IV. 38^oogle
Divers traités avantageux pour l'Amérique en furent le résultat, et particulièrement le traité de commerce conclu avec la France eu i8aa.
La domination de la République des Etats-iuiis s*afiermit epcore sur les côtes du Grand-Océan par l'acquisition de la Nouvelle-Albion maintenant ^appelée Colombie, qu'ils occupèrent du consenterflpiït de l'Angleterre, et principalement de la Russie, en vertu de la convention passée avec cette dernière puissance le 17 Avril i8aa.
En i8a4 l'Amérique septentrionale reconnqt formellen^eqt les républiques du midi de l'Amérique insurgées contre l'Espagne leur métropole, et se prqnoi^ça énergiquement contre toute intervention étrangère dans le^ démêlés de l'Espagne avec ses colonies.
Ce fut un spectacle ravissant que la réception faite dans Içs ^tats-wis à la Fayette «l'hôte de la nat ion ce et la récopapense nationale décernée à ce hét*os qui s'illustra d£m$ les deux hémisphères pour la cause de Ifi liberté.
A la mort du vertueux Monro ë (i8a5) la présidence futf à I9 majorité des voix^ dans une élection partagée entre plusieurs compétiteurs, conférée à Johp Quincy Adams, homme insjtroit, loyal et mqdéré, ^Isj du respectalple Adams, avant-dernier président de la I^épubjiique.
Dan^ l'ADjiérique espagnole l'insurrection s'4^^\t ^r^fié^ p^r re?:QÇ#sive tyr^m^ifi qu€i la mèpc-
patrie avait exercée peticktnt tôfigue& années et qui rendit à jamais impossible toute réconciliation. Fef* dinand VII remonté sur le trône fit, à la véHté, diverses tentatives pour étouffer la révolte; mais la haine des Américains contre son despotisme enflamma leur courage et les Espagnols eux-mêmes se montrè*rent mal-disposés à la guerre contre les colonies. Toutes les expéditions que Ton entreprit dans ces circonstances défavorables échouèrent j et la liberté triompha partout excepté àPortorico, etàCuba qui continua d'être le siège du gouvernement espagnol. Le récit détaillé des combdts partiels contre les Espagnols et leurs partisans, ainsi que les agitations intérieures dans les républiques naissantes n'entrent pas dans le cadre du présent albrégé: ndus n'y ferons mention que des événemmits prindpaux.
La guerre avait déjà fait triompher la cause de la liberté, depuis i8i4 jusqu'en 1 8(199 dans les vastes régions qu'arrose la Plat a (où des divisions intestines entre le pays principal et Banda- orientale entre Ëuenos-^Ayres et Mdôte-vidéo et entre les chefs de parti St. Martin et Artîgas retardé rent pendant long-temp^ lé triomphe de k Uberté)^ pnis au Chili, ensuite à Yeneâ^ueta e< àla Kou'» velle^-Grenade, de ifnéme qtt'au Pérou ^ au Mexique (dans ées dent dernier^ pays la victoire f nt pind tafTdive et pins douteuse). Quelque violenté qne ftisseirt les ellbrts des troupes espagno^Is et
quelques cruautés qu'exerçassent les gouverneurs envoyés par Ferdinand VII, l'héroïsme des ami*; de la li- ' berté parvenait successivement à réduire les armées .espagnoles à la raison , et la fureur du despote remonté sûr le trône d'Espagne, par la chute de Napoléon, ne faisait qu'enflammer davantage l'ardeur des combats dans le coeur des Insurgés poussés au désespoir. Malgré plusieurs revers, la cause de la liberté prospérait visiblement dans tout le midi de l'Amérique, et le nom de Bolivar retentissait déjà glorieusement dans la Colombie. Des étrangers accoururent aussi se joindre aux Américains, entre autres l'illustre Marin Gochrane qui voua son bras à la défense du Chili.
Nous avons déjà rapporté comment l'intention qu'eut Ferdinand VII d'envoyer une nouvelle armée en A m é r i q u e entraîna la révolution dans la mère-patrie. Si,, à cette époque, la rupture n'avait pas été si avancée, la réconciliation n'aurait pas été impossible. La constitution des cortès reconnaissait les prétentions raisonnables des colonies. Mais les idées d'indépendance avaient déjà jeté de trop * profondes racines, et celles de liberté politique s'étaient tellement fortifiées par les constitutions républicains — comme celles de Buenos-Ayres, du Chili et de la Colombie (nom qu'avaient pris Venezuela et IaNouvelle*Grenade réunies) que toutes les propositions du gouvernement consti*
tutionnel espagnol , quoique comparativement libérales, furent rejetées. Dans la nouvelle guerre qui s'ensuivit, les Américains et surtout les Golombiens, sous la conduite de Bolivar, demeurèrent vainqueurs; et le rétablissement du despo« tisme en Espagne, opéré par les armes françaises (i BaS) anéantit toute possibilité de raccommodement.
Une armée républicaine sortie du Chili sous la conduite du général San Marin avait pénétré dans le Pérou (i8ao) et années suivantes); elle se rendit maîtresse de L i m a ; ce ne fut qu'avec peine que le gouverneur espagnol y conserva quelque ombre du pouvoir. Au Mexique où ce- pouvoir semblait moins menacé, il fut également renversé, subitement, par la défection de Don Augustin Iturbide, qui se joignit aux Insurgés qu'il était venu combattre (i8ao). Iturbide, dans la suite, se fit empereur du Mexique (1822). Le congrès décréta même que cette dignité serait héréditaire. Cependant dès la seconde année le parti républicain contraignit Iturbide d'abdiquer , et la nouvelle constitution républicaine fut proclamée aussitôt. Iturbide à son retour d'Europe (1824) fut arrêté et fusillé le jour même de son arrestation.
Après avoir achevé Taffranchissement de la Co* lombie, Bolivar assura aussi l'indépendance du Pérou. Appelé au secours des Péruviens, pour s'opposer au rétablissement de la domination espag-
90!^ secondée par les divisions inteslines survenues entre ks chefs républicains^ il fut nommé dictateur. ' Plusieurs faits d'armes illustérent la guerre qui s'ensuivit* Le Général Sucre commandant sous les ordres de Bolivar remporta enfin uue victoire décisive dans la plaine d' A^acoucho (Pampas-Ay a- Cûcho) (Décembre i8a4) et l'ouvre de la délivrance du Pérou se trouva accompli.
Depuis cette époque la liberté de l'Amérique ne
« tut plus guère menacée par les armes espagnoles,
mais elle le fut d'autant plus par les disco rdes civiles. Dans la plupart de ces £tats nouvéau-nés les Ëictions^ les chefs de gouvernement, les constitutions mêmes changèrent successivement avec une étonnante rapidité. Les masses de la population ne semblaient pas encore être assez civilisées pour sentir le prix^ de la véritable liberté. Des chefs de partis, les uns ambitieux et violents, les autres artificieux, les chefs mi- Utairea surtout , abusant de ces masses, en faisaient ou les instruments ou les victimes de leurs desseins égoïstes* Le pouvoir , au lieu d'être exercé par les hommes d'état es tes véritables amis du peuple, se trouvait le plus souvent entre les mains des Généraux. En outre les factieux du parti espagnol continuaient d'agir sourdement; les intérêts particuliers des proivinces se froissaient réciproquement en mainte occasion; c'était un chaos inextricable.
Outre les Etats dont il a été £ait mention jusqu'ici,
l1 6*en fottna eneore d'âutres, dotit quelqué^tlhs èe détachèrent des premiers. Parmi ceux-ci nous^ citerons le Paraguay où depuis 1810 Ténigmatique docteur F ranci a a su, aussi bien par l'artifice que par la fermeté, se maintenir dans l'exercice du pouvoir suprême. Il en est de même deGuatimala et de l'Amérique centrale (entre le Mexique et la Colombie) qui se déclara république indépendante en 1 824) et qui fut aussitôt reconnue telle par celle du Mexique. Nous citerons encore ^a petite république indienne d'Arauco entre le Brésil et le Chili, et le Haut-Pérou qui prit le nom deBoliviâ en l'honneur de son libérateur Bolivar,
Sf t. Do m i n g u e ou Haïti divisé précédemment en deux états (sous Christophe et sousPéthion) se réunit de nouveau sous le successeur de Péthion le Général Boyer auquel le second des dits états se soumit (rSaa) après que Christophe eut été tué dans une révolte. Ce fut sous Boyer qu'après de longues négociations Haïti parvint enfin à conclure un traité avec la France, qui consentit à reconnaître l'indépendance de la partie française, moyennant une somme de ï5o millions de francs pour indeninfi^er les anciens propriétaires de plantations.
