‹ Histoire générale des Arabes (volume 3)Chapitre 33 sur 35 · IL · texte numérisé non relu

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bué l'honneur de cette petite découverte, et qui a reconnu mon droit de priorité à deux reprises différentes (1).

Delambre, en comparant les déclinaisons des étoiles observées par Timocharis et par Hipparque, a trouvé dix-huit résultats entre 24” et 66” (2); mais il n’avait point fait attention au passage de Ptolémée que nous avons signalé.

En effet, la différence en temps de l’année tropique d'Hipparque et de son année sidérale qui est de 19° donne l'arc de précession annuelle de 46” 807.

Dans mon Mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes, etc., j'ai dit (3) : |

« La détermination de la durée de l’année tropique donne, pour cent années juliennes, un mouvement séculave: dessu res… dilué voie 100€ 00 49° 42” 76.

« Les nombres cités précédemment donnent, pour le même temps, un mouvement séculaire sidéral de......... 99 359 41 41 98.

« Différence ou Ro Fabre RMS NOR SAS OS LISTES

« En secondes : 4,680” 78.

Pour constater de nouveaux ion dans la détermination de la précession des équinoxes, 1l faut s'adresser aux

(1) Journal des savants, p. 719, 720. Paris, 1843. — Études sur l'astronomie indienne et sur l'astronomie chinoise, par J.-B. Biot, p. 83. Paris, 1862.

(2) Histoire de l'astronomie ancienne, par M. Dale th

p. 254. Paris, 1817.

(3) Mémoire sur les instruments “astronomiques des Abalas par M. L.-Am. Sédillot, p. 20. — Matériaux, etc., p. 14.

Arabes, qui ont porté dans leurs appréciations une exactitude bien préférable aux hypothèses incertaines des Grecs.

M. Th.-H. Martin leur rend d’ailleurs pleine justice, en disant (1) : « D’autres astronomes arabes, après avoir emprunté aux Grecs la notion de la précession continue, eurent le mérite d'en perfectionner l'évaluation, qui, comme nous l'avons vu, loin de faire des progrès, avait rétrogradé chez les Grecs depuis Hipparque. Les Arabes arrivèrent presque exactement à la valeur vraie (2). »

Ailleurs M. Th.-H. Martin dit (3) : « En matière d’astronomie, les Arabes ont été des commentateurs intelligents, des calculateurs habiles ct d'assez bons observateurs ; mais ils ont manqué entièrement de critique en ce qui concerne l’histoire de la science. »

Qu’en sait-on? M. Th.-H. Martin pourrait répéter en cette circonstance ce qu'il déclare plus loin (4) : « Leurs travaux sur ce point sont en dehors de l’objet de nos recherches. »

Passant à un autre ordre d'idées, le savant philologue s'exprime ainsi (9) : « Il s’agit de savoir si la science grecque alexandrine n’est qu’un reste, plus ou moins habilement élaboré, de connaissances antiques qui au-

(1) Mémoires présentés par divers savants, etc., re série, t. VIT, p. 451. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

(2) Matériaux, etc., part. Il, app., note 4, p. 278, 281.

(3) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VITE, p. 369. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

(4) Id., ibid., p. 451.

(5) Id., ibid., p. 308.

raient appartenu aux Égyptiens et à d’autres peuples dans une sorte d’âge d’or de la science, ou bien si, au contraire, animée d’un esprit jusqu'alors inconnu d’investigation scientifique, et guidée par une méthode nouvelle, la science grecque a-réalisé la première, en astronomie, un immense progrès, gage des progrès futurs qui, préparés par les Arabes musulmans, s’accomplissent et se continuent chez les peuples modernes. »

Cest cetle dernière thèse que nous avons toujours défendue (1), et M. Th.-H. Martin est du même avis que nous. Îl dit aussi avec toute raison (2) : « Car lors même qu'on prouverait que, dès avant l’époque d’Hipparque, les Chinois ou les Indiens eussent trouvé la précession des équinoxes, il n’en résulterait nullement qu'ils eussent transmis cette notion aux Chaldéens, aux Égyptiens et aux Urecs. Mais comme nous sommes en mesure d'établir que, jusqu’après l’époque d’'Hipparque, les Indiens et les Chinois, de même que les Chaldéens et les autres peuples de l'antiquité, se sont occupés d’astronomie à leur manière, sans découvrir la précession, et que cette notion n’est venue aux Indiens et aux Chinois que tardivement et de sources grecques, celte partie complémentaire de notre tâche viendra confirmer utilement la partie principale. "

