‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 81 sur 93 · Cet aspic était un automate fabriqué par Vaucanson · texte numérisé non relu

Cet aspic était un automate fabriqué par Vaucanson

qui, soit comme magistrats, soit comme médecins, ont rendu à cette ville d'éminents services. M. Le Mulier était un lettré, mais un lettré trop modeste, car jamais il n'a consenti à laisser publier les mémoires et les poésies qu'il a composés, et qui certes ne manquaient pas de valeur.

C'est pendant les deux siècles où Semur a joui d'une véritable illustration qu'ont encore vécu, autour de la capitale de l'Auxois, M'"<^ de Sévigné, à Bourbilly ; Bussy-Rabutin, à Bussy; Buffon et Daubenton, à Montbard, etc.

Un peu plus tard, sont venus d'autres hommes célèbres, mais à divers titres. Parmi eux, nous citerons :

M. Guyot de Saint-Florent, député de l'Assemblée nationale en 1788; M. Chaisneau, botaniste distingué, et qui était curé aux environs d'Auxerre, lorsqu'il mourut assassiné en 1728; MM. Gueneau de Mussy, dont deux se sont fait un nom dans les belles-lettres, et le troisième s'est distingué à Paris, comme médecin, et a laissé un fils dont la réputation a égalé celle de son père; M. Touzet, député du Champ-de-Mars en 1815, poète, auteur dramatique et fabuliste de talent, décédé en 1836; M. Maillard de Chambure, antiquaire et archéologue distingué, qui a rédigé une Notice sur l'église Notre-Dame de Semur; MM. de Montbeillard, père et fils, qui cultivèrent la littérature avec succès; le botaniste Lionnet; le géologue Nodot; le mécanicien Régnier, chevalier de la Légion d'honneur, inventeur de l'échelle à incendie, et auquel Semur a dû son méridien sonnant ; M. Bizard, un lithographe distingué.

Mentionnons énfin comme ayant rendu à Semur de nombreux et signalés services :

M. L. Bocquin, membre correspondant de la Société d'antiquités, d'histoire et de statistique du Cher, conservateur- adjoint à la bibliothèque de Semur, et qui a fait de cette ville une Esquisse pittoresque, morale et historique que nous avons maintes fois consultée; le peintre Bouhot, dont nous avons déjà eu l'occasion de faire l'éloge, à propos du musée et de l'école de dessin de Semur; M. le sous-préfet Larribe, dont la ville a conservé le meilleur souvenir; M. Vatout, député de l'arrondissement de Semur; M. Collenot, géologue des plus savants, qui a découvert des gisements de phosphate de chaux dans les environs de Semur; M. le sous-préfet de Luze, qui a dressé les catalogues des collections de tableaux et de monnaies du musée; MM. Bochard et Bréon, qui ont, avec

M. Collenot, doté la galerie d'histoire naturelle d'innombrables et précieux échantillons géologiques, minéralogiques et paléontologiques; M. Miot, qui a fait don au musée de sa belle collection entomologique ; enfin, M. Armand Bruzard qui, pendant de longues années, fut maire de Semur et y laissa comme tel d'impérissables souvenirs.

Et puisque nous avons énuméré les noms des célébrités qui ont illustré Semur et ses environs, pourquoi ne citerions-nous pas les maisons puissantes qui l'entourent : C'est d'abord le magnifique château d'Epoisses, que Louis XIV honora de ses royales visites ; celui de Bussy-Rabutin, célèbre par les souvenirs qu'y a laissés M™^ de Sévigné, et le château de Bourbilly, qui a appartenu à M"^^ de Chantai, mère de M"^^ de Sévigné; ceux de Lantilly et de Bierre, où le prince de Condé venait se reposer de la présidence des États de Bourgogne ; les châteaux de Fiée, de Chevigny, de Montfort, de Thil, qui tous, comme le dit si bien M. L. Bocquin, sont autant de rayons brillants qui avaient leur centre à Semur, dans cette Athènes de la Bourgogne, que nous n'hésitons pas à appeler la reine des petites villes de France.

Nous ne terminerons pas cet abrégé de l'histoire de Semur, sans parler du barrage-réservoir établi au village de Pont, à quatre kilomètres en amont de la ville. Ce barrage, dont l'utilité publique fut déclarée par décret en date du 28 Août 1876, a surtout pour but l'évacuation des crues de l'Armançon, ce qui met la ville de Semur à l'abri des inondations qui, à maintes reprises, ont été pour ses habitants un véritable fléau.

