Registre des délibérations
habitants, ils passèrent avec un prêtre de Trêves, Joseph Charles, chanoine honoraire de Saint-Jean, de Dijon, ancien maître de grammaire à Avallon, un traité par lequel celui-ci consentait à remplir les mêmes fonctions « à condition qu'il lui serait fourni un logement convenable et une rétribution dont il pourroit se contenter ». Cette rétribution fut portée à cent cinquante livres par an, et le traité autorisa en outre le chanoine Charles à « prendre jusqu'à quinze sols par mois pour chaque écolier qu'il instruirait, et d'empêcher tous austres maistres de tenir classes pour enseigner les principes de la latinité... (1). »
Fort mécontent de se voir ainsi enlever une partie de ses attributions, Claude Collin et sa 'femme cherchèrent sans cesse querelle au chanoine; leurs relations devinrent même si difficiles que la Chambre de ville dut intervenir. Elle se rendit à l'ancien collège, invita M""^ Collin « à réprimer ses vivacités » et menaça le maître d'école d'expulsion si de nouvelles rixes survenaient entre eux. Or, les mêmes scènes scandaleuses s'étant reproduites, la Chambre de ville se décida, le 3 Avril 1734, à révoquer ledit Collin, auquel on donna pour successeur l'ancien recteur de l'école de Moutiers-Saint- Jean, François André. Le nouveau maître dut se faire approuver par l'évêque d' Autun et s'engager à tenir deux classes par jour, sauf les jours fériés; il devait, en outre, donner tous les samedis à ses élèves une leçon de catéchisme et trouver bon qu'on le remplaçât au cas où le sieur Charles, grammairien, venant à quitter la ville, il se présenterait quelqu'un pouvant remplir tout à la fois les fonctions de grammairien et de maître d'école.
Le nouveau recteur reçut un traitement annuel de quarante livres, et la rétribution mensuelle pour les enfants fut fixée à trois sols, cinq sols et huit sols, suivant qu'ils apprendraient à lire seulement, à lire et à écrire, ou joindraient l'arithmétique à la lecture et à l'écriture.
André exerça ses fonctions jusqu'en 1765; quant au grammairien Charles, il fut successivemei)t remplacé par le chanoine Patut, de Château-Sensoy C(hâtel-Censoir), le 29 Novembre 1736, et par Vorles Tara, le 4 Septembre de l'année suivante.
Au grammairien Tara succéda, en Août 1741, après un