(1) Mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes, p. 5, 6. — Matériaux, etc., p. 2, 422. — Courtes observations sur quelques points de l'histoire de l'astronomie et des malhématiques chez les Orientaux, par M. L.-P.-E.-A. Sédillot, p. 8, 9. Paris, 1863.

(2) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VI, p. 307. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

« Nous espérons, d’ailleurs, que l’ensemble de ce mémoire, outre son utilité spéciale pour la connaissance du calendrier égyptien, aura l’avantage plus général de marquer la différence profonde qui sépare les longs tâtonnements astronomiques des autres peuples anciens de la voie scientifique et progressive dans laquelle l’astronomie est entrée par l’heureuse initiative de l’école grecque d'Alexandrie et de Rhodes. »

M. Th.-H. Martin confirme ainsi le jugement que nous avons porté 1l y a plus de vingt ans sur les travaux scientifiques des Grecs et des Orientaux (1); et nous allons voir que lorsqu'il passe en revue les traditions indiennes (2), il arrive aux mêmes conclusions que nous (3).

. Dans l’avant-propos de nos Matériaux, nous avons dit (4) : « On s'accorde à placer en Orient le berceau de la civilisation, sans que personne ait pu lever jusqu’à présent les voiles qui l’entourent. Il semble que les premiers progrès de l'humanité doivent rester inaccessibles à nos regards. Les philosophes grecs parlent bien, à la vérité, d'emprunts qu’ils auraient faits à l'Égypte et à l'Inde; mais est-il possible d'apprécier, d’après leurs livres, la valeur réelle de ces emprunts, et ne serait-ce pas se jeter dans une voie sans issue que de rechercher, par exemple, au-delà des écoles d'Athènes et d’Alexan-

(1) Matériaux, etc., p. 1, 2, 3, 4, 423, 459, 465.

(2) Mémoires présentés par divers savants, ete., 1r° série, t. VIII, p. 452, 489, 490. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

(3) Matériaux, etc., p. 422, 423, 466. .

() Id., p. j, i.

drie l’origine et les développements des sciences mathématiques? Quel peuple de l'antiquité nous offrirait un seul nom comparable à ceux d'Hipparque et de Ptolémée, d'Euclide et d’Apollonius, d’Archimède et de Diophante? Tant que les traditions resteront muettes, tant que les monuments d’un autre âge ne nous auront révélé aucun fait nouveau, il faudra laisser de côté les ingénieuses hypothèses de Bailly, et s’en tenir aux travaux des Grecs. Eux seuls nous fournissent des documents écrits d’une valeur incontestable; eux seuls nous ont transmis sur les diverses branches des sciences exactes, avec de remarquables modèles, les bases de nos plus belles découvertes. »

Et ailleurs (1) : « On sait combien l’école grecque, illustrée surtout par Hipparque (2) et par Ptolémée (3), a rendu de services à la science; les découvertes qui sont dues à ses représentants ont été justement appréciées, et le tableau que l’Almageste en a tracé donne une idée très-nette du système astronomique auquel elles se trouvent liées : les théories sont appuyées sur des observalions faites avec des instruments propres à mesurer les angles, et calculées par les méthodes trigonométriques ; la science astronomique est créée. »

M. Th.-H. Martin écrit à son tour (4) : « Iln’est plus

(1) Matériaux, etc., p. 2.

(2) Hipparque, de Nicée, florissait au second siècle avant notre ère, vers l'an 127.

(3) Ptolémée, d'Alexandrie, composait l'Almageste (% méyrorn cuvreËuc) vers l’an 138 de J.-C.

