoutumées d'estre dictes pour le salut et repos des âmes des trépassés;

et que, en la dicte collecte, soit faicte principale et expresse commémoration de mon nom, aftin qu'ils en ayent tant meilleure dévotion et souvenance de ma bonne volonté.

)) Et affin que la dicte donation soit bonne et valable, j'entends pour ce estre insiné par devant tous juges qu'il appartiendra...

» Faictes et passées audict Semur, par devant nous, François Josserand et Philibert Godot, notaires royaulx, jurés de la Cour, en présence de noble religieuse personne, frère Estienne Faverdin, grand prieur et vicaire de l'abbaye de Mostier-Saint- Jehan; discrette personne messire François Bault, prestre, vicaire de Torcy ; Biaise Poullier, demeurant à Alleray; Chrestien Blanchard, procureur d'office à Champ- Doizçant; Pierre Beautbis, du dict Champ-Doizçant; de Jean Martenot, de Guillon, à présent demeurant audict Semur, témoins requis, le jeudi neufvième Apvril mille cinq cens soixante treize.

» Signé : Josserand. Signé : Godot (1). »

Six ans plus tard, cet homme de bien, ce vrai citoyen, comme l'appelle le marquis de Thyard, passa un nouvel acte devant MM^^ Delaloige et Passerat, notaires royaux à Semur. Par cet acte en date du 3 Juillet 1579, il lègue à la ville le reste de ses biens.

Dès le 21 Août 1578, et conformément au désir de Nicolle Frolois, le collège de Semur eut plusieurs précepteurs chargés de l'enseignement de la jeunesse (tant de la dite ville que lieux voisins), et cela, aux conditions suivantes : « Le collège rece-

, vra de chaque escollier deux sols par mois, sans pouvoir rien prétendre ny demander oultre la dite somme..., il se tiendra au lieu accoutumé, et l'entretien, ainsi que les réparations, seront aux frais de la ville...; les précepteurs recevront la somme de deux cents livres de gages par la dite ville, et ce, oultre les cinquante livres accordées au début et frais de voyage... Il n'y aura aultre collège en la dite ville ny faulbourg où il sera permis d'instruire en la langue latine. Néanmoins, il sera loisible à chaque habitant de recevoir chez lui des escolliers et pensionnaires, à la condition expresse de les envoyer au collège, de sorte que les dits escolliers et pension-

^ naires seront suljets à la correction des dits précepteurs comme

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