Tandis que dans toutes les colonies espagnoles se formaient des républiques et des états fédéi*atils le Brésil se constitua en e m p i r e. Après que le Roi J e a n VI eut quitté ce pays pour aHer remonter sur
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son trône de Portugal (iBaa), la majeure pArlie de la .population du Brésil , défavorablement traité par les dispositions de la nouvelle constitution por- . tugaise, manifesta le dessein de se séparer entièrement du Portugal, et Don Pedro princerégent (craignant de tout perdre) se mit à la tête du parti patriote. Il y eut des scènes meurtrières entre les Portugais et les Brasiliens; mais ceux*ci furent vainqueurs. Un congrès national assemblé à R i o- Janeiro précédemment qualifié de »protecteur perpétuel de l'Etatcc le titre d'Empereur constitutionnel héréditaire du Brésil (aS Septembre iStkd). La nouvelle constitution, qui restreignait essentiellement le pouvoir monarchique, lut achevée Tannée suivante; mais après quelque hésitation l'Empereur la rejeta, et huit même par l'abolir au moyen des forces militaires qui lui étaient dévouées. Un second projet de constitution rédigé par son conseil d'Etat, fiit soumis à une nouvelle assemblée nationale, adopté par elle et sanctionnée le ^siS Mars i8a4 par le serment solennel de l'Empereur.
Dans ces entrefaites s'était achevée la conquête de Monte Vidéo dont les Portugais s'étaient emparés pendant les troubles qui agitèrent les Etats espagnols de La PI a ta. En vertu d'une capitulation signé le !i Mars 1824 les Portugais occupèrent Monte Video et tout le territoire fut déclaré république fédérativement liée à l'empire du Brésil.
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Le 229 Août i8a5 après de longues négociations fut conclu^ par la médiation du cabinet britannique, un traité en vertu duquel le Portugal reconnaît l'indépendance du Brésil, et la dignité impériale dans la personne de Don Pedro. Un article secret du même traité porte que les couronnes du Brésil et de Portugal ne pourront jamais être réunies sur la même tête.
Par un circulaire datée de Lima (7 Décembre 1824) le dictateur Bolivar avait proposé aux gourvernements de toutes les répu.bliques américaines d'envoyer des députés à Panama à l'efifet d'y tenir un congrès général. La défense commune des colonies autrefois espagnoles contre les attaques que la ci-devant métropole ne cessait de projeter, la conservation des intérêts communes des républiques américaines contre les atteintes dont elles pourraient être menacées par quelques puissances européennes^ et les mesures à prendre en commun pour assurer la prospérité intérieure des Etats du nouveau n^onde, tels étaient les objets sur lesquels ce congrès avait à délibérer. En efiets les députés de plusieurs républiques s'assemblèrent à Panama, dans le cours de l'an 1825. L'Europe, lasse et excédée des congrès tle monarques tenus sur son territoire, porta des regards pleins d'espérance vers ce congrès républicain assem- Ué tous des auspices bien différents. Les résultats ne
répondirent cependant point à Fattente.
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SECTION TROIStÈMB.
IDèUtU I)t0tonc|ur0 iepnh 1826 jusqu'à i83o.
Guerre entre la Russie et la Porte, Grèce,
A dater de la promotion deCanning; au ministère britannique et de la raort d'Al&xandre Empereur de Russie s'opéra, dans les grands intérêts politiques européens, un nouveau changement qui s'annonça par ta bataille de Na va rin et la guerre de la Russie avec la P o r t e, et dont le plus brillant résultat sa manifesta, à Paris lors de la révolution de Juillet i83d, qui triompha du parti de l'opposition absolutiste renforcée
L'attachement presque fanatique que l'Empereur Alexandre, Prince loyal et digne d'éloges à plus d'un titre, portait aux principes de la légitimité et de la Sainte-'Alliance, avait puissamment arrêté en Europe l'essor des idées libérales, sans étouffer néanmoÎBS Fétincelle cachée qui couvait dans an fond des coeurs, impassible à l'action de tout pouvoir extérieur. Il n'est donné à aucune puissance terrestre de comprimer à jamais, la transforn^ation que commande l'esprit du temps, dans la vie politique; et si Alexandre avait vécu plus long-temps, il aui^aft.élé contraint de se plier tui-mèine à un auti'é syMèmé,
<HX de ûourii? les chances d^une lutte ouverte et décisive contre les exigences du temps moderne. Après la mort d'Alexandre^ Nicolas son frère cadet monta sur le le trône en vertu d'un acte secret de renonciation signé , et de nouveau confirmé, par le Grand-Duc Constantin son frère aîné. Mais prétextant le df oit de primo géniture, pour exciter un soulèvement dont le but était le rétablissement des libertés nationales et la création d'une constitution conforme à l'esprit du temps, les chefs d'une conjuration depuis long*tems ourdie en secret^ gagn^ent une partie des troupes de la garnison de Petersbourg, et proclamèrent «Constant incc empei*eur (a6 Décembre); mais la valeur et la fermeté àe Nicolas et de ses partisans eurent promptement étouffé cette sédition^ et les conjurés subireut sur l'éebafaud ou dans les déserts d# la Sibérie le ckàtim^it de leur téméraire tentative.
Ces événements produisirent en Europe des impressions différentes, solon la diversité des opinions individuelles. On reconnut généralement que la mort de l'Empereur Alexandre devait être d'une influence puissante sur les intérêts généraux, quoique l'opinion et la tendance politique de son successeur — ainsi qu'ail l'annoïKa hiirméme — ne différassent pas de celles d'Alexandre, il est vrai, que FEmpereur Ni<* colas quoique fortement attadié aux idées dont la réalisatioa Rivait été le but de tous kjs efforts» de son
prédécesseur, ii*y tenait cependant pas avec un en*-^ thousiasme aussi excessif; et d'aliieiirs ce monarque avait, autant par les enquêtes faites contre les rebelles, que par maint autre symptôme, reconnu que la nation russe était mécontente du système de gouvernement adopté par Alexandre, ^t il avait en même temps acquis la conviction , que, quant aux démêlés de la Grèce avec la Turquie, ce système ne pouvait être maintenu, sans compromettre éminemment la sûreté de son propre empire. Mais de la direction que prendrait cette partie de la politique du gouvernement russe devaient s'ensuivre des résultats d'une influence générale sur les relations européennes.
En effet la Russie prit dès lors un langage plus énergique dans ses négociations avel la Porte. L'Empereur Alexandre, bien qu'il eût à reprocher à la Porte mainte violation de traités, et que, surtout depuis l'insurrection des Grecs dans la Moldavie et la Yalachie, les procédés de la Porte eussent été d'une nature si hostile que l'ambassadeur russe S t r o g anof f crut devoir quitter Constantinople (1821), — démarche qui donna aux philhellénes les plus belles espérances, — avait constamment montré tant de inénagement, de patience et d'amour pour la paix, que l'orgueil de la Porte devait nécessairement s'en accroître. L'ambassadeur russe fut remplacé (iS^S) par le chargé d'affaires Minciaky et l'on continua les démarches pour le maintien d'une paix humi-*
liante* Mais après la mort d'Alexandre, TEmpéreur ^Nicolas ayant demandé catégoriquement la réparatioEf des griefs , la Porte se montra moins difficile et l'on convint de s'arranger définitivement aux conférences d'Akjer mann.N
La transaction passée le a 5 Sept. i8a6 à la suite de ces conférences, se borna cependant à des éclaircissements sur le traité antérieur de Bûcha rest, au règlement des affaires de la Moldavie, de la Va* lachie et de la Servie, et enfin à la liberté à accorder au pavillon russe sur la Mer-Noire. Rien ne fut décidé quant à la Grec e.
Cependant des démarches plus efficaces se firent d'un autre côté en faveur de la Gré ce. La politique de l'Angleterre jalouse si vigilante ne voulut point permettre que l'influence de la Russie prédominât dans cette conjoncture, etCanning voyant cette , dernière puissance résolue d'agir avec plus de vigueur, envoya le Duc de Wellington à Petersbourg, pour concerter avec le gouvernement russe les mesures à prendre pour la pacification de la Grèce. Cette mission eut pour résultat le protocole du i4 Avril 1 8îi6 à la suite duquel parut dans le cours de l'année suivante (6 Juillet 1827) le traité de Londres auquel la France participa également. Les trois Puissances intervenantes convinrent entre elles de déterminer le Sultan, de gré pu de force, à reconnaître la semi-souveraineté de la Grèce (dont les limites^
étafent eriéore à fixer) ; La P o r t e <kvait en conserver la Suzeraineté, en tirer par eonséquent un tribut annuel, et jouir de divers autres droits régaliens. On devait provisoirement imposer une trêve aux deux partis.
