Registre des délibérations
Le Clousier fut remplacé par Jehan Mégret qui introduisit l'enseignement de l'arithmétique dans le programme des études et reçut un traitement annuel de «douze escus ». Il fut, en outre, autorisé à « prendre et recevoir de chacun entant que l'on envoiroit devant luy, par chacun mois dix sols au plus ; et aussi que si aucungs des habitants ou austres lui vouloient donner plus que les dix sols par mois, il le pourroit recevoir ». Mégret fut remplacé vers 1595 par Guille Grenelz qui recevait vingt écus de gages par an « pour exercer l'art de l'escriture ». Mais à dater de cette époque, jusqu'en 1683, les registres de la Chambre de ville sont muets à l'endroit des « escri vains», et ce n'est que par les (( suppliques » et les quittances conservées aux archives de la ville que nous avons pu combler cette lacune. C'est ainsi que nous avons su qu'à Guille Grenelz avait succédé, en 1620, Gabriel Dubourg, « maistre écrivain, géométricien et arithméticien de Paris », aux gages de quatre-vingts livres par an; après lui, vint Pierre Groslard en 1624, puis Claude Couvreux en 1634. Ce dernier recevait un traitement de soixante livres ; il conserva ses fonctions jusqu'en 1642, mais fut remplacé pendant un an, sans doute pour cause de maladie, par Jacques Busson. Il eut pour successeur Claude Béguin, dont le traitement fut successivement porté de soixante livres à quatre-vingts, puis à quatrevingt-quinze livres. Obligé de se démettre de ses fonctions après quarante ans de service, et seulement par raison de santé, il demanda et obtint de la municipalité que son fils Jean-Charles Béguin le remplaçât et reçût, à titre d'indemnité, l'exemption des « tailles et gens de guerre » laquelle, après son décès, devait être étendue à sa femme. A Charles Béguin, dont les appointements avaient été supprimés, et qui s'était contenté, pour tout avantage, de la gratuité de logement dans l'ancien collège et de l'exemption de la «taille royalle etnégotialle » succéda, le 18 Avril 1686, le sieur Crolard, « recteur d'école à Montsauche », lequel démissionna six mois après et fut remplacé par Jean Lemoine, de Flavigny. Cette fois, ce fut «l'escrivain» lui-même qui posa ses conditions à la Chambre qui les accepta. Outre les quarante livres de gages qui lui furent accordées, on l'autorisa à loger dans l'ancien collège du Bourg- Voisin, « à y enseigner librement la lecture, l'escriture, l'arithmétique et le latin », et à recevoir tous les mois de chacun des « escoliers qu'il enseigneroit : trois sols pour ceux qui apprendront à lire seulement, cinq sols de ceux qui ap-
prendront à lire et escrire, huict sols de ceux qui apprendront à lire, escrire et l'arithmétique, et dix sols de ceux qui apprendront à lire, escrire, l'arithmétique et le latin ». Enfin, il fut exempté des « tailles royalles et négotialles, et de tous les aultres subsides de logement et contributions de gens de guerre, et ce, pendant tout le temps qu'il rempliroit le dict emploi d'escrivain (1). »
Le sieur Lemoine ayant très mal rempli ses engagements, et sa conduite privée ayant, à plusieurs reprises, donné lieu à des remontrances de la part de la Chambre de ville, le vicaire général de l'évêché d'Autun, par lequel il avait omis de se faire agréer, conformément aux prescriptions de l'arrêté du Conseil royal du 12 Mars 1669 (2), invita les magistrats à le faire remplacer, ce qui fut aussitôt fait.
Un nouveau traité fut passé en 1691 avec Jean de la Rothière, « maistre escrivain » à Montbard, traité par lequel ce nouveau directeur s'engageait à enseigner à ses élèves la lecture, l'écriture, l'arithmétique et les principes de la langue latine, et cela aux prix déjà demandés par son prédécesseur Crolard et avec la jouissance des mêmes droits (3).
Le 24 Décembre 1712, Claude Fertat, de Moutiers-Saint- Jean, fut « institué » comme « maistre escrivain et recteur d'école juré de la ville ». Ce Fertat dirigea les écoles jusqu'en 1717, époque où il alla remplir les mêmes fonctions à Dijon.
Il eut, pour remplaçant, Jacques de la Rothière qu'il s'était adjoint en 1712, mais qui lui-même démissionna bientôt pour aller s'établir à Dijon.
La Chambre de ville lui donna pour successeur Claude Collin, qui fut d'abord intérimaire, et ne fut institué «recteur d'écolle juré » que le 12 Juillet 1727, à la suite d'un examen que les échevins lui firent subir et où il fut enfin reconnu (( capable d'enseigner les principes de la langue latine ».
L'infériorité des régents du collège et du maître des écoles, plusieurs fois constatée par les magistrats de Semur, obligea ceux-ci à apporter dans l'enseignement d'importantes réformes. Après plusieurs délibérations, ils résolurent de confier désormais l'enseignement du latin à un grammairien, et le 22 Juin 1733, du consentement de l'assemblée générale des