(4) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VU, p. 452. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

nécessaire aujourd'hui de s'arrêter à prouver, contre Bailly (Astr. ind. et or., disc. prél., part. 1; pag. xxv- XXVIT, XLIT, XLVII, LV, LXIV-LXVI, et ch. 1V, p. 9, 7, 83, 497, 129, 140-141 et 182-184), que la conjonction planétaire prétendue de l'an 3102 avant J.-C., prise pour point de départ des Tables astronomiques de Tirvalour, n’est pas le résuttat d’une observation faite par les Indiens en 3102 avant J.-G., mais d'un faux calcul rétrograde. Il est encore moins nécessaire de discuter les observations non indiennes de longitudes d'étoiles que Bailly (Astr. anc., p. 131-139 et 356-357; Astr. mod., t. 1, p. 507-508, et Astr. ind. et or., disc. prél., p. xxx11; chap. v, p. 136-137, et chap. x, p. 261-266) transporte arbitrairement, pour les rendre vraies, dans un zodiaque

indien imaginaire, en les attribuant non moins arbitrai-

rement à deux Hermès indiens, non moins imaginaires, qui auraient vécu l’un au XIXe siècle et l’autre au XXXIVE avant notre êre, c’est-à-dire à des époques où les Aryas, ancêtres des Indiens, n'étaient pas même encore arrivés dans l'Inde. » :

Les savants indianistes Whitney, Max Muller, Weber, Lassen, Benfey, etc., ne peuvent s’accorder entre eux sur les questions chronologiques (1).

Tous les traités astronomiques indiens qui rous restent, même le Calendrier des Védas, ont été rédigés postérieurement à l’an 200 avant J.-C. (2).

On sait que les Séleucides et les Lagides, dans les

(1) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VIT, p. 453, 473, 476, 490. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

(2) Id., ibid., p. 455.

États desquels l'astronomie grecque était florissante, entretinrent avec l’Inde des relations suivies (1); que des rois indiens et des populations du nord de l’Inde parlaient grec (2); que des relations intimes existèrent entre l’Inde et l'Égypte, sous les empereurs romains (3) ; que les poèmes astronomiques indiens sont pleins de doctrines grecques étrangement déguisées (4); qu'aucun de ces poèmes n’est antérieur au Ve siècle de notre ère (5); que le titre même de ces livres en indique l’origine gréco-romaine (6).

Enfin les opinions des Indiens sur la précession des équinoxes résultent clairement de calculs faits sur les données d’Hipparque, et accommodés aux hypothèses d’autres astronomes grecs et surtout d’astrologues grecs, et traduits dans le style de la chronologie imaginaire des Indiens (7).

Ces diverses assertions de M. Th.-H. Martin ajoutent une nouvelle force aux arguments que nous faisions valoir (1841-1845 et 1847), en imprimant ce qui suit (8) : « C’est aux Grecs seuls, en effet, que nous pouvons nous adresser pour recueillir les premières données de Vhistoire des sciences. »

(1) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VIT, p. 456. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

(2) Id., ibid.

(3) Id., ibid.

(4) Id., ibid.

(5) Id., ibid®, p. 457.

(6) Id., ibid., p. 457, 458.

(1) Id., ibid, p. 481, 490.

(8) Mémoires sur les instruments astronomiques des Arabes, p. 5.

C’est ce que nous disions aussi dans le passage suivant de nos Matériaux ci-dessus mentionnés (1) : « Assurément, lorsqu’Alexandre pénétra jusqu'aux bords de l’Indus, lorsqu'il reçut, comme on l’assure, des leçons de ces philosophes d’un autre âge, ceux-ci n’auraient pas manqué de faire sentir à ce conquérant barbare leur supériorité intellectuelle, s'ils étaient élevés aux plus hautes spéculations de la science; ils auraient cherché à l’étonner par le tableau des progrès qu’ils auraient fait faire aux connaissances humaines; mais loin de là, Aristote et son école n’empruntèrent rien d’important aux Indiens. Deux siècles s’écoulent; les communications des Séleucides avec les souverains des bords du Gange ne cessent d’être fréquentes, et ce sont les Grecs qui instruisent l’Asie orientale, en y introduisant leur civilisation et leurs idées. »

Et plus loin, dans le même ouvrage (2) : « Si nous étudions maintenant les faits qui peuvent éclaircir la question, nous voyons que les sciences dont on a retrouvé quelques traces dans l’Inde à une époque trèsrapprochée de nous, et particulièrement lastronomie, se composent d'emprunts faits aux Grecs et aux Arabes. Déjà Delambre a montré que les tables indiennes paraissaient avoir été dressées d’après une moyenne prise entre les tables grecques et les tables arabes. Laplace (Précis de l’hstorre de l'astronomie, p. 18) repousse également les hypothèses de Bailly. »

Sans parler de l'introduction du zodiaque grec dans

(1) Matériaux, etc., p. 429, 423.