Mais le Sultan à qui l'envoyé anglais Stratford C a n n i n g et le nouvel ambassadeur russe Ri b e a 11pierre (arrivé à Constantjnople en Févr. 1 8117), et enfin aussi l'ambassadeur de France Guilleminot proposèrent de souscrire le protocole de Peter s bourg rejeta dédaigneusement leur proposition , ainsi que les in^ stances réitérées et pressantes qui lui firent plus tard les Puissances signataires du traité de Londres, auxquelles se joignirent alors, la Prusse et l'Autriche.
Dans ces entrefaites la position malheureuse des * Grecs s'était empirée d'une manièi^ funeste* Ibrahim après avoir ravagé le Péloponnèse, passa sur la terre-ferme et à la suite de plusieurs combats terribles s'empara du fort deMîs sol onghi, devenu à jamais célèbre par l'héroïsme de ses défenseurs (an Avril i8a6)* Dans le cours de l'année suivante l'A* cro polis d'Athènes tomba au pouvoir de l'ennemi, avec des circonstances nen moins désastreuses* La Grèce penchait visiblement de plus en plus vers sa ruine. Même sur mer ses armes ne soertefiaient plus leur ancienne réputation, qtlbique faifiirâ) an* glais Cochrane commandât les forcés navales tan^
dis qiie son con^patrioté Church était à la tête de l'armée de terre. La piraterie — qui fournit aux Puissances le prétexte de maintes mesures de rigueur — était alors le caractère prédominant de la guerre maritime chez les Grecs.
A ces malheurs se joignit encore celui des divisions intestines. Ce dernier cependant cessa pour quelque temps, lorsque le comte Capo-d'Istrias ïonieti de naissance, et autrefois ministre d'état en Russie, iut élevé par le choix de ses' concitoyens à la Prési^ dence de la République grecque. Les coeurs se rouvrirent à l'espérance.
Le Sultan Mahmoud cependant, dompteur des Janissaires (milice qu'il abolit entièrement, après avoir étouUé dans le sang plusieurs émeutes de cette soldatesque) redoubla d'arrogance envers les Grecs, etpro* voqua, par sa conduite, les ordres sévères que les trois Puissances donnèrent aux commandants des flot'^ tes et par suite desquels se livr^ dans le port de Navarin (ao Octobre 1827) le mémorable combat naval qui détruisit, en moins de trois heures, toute la flotte turco-egyptienne et fut le signal de\a délivrance générale de la Grèce.
Ainsi l'avait ordonné un destin propice. Quelques semaines plus tard, la bataille n'e&l pas été livrée et la Grèce n'eût pu être sauvée; car G a ni ni ng^ l'âme des libéraux était mort peu de temps auparavant (8 Août) et WeHiiig^ton parvenu au minaléve (après
quelques changements de ministres peu importants), était Fennemi des Grecs et en général de la cause de la liberté. Cependant les démarches qu'il fit pour opérer un rapprochement entre l'Angleterre et la Porte n'obtinrent aucun succès, cette dernière Puissance étant encore trop profondément blessée de la dernière victoire remporté parCod ring ton; et la rupture éclata finalement aussi entre la Russie et la Turquie. Lea6 Avril i8a8 parut la déclaration de guerre du cabinet russe, à laquelle la Porte répondit par son manifeste du 4 ^^i^ y ^^ 7 ^i ^^ Russes ouvrirent la campagne en passant le Pruth.
Ce guerre ne justifia cependant pas les grandes espérances que l'Europe en avait conçues. Les Russes occupèrent, à la vérité la Mo Ida vie et laYalachie, ils franchirent le Banub e et mirent le siège devant Schumla et Varna. Mais la première de ces places brava leurs efforts , et Varna ne fut emportée que trop tard, et au prix de beaucoup de sang.
Parcontre les affaires dé la Grèce donnaient plus d'espérances que jamais, autant par la retraite de l'armée turque forcée de marcher vers le nord, que par l'arrivée en Morée , d'une armée auxiliaire française^ sous les ordres du Maréchal Maison (Septembre) dont l'approche contraignit Ibrahim à une retraite précipitée* •
Ces espérances ne furent déçues* que par la politique seul e. de T A n g le t e r r e, qui , alors ouverte-
ment contraire à la cause des Grecs, se tourna aussi con tre la R u s s i e. Cependant les efforts du cabinet britannique, pour réduire les limites de la Grèce mode rne, à celles de la Morée, échouèrent contre la fermeté du Président, et la protection de la France. Enfin, après maintes négociations longuement discutées à Poros, Ton rédigea, à Londres un nouveau protocole (aa Mars 1829) qui établit la ligne de démarcation depuis y olo jusqu'à Ârta en imposant néanmoins aux Grecs (particulKrement d'après les incitations du cabinet russe) la condition d'adopter la forme de gouvernement monarchique, avec le p o uvoir héréditaire dans la personne d'un prince chrétien. Ce furent ^incipalement les armes russes qui assurèrent l'exécution de ce protocole; car lorsque pendant la campagne de 1829 la victoire eut favorisé les Russes, et que le Général Diebitsch après avoir gagné plusieurs batailles eut audacieusement franchi le Balkan, se fut rendu maître d'Ândrinople et eut jeté l'efiroi dans Constantinople; lorsque Paskewitsck en Asie eut porté à l'Empire ottoman des coups qui en ébranlèrent les fondements, la diplomatie européenne alarmée — le cabinet britannique surtout, appuyé cependant de ceux de Paris, de Berlin et de Vienne, — employa toutes les ressources de l'art pour faire péussir le traité de pf^x d'Ândrinopel (14 Septembre). Cette paix étonna le monde entier; car la Russie* IV. • • ^^ ', •
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rendit toutes ses conquêtes à la Porte, mais obtint de celle-ci en compensation - - condition dont alors l'Angleterre s'irrita comme d'un acte arbitraire! — son adhésion au traité du 6 Juillet 1827 et du protocole du âa Mars 1829.
C'est ainsi que les hautes espérances que i^libéraux avaient conçues de la guerre turco-russe furent anéanties par l'excès de sollicitude avec laquelle la Sainte-Alliance voulut maintenir la paix. A l'excep tion de quelques ch^igement de faible importance, les choses étaient restées siir l'ancien pied ! La Russie fit même à la Porte remise de plusieurs paiements qui lui avaient été imposés pour frais de guerre et autres indemnités; et les intentions favorables de l'Angleterre à l'égard de cette dernière puissance se manifestèrent encore davantage par le zèle qu'elle mit^à faire fixer des limites encore plus étroites à la Grec e, et surtout à faire restituer, par cette dernière, en vertu d'un nouveau protocole (4 Février i83o), les îles de Sam os et de Candie, moyennant toutefois la renonciation de la Porte aux droits de souveraineté précédemment réservés*
Le Prince Léopold de Saxe-Cobourg fut alors désigné^par les Puissances pour occuper le troue de la Grèce. Ce Prince cependant voyant l'inutilité de ses efforts pour obtenir une démarcation de limites telle que l'exigeait la sûreté 4^ son nouveau ropyaumcj renonça (1 5 et ai Mai i83o) à la couronne
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qu'il avait précédemment acceptée; alors les choses rentrèrent dans l'ancien état provisoire et les conférences de L o n d r e s fatiguèi'ent de nouveau l'Europe d'une interminable série de discussions et de proto*coi es*
Portugal, Espagne,
La politique européenne se montra encore moins généreuse dans les affaires de Portugal que dans celle de la Grèce. Jean VI Roi de Portugal — monarque faible quoique débonnaire — mourut le6 Mars 1 8a6. D'après ses dernières volontés la régence de^ vait passer entre les mains de la troisième de ses filles Isabelle Marie, princesse dont les intentions étaient bonnes. Don Pedro Empereur du Brésil généralement reconnu en qualité de successeur au trône paternel renonça (a Mai), en vertu de la convention antérieure qui établissait Fincomptabiltté des deux couronnes, â celle de Portugal en faveur de ^a filleDona Maria da Gloria, à condition qu'elle gouvernerait d'après la constitution octroyé par lui le i3 Avril. La naain de cette princesse fut destinée à rinfant Don Miguel, qui , alors à Vienne , reconnut pour la seconde fois son frère comme roi et -lui avait donné les assurances les plus positives de sa fidélité en qualité de sujets II avait en oatpe dés-
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avoué formellement les tentatives de rébellion que les ennemis de la liberté avaient faites en abusant de son nom, pour renverser la constitution et le proclamer, lui Don Miguel, roi absolu; tentatives qui eurent lieu à plusieurs reprises sous la direction du Marquis deCha ves et d^Abrantes, presque oupertement secondés par le gouvernement espagnol et qui ne furent comprimées qu'en 1827, à l'aide de l'Angleterre dont la régente de Portugal avait invoqué l'assistance. L'acte des fiançailles fut signé le 29 Octobre i8a6 par Don Miguel et Dona Maria. Don Petro nomma son frère régent du royaume et celui-ci s'engagea solennellement à maintenir la constitution octroyée par Don Pedro. Le serment qu'il prêta était conçu en ces termes: »Je jure fidélité à »leurs majestés Don Pedro et Dona Maria reine légi- »time de Portugal et je m'engage à remettre le gou- »vernement du royaume entre les mains de la reine «Dona Maria dès quelle aura atteint l'âge de majo- «rité.cf Cette assurance, ce serment furent encore répétés plusieurs fois à Vienne et à Londres; enfin aussi àLisbonne après son retour en Portugal,et dans cette dernière ville, il prêta, avec la plus grande solennité, serment de fidélité à la constitution devant les cortès assemblées (26 Février 1828).
