L:-Am. SÉDILLOT
(1) Matériaux, etc., t. Il, p. 641, 642: — Bulletin de la Société de géographie, 4e série, t. I, juillet-décembre, p. 425, 427; décembre, rapport sur l’ouvrage de M. Reinaud, intitulé :: Mémoire géographique, historique et scientifique sur l'Inde, etc.; par M. Sédillot.
SUR QUELQUES POINTS DE L’HISTOIRE DE L'ASTHONOMIE ANCIENNE ET EN PARTICULIER SUR LA PRÉCESSION DES ