Registre des délibérations
collège, (aiiisy qu'il y est accoutumé depuis longtemps) (1).
L'abbé Bertrand du Chesne touchait, comme appointements, six cents livres par an; il était, en outre, exempté des tailles et du (guêt et garde, voires en temps d'esminent péril) ; il avait encore les jouissances (dobiit, obsèques, établissement des portiers, bénédiction des tables des habitants aux jours du dimanche et aultres accoutumés). En revanche, il ne pouvait exiger que cinq sols des escoliers de la première classe et trois sols de ceux des deux classes inférieures.
Mais le nouveau principal ayant, à plusieurs reprises, et malgré les objurgations qu'on lui avait adressées, manqué à tous ses devoirs, les magistrats de la ville le révoquèrent et mirent à sa place, le 20 Novembre 1632, le sieur Pinot (maistre aux Arts) et recteur du collège de Châtillon. Ce dernier ne tarda pas non plus à être remercié, car le 30 Mars 1633 on nomma recteur Jehan Simon (docteur ès-arts à la Faculté de Paris). Celui-ci reçut un traitement annuel de sept cents livres, avec jouissance de tous les bénéfices inhérents à ses fonctions, et le droit de loyer, ainsi que le second régent, dans les bâtiments du collège. A sa mort, qui eut lieu en 1637, l'échevin Baudot, de passage à Paris, fut chargé par les magistrats de Semur du choix d'un autre recteur. Baudot traita avec un sieur Le Ledier, et la convention fut signée pardevant maistres Marion et Billebache, notaires royaux à Paris, puis ratifiée par la Chambre de ville le 22 Avril 1637.
Par cette convention, que sa longueur nous empêche de reproduire ici, le sieur Le Ledier était tenu de gouverner et d'instruire la jeunesse au contentement de tous, d'enseigner, ainsi que ses deux régents, la piété et les langues grecque et latine ; de faire faire par les écoliers deux déclamations par an, en mémoire de feu Nicolas Frolois, de mener les élèves aux offices, processions, etc., de loger et de nourrir ses deux régents, etc., etc. Il lui était, d'autre part, interdit de demander plus de cinq sols par mois aux écoliers de la première classe, et trois sols à ceux de la seconde et de la troisième. Enfin, et comme ses prédécesseurs, il était autorisé à accorder
1. Cette dernière déclamation était en latin, et un écolier la prononçait àla grand'messe célébrée solennellement chaque année le jour de la translation de Saint-Nicolas, messe à laquelle assistaient les mépartistes de Notre-Dame, ainsi que les maîtres et les élèves du collège. Vers 1760, l'oraison funèbre de Nicolas Frolois fut remplacée par un panégyrique de Saint-Nicolas, dans lequel on avait soin de dire quelque chose du fondateur. — Marquis de Thyard. — Mémoire historique sur Semur-cn-Auxois. Cette coutume s'est conservée jusqu'à la Révolution de 1793,
à ses élèves, indépendamment des congés ordinaires, trois semaines de vacances à l'époque des vendanges, et de voyager, pendant ce temps, où bon lui semblait.
Le Ledier ne remplit sans doute pas honorablement ses fonctions, car deux ans après il était remplacé par l'abbé Gille-Belin qui, le 7 Novembre 1642, dut à son tour céder le principalat à Marc Bonin, qui dirigea le collège jusqu'en 1649. C'est sous le rectorat de l'abbé Gille-Belin que furent représentées pour la première fois, par les élèves du collège de Semur, des (pièces tragiques). Ces pièces, écrites en latin, n'eurent pas grand succès, et comme d'autre part la ville refusait de participer aux dépenses nécessitées par l'installation du théâtre et la confection des costumes, ce genre de représentation fut bien vite abandonné (1).
A l'époque où l'abbé Gille-Belin quittait le collège, les Jésuites firent quelques tentatives pour établir un établissement semblable dans le couvent des Pères de Saint-Jean-l'Évangéliste. Ils soumirent leur projet aux magistrats de la ville qui en référèrent au prince de Condé, alors gouverneur de l'Auxois.