Incontinent après éclate la contrerévolution Don Miguel enhardi par le part# fanatique dissoud les cortès, convoque les anciennes cortès de Lame go et
se fait proclamer roi absolu. A compter de ce moment commencent les persécutions contre tous les amis de la constitution* Les troupes anglaises, que Canning envoyées sont rappelées Wellington ; et les partisans deDona Maria et de la légitimité qui avaient arboré leur étendart à Op o r to sont accablés par la supériorité numérique des esclaves de Don Miguel. L'Europe s'indigne de pareils forfaits et s'indigne de jour en jour davantage , à la vue des actes inouis de despotisme exercés par Don Miguel contre les vaincus. L'île de Terceira est encore le seul point où peuvent se maintenir ceux qai sont dévoués à la constitution et à la cause de Dona Maria. Un certain nombre de Portugais réfugiés s'embarquent à LondreSy sous la conduite du généreux Palmella, pour se joindre à eux, mais l'escadre anglaise menaçant de les couler à fond les contraint à virer de bord! (1829). L'Angleterre refusa également de reconnaître la régence établie par Don Pedro le 20 Mars 1 83o ! Tel fut l'esprit du ministère anglais sous Wellington ! Peu s'en fallut^ que, malgré les opinions réprobatrices ouvertement prononcées contre lui dans le Parlement, Don Miguel n'eût été formellement reconnu par l'Angleterre; cette reconnaissance' aurait même eu lieu s'il avait voulu consentir — au moins pour la forme — à l'amnistie qu'on exigeait de lui, comme condition expreise ! T Mais il s'y refusa obstinément , quoique l'Espagne elle-même l'en sollî-
citât* Il B*y refusa encore autei^ même après la mort de sa fanatique mère (i83o) que la voix publique ao onsait d'être le principal auteur de toutes ces barbaries ! — Au surplus il fut reconnu — même sans la condition de l'amnistie — par l'Espagne et. le Pape*
L*état désastreux du Portugal continua sans éprouver beaucoup de variations, jusque dans les temps les plus récents. La révolution seule du Brésil (i83i), qui fit descendre Don Pedro du trône impérial, donna lieu à quelques tentatives de délivrance qui ranimèrent l'espoir des Patriotes.
Le tableau qu'offre l'Espagne, pendant tout le cours de cette période, n'est pas moins affligeant. Le Roi Ferdinand malgré sa tyrannie, n'était pas encore assez despote^ ni assez absolu, au gré des fanatiques. Son frère DonCarlos était l'idole du parti, et sous son nom — soit qu'il consentit, soit qu'il l'ignorât — se renouvelèrent sans cesse des conjurations, des scènes de révolte et d'horreurs qui déchiraient intérieur du royaume* Presque toutes les provinces furent successivement le théâtre de ces désordres. Ce fut en Catalogne surtout que le feu de la sédition exerça ses ravages en 1828» Le sang coula en abon<^ dance dans maint combat, et plus tard sur les échafauds, après que le roi fut enfin parvenu, avec de pénibles efforts à vaincre les rebelles. L'esprit du mo-
nachisme sous les formes les plus bideuses planait sur cet kifortuné royaume.
La haine de ce peuple fanatisé jusqu'à la frénésie s'étendit même aux Français^ qui, cependant, avaient été les restaurateurs de l'absolutisme. Les corps de l'armée française qui quittèrent les derniers le terri* toire espagnol en 1828 furent, à leur retraite, exposés aux insultes et aux malédictionp du peuple, et reçurent ainsi, de l'aveu même des plus sensés de ceux qui en faisaient partie , la récompense qu'ils avaient méritée.
Nous ne nous arrêterons pas à des détails qui font rougir^ non plus qu'aux intrigues de cour ni aux fréquents changements de favoris et de ministres* Parmi ces derniers, ce fut Calomarde, absolutiste par excellence, qui se maintint le plus long-temps au ministère.
En i83o le Roi Ferdinand (privé jusqu'alors de descendance masculine) ayant, en vertu de son pouvoir absolu, abrogé la loi salique et déclaré la couronna héréditaire dans la descendance féminine, excita le mécontentement des partisans de Don Carlos; cependant leur courroux u'alla poiot jusqu'à la révolte ouverte.
Dans de telles extrémités l'Espagne se trouvait hors d'état de rassembler les forces nécessaires pour réconquérir ses colonies d'outre-mer* Cependant on hasarda quelques tentatives, que ne réussirent point
En i8a6 on envoya un corps de troupes à La Havanne pour s'assurer du moins la possession certerne de l'importante ile de Cuba; et plus tard (1829) sortit des ports de cette île, sous le commandement du Général Barradas, arrivé d'Espagne avec un renfort de troupes fraîches , une armée destinée à reconquérir le Mexique. Tous les efforts de cette expédition se terminèrent par la capitulation de toute l'armée.
Ce fut là, pour l'Amérique espagnole le plus heureux, et même le seul événement heureux, qui ait eu lieu dans tout le cours de la période actuelle.
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Amérique,
Le congrès de Panama sur lequel s'étaient fondées de si belles espérances ne les remplit point. L'ouverture solennelle n'eut lieu que le aa Juillet 1 826. Il ne s'y présenta que les députés de C olombie, Guatimala, du Pérou et du Mexique. Les réqubliques du C h i 1 i, de Bu en o s- AyreS) du Haut-Pérou et du Paraguay n'avaient, pour diverses raisons, point répondu à la convocation.. L'Amérique • septentrionale et même la Grande-Bretagne envoyèrent leurs fondés de
pouvoirs à C6 congrès. Les travaux de cette assemblée se terminèrent provisoirement le i5 Juillet, après avoir conclu un traité d'union et d'alliance entre les quatre états nommés en premier, et après avoir arrêté, relativement aux réunions ultérieures du congrès, quelques dispositions qui n'eurent cependant pas d'importants résultats. L'intervention de l'Angleterre et de l'Amériq^e-septentrionale opposées au plan d'attaque projeté contre les possessions restées aux Espagnols (Cuba et Portorico) furent une des causes principales de la prompte dissolution du congrès.
Une autre cause de cette dissolution fut la continuation des querelles intestines dans la plupart des nouvelles républiques.
Une sédition d'une nature très-alarmante éclata des i8a6 dans la Colombie, pendant l'absence du^ »Libérateur« Bolivar, alors occupé à calmer un soulèvement pareil dans le P é r o u. Le général P a e z qui commandait àVénézuela voulant établir le »systèmefédératif<c avait excité et dirigeait ce mouvement. Le sang coula. Mais B ol i v a r de retour du Pérou et du Haut-Pérou (après avoir fondé dans ces deux états une nouvelle constitution et y avoir été nommé Président à vie) eut bientôt par sa fermeté et sa modération étouffé cette révolte. Cependant la fermentation s'était propagée et le joLibérate ura fut soupçonne d'aspirer au pouvoir absulu. ,
Use démit alors de la Présidence du gouvernement de la Colombie^ mais il la reprit ( j o Sept^ i S%j) à la solticitation pressante du congrès. Dans le cours de Tannée suivante (Juillet i8a8) il fut même proclamé Dictateur; cependant les troubles ne cessèrent point; rétendue de son pouvoir inspirant des craintes aux 'Républiques zélés ceux-ci se joignirent à ses ennemis, tk s'ensuivit plusieurs scènes tumultueuses, et même une tentative d'assassinat sur la personne du dictateur (a5 Septembre). Il sortit cependant de la lutte; et convoqua par un décret du 24 Décembre 1828 un congrès constituant pqur le a Janvier i83o.
