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Registre des délibérations

2. G. Lclcu, Noiice sur les Petites Écoles de Semur-en-Auxois,

Jame, 1841; Philomène, 1844; Rigomes de Jésus, 1849; Basilien, 1853; Protais, 1858; Rufin, 1876.

Seniur possède aussi des écoles laïques de garçons et de filles. L'école de garçons a été installée le 30 Septembre 1871 et a servi d'école communale conjointement avec celle des Frères jusqu'en 1878, époque à laquelle cette dernière a été supprimée.

Pour les filles, l'administration municipale a fait construire une école rue du Château, sur l'emplacement de l'ancienne prison, dont on a conservé la tour, une des quatre du donjon. Cette école a été installée le 20 Septembre 1880.

Le pensionnat des Dames Ursulines a été établi à Semur le 21 Octobre 1843, par M. l'abbé Larmonier, curé-archiprêtre de cette ville. Ces religieuses dépendent de la Congrégation de Dijon, dont la Maison mère était autrefois à Orgelet (Jura). Au début, la communauté se composait de sept membres, mais aujourd'hui elle en compte plus de vingt. La maison est spacieuse et bien aérée ; les jardins sont grands, et la petite chapelle, du style romain, est l'œuvre de VioUet-le-Duc. Outre le pensionnat et l'externat, cet établissement possède une salle d'asile où les enfants pauvres sont nourris gratuitement.

Ne quittons pas les écoles sans dire quelques mots de l'Orphelinat fondé grâce à une donation de M. de Vigne (1), dans une propriété de la rue des Bordes, achetée par la ville.

Cet orphelinat, autorisé par arrêté préfectoral en date du 12 Mars 1880, est placé sous la surveillance de la Commission de l'hospice et jouit d'un revenu annuel de 21,000 francs, provenant du fermage de diverses propriétés situées dans la Nièvre.

11 peut recevoir gratuitement vingt jeunes filles, âgées de 8 à

12 ans, à la condition expresse qu'elles soient nées de parents dont un au moins originaire de Semur ou y habitant depuis plus de cinq ans. Ces jeunes filles sont gardées jusqu'à 21 ans et placées sous la direction d'une institutrice brevetée qui leur enseigne les principes de la langue française, de l'histoire, de la géographie et de l'arithmétique, et leur apprend

1. «... La propriété de mes domaines du canton de Luzy, appartiendra à la ville de Semur (Côte-d'Or), où s'est passée mon enfance. Les immeubles serviront à établir des maisons hospitalières pour les vieillards, les infirmes, et pour élever vingt jeunes filles pauvres jusqu'à l'âge de 21 ans. » — Texte de la partie du testament de M. Jean- Victor-Adolphe de \'igne du Corail, relative à ce legs. — (22 Décembre 1866.)

les travaux manuels les plus indispensables, tels que : couture, cuisine, blanchissage, repassage, etc..

Possédant à un très haut degré le sentiment patriotique, les Semuroises, et avec elles toutes les femmes de cœur de l'arrondissement, ont voulu avoir leur œuvre charitable et participer à la défense du pays. Aussi, la noble Association des Dames françaises possède-t-elle à Semur un Comité dont la situation morale et financière est tout à l'éloge de ses membres, qui apportent chaque jour à cette œuvre le tribu de leur travail, de leur dévouement et de leur générosité.

Chaque année le nombre des adhérentes augmente ; il était de 420 en 1904, parmi lesquelles 43 communes qui, animées, elles aussi, de l'esprit de charité, ont voulu contribuer à adoucir et à soulager des misères.

M. l'abbé Grappin, curé-archiprêtre de Semur, a fondé dans cette ville, avec l'aide de personnes charitables, une communauté de sœurs garde-malades, qui appartiennent à la congrégation de Notre-Dame auxiliatrice, dont la Maison mère est à Montpellier. Cette communauté a été installée à Semur le 5 Novembre 1874, dans un immeuble qu'ont acheté les fondateurs et qui dépendait de la succession du D*" Laignelet.

Au mois de Juillet 1890, une crèche a été fondée par M'"^ Albert Bruzard, dans une maison voisine, et est desservie par les mêmes sœurs.

Enfin, la municipalité a créé, au mois d'Octobre 1904, une école maternelle, qui est installée provisoirement au Champ de Foire.

Tout comme une grande ville, Semur possède ses écoles, son hôpital, des maisons de retraite pour les vieillards, une crèche, et comme nous l'avons vu plus haut, un bureau de bienfaisance, un musée et une magnifique galerie géologique et paléontologique.

En plus du Rempart, les Semurois ont encore, dans la deuxième enceinte de la ville, une très jolie promenade. Nous voulons parler du Cours, tracé sur le mont Julliot, qu'il fallut aplanir. « C'est le 8 Novembre 1685 que cette tranformation fut opérée, sur une étendue de 78 pas de longueur, sur 28 de large.

