‹ Histoire générale depuis les temps les plus reculés jusquà l'an 1832Chapitre 24 sur 25 · IV. Li · texte numérisé non relu

IV. Li

réduit à employer la violence, y recourra. Telle &t la première pensée que la saîne raison inspira ; tel fut pour tous les coeurs qui cl^rissaient la liberté, le sentiment naturel quelles téméraires ordonnances éveillèrent dans Toute la nation (à l'exception du nombre comparativement bien moindre des hommes de parti et de leurs serviles affidés); ces idées et ces sentiments se convertirent en action à Paris même; et il en eût été de même dans tout le royaume ^ si la victoire remportée dans la capitale n'eût rendu superflu tout mouvement ultérieur.

Dès le soir même du jour de la publication des fatales ordonnances (ab Juillet) l'émeute 4clat^ dans Paris^ le .^7 elle s'accrut et deviqt générale ; etjes deuK'jours suivants elle fut victorieuse et triomphante. La résistance des journalistes et de lewrs ouvriers donna l'impulsion au soulèvement qui se répandit parmi la masse du peuple ; quelques députés influents de la gauche se concertèrent pour diriger le mouvement populaire, et établirent un comité provisoire d'administration, d'abor pour la commune de Paris, ensuite pour tout le Royaume. La Fayette fut en en même temps proclatné commandant de la garde nationale ressuscitée de f ait, et le nom de ce chef remplit d'enthousiasme et de courage les citoyens engagés dans une lutte acharnée contre les troupes et surtout contre la garde royale et les Suisses. La victoire s'inclinant du côté des citoy^ns^ et

le Roi opposant toujours une orgueilleuse opiniâtreté aux propositions conciliatrices des orateurs du peuple , ridée de détrôner le Roi s'empara enfin des esprits d'une population exaspérée, et cette idée fut soudainement réalisée par la prise des Tuileries et de tous les autres postes militaires de la capitale. Le 3o Juillets i83o on publia déchéance de Charles X, et Ton proclama Lieutenant*Général du Royaume Louis-Phil ippe Duc d'Orléans, nomination , dont sans doute les suites devaient être d'une haute importance, mais qui fut jugée^ par les amis de l'ordre, nécessaire au rétablissement delà tranquillité publique. '

€e fut en vain qu'alors le Roi offrit de révoquer les ordonnances et de donner toutes les garanties que Ion exigerait; ce fut en vain aussi qu'il abdiqua ^ et qu'il renonça, lui et son fils le Duc d'Angoulênie, au trône, en faveur du jeune Duc de Bordeaux qu'ils proposèrent pour roi, sous le nom de Henri V: il n'était plus temps. La branche aînée des Bourbons fut* déclarée déchue à jamais, et cette fariiille convaincue de l'inutilité de toute résistance, sortît du royaume, sous la protection d'une escorte sûre, aux acclamations d'un peuple ivre de joie d'avoir secoué le joug du despotisme.

Dans ces entrefaites le duc d'Orléans régent du royaume fut proclamé roi par un décret des députés présents à Paris, lequel fut également adopté

par lachambredespairs. Ce décret fut rendu après que le Duc, par les protestations les plus solennelles, que ^désormais la charte (et même la charte »avec les amendements à faife) serait une véritéa et par le programme del' hôtel devillea (renie plus tard) en vertu duquel les institutions républicaines devaient s'unir à la forme de gouvernement monarchique, eut rassuré les amis de la liberté et accompli en apparence les souhaits patriotiques de La Fayette (qui alors, chose généralement reconnue, pouvait disposer de la couronne de France).

Le 7 Août, la chambre des députés reridit l'important décret qui régla les amendements de la chavte, impérieusement exigés dans l'intérêt de la liberté et qui proclama Roi des Français — non par la grâce de Dieu, mais par la volonté et pour l'avantage de la nation — Louis-Philippe d'Orléans, à condition qu'il accepterait la charte avec ses amendements, et qu'il lui prêterait serment de fidélité.

Ce fut le 9 Août, que fut prêté ce serment, et que se termina cette glorieuse révolution , dans laquelle le peuple ne s'est signalé que par des actions héroïques et généreuses^ sans avoir à rougir d'aucune infraction aux lois de l'honneur. Ici commence une nouvelle période, non seulement pour l'histoire de France, mais encore pour celle de l'Europe et même du monde entier.

* Conclusion»

Les suites de la révolution de Juillet — encore récente dans notre fouvenir à tous — appartiennent à un temps au delà de bornes, que nous nous sommes imposées pour le présent et aperçu. Ces suites sont déjà maintenant immenses, (poique encore vagues, confuses, et quoiqu'elles dépendent de l'issue de la grande lutte, qui — tôt au tard — en décidera. Le canon de Juillet, retentissant dans toute l'Europe, répandant chez les uns l'effroi, le découragement, la consternation, reveillant chez les autres la joie, le courage et l'espérance, fut comme le signal de l'appel vers la liberté. Le système de nouvel ordre de choses, cet édifice ingénieux, subtil dans la construction duquel se sont admirés eux-mêmes 'avec une satisfaction intérieure, les grands maîtres de l'art, les diplomates du congrès de Vienne, fut ébranlé par ce choc soudain, jusque dans ses fondements ; les diverses parties de Tédifîce s'écroulèrent successivement ou menacèrent d'une chute prochaine. Dans les Pays-Bas la Belgique se détacha delaHoUande à laquelle avait liée, en dépit de toutes les convenaa-? ces naturelles, le despoticjUe vouloir des grandes Puissances.