Une autre sédition éclata aussi au Pérou contre le pouvoir suprême de Bolivar. La constitution donné par lui fut abolie; de nouvelle autorités s'instituèrent * et le Pérou fit même la guerre aux républiques de Colombie et de Bolivia qui défendaient Ja cause du Libérateur. Cette guerre fratricide se prolongea pendant toute l'année suivante. Le projet de confédération des trois états échoua par suite de ces événements qui entraînèrent une série affligeante de scènes de barbarie soldatesque et d'actes de violence arbitraires. Les Fédéralistes de Venezuela levèrent de nouveau le front avec plus d'audace et de •force. Cette province proclama même formellement ^on indépendance et sa séparation de l'Etat colombien«
Au milieu de ces troubles Bolivar déposa de nou*^ veau son pouvoir entre les mains du congrès national I 83o). Son abdication fui acceptée et la Présidence fut conférée àMosquera. Mais une contrerévolution soudaine opéra le rappel de Bolivar à la tête du gouvernement et la guerre fut déclarée à Paez. ' Le »Libérateur« mourut dans ces entrefaites (17 Décembre même année) laissant la république exposée à des tempêtes dont la violence augmentait de jour en jour.
Au Mexique la joie de la victoire remportée sur les Espagnols fut également troublée par des guerres ii^testines. Les Démocrates et les Aristocrates étaient en présence. Diverses factions particulières prirent part à la lutte. Un décret rendu en 1827 prononçait le bannissement des Espag-» nols. Les partisans de ces derniers réunies aux Aristocrates tenlèrent au commencement de i8a8 d'opérer une contrerévolution, qui tut bientôt étouffée par Guerrero. Guadeloupe Vittoria ayant abdiqué la présidence dans le cours de la même année, GomezPédrazafut élu à sa place. Cette élection irrita Guerrero et S t. A n n a. Ce dernier prit les armes; cependant il n'obtint pas de grands succès dans les commencements. Mais le parti de Pédraza ayant été abattu dans la capitale (3o Novembre et 4 Décembre), Guerrero lut proclamé préstdeot. Peu de temps après celui-ci fut reiaverâé
6ao
à son tour par Bustamente (i83o); ce chatigement ne termina cependant pas la guerre civile.
Le Chili, Gu a ti m a la, et La Plata continuèrent d'être le théâtre de troubles- toujours renaissants, dont le récit détaillé nous écarterait trop loin du but que nous nous sommes proposé. Il suffit de dire qu*en général il n'y eut point de changement essentiel. Il en fut de même au P arag u a y où le dictateur F r a n c i a continua d'exercer son pouvoir despotique sur une population intimidée.
Le Brésil sous le gouvernement de Don Pedro était en proie k une double calamité ; les querelles intestines et la guerre à l'extérieur. Cette dernière soutenue contre Buenos-Ayres, pour la conservation de Monte-Yideo et de la Banda-oriental fut longue^t malheureuse. Après plusieurs défaites Don Pedro se vit réduit à souscrire à une paix par laquelle il reconnut l'indépendance de cette province et de la ville (27 Août 1828). Les troubles dans l'intérieur — relatifs aux intérêts de la monarchie ou de la république, des indigènes ou des Portugais, des blancs et des hommes de couleur — durent nombreux et leurs résultats variés. Cependant malgré ces fréquentes émeutes — chaque fois promptement étouffées — l'état du Brésil continua de prospérer* Nous avons déjà £iit mention plus haut de la renonciation de Don Pedro à la couronne de Pc rt ug a L Cette renonciation augmenta l'attachement des
Brasiliens pour leur empereur et ils lui en donnèrent un témoignage éclatant en proclamant (a Août 1 8a6) héritier de la couronne son fils né le a Décembre i8a5. La mère de ce prince (archuduchesse d'Autriche) mourut Tannée suivante; et Don Pedro en épousant (1829) une princesse de Leuchtenberg, donna par ce mariage 9 une nouvelle garantie au système constitutionnel.
La révolution, qui ravit à Don Pedro la couronne impériale, mais qui fit naître de nouvelles espérances pour la délivrance du Portugal est postérieure, au temps dont le présent abrégé embrasse les événements,
La pupulation 5 les forces et le bien-être public allèrent toujours croissant dans F Amérique-septentrionale. Mais l'histoire de cet état pacifique présente peu de détails frappants. L'événement qui produisit le plus d'agitation parmi le peuple , ce fut l'élection d'un Président en 1 829» Les voix se partagèrent entre d'eux partis -— que d'après leur tendance principale en pourrait désigner sous la dénomination d'aristocrates et de démocrates — : c'étaient celui du dernier président Quincy-Adams, et celui du Général Jack s on. Ce dernier parti — vaincu lors de la présidente élection — triompha complètement dans celle-ci. Jackson fut élu à la grande majorité et entra en fonctions en Mars 1 829* Il gouverna l'Ëtat avec fermeté et bonheur tant au dedans qu'au dehors.
Grande-Bretagne.
Mise en parallèle avec TA mé^îque-septent rio na le — ancienne colonie anglaise — la Gr an de- Bretagne, l'orgueilleuse Métropole, joue un rôle à-peu'près humiliant. L'esprit mercantile, I egoïsme et les intrigues mesquines y remplacent le généreux patriotisme et l'amour de la liberté qui animent le peuple américain et le portent aux grandes choses. C a n n i ng, il est vrai, ce ministre anglais, que toute l'Europe chérit, s'efforce d'introduire dans l'administration quelques idées libérales, telles que l'abolition du monopole des grains, l'émancipation des Catholiques et une réforme parlementaire qui réponde au moins partiellement aux exigences les plus pressantes du temppj mais la vive opposition desTorys et en général dç la classé des individus privilégiés en vertu du droit historique fait échouer ses projets.
Pour assurer aux grands propriétaires de biensfonds des prix élevés, dans la vente de leurs grains, Ja chambre haute rejette le b i 1 1 sur l' i m p o rtatîon des grains, approuvé par la chambre des communes. Ce bill était rédigé d'après le principe d'une compensation très-modérée entre les consommal^eurs et les producteurs. Le projet de Té ma ncipation des Catholiques éprouvé le même sort; et quant à la réforme pa rie m en taire la proposition ne saurait en être faite en présence des
Hauts-Torys. Ce mini'stre libéral, du moins com'parati vementj 8e voit en butte aux attaques les, plus violentes clés méprisables aristocrates, et meurt (6 Août 1827), au grand contentement des mal-intentionnés, emportant au tombeau les regrets des gens de bien dans les deux mondes.
Il fut remplacé par Goderich, mais peu de temps après We 1 1 i n gt o n devint premier ministre; alors tous les amis de Canning furent écartés; le comte Âberdeen grand admirateur et partisajj du prince de Metternich se chargea du portefeuille des affaires étrangères et dès lors la politique du cabinet britannique prit ouvertement, quant aux relations extérieui'es, la direction que suivaient les grandes puissances absolues. Cest ce que prouvent les détails histOT'iques, que nous avons déjà rapportés.
Cependant la voix de la nation, c'est-à-dire, de la partie bien intentionné politiquement émancipée de la nation, quoiqu'elle n'eût pour organe dans le parlement que la minorité, s'éleva si haut et si énergiquement contre le système mesquin des Tory s^ que le Duc de Wellington jugea nécessaire de montrer au moins quelque déférence. On proposa donc le bill d'émancipation des Gatho liques et, les ministériels s'étant en cette occasion réunis aux libéraux '• — ce bill, malgré l'opposition la phis violente de la part des fanatiques, passa dans les deux chambres, et fut sanctionnée par le Roi le i3 Âpril • ♦
iSag. Ce succès seul ne* suffit cependant pas à cal- ^mer le mécontentement du peuple; on demandait journellement plus haut la reforme parlementaire.
Mais le Duc de Wellington (qui après la mort de Géorgie IV et sous le règne de Guillaume IV frère et successeur du feu roi, avait conservé la toutepuissance ministérielle) forma l'oreille à cette juste réclamation^ et devenu encore plus opiniâtre dans ses idées antipopulairesy au lieu de profiter de l'exemple de I^ révoi|ition parisienne de Juillet, il se prononça si 'résolument fpntre toute réforme du parlement, et manifesta contre la révolution de Paris et de Bruxelles des opinions si haineuses, que la nation, enthousiasmée dfe la dernière révolution française, fit éclater par des menaces son indignation contre le système méprisable et égoïste des ministes. Ceux-ci effrayés de ces démonstrations inquiétantes, donnèrent leur démission et furent remplacés par un ministère de Whigs créé et présidé par le comteGrey, dont l'administration prit incontinent, une direction tout opposé à celle du ministère Wellington. On conclut avec la France une alliance qui fit espérer de grands résultats, et l'on promit décidément la réforme parlementaire. Les détails historiques de cette réforme ne sont plus du ressort du présent abrégé qui se termine avec l'année i83o.
