HISTOIRE DE L'ASIE
Parthes,
Une partie de l'histoire de l'Asie se trouvant déjà comprise dans l'histoire rçmaine, et une autre partie étant peu importante ou ensevelie dans les ténèbres de l'antiquité; il ne nous reste qu'à compléter l'histoire des Par thés et celle de la Perse, et à jeter un coup d'œil sur la Chine.
Bien qu'après la défaite de Crassus les Par thés eussent répandu l'effroi dans l'Orient dont ils avaient dévasté une partie, et que du temps même du triumvirat ils eussent remporté des avantages contre les Romains, les forces imposantes qu'Auguste réunit, et plus encore les troubles intérieurs de leur propre pays déterminèrent les Parthes à rechercher la paix. Phraates IV rendit à Auguste les étendards de Grasstis
et se retira en deçà de ses frontières. La gloire de la Parthie s'était éclipsée. I^ guerre avec Rome recommença et se poursuivit malgré quelques interruptions. Cétait l'Arménie qu'on se disputait; la supériorité de Rome remporta.
Plus tard Trajan mit le royaume des Parthes sur le penchant de sa ruine. Après avoir forcé les Parthes humiliés à accepter un roi de sa main , il garda pour lui les pays qui s'étendaient jusqu'au Tigre. Après sa mort ils prêtèrent de nouveau serment de fidélité à leur ancien roi, et Adrien , prince plein de modération, leur assigna de nouveau l'Euphrate pourlimites. Cependant le royaume ne se releva pas. Les vices fondamentaux de la constitution de l'état et la dég^nération des familles revêtues du pouvoir en furent la cause. La Parthie touchait à sa dissolution ; mais iine révolution soudaine vint lui rendre la vigueur et la prospérité.
Royaume de Perse.
Pendant le gouvernement de l'Empereur Alexandre Sévère, Ardschir Babecan (Artaxerxe), Perse de naissance, leva l'étendard de la révolte contre Artabane IV. Quelques-uns le prétendent de l'extraction la plus obscure, et fruit d'un adultère, d'autres le disent rejeton légitime de l'ancienne dynastie des Perses. Sa révolte ayant, été couronnée du succès , et
étant monté sur le trône (l'an 1126) après le gain d'une bataille qui dura trois jours entiers et dans laquelle Artabane fut tué, il s'arrogea le titre de roi des rois et se déclara appelé à rétablir dans son ancienne mag^ nificence la religion et l'ejoipire deCyrus. Sa race (les Sassanides) régna quatre siècles et demi dans l'Asie-centrale jusqu'au temps de la domination des Arabes.
Quoique les satrapes y la noblesse et les relations de cette dernière à l'égard d*un peuple de serfs eussent été maintenus (ce qui dans le fond était un système de gouvernement sans ordre) y Artaxerxe n'en abattit pas moins d'un bras vigoureux l'esprit de la sédition , ainsi que les derniers restes de la liberté grecque, et étouffa par le rétablissement de la doctrine de Zoroastre le germe d'une division funeste.
A la tête de toutes les forces de son peuple inspiré par un enthousiasme nouveau, Artaxerxe fondit sur les Romains. Par un message insolent il avait auparavant fait sommer du ton le plus arrogant Alexandre Sévère de restituer tous les pays qui jadis avaient fait en Asie et en Afrique partie du royaume de Darius, Alexandre Sévère fît marcher trois armées contre les Perses. La guerre coûta beaucoup de sang, les pertes furent considérables de part et d'autre ) mais rien ne se décida.
Artaxerxe, le fondateur, le souverain et le sage
législateur de la Pei'se-Centrule, mourut (lau aîS) après avoir régtié douze ans.
Sapor t , son fils , soumit l'Arménie dont le trône était occupé par une dynastie collatérale de la maison des Arsacides, et répandit l'effroi dans tout l'empire d'Orient. Valérien marcha contre lui , fut enveloppé et fait prisonnier (l'an îi6o). L'orgueilleuse Antioche et plusieurs autres villes furent saccagées; une quantité de contrées florissantes furent dévastées. Mais la valeur et la fortune d'Odenat, prince de Palmyrène, contraignirent Sapor à se retirer au delà de l'Eu* phrate.
En général les armées persanes étaient plus propres à inonder les pays qu'à en conserver la possession. Les Perses, ignoraient l'art des sièges et des fortifications , et ne savaient pas faire la guerre régulièrement. Un attirail nombreux gênait les mouvements de l'armée et rendait plus difficiles les moyens de la faire sid)* sister , et dans les contrées montagneuses elles ne pouvaient agir avec succès contre les peuples occidentaux.