(2) Id., p. 424, 425.

l'Inde (1), de la semaine planétaire (2), des nakshatras ou mansions lunaires (3), n’avons-nous pas fait justice des prétendus chuffres indiens, d'origine latine (4), du cercle indien qu’on trouve décrit dans Proclus (5), de la trépidation des fixes dont parle Théon (6), de l'algèbre et de la géométrie dites sciences indiennes (7), etc. ? Nous sommes revenus sur cet intéressant sujet dans une récente communication à l’Acadéiaie des sciences dans les termes suivants (8) : « Le désir d’être regardé ‘comme le plus ancien peuple de la terre et le plus instruit a porté les Hindous, ainsi que les Égyptiens, les Chinois, etc., à s’attribuer des inventions qui ne leur appartenaient pas. Les Hindous notamment, n'ayant pas de chronologie, pouvaient, à mille ans près, modifier la date de certains faits; Colebrooke a, de notre temps, reconnu qu’il avait été le jouet des pandits avec lesquels il s'était mis en rapport; déjà Wilford avait été obligé de rétracter les prétendues découvertes

(1) Matériaux, etc.,p. 426, 427.

(2) Id., p. 427.

(3) Id., p. 426, 467, 562.

(4) Matériaux, etc., p. 419, 428, 429, 459, 460, 503. — Aït dell Accademia pontificia de’ nuovi Lincei, etce., t. XVIIL, p. 518. — Sur l’origine de nos chiffres, lettre de M. L.-Am. Sédillot à M. le prince Balthasar Boncompagni.

(5) Matériaux, etc., p. 444, 445, 505.

(6) Id., p. 442, 443, 444, 504. |

(7) Matériaux, etc., p. 446, 447, 458, 459, 503, 504. — Comptes-rendus, etc., t. LXXIT, p. 780, 781. — Des connaissances scientifiques chez les Orientaux, à propos des étymologies arabes, par L.-Am. Sédillot, p. 4, 5.

(8) Comptes-rendus, etc., t. LXXII, p. 779, 780, 781. — Des connaissances scientifiques des Orientaux, etc., p. 3, 4, 5.

qu’il devait aux déclarations d’interprètes infidèles ; William Jones n'avait pas été plus heureux; Legentil en disait tout autant à la même époque; sept cents ans auparavant, l’Arabe Albirouni déclarait qu’il avait fait pour les indigènes des extraits d'Euclide et de Ptolémée, et qu'aussitôt ils mettaient ces morceaux en slokas, c’està-dire en dystiques sanscrits, de manière qu’il était peu facile de s’y reconnaitre. Il est probable que la même chose était arrivée aux nestoriens, aux néoplatoniciens, à Plotin au Ile siècle de notre ère, aux Ptolémées, aux Séleucides, aux Antonins, en relations suivies avec l’extrême Orient, et que les connaissances des Occidentaux devenaient pour les Hindous, passés maitres en fait de ruses et de tromperies, des, plagiats commis à leur détriment, M. Woepcke s’y est laissé prendre pour les chiffres et pour l’arénaire (1). Le savant M. Sandou, qui professe le tamije ou tamoul, le plus ancien idiome de l'Inde, nous apprend qu’en effet, au Xe siècle de J.-C., sous le règne de Bhodja IT, imitateur du khalife Almamoun, il existait une académie des sciences, où l’on usait de la même supercherie, pour prouver aux étrangers que leurs communications n'étaient que la reproduction d’inventions ou d'idées d’origine indienne; la ruse fut découverte et l’académie supprimée. | à

« Cette habitude de traduire en slokas les faits scientifiques, en se servant d’ôles ou feuilles de palmier (2), qu’il était facile de remplacer par d’autres, conduit

(1) Lettre au prince Boncompagni sur l’origine de nos chiffres, par L.-Am. Sédillot, extrait des Atii dell’ Accademia pontificia de’ nuovi Lincei, t. XVIIE, 2 avril 1865, p. 9 et suiv.