» Vingt vignerons furent d'abord employés, moyennant 96 livres, à aplanir la montagne, mais comme les frais auraient été très grands s'il avait fallu payer les ouvriers, MM. de la Chambre prirent un arrêté contraignant les rotu-

riers à continuer la besogne des vingt vignerons et même à compléter leur tâche en creusant les fossés... M. le marquis de Tricliâteau donna son jardinier povir réglementer la plantation des arbres, des tilleuls, que douze vignerons alignèrent depuis la porte du faubourg de la rue Dessus jusqu'à la Croisette.

» La promenade du Cours achevée, le maire et ses échevins édictèrent des peines très sévères contre ceux qui rompaient ou gâtaient les arbres; rien moins que le carcan. Plus tard, on infligea 15 livres d'amende seulement » (1).

Deux piliers de bois, plantés à l'entrée de cette prdtnenade et munis de tourniquets, empêchaient les animaux d'y pénétrer et en permettaient la fermeture. A l'autre extrémité, se trouvaient deux pilastres en pierre qui soutenaient une grille ; enfin, deux bancs placés seulement en 1692, invitaient les promeneurs à s'y reposer.

L'entretien de cette promenade fut confié le 2 Janvier 1700 à un nommé François Marceau, moyennant 27 livres par an. Chaque arbre remplacé lui était payé 15 sols, à la condition qu'il fût de même essence que celui dont il occupait la place. En 1722, la Chambre ordonna de faire remplacer les arbres mutilés ou niorts et les bancs de pierre qui avaient été cassés. Bref, le nombre de bancs placés sur le Cours s'élevait à quinze en 1744; ils étaient en pierre de taille et mesuraient six pieds de longueur et dix-huit pouces de large. Ces bancs existent encore aujourd'hui, mais plusieurs auraient besoin d'être remplacés.

C'est sur le Cours, considérablement agrandi au commencement de ce siècle, que fut élevé, pendant la Révolution, l'autel de la patrie et qu'eurent lieu toutes les fêtes civiques célébrées à cette époque.

C'est en 1637 que fut établi à Semur, par délibération en date du 4 Septembre, le premier bureau de poste. Le service postal, interrompu depuis le retour du Parlement à Dijon, fut confié au sieur Boudier, qui traita avec la magistrature et reçut une allocation annuelle de 30 livres. Le 4 Novembre 1655, Boudier fut révoqué pendant le procès que la ville intenta au Conseil. Huit ans plus tard, un nouvel accord fut fait avec M. Menassier, auquel on donna 40 livres par an, à charge par lui de ne prétendre aucun port de lettres des ma-

i. A. Massicot. — Le Temps jadis à Semur,

gistrats actuellement en fonctions. En 1666, un messager portait les lettres à Dijon tous les dimanches, moyennant 40 livres.

Le 26 Janvier 1774, M. de BufTon écrivait la lettre suivante à M. Gueneau de Mussy, maire et subdélégué de l'intendance à Semur, lettre dans laquelle il est question de l'établissement de la poste :

« J'aurais bien désiré, mon cher Monsieur, vous faire réponse dans le temps que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, mais je voulais savoir quelque chose au sujet de l'établissement de notre poste. J'ai pressamment sollicité M. Dogny, et je commence à espérer qu'on pourra l'obtenir; mais il ne faut pas mettre en avant de petites difficultés, du moins quant à présent. Cela suffirait pour faire manquer la chose. Il faut seulement que les magistrats de Semur et de Montbard paraissent le désirer, et ce serait en effet un grand bien pour notre pauvre pays.

» C'est toujours avec une extrême satisfaction qne je reçois les témoignages de votre amitié, et vous ne devez pas douter. Monsieur, des vœux que je fais pour votre satisfaction et pour celle de M"'^ de Mussy. J'ai vu quelquefois monsieur votre fils, qui m'a paru se porter au bien de toute façon. Je retourne incessamment à Montbard, et je me flatte de l'espérance de vous y voir; ce ne sera jamais aussi souvent que mon cœur le désire. J'ai l'honneur d'être, avec un sincère et respectueux attachement. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

» Au Jardin du roi, à Paris, le 26 Janvier 1774 (1).

)) Signé : Buffon. »

Enfin, en 1789, MM. Varenne et Merlier furent députés à Paris pour solliciter le passage par Semur de la poste aux lettres et d'une voiture publique — (les lettres étaient alors portées par un piéton à la Maison-Neuve, village entre Précy et Dijon) ; — mais ayant été arrêtés et emprisonnés au moment de leur départ, ils durent renoncer à leur mission, bien que la mairie leur eût fait rendre la liberté (2). Ce n'est que plus tard, vers 1800, que la ville de Semur reçut enfin satis-

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