Le prince, que cette proposition séduisait, l'appuya auprès de la Cour qui la soumit à l'abbé de Saint-Maurice, patron ecclésiastique de cette église. Mais celui-ci, pour des raisons de lui seul connues, refusa formellement l'autorisation demandée. C'est alors que la Chambre de ville nomma Marc Bonin recteur du collège, aux appointements de sept cent cinquante livres, à charge par lui de verser quatre-vingts livres au premier régent et vingt seulement au second. Il était astreint, en outre, à faire dire une messe chaque jour dans la chapelle du collège avant l'ouverture des classes, à veiller à ce que les élèves allassent au moins une fois par mois à
1. L'idée de faire représenter des pièces tragiques n'était pas nouvelle à Semur, car dès 1508, la Chambre de ville, par une délibération en date du 25 Août, allouait cinq ccus en sus des dix précédemment donnés aux (bazochiens) qui avaient représenté la Tragédie d'Esther aux (applaudissements et contentement d'ung chacun).
En 1599, une demande était adressée aux magistrats par (la petite bazoche de Semur), afin d'obtenir une allocation suffisante pour faire face aux frais nécessités par la représentation qu'elle se proposait de donner d'une (fort belle tragédie, prinse dans la Sainte Bible, qui est : Saiil le furieux, ensemble par lye des Gabionites).
En 1682, (requeste) était adressée aux magistrats au nom de dix ou douze jeunes enfants, qui désiraient représenter une très belle tragi-comédie (extraicte des histoires sacrées, sçavoir : La Naissance de Moyse, la Délivrance du peuple Ébreux d'Egypte et la Submersion de Pharaon, suivie d'une belle farce); ils demandaient une allocation de quelques deniers, (tant pour la construction du théâtre qu'aultres choses nécessaires). — Archives de la ville de Semur. — Marquis de Thyard, Mémoire historique sur Semur-en-Auxois; note de y éditeur.
confesse et assistassent aux processions. Enfin, il ne pouvait accorder des vacances extraordinaires sans l'autorisation des magistrats, ni s'absenter hors le temps des vacances.
Le 29 Septembre 1650, la direction du collège fut donnée à trois régents dont les deux premiers touchaient trois cents livres et le second deux cents. C'étaient les nommés Gacon, Chalivot et Sançon qui, par extraordinaire, restèrent à la tête du collège jusqu'à l'expiration de leur traité, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la même année. La ville traita alors avec le R. P. Lombard, provincial des Carmes, et le 12 Avril 1652, le maire et les échevins signèrent, pardevant Charles Masson, notaire royal héréditaire résidant à Semur, une nouvelle convention avec les religieux.
De par cette convention, les RR. PP. Carmes s'engageaient à fournir au collège et à perpétuité trois régents capables d'enseigner à leurs élèves les langues grecque et latine ; l'un de ces régents était, en outre, tenu de dire la messe à la sortie des étbdes et de consacrer le samedi à l'exercice du catéchisme. Le régent principal devait ouvrir les classes le 18 Octobre, jour de la Saint-Luc, par une harangue solennelle, suivie d'une déclamation publique au jour de Saint-Nicolas (9 Mai), et dans laquelle il serait fait, par les écoliers, mention des bienfaits du sieur Frolois. Il ne pouvait donner de vacances sans l'assentiment des magistrats, ni à d'autre époque que celle des vendanges, (moyennant quoy) les magistrats de la ville s'engageaient à (fournir, bailler et livrer des plus clairs deniers de leurs tailles et impositions), soit la somme annuelle de huit cents livres par an. Ils autorisaient en outre les RR. PP. Carmes à percevoir la rétribution scolaire accoutumée, les droits d'eau bénite et mortuaire à la mort de chaque habitant inhumé dans la paroisse et dans l'église de la ville.
Et comme les RR. PP. Carmes ne possédaient pas de local suffisant pour y établir leur collège, ils furent autorisés à se servir des bâtiments de l'ancien collège (sis au Bourg-Voisin, près les Jacobins). La ville leur donna, comme indemnité de placement, la somme de cent livres, et en (oultre et pardessus) le premier quart de leur traitement (1).
L'entente ne fut pas de longue durée, car dès l'année suivante la Chambre de Ville enjoignit aux Carmes d'avoir à (fournir des régents plus capables) sous peine de poursuites.