(2) Recherches asiatiques, trad. par Labaume, t. [, p. 388.

had | APPENDICE.

tout naturellement à l’examen d’une question encore pendante, celle de l’origme du sanscrit, qui pourrait bien être moins ancienne qu’on ne pense. Le sanserit, employé par les traducteurs des Védas, qu'on suppose avoir donné naissance aux mots grecs et latins qu’on y trouve semés, n’aurait-il pas, au contraire, offert un droit d'asile à la langue d'Homère, déjà parfaite six siècles auparavant? Les mots arabes qu’on rencontre à une autre époque, dans les slokas des Hindous, ne seraient-ils pas un indice qui viendrait confirmer cette supposition?

« La tentative faite au XIIIe siècle de notre ère par l’empereur mongol Kublaï-Khan, d'appliquer à la langue chinoise une écriture alphabétique, ne ferait-elle pas entrevoir qu’un procédé analogue a pu être employé pour le sanscrit, qui n’a jamais été une langue parlée, mais une écriture sacrée (san-ctum script-um)? Nous avons un spécimen des caractères pa sse pa acceptés par Kublaï, et qui sont une simple transformation des caractères dévanâgaris (1).

« Lorsque les Arabes, au VIITe siècle, reçurent d’un Indien quelques notions d'astronomie et de mathématiques, ils ne connaissaient pas encore les livres grecs, et ils appelaient indien tout ce qui leur était communiqué d’intéressant; mais nos plus habiles philologues, qui entassent citations sur citations, à la manière allemande et sans aucune critique, et qui accueillent souvent les opinions les plus contradictoires, s’accordent cependant à reconnaître que les mathématiciens hmdous

(1) Voyez le mémoire de M. Pauthier, dans le Journal asiatique de 1862, p. 15, 21, 33, etc.

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sont postérieurs à l’école d'Alexandrie; c’est ce qui explique, nous l’avons répété bien des fois, comment les Arabes ont été amenés à attribuer une origine indienne à des inventions grecques, à appeler cercle indien un instrument décrit par Proclus, chiffres indiens un sysième de numération dù aux Occidentaux, et même à faire de l’Almageste de Ptolémée un livre indien, et de la géométrie, suivant M. Woepcke, l’art indien.

« On peut aussi se demander pourquoi le buddhisme, qu’on fait remonter au Ve siècle avant J.-C., est resté inconnu aux Grecs; la doctrine du Budha-gourou (le maître Budha), qu’un savant indianiste identifiait avec Puthagoras (sic),n’aurait-elle pas quelques rapports avec le système d’abstention prêché par le philosophe de Samos (1)? |

« Les considérations qui précèdent s'appliquent en partie aux Chinois, qui ont toujours fait un grand étalage des connaissances de leurs ancêtres ; ont-elles pu complètement disparaître, comme ils le disent, avec l’incendie des livres ordonné l’an 213 avant J.-C.? Les sciences qui ont acquis un certain développement ne s’effacent plus de la mémoire des hommes. Nous avons montré que nos missionnaires, par un étrange abus des mots, avaient décoré du titre pompeux de tribunal des mathématiques une commission de mandarins qui avaient pour mandat de coordonner les mouvements célestes avec les événements politiques et les actions de leurs princes, et de prédire jusqu'aux tremblements de terre (2).

(1) Voyez notre lettre à M. de Humboldt, imprimée en tête de notre édition d'Oloug-Beg, t. IT, p. 22.