Des autres Etats de tSurôpe*
Ayant déjà caractérisé en général, dans les sections
précédentes les Puissances absolues et ayant
également déjà raconté la part qu'elles ont prise aux
grands événements européens,- nous n'avons plus,
dans le but que nous nous sommes proposa, que peu
de choses à rapporter relativement à ces Puissances*
Dans les provinces d'Autriche les diètes (Postu-
laten) se tinrent comme de coutume. Il i^'y eut^que
la session des Etats de Hongrie, oui^irte le ift Sep*
tembre i8a5 et prolongée jusqu'au 40 Août 1827, qui
offrit le spectacle d'une opposition vigoureuse et
même suivie de quelques succès, pour le ]nètabUsse»
ment de quelques droits constitutionnels violés, et
pour la diminution de l'oppression, sous le rapport
des finances et du commerce.
La censure, la sévérité des mesures de surveillance contre les ramenées démagogiques « , la lutte continuelle et acharnée entre » l'observateur autrichien « et les feuilles périodiques libérales de l'étranger, la laveur accordée par le gouvernement aux Jésuites, les entraves apportées au commerce, et d'autres signes caractéristiques du système continuèrent sans changement. Dans le cours de la première moitié de l'anné i83o, les voyages du Prince de Metter^ nich, d'abord auJohannisberg, puis à Carlsbade, joints à quelques autres présages sinistres en France,
répandirent au loin de» inquiétudes pour la liberté . et maintien de*" la paix en Europe. La révolution de Juillet vint donner june autre direction à la marche des affaires.
La Pousse ''avait, par l'organe -de ses journaux, montré une haine violente pour le parti opposé au lûinistère Po li g n a c^. mais après le triomphe de ce ^ parti les journ^x officiels eurent un style plus modéré. Du reste, quant k l'administration intérieure, les 4p3cién^)^ncipes — dirigés vers les améliorations nîatérielles, miis soigneusement en garde contre l'esprit de ^ liberté -^ restèrent prédominants. Dans la Prusse-rhén'ane, la noblesse éteinte par suite de la révolution française fut rétablie en 1826 en vertu d'un édit royal. On voulut aussi, dans les mêmes provinces substituer la législation prussienne au code Napoléon, mais les Etats provinciaux protestèrent énergiquement contre cette réforme. Des assemblées d*Etats dans quelques autres provinces firent aussi valoir des demandes et des représentations qui ne restèrent pas sans effet; cependant ces réunions de députés ne pouvaient aucunement suppléer à des Etats généraux pour tout le royaume.
En Russie, l'Empereur Nicolas, par une loi de succession, publiée le jour de couronnement (it Août i8a6),* confirma l'exclusion du Césarewitsch Constantin, en accordant aussi, au détriment de celuici^ la prérogative tSe succession à son troisième frère
lilt <^|iel ejtà.M d^s(%u4$U)(!e, Il à déj^ été fmt nuention de la guerre avec les T u r c s qui fiit la principale occupatipn de l'Empereur de Russie en 1828 e\, 1 629. La guerre , qi^e ce monarque avait souteni^e contre les Perse?, vers le même temps, avait^été terminée par un trajtç de paix pn*i8a8. IVfeis, entou-;- * rages , par l?^ nouvelle f npturq eptr# la Russie et la Turquie, les Périmes repppimençéren^ îa guerre, qu| v^lut aux Russes ur nouveau triomphe, et lAi b^iti^ • précieux, tant en territoire qu'çpqr. fj'AngVetej^fS vit d'ujGt pe^l ja^Q^x r^ccroissemept in«uiétapt de.k ppiç^ance ru^^e; Ria^s J'Empeyeur -ç^ quoiqji'il taénageât la jalpi^ie fles jPuiss^nces quatit %ux conquêr te^ jÇUJTopéenqes — n'y ewt auwn égard pomr ceUles q^ il av^if faites en A s i e»
Daps Igs di^er? pays de TI^Ê^Ue l'état des afifairq? politiques r^sî? ^-p^u-prè? le mêoje pendant tout le lÇQ^r$ de cette période. ]La supérior^é 4^ Yinûii^MO ^eYAntv'^çk^ ^'éprouvai aucune altéraifion, mêm^ aprè3 qu^ pe? triWp^ siç furent retirées de? Deux-Sir jçUosi tqm l^ PRtit^ gouvernew^Js conservèrent spontanément avec cette Puissance des relations amiiçalçç, ARpnap s^rt»^t l>b^lntispie était devenu i^n/core pjys ûppi'pspenr d(epuis l'exaltation de Pie VIII (i8£^9) qni portft une nouvelle atteinte à l'esprit du siècle, m puWwt Vin édit d'inquisition très-péyèri5. Çq né fnt qu'^prèsi h réyçJ^tipn de Juillet que Je? f Q>ér»¥»s ^ Ut§# p?^rAr^Jît 8P ramif^r.
L* Allemagne aussi, considéré comme Ë t a t f édér atif, doit être mise au rang des Etats absolus, puisque l'autorité de la cpnfédératition germanique et sans aucune restriction populaire, et que cette confédération à le droit ou le pouvoir d'étendre ellemême, à son gré, la spère de ses facultés. Cependant l'action de ce pouvo% s'est peu fait remarquer dans les affaire^" générales de FEurOpe ainsi qu'à l'extérieur * et n'a point changé non plus quant à la marche des àffs^es^^s l'intérieuiv
' La »comniiiiis^ion centrale» d^enquête établie à'^Ha^y en c# en 1819 relativement aux menées démagogiques se sépara enfin formellement (ao Septembre i8a8) n'ayant, faute de délits à poursuivre, donné aucun signe .d'existence ^ depuis plusieurs années. Le résultat total de ses opérations, à en juger par ce qui est parvenu à la publicité, n'est — comparativement à l'appareil imposant de cette commission et aux clameurs élevées contre de prétendus complots révolutionnaires — que de très-médiocre importance et prouve victorieusement la futilité de pareilles inculpations.
Les délibérations de la diète germanique n'acquirent de l'importance qu'à l'occasion des conséquences qu'eut pour l'Allemagne la révolution de Juillet. La nation allemande n'y attachait guère d*intéret auparavant. Mais lorsque les émeutes éclatèrent à Brunswic, en Saxe, danslaHesse-électorale
et ailleurs^ la diète germanique — tout en approuvant la destitution duDuc de Br un swic et les réformes constitutionnelles extorquées par le peuplç jlans ces pays — publia des ordonnances rigoureuses pour prévenir désormais de pareils mouvementa^populaires, et chercha, dans la forcé armée et daps le redoubl^penj: de sévérité de la censure, fes mbyens de rétablir la tranquillité publique. Les bornes de notre abrégé* ne nous permettent pas d'entrer, dans "ie^létail des résolutions ultérieures arrêtées par la diâte" germanique après la prise de V«r,^ovie et après ilpffermissement du système du juste milieu eft France. Au surplus nos lecteurs n'exigeront pas que nous en parlions, d'autant moins que leur jugement sur ces résolutions ne saurait être douteux et qu€f d'ailleurs il est, de nos jours, impossible, d'exprimer lilxrem e n t son opinion à cet égard*
La Suisse malgré tous les intérêts particuliers qu'elle a eus à débattre, n'offre que peu de détails de quelque importance pour la politique en général. Une déférence journellement plus marqué envers les puissances européennes, surtout en augmentant la sévérité des mesures restrictives de la presse , et en 59 montrant moins hospitalière, est, jusqu'à la fin de la période actuelle, le caractère distinctif de sa politique extérieure* Au dedans de nombreuses querelles pour des intérêts particuliers, une opposition ignoble aux exigences des vrais patriotes dont cependant le parti
^o^it successivement par Id pi^opagâftioti dès îdécSs saines et par rechange dés lumières dû moyen de^ écrîks et de la^arole. En 1 829 fut remJ>orté, pour là liberté de la presse, et par fconséqueht pour tolit ce qui est bon, un tWomphe qui fit espérer d'heureux fruit», et en i83o les premiers de ces fruits mûris par Tenthousiasiiie ne de la révolution de Juillet se montrèrent dans les réformes opérées dans les cantons jusqu'alors opprimées par les gouvernements aristocratiques.^ Cette amélioration cependant ne fut ni |;énél|>le ni complète. -■ '
Dans les Pays-Bas les germes de haine réciproque continuèrent de fermenter^ Les âhtipathies nationales qui divisaient les Hotlandaîs et les Belges s'aigrirent encore tf avantage, par l'incottlpatibilité entre le protestantisme et le catholicishie, l'absolutisme et le libéralisme ; niais de ce tonflit d'intérêts opposés résultèrent en même temps, au milieu de cette inextricable confusion les alllarices et les inimitiés les plus disparates. Les aniiè de là liberté se liguèrent avec les partisans du monachismè tohtrë tel ordre arbitraire émané d*uh gouvernement, qui, ihalgré, sa propension à l'esprit du isîècfe, se servait, pour atteindre son but, de mesures CQprtilives cOhdaihnanables, et attentatoires surtout à là liberté individuelle et à celle de la presse. Des offensés peràènnelles, des violations de droit réciproques , des motifs peu loyaux, et aussi des influences extérieure^ côttïblèi^nt
«Qlesure des n^ux. Enfin Indivision éclata; ouverte* ment , apr^s la révolution française de Juillet^ et 1^ Goi»bat sanglant^ victorieux pour les jBelges — livré entre les soldats du gouvernement hollfiQdais et les citoyens de Bruxelles — feraia les voies à tout accommodement* L'historique'' (^s résultats ultér^r eûres n'appartient plus à la^pftsenlfe période.