Dans plusieurs Etats de l'Allemagne, à Brunswic, dans la Hess e électorale, en Saxe, les exigences de la réforme renversèrent de vive force les obstacles; dans d'autres , .la voix du peuple retentit

xlu moins avec plus de force. La Pologne se j^ta dans une lutte désespérée contre son trop puissant souverain; l'Italie tenta, sur plusieurs points, de briser ses fers; et la nation britannjque réclama avec une énergie imposante une réforme parlementaire iQDnforme à l'esprit du temps. La Suisse aussi, renversa, dans la plupart de ses cantons, les constitutions aristocratiques, que, depuis i8i4, les hommes de la réaction avaient rétablies par la force. Nous avons vu comment les grandes Puissances, évidemment en contradiction avec leurs principes, approuvèrent la révolution en Belgique, comment la diète germanique laissa agir les insurgés brunswickois, I(essois et Saxons, et comment, malgré la résistance la plus opiniâtre des Aristocrates, le parti dé la réforme du parlement remporta la victoire en A ngleterre; mais nous avons vu aussi, comment la Pologne a été foulée aux pieds danswn propre sang, et comment l'Italie s'est courbée sous la verge vengeresse de l'A u triche.

Dès lors, et surtout depuis la chuté de Varsovie la réaction de leva nouveau son front sinistre. Le pas dévastateurs des gnuerfiers moscowites dans la capitale de la Pologne et la parole impérative du vainqueur Paskewitsch retentirent dans toute^ l'Europe. Les Aristocrates se repurent de nouveau de l'espoir d'opprimer la liberté. A'Allemagne surtout se ressentit des effets cruels de ce triste changement.

C'est dans la marche équivoque du gouverneifent.. français que l'on en trouvera la cause principale. Agité de la double crainte du fantôme delà république avec son régime terroriste, et du courroux des monarques absolus, Louis-Philippe abandonna la voie que lui avaient tracée l'esprit de la révolution de Juillet, et le «programme de l'hôtel de villea approuvé par lui-même, et il chercha son salut dans une prétendue voie moyenne, entre les deux extrêmes, (voie chimérique, qui, de l'avie des Patriotes, tient le milieu entre la ligne droite et la ligne courbe, entre le bon droit et l'injustice, entre la vérité et l'imposture). Il p|irvint ainsi à apaiser les Puissances alarmées et irritées de la révolution de Juillet ; mais il les encouragea par là aussi, leur laissa le temps de préparer les armes offensives, et se priva en même temps ses meilleurs et plus précieux moyens de défense et de ses alliés,' pour obtenir une trêve astucieuse. Mais il n'a tait par là qu'ajourner la gugrre, il ne l'a point détournée. Une opposition invincible existe entre l'origine et le titre, comme principe fondamental de son pouvoir j et l'origine et le titre du pouvoir des souverains absolus*- Et quand même, pour se maintenir en bonne intelligence avec ceux-ci Louis-Philippe serait disposé à renier ce principe, son peuple n'y consentirait jamais. Le choc des deux principes est donc, tôtoutardj inévitable , et dès lors voici les trois chances présumables: Ou la Li-

•beylé sera opprimée dans le monde entier; Ou le pouvoir absolu sera réduit à céder partout au âystème constitutionnel; ou enfin la domination sera partagée entfe les deux princicipeS) par ex. : en occident et en orient. Dans laqu^le de ces deux parties du continent européen r Allemagne sera-t-elle alors comprise ? Sera-t-elle peut-être divisée elle-même entre les deux dominations ? ? Cela dépendra de la tendance d^e^prit , du courage, de la force que^déploieront — non^les gour vernements retenus par des liens multipliés de famille, d'intérêts particuliers et' environnés des pièges de l'aristocratie — mais )f» Peuples.

Lu-

. . , Irrier. Jcffcfson président

|)nnr û seconde fois* Août« L'Antriche érigée j

Empire. - l Henry Christoph présièmt

! d*Haïti.

an Port au ftrince. Kévolnion de Boenos-Ayres. Géleral Liniers. Troubles civils Juillet. Ck)nfcdération ï Caraccas.

Bhin.

^oût. Abdication de Fra

cois II.

tût. Création du royaume WestpbaUe,

, Avril. Suppression del'on Vteutonique.

. Ja&v. réunion du Hano^ à la Wesphalie.

Késîdence à BU»» Janeiro.

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