(2) Bullettino di Bibliographia (sic) e di Storia delle scienze

Les époques de ce qu’on appelle l'astronomie chinoise coincident avec les communications venues de l’Occident en 134, en 87 avant J.-C., et depuis en 80, en 164 (ambassade de Marc-Aurèle), en 450, en 618 (arrivée du nestorien Olopen), en 718, en 1280 (astronomes arabes de l'observatoire de Méragah, instituteurs du Chinois Co-Chéou-King), en 1583 (arrivée des missionnaires jésuites) (1). »

M. Th..H. Martin constate ainsi que nous l’insuffisance scientifique des Chinois (2). Il dit (3) : « Ce qu’il y à de certain, c’est que, depuis l'avènement des Han et. sans doute longtemps auparavant, l’année des Chinois, considérée par eux comme tropique, était de 365 jours 1/4. Si, pendant une longue suite de siècles, ils furent amenés quelquefois par l’évidence à retrancher l'erreur accumulée de cette année trop longue, ils le firent sans songer à trouver une évaluation plus exacte (4), et sans tenir compte de ces suppressions de jours, qui, rompant d’une manière irrémédiable la continuité de leur chronologie antique, devaient rendre inutiles à la

matemaliche e fisiche, mai 1868 : De l'astronomie et ei (Sic) des mathématiques chez les Chinois.

(U) Voyez les pièces justificatives dans nos Matériaux, te. t. I, p. 607 et suiv., et notre Histoire des Arabes, 1854, p. 357, 361, etc.

(2) Mémoires présentés par divers savants, etce., {re série, t. VIT, p. 4992, 493, 514, 515. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. » — Matériaux, etc., p. 563, 650. — Courtes observations, etc, p. 19, 20, 25, 26.

(3) Mémoires présentés par divers savants, etc, 1re série, t. VII, p. 503. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc, »

(4) Voyez M. Biot, Résumé, etc., p. 340.

science leurs plus anciennes observations astronomiques (1).

Et peu après il ajoute (2) : « Il est donc impossible de leur attribuer des observations exactes d’équinoxes et de solstices, qui, comparées avec des observations exactes de passages des étoiles au méridien, auraient pu leur révéler la différence de l’année sidérale et de l’année tropique, et le déplacement des points équinoxiaux et solsticiaux par rapport aux étoiles. » Les quinze solstices de Pou-kong sont de son invention (3), et le produit d’un faux calcul (4); les Chinois étaient habitués à ne s'occuper que des ascensions droites et des déclinaisons, et ignorant la trigonométrie sphérique, ils ne savaient pas réduire exactement la position de la lune à l’écliptique (5). Il ne faut donc pas s’étonner de la fausseté des évaluations qu’ils essayérent de trouver eux-mêmes (6). C'est bien là ce que nous avons constaté dans notre appréciation de la prétendue astronomie chinoise ; les nombreuses réformes successives du calendrier ordonnées pendant la dynastie des Songs (7) (de 760 à l'an 1100 après J.-C.) montrent que, même à

(1) Voyez M. Biot, Résumé, etc., p. 381 et 395 (Académie des sciences, t. XXII), et M. Sédillot, Matériaux, etc., p. 592, 593.

(2) Mémoires présentés par divers savants, ete., re série, t. VITT, p. 503, 504. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. » .

(3) Id., ibid., p. 508.

(4) Id., ibid.

(5) Id., ibid., p. 518, 519.

(6) Id., ibid., p. 519.

(7) On compte jusqu’à seize réformes successives du calendrier (Matériaux, etc., p. 638).

cette époque, les Chinois n’avaient pas encore une idée bien nelte de la grandeur exacte de l’année.

En ce qui concerne les hypothèses de J.-B. Biot sur l'astronomie chinoise (1), M. Th.-H. Martin est de notre avis. En parlant de ces hypothèses, il dit (2) : « Ces inventions ne prouvent qu'une chose bien connue, c’està-dire l’habileté ingénieuse de leur savant auteur. »