Dès 1850, M. Collin, ingénieur en chef du canal de Bourgogne, avait dressé un avant-projet pour l'établissement d'un barrage-réservoir pouvant servir, tout à la fois, à l'alimentation du canal de Bourgogne et aux irrigations. Abandonné, probablement à cause des dépenses qu'il nécessitait, cet avantprojet fut repris en 1856 par M. l'ingénieur Cambuzat avec la pensée d'utiliser uniquement ce réservoir à retenir une partie du volume d'eau fourni par les crues. En 1874 et en 1875, M. Bazin, ingénieur ordinaire, remania, sur l'ordre de l'administration, le projet de M. Collin et présenta une étude qui fut adoptée le 28 Août 1876 et déclarée d'utilité publique. Toutefois, ce projet ne devint définitif qu'après avoir été remanié par M. Mauris, alors ingénieur ordinaire à Semur, et actuellement sous-directeur de la Compagnie des Chemins de fer

P.-L.-M. C'est le 31 Mai 1878 que le projet définitif de M. Mauris fut approuvé, et c'est le 6 Juillet suivant que commencèrent les travaux.

Le réservoir de Pont a été terminé en 1882 et mis en eau l'année suivante. « Il s'étend, dit M. Testart, ingénieur du premier arrondissement du canal de Bourgogne, et à l'obligeance duquel nous devons ces renseignements, dans la partie très resserrée et très sinueuse de la vallée de l'Armançon comprise entre le village de Pont et celui de Montigny-sur- Armançon, sur une longueur de 6 kilomètres 150 mètres. Les versants qui le bordent sont boisés et escarpés. Situé entièrement sur un fonds de granulite imperméable, il présente, au niveau de la retenue normale, une superficie de 73 hectares 97 ares, un périmètre d'environ 12 kilomètres et une hauteur normale de retenue de 20 mètres. Sa contenance est de 5,232,000 mètres cubes, et le niveau de la retenue à la cote 304"", 50 du nivellement général de la France. »

Nous ne nous étendrons pas, vu le cadre et le but de cet ouvrage, sur les détails de construction de ce réservoir dont on trouvera d'ailleurs la description technique dans le Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de Semur pour l'année 1903; nous nous bornerons à dire que l'ensemble comprend : un déversoir, une tour de prise d'eau à trois niveaux différents, un souterrain de déviation et de vidange, un aqueduc de fond pour la vidange, un déversoir de jaugeage, etc.

La digue-barrage est en forme de voûte surbaissée, soutenue en aval par huit contreforts, et le volume total du massif de 36,487 mètres cubes. Le déversoir de décharge, établi à l'extrémité droite du barrage, a 30 mètres de longueur et est surmonté d'une passerelle métallique en arc de cercle. Il peut écouler près de 15 millions de mètres cubes par 24 heures. Lors des crues, les cinq chutes étagées du chenal de fuite forment une immense et magnifique cascade qui fait l'admiration de tous les visiteurs.

La tour de prise d'eau, élevée sur la rive gauche du réservoir, comprend trois étages à chacun desquels est un aqueduc commandé par des vannes. Le souterrain de déviation et de vidange, qui passe à 6 mètres en amont de la tour de prise d'eau, est également muni de vannes de fond qui servent à en ouvrir ou fermer l'ouverture. Bref, une série de conduites, de vannes et de robinets permettent de retenir ou de laisser

échapper à volonté l'eau du réservoir et d'exécuter toutes les réparations nécessaires. Quant au déversoir de jaugeage, il est pourvu d'un appareil spécial, dit linimètre, grâce auquel on peut apprécier, à un millimètre près, la hauteur de la lame déversante et en déduire immédiatement, à l'aide d'un barème spécial, le débit correspondant.

Ce n'est qu'à Rougemont, à 30 kilomètres du barrage, que les eaux tirées du réservoir, après avoir été utilisées par les usines échelonnées entre Pont et Rougemont, sont reprises pour l'alimentation du canal de Bourgogne.

Disons enfin, avec M. Testart, que ce gigantesque travail, dont la dépense s'est élevée à 1,700,000 francs, a été remarquablement exécuté sous la direction de M. l'ingénieur Mauris, avec la collaboration de MM. les conducteurs Guérin, Gaveau, Maréchal et Millot.

ÉPHÊMÉRIDES DE L'AUXOIS

Éphémérides du mois de Janvier.

l^''. — Sébastien Ghamprenault, premier maire élu de Semur. — 1571.

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