LeDanemarc etIaS.uède n'offrent^ quant au même espace de temps, que peu de matièi;^ historiques dignes de l'intérêt généml*
Fraàce, Ké^aiuthn de ^iliet.
Nos allons reporter nos regards veiis la France et terminer cet exposé sommaire par l'historique de la glorieuse révolution de Juillet 1 83o qui noua n'e^ xaminerôBS cependant que soUs les points de vue les plus importants.
Ce fut le 3i Janvier i83i que se fit l'ouverture de la seconde session des chambres depuis l'avène- ^nenide Charles X. Le sinistre projet de loi, si^r le droit d'hérédité^ accordant un préciput sur la succession paternelle aux fils aines des familles opulentes, et autorisant de nouveau les substitutions annonçait ouvertement le projet de rétablir l'aristocratie que la lévolution avait abattue. La <^mbre d^ djé-
j)Utés dont la grande majorité se composait des esclaves du ministère, joints aux aristocrates les plus passionnés aurait adopté le projet sans opposition ; mais' la chambre des Pairs en rejeta le premier ar* tide (rarticle essentiel) et s'acquit par là des droits à la reconnaiscance «ationale.
Cependant du ^in delà chambre des députés s'é* tait déjà élevée aussi contre Villèle une opposition inquiétante. Non seulement les députés du côté gauche alors à peine *au nombre de vingt libéraux, mais même les memlyres de l'extrême droite, parmi lesquels se trouvaient quatre vingt Ultras — LaBourdonnaye et Hy de de Neuville à leur tête — mécontents de ce ministre lui Inspiraient des craintes et ranimaient les espérances de la nation. Néanmoins la session en général — surtout quant au budget --^ se termina d'une manière victorieuse pour le ministre.
Enhardis par l'esprit prédominant dans la chambre des députés et à la cour, l'obscurantisme grossier, la bigoterie superstitieuse ou hypocrite, et l'ultramontanisme le plus effronté levèrent audacieusement leur front dégoûtant. Il se forma une nouvelle société pour x>la propagation de la foia, la congrégation des Jésuites s'accrût à vue d'oeil, les dévots s'emparèrent des instituts d'éducation pour la jeunesse et des séminaires, et le toute-puissance spirituelle fut reconnue dans la personne du Pape, par
un concile de 45 archevêques et évêques. L'Abbé de la Mennais surtout^ par ses écrits fanatiquei^s'établit le Coryphée des Ultramontaius dont les manoeuvres clandestines furent cependant courageasement dévoilées par le comte deMontlosier/ dans son mémoire appuyé sur une n^ltitude de faits positifs.
La nation frémit de honte de honte et de dépit à la vue des exigences toujours plus révoltantes des bigots et des fisinatiques. Le ressentiment public s'exhala, dans quelques provincp par les railleries et les huées dont furent assaillies les fréquentes procèssionjs et les momeries des missionnaires, et dans d'autres , par des voies de fait. ' Mais ce désordre n'en continua pas moins.
Le ministèreViilèle poussa les choses encore plus loin en 18^7. On avait proposé aux chambres, relativement à la presse, un projet de loi, dont la teneur rédigée avec toute la riguer napoléonienne et toute l'astuce jésuitique était d'un despotisme et d'une insolence sans. pareille. La Chambre des députés l'adopta; mais celle des Pairs y fit des amendements si essentiels, que le Roi — qui d'ailleurs reconnut encore à d'autres symptômes l'aversion de la nation pour cette loi — fit retirer le projet (17 Avril
Quelque temps après, lors d'une revue générale delà garde nationale parisi^ine (29 Avril), retentirent
(Ai
dàûs les rangs ) ail milieu dea cris répétés de «Vive le roi<c, quelques imqrécâtidiis contre les Èâiniètrés et les Jésuites. Dés le lendemain la garde nationale fftt dissoute.
Les journaux exprimèrent librement et arec ferjneté leur opinion apr un acte aussi arbitiraire* Aussitôt parut (a4 Juin) une ordonnance qui rétablit la censure pour tous les journaux et les leoilles pé-* riodiques, et qui érigea dans les départements dek commissions de censures munis d'ihstruétk>ïis rigoureuses. Par cette ordonnance le ministère se déclara en état de guerre ouverte contre là constitution et ses parsisans; l'esprit nationale en reçut un acisroisseme&t de forces.
Voilà pourquoi, a{)rrés que Villèle eiit dissous la chambre des députés (5 Novembre 18^7), opérant en obtenir, au moyen de son influence sur les électeurs, une encore plus obséquieuse que ne ravàit été la dernière, et quoique, par^'le création de 76 nouveaux pairs {dont 58 furent choisis parmi les députés jusqu'alors les plus dévoués au ministre) il eût compté s'assurm* la majorité de la chambre des Pairs, l'esprit d'opposition, provoqué par l'audace excessive du despotisme, . s'éleva dans les collèges électoraux mêmes — quoique par Teffet de la loi vicieuse sur lés élections^ ils fussent, pour la plupart composés d'aristocrates -^— et Ton vit, malm^ toutes les intrigues: ministérielles et les actes arbitraires, sortir des urxies dusetulîn^ sur-
totîf dàh^ lé* Collèges d'ai^rondiàséftiéfit dé tëU^ tés les parties dé la France, Ifes hbhië des plu^ fidèles^, des plus èxcellentà et des plus iutréflidés défenseur^ de la liberté et de la constitulioii, de manière 5 que quelque put étiré le uoriibfe des ministériels et deè Ultras élus par les collèges éléctoraut de département qui se joignît à eux, lé triomphé de l'oppositiôri h'ed était pas moins indubitable.
Les miriistreS) n'osant entrer en lice avec une chambre aiiisî composée, donnèrent leur démission (5 Fé*vrier i8a8), et l'élection du loyal patriote R ô y e r*- Collard, en remplacement du ^érvile Ravèz, qui trop long-temps avait profané le fauteuil du |)résîdent dans la chatribré des pairsj fut le présage dû triomphé de la cause de la liberté» Tel avait été 1 effet de là simple et facile résolution que prirent les Electeurs de ne donner leurs voix que d'après leur propre con^viction, et non, d'après là volonté des ttiinistres !
Le nouveau ministère , présidé par le sage et mo^ déré Martignac^ satisfit aussitôt aux detttàndesléfe plus pressantes dés libéraux. La pressé l*edèvint lîbVe, le jésuitisme fut abattu 5 on prit deis niéfeurés sa-» lutaires contre les intrigues ministérielles dans les élections, éfc Tadïtiitilstration jusqu'alors at*bitrairé et tyrahnïque, surtout celle de la police, fut cihîonscrîte dans lés bornes légales. La charabre, qui dans son adresse de rettiercitntots au Roi avait ^ipp^lé »d é p 1 orable'a it ministère qui venait d'être renversé, en*
tendit dans sa séance du i4 Juillet, faire la propositiou , de mettre en même ministère en état d'accusation. Cette proposition n'eut cependant poîntde suites.
Le nouvel esprit qui animait le gouvernement français se fit remarquer aussi dans les relations extérieures, telles que les affaires de l'Espagne, du Portugal et de la Grèce. L'Europe entière eut à s'en féliciter.