Toute l’érudition de J.-B. Biot consistait à marquer à diverses époques, au moyen d’un globe à pôles mobiles, J'état du ciel par rapport aux équinoxes ; un calcul facile lui apprenait que le commencement du printemps, fixé à 0 Bélier, avait autrefois coïncidé avec la constellation du Taureau; de là le Taureau équinoxial et la

connaissance chez les anciens peuples du Taureau équinoxial qu’on devait retrouver dans les monuments, etc. Il était bien inutile d'apprendre les langues de l'Orient, et le grec, et l'arabe, pour refaire l’histoire de l’astronomie ancienne; on n'avait besoin que d’un simple mouvement imprimé à la sphère pour résoudre: toutes les questions ; c'était fort commode. Mais il ne fallait pas abuser de ce procédé, comme l’a fait J.-B. Biot, qui supposait l’existence de la constellation du Taureau à une époque où la division du ciel étoilé n’admettait ni Lion ni Taureau, et qui voulait démontrer, au moyen des formules de la mécanique céleste et du calcul des probabilités, que le zodiaque de Denderah devait être la représentation du ciel à une date de son

(1) Matériaux, etc., p. 476, 477-480, 481, 582, 583, 584, 585.

(2) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VIII, p. 499. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

invention et tout naturellement très-ancienne (1). Letronne a mis à néant ses démonstrations, et M. Th.-H. Martin, s'appuyant sur les écrits de M. de Rougé, leur a donné le coup de grâce dans son dernier mémoire (2).

Ce n’est pas à dire pour cela que la notion de la précession des équinoxes ait été nécessairement inconnue aux astronomes de l'Égypte ou de la Chaldée. Il suffit en effet d’habiter sur une hauteur, pour être frappé du déplacement journalier du coucher du soleil, qui d’un solstice à l’autre, c’est-à-dire en six mois, parcourt un arc céleste de plus de 46 degrés pour revenir dans le même espace de temps au point de départ. Un observateur attentif peut, au bout d’un certain nombre d’années, reconnaître un changement de position de l’équinoxe par rapport au ciel étoilé.

Lorsque M. Th.-H. Martin nous apprend que Proclus, au Ve siècle de notre êre, ayant sous les yeux l'ouvrage de Ptolémée, ne croyait pas à la précession des équinoxes (3), il reconnaît implicitement que les prêtres égyptiens ou chaidéens ont pu constater ce phénomène resté ignoré du public ; aussi a-t-il raison de dire que

(1) Courtes observations, etc., p. 17, 18.

(2) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VIII, p. 304, 305, 392, 393, 403, 413, 414, 433. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. » — Voyez aussi M. de Rougé (Revue contemporaine, 2e série, t. XXX, p. 254, 284. — Revue archéologique, etc., nouvelle série, t. X, p. 81, 87. Paris, 1864. — Courtes observations, etc., p. 26, 27-29.

(3) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VIII, p. 302, 353, 44. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »

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l'opinion généralement répandue en faveur de la priorité d'Hipparque est la bonne (1).

Une seule chose a droit de nous surprendre : c’est que le savant philologue semble croire à l'existence de ce peuple primitif sorti de l'imagination de Baïlly, enseveli, puis ressuscité dans ces derniers temps sous le nom d’Aryas (2).

J'avoue que les migrations de cette race privilégiée. qui aurait tout appris à l’univers, excepté son nom, me paraissent devoir être rangées avec les hauts faits des Adamites de Moreri (3); l'assimilation des Aryas avec les Ariens d'Hérodote (4), qu’on retrouve parmi les peuplades subjuguées par Alexandre de Macédoine (5), ne me satisfait pas davantage, et je m’attends à voir un beau jour disparaître au milieu d’une nouvelle exécuhon d'automne (6) toute cette fantasmagorie indo-germanique dont on s’est laissé infatuer.

Recevez, je vous prie, cher prince, lassurance de mes meilleurs sentiments.

(1) Mémoires présentés par divers savants, ete., 1'e série, t. VITT, p. 521. Mémoire sur cette Eos « La précession des équinoxes, etc. »

(2) Id., ibid., p. 454, 466, 470.

(3) Comptes-rendus, etc.,t. LXXII, p. 778. — Des connaissances scientifiques des Orientotét, etc., p.2.

(4) Journal des savants, p. 69. Paris, 1872.

(5) Quinte Curce, De la vie et des actions d’Alexandre-le-Grand, trad. de M. de Vaugelas, avec les suppléments, t. II, p. 70, 71. 1724. +

(6) Grande exécution d'automne. Paris, 1815.

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