Registre des délibérations
tioii à Semur. Voici, du reste, ce qu'a dit à ce sujet M. Charles de Boigne au cours d'un article publié dans La Presse, le 18 Mars 1842 (1) :
« Si les Anglais vantent l'antiquité de leurs Courses, nous pouvons aussi faire remonter les nôtres à un temps presque aussi reculé. Les courses de Semur, petite ville de la Côted'Or, datent du règne ds hirles V (2). R ien n'a été changé depuis 1350; c'est toujours le même jour qu'elles ont lieu, le Lundi de la Pentecôte, et ce sont toujours les mêmes prix : une bague d'or aux armes de Semur, une écliarpe de tafTetas blanc, une paire de gants garnie de finagesd'or, et une somme de quarante francs. L'exemple de Semur ne gagna aucune autre ville de France. Afin d'y retrouver d'autres courses, nous sommes obligés de sauter de 1350 à 1776, de Semur à Paris. »
(( Sans donner aux Courses une trop grande importance, dit M. Carre à la fin de sa Notice, il est permis de penser qu'elles n'ont pas été sans influence sur l'éducation des chevaux dans l'arrondissement, et sur le rang que le canton de Semur occupe dans le département à cet égard : ce rang est le premier. »
Nous avons dit, dans la première partie de cet ouvrage, qu'il y avait déjà à Semur, en 1564, une compagnie d'ARCHERS et une autre d'ARQUERUSiERS. Les exercices auxquels ceux-ci se livraient dans les fossés de la porte Cuiller, furent de tout temps établis par les rois et amenèrent certainement l'institution du Jeu de l'Arqueruse, fondée en Juin 1609 par Ordonnance du roi Henri IV. Le roi accorda aux arquebusiers les honneurs, qualités, autorités, prérogatives, franchises, libertés.et droits dont jouissaient les Sociétés similaires de la province. Abattre l'oiseau ou papegai, c'était acquérir le titre de roi, et ce roi devait, chaque année, prêter serment avant d'entrer en jouissance des privilèges qui lui étaient accordés. Il touchait, pour prix de sa gloire, la somme de quarante francs, et de plus il était exempt de la taille.
En 1628, les magistrats de la ville, trouvant que ce jeu était délaissé, et qu'en outre il conférait une exemption déplacée, voulurent abolir le Jeu de l'Arquebuse. Mais il ne paraît pas qu'il fût tenu compte de cet arrêté, car, en 1647, le roi des arquebusiers fut, pour la première fois, soumis à la taille.
1. La Presse. — Origine des Courses en Angleterre et en France.
2. L'auteur confond les courses à pied, dont l'origine est antérieure à 1556, avec les courses à cheval établies en 1639.
Bien plus, dix ans plus tard, le sieur Henry, lieutenant assesseur, ayant abattu l'oiseau, la municipalité le complimenta chaleureusement et lui offrit le vin d'honneur.
Ce n'est qu'en 1683 que ce jeu fut supprimé pour être rétabli dix-neuf ans plus tard par délibération en date du 20 Mai 1711.
Ce jour-là, plusieurs habitants de Semur présentèrent à la Chambre la requête suivante :
« Attendu que les Semurois s'étant de tout temps distingués entre tous les sujets du royaume pour leur fidélité et amour pour leurs rois et princes, Henry-le-Grand, l'un des plus généreux de ceux qui aient régné, se souvenant de la vertu et fermeté qu'ils avaient témoignées à se maintenir à l'obéissance de son prédécesseur et en la sienne au commencement de son règne, pour augmenter leur vertu et vaillance, et leur adresse dans l'exercice des armes, et les rendre plus capables de servir l'État et le public, -leur accorda les privilèges d'établir le Jeu de l'Arquebuse par lettres patentes du mois de Juin 1609, avec les statuts du 18 Octobre suivant. Que depuis ce temps les principaux habitants de Semur se sont fait recevoir et se sont pendant un long temps exercés au dit Jeu de l'Arquebuse et ont donné des marques de leur adresse et dextérité en diverses occasions. Mais en de petits intervalles de paix la nécessité des temps leur ayant fait retrancher leurs privilèges, cet exercice s'est ralenti, et le nombre des chevaliers a diminué par la mort de la plupart d'entre eux, ceux qui restent désirant remettre en vigueur un si noble exercice, plus nécessaire- que jamais, puisque dans toutes les guerres que notre invincible monarque doit soutenir contre les autres États de l'Europe accoutumés à se liguer contre la France pour en diminuer, s'ils pouvaient, la puissance ; les suppliants, désirant entretenir et même augmenter, s'il se peut, leur adresse, et amener les autres habitants à l'exercice des armes pour s'opposer aux forces étrangères à l'occasion, recourent à ce qu'il vous plaise. Messieurs, de rétablir le dit Jeu de l'Arquebuse en cette ville, et, à cet effet, de leur accorder une place convenable pour s'y exercer, en les faisant jouir du même privilège dont ils ont joui ci -devant, sous la promesse qu'ils font d'observer les statuts et règlements » (1).
En marge de cette requête est écrit : « Vu la dite requête, nous permettons aux suppliants de rétablir le noble et hardy