Courtépée. — Description du duché de Bourgogne
requis pour l'armée. L'année suivante elle fut supprimée à cause des troubles qui désolaient la France et ne reparut qu'en 1804, avec de nombreuses améliorations. Toutefois, le 3« Complément de l'an IX (20 Septembre 1801), la fête de la République fut célébrée à Semur par divers jeux, au nombre desquels figura une course à cheval, dont les prix furent: deux médailles et une paire de gants gagnés par les citoyens Alexandre Bizouard, Edme Princet et Pierre Bouguenaut. Le point de départ était le pont de Villenotte et le but, V Autel de la Patrie, élevé à l'extrémité du Cours.
Quelques jours avant la course de 1804, le 1^'' Prairial an XII (21 Mai 1804), le maire de la ville de Semur publia l'arrêté suivant :
« Vu l'avertissement que nous avons fait afficher relativement au rétablissement de la Course de la Bague ;
» Considérant qu'en conformité d'icelui il est convenable de rédiger le programme de la dite course, de déterminer la valeur des prix et de régler l'ordre dans lequel cette course devra s'exécuter, arrête ce qui suit :
» Le premier adjoint demeure invité à faire préparer les trois prix que l'on étoit dans l'usage de distribuer, et qui consisteront :
» 1° En une bague d'or ;
)) 2° En une écharpe de taffetas blanc, garnie de franges en or.
» Le 7 Prairial, à 7 heures du soir, il sera tiré une salve de quatre coups de canon; pareille salve sera tirée le lendemain 8, à 7 heures du matin.
» Le cortège se réunira le lundi 8, à une heure trois quarts, à l'hôtel du citoyen maire, et se mettra en marche à 2 heures précises, dans l'ordre suivant...
» Le poteau servant de but sera placé à l'angle de la chaussée qui avoisine le Cours. Tous ceux qui se proposent de participer à la dite course seront tenus de se faire préalablement inscrire au secrétariat de la mairie avant le lundi 8 Prairial... »
Rien de particulier ne se présenta, en ce qui concerne la Course de la Bague, de 1804 à 1841. Mais, cette année-là, pour encourager l'élevage des chevaux de trait, la municipalité décida qu'une autre Course au trot en voiture aurait lieu après la Course de la Bague.
«... Sur le rapport de la commission chargée de rechercher ce qui pourrait donner plus d'intérêt à la Course de la Bague... et rendre cette ancienne institution plus profitable, le Conseil, dit la délibération en date du 5 Mai 1841, vu de nouveau le programme des courses de la ville de Caenetla lettre de M. le sous-préfet, décide que cette année il sera, à titre d'essai, ajouté à la course au galop une Course an trot et en voiture, et qu'il sera accordé pour ce nouveau concours trois prix, consistant : 1° en un couvert; 2° en six cuillers à café; 3° en une timbale, le tout en argent. »
En 1846, les habitants de Semur ayant ouvert spontanément une souscription pour le prix d'une seconde Course au galop qui devait avoir lieu le lendemain de la Course de la Bague, le Conseil municipal, afin d'encourager souscripteurs et coureurs, vota une somme de deux cents francs pour les frais extraordinaires de cette Course, dont le prix fut fixé à 500 francs.
« ... Le Conseil, ouï M. le maire dans son exposé, et après en avoir délibéré, accueille avec empressement les propositions des souscripteurs et a voté, à l'unanimité, un crédit de deux cents francs pour couvrir les frais de cette course. Il a été arrêté que le surplus du montant des souscriptions sera placé par M. le maire à la Caisse d'épargne, pour s'appliquer à la course de 1847 » (1).
Ces deux courses eurent lieu le P'" et le 2 Juin, et de fort beaux chevaux y prirent part, au milieu d'un immense concours de spectateurs.
La Course de la Bague n'a jamais cessé d'avoir lieu chaque année depuis 1847, à la grande satisfaction des Semurois. C'étaient alors les seules courses de chevaux qu'il y eût en France. Seule, l'Angleterre avait précédé Semur, puisque déjà, au xii^ siècle, il y avait des courses à Epsom. Au xvi® siècle, on en établit à Chester et à Stramfort, mais elles ne devinrent régulières qu'à partir du xviii^ siècle. La clochette de bois qui, au début, était donnée en prix, fit place à la clochette d'argent, et plus tard à des sommes de plus en plus importantes.
A Paris, les premières courses de chevaux datent de 1776. Elles furent établies par le duc de Chartres, père de Louis- Philippe, et seulement cent trente-sept ans après leur institu-