Cependant le Roi malgré les témoignages d'affection les plus expressifs qu'il reçut de ses sujets , lors de son voyages dans les départements de Test, n'en était pas moins attaché de coeur à la faction des Jésuites et des Emigrés; la Contrerévolution était encore toujours, comme auparavant, l'objet de ses voeux les plus ardenl^b
Aussi le ministère, malgré toute la circonspection qu'il mit dans sa tendance constitutionnelle, se vit-il néanmoins retenu , entravé dans sa marche, et en butte aux haines du parti de la cour ; et lorsque, durant la session suivante des chambres (1629) les lioéraux s'apercevant du retour d'un «système de vacillation<K eurent abandonné le ministère, les affaires reprirent un tour déplorable. . Lors des délibérations de la chambre sur la loi départementale et commununale, le ministère essuya, par les intrigues des ultras, une défaite qui le contraignit à retirer le projet de loi. ^La session se termina en discorde.
Un changement complet s'opéra le 8 Août dans le
ministère. Les ministres jusqu'alors en exercice donnèrent leur démission et furent remplacés d'abord par le Prince de* P-€> 1 î g n a g, puis par M. M. de L a Bourdonnay e, Bourmont, Mont bel.et Cour* voisier, tous ennemis de la constitution et des idées libérales, (Plus tard, à la retraite de La Bourdontt a y e et de Co u r v o i s i e r, le ministère antipopu*^ laire fut complété par la nomination de M. M. Guer* non-Ranville, ChantelauzC) Peyronnet, et C a p e 1 1 e..
Ce ne fut pas sans raison que le peuple vit, dans la composition d'un tel ministère, une déclaration de guerre formelle contre la nation et ses libertés. Ce n'était pas»le roi constitutionnel de laFrancea mais »lechefdes Emigrés de Coblencea qui pouvait s'entourer de pareils ministres. Telle fut le sentiment général. Ce sentiment se manifesta de la manière la plus ouverte dans toute la nation , dans toutes les parties de la France, et surtout par les associations, qui se formèrent partout, d'après l'exemple donné par la Bretagne, pour refuser le paiement des impositions, dans le cas où on les exigerait sans le consentement des chambres ; mais le Roi n'en persista pas moins dans son vouloir* Le temps Ini semblait propice — et la faveur que les grandes Puissances témoignèrent au nouveau ministère le confirma sans doute dans cette idée — pour l'exécntion du projet depuis loog-temps médité^ c'est-à-dire, d'ef-
jieptver I4 cp«trerévolution e» rsimenant l<e^ 4îhoî>es à l'état ou elles étaient avant 1789.
Ce fut le a Mars i83o» que se % l'ouyertvire de la cession des chambres, session dput rinflueijc.e fut si prépondérante sur des destinées de la France. Le ^1 dan$. sofi discours d'ouverture déclara s^ns détour sa ferijae résolution d'agir 4© yi^^ forpe pour ^rmpnter tous Ips obstacles qui s'opposaipnt à ^oij jgouvprweoienr, c'est-à-dire ajix piesures dq ses naiijij^tres anticonstitutionnels.
La chanabres des 4éputé3, (cplle des Pairs p'^vait lait qp'une réponse in^fg^ifîante) résolut ^ 1^ znajorité de 221 voix cpijtre ^^J ^p l'ppofldrp^ par u»^ ^reçse qui, optr/e les prol^t^t^Qps Je§ ply^ vives de r??P^P& d'amoiu- et ^e f^elitç %u trône et k la dynastie çoa- S^itu|iQP?ielle, ppRl^Bftij: ç^ijpj.oinsla^étçlaration »que p]e^ vue* paUtiqws dw mipi^tère ^çlml »« sympa- *)ithisaie«S pQi©f avec le? vqwx d^ l? a^fion,? Cette ?t^p^&m déplut .et iai <*a»bre foç prprpgée *w 1 Sept£i9kr^«
L'approbation que la nation donna à eetto adressa fietnanifesta par les démonstratipns les plus évident»»- Les ministres de leur côté dirigèrent les pôrsécutiow les plus vives contre les signaîtaires U les partisans de î'adre$3e, et leijir couitouk porta priodpal^meut conr ïve les sigoatairee de l'adresse aufcrekiis sigoalés par leur ardent et i&dèle atlaehement à la cause de la fqjmutç, Qés fligna*aiMs *rés-tiM^reujc de V^emfi
ftirent appelés le Dparti de la défectioi»<c et
au lieu de profiter de la leçon donnée par cette dé*
ta
fection, l'oh g'akaildonna' aneuglément à la haine ia plus violenté. Le R«i au lieu d'être le chef de la nation était devenu le chef ou Tinstruments d'une faction. Il ne fut plus question de s'entendre, on voulut triompher.
Parmi les moyens d'atteindre ce but; l'expédition d'Alger parut d'être celui qui présentait le plus de chances de succès. Cette expédition fut résolue 4 Toecasion de quelques offenses que l'insolent Dey avait osé faire à U France. Une pareille guerre semblait médité^ant l'intérêt de l'humanité et de la chrétiepte^ ainsi que de la gloire de monarchie; elle promettait surtout d'importants avantages commerciaux^; mais, dai^ la faitf on ne voulait qu'attirer l'attention pubr lique sur l'extérieur, pour la détourner des affaires de rintéf'ieur^ et séduirje par l'attrait défi succès d^ne entreprise brillante la nation I^elliqiieuse et avide 4^ gloire. Le 16 Mai jour de J'ewb^qti^jpent 4e V^lVt mée d'expédition sous les ordres de Bourmont, fut prononcée la dissolution delachambre tonïbée en disgrâce pour son adresse au Roi ; et quelque temps après, lors de la fête en actions de grâces de la conquête d' Alger, l'archevêque de Paris en Fe cevant le Roi à la porte de l'église eut la hardiesse d'exprimer le voeu »que cette victoire remportée sur les ennemis à l'extérieur fut bientôt suivi d'un triouik
phe «ncore plus glorieux sur les ennemis dans lin* t é r i e 11 r « (par conséquent sur la nation.)
' Cette victoire odieuse«ii efut^pM r^edlportée; ou plutôt ce fut la nation qui triompha glorieusement. D'abord les ministres (quoique, pour diriger les élections à leur gré, ils eussent recouru aux moyens les plus désespérés, en employant les promesses et les me* naces, Tintrigue et la force ouverte, quoiqu'ils eussent envoyé des circulaires rigoureuses à tous les fonctionnaires et aux agents du pouvoir, des lettres pastorales pleines d'onction et même publié une proclamation du roi, laquelle compromettait sa dignité) furent complètement vaincus dans la lutte des élections^ (quel exemple pour tous les collèges électoraux et les électeurs dans tous les Etats <t>nstitutionnels!) et lorsque reconnaissant l'impossibilité de se maintinir en présence d'une chambre composée dans le sens de l'adresse, ils hasardèrent des coups d'état attentatoires à la liberté : — alors le juste courroux de la nation les renversa eux, et le trône de leur maître aveuglé.
Le 26 Juillet i83o le moniteur publia sixordon« donnances; les deux premières ne contenaient que la nomination au conseil d'Etat de plusieurs nouveaux membres choisis parmi les absolutistes ; mais troispremières, signées de tous les ministres^ soumettaient de nouveau la presse périodique à une censure provisoire, prononçaient la dissolution de la chambre des députés nouvellement élue (qui
n'avait pas même encore ouvert là session) et prescrivaient un changement essentiel dans le mode d'élection, d'après lequeljes collèges électoraux de département auraient seuls le droit d'élire, tandis que 1 es collèges d' a r r o n d i ss e ni e n t n'auraient que celui de faire des propositions restreintes sous plusieurs rapports et faciles à éluder ; laquatrièiné ordonnance enfki prescrivait de nouvelles élections de la forme de l'amendement, et la convocation des chambres pour le a8 Septembre.
La charte se trouva dès lors anéantie j toute Son importance fut perdue; son bienfait le plus précieux, le palladium de tous les droits, la liberté de la presse, l'organe^ sacré de la voix du peuple futdé^ truit; «t le nouveau mode d'élection ravissait à la nation toute «possibilité de faire entendre sa voix dans la chambre des députés. Lapresseetla prétendue représentation nationale étaient honteusement devenues l'instrument d'un ministère aveuglé par la passion^ et la nation était livrée sans défense à la merci d'un faction . • • •
Tout gouvernement y qui franchit les bornes, que lui a posées constitution^ et qui, en même temps, interdit ou comprime l'action de l'organe pour la défense du bon droite se met ainsi que la nation en dehors du droit et ne fait que constater, par là, l'état violent de fait; et tout peuple courageux qui pour la défense de aon bien le plu^ précieux est