C'est surtout dans la guerre de Dioclétien que se manifesta la supériorité des armes romaines, L'Arménie^ ayant reconnu pour roi le fugitif Tiridate de la maison des Arsacides, protégé par Rome, encourut le ressentiment de Narsès roi de Perse, qui, après avoir i*econquis ce pays , menaça les protecteurs du
rebelle. Dioclétien envovà le boiiillaiil Galère à la tête d'une puissante armée en Mésopotamie. Ce général, après avoir essuyé des revers dans la première campagne, reprit ses avantages sur les Pei*ses dans la seconde. Narsès, himiilié^ fut réduit à implorer la paix qu'il obtint en sacrifiant la Mésopotamie et cinq provinces au delà du Tigre, entr'auti^es le pays mon*tagneux de Carduène. L'Arménie fut rendue à Narsès qui la gouverna sous la domination de Kome (l'an 1197 ).
Cette paix si 'glorieuse pour Rome dura quarante ans. Mais Sapor II usa de représailles. Ce prince, reconnu roi avant de naître, vécut et régna soixantedouze ans (depuis l'an 3o8 jusqu'à 38o). Dès qu'il eut atteint l'âge viril, son bras vigoureux vainquit ses ennemis et ceux de l'état , et immédiatement après la mort de Constantin le Grand il commença la guerre contre l'empire romain. Il pénétra en Mésopotamie et défît dans neuf batailles meurtrières les armées de Constance*). La guerre, qui dura pendant presque tout le régne de Constance , ne fut inteiTompue que par de courtes trêves que le roi de Perse conclut, non
*) Dans îc texte il y a Constantin : îl pnratt que cVsl une faute dlroprcssion , puisque Constantin <îtait déjà mort et que Constance lui avait succédé. L*hîstoîre universelle traduite de l'Anglais parle d'ailleurs aussi de Constance à cette époque. Voir : Tome Vn, pages 448 et suivantes.
{Note du trad.J
pas pour y avoir été forcé parXempereur , mais parce que les invasions des hordes j$èy thés l'y obligeaient. Nous avons raconté plus haut dans Thistoire romaine avec quels succès Sapor reprit les armes contre Jul ien, et comment Jovien acheta la paix au prix des places frontières les plus importantes et des provinces conquises par Galère. Ce sacrifice fut pénible j mais il assura pour un long espace de temps le repos de T Asie antérieure.
Inde et Clune,
L'Inde et la Chine restèrent , pendant toute cette période et encore long temps après , dans l'état que nous avons déjà décrit Nous trouvons, à la vérité, en Chine une série de dynasties différentes. Mais a quoi bon se fatiguer, la mémoire de noms de dynasties, tels que Tong-Schehu, Ta-Tsin, Hebu-Tsin , Han, (Si-Han, et Tong-Han, les Han occidental et oriental), Goeh, U, Tssin, Son g et autres?
Nous ferons cependant mention du puissant Tschi- Hoang-Ti fondateur de la ligne des Hehu-Tsin (l'an 3736). Ce prince réunit de nouveau en un seul empire les divers états dont se composait la Chine avant son régne , régna pendant nombre d'années, acheva la grande muraille et posséda parfaitement la science du despotisme. Il fit jeter au feu tous les livres sacrés de la religion chinoise qui contenaient des passages défa-
Yorables à son usurpaÉi^^ et persécuta avec cruauté tous ceux qiAans l^^Ble pieux prirent la défense de ces écrits.
Une sédition qui éclata déjà sous le règne de son petit-fils, coûta à ce dernier la couronne injustement acquise et la vie. La Chi ne fut divisée de nouveau en plusieurs états, mais Lichu-Pang, d'abord brigand, puis chef d'armée, ensuite empereur et «Fils du Ciel,« les réunit et fonda la puissante dynastie des Han , laquelle fut de plus longue durée. L'influence politique de la Chine sous le gouvernement de cet empereur s'accrût en Occident. Dans les temps postérieurs, trois empires (Tschenkue) se guerroyèrent. Plus tard encore existèrent un empire du sud et un empire du nord. Ce dernier, depuis la fin du quatrième siècle, a été gouverné par des copquérants tartares ou mongoles venus des bords du lac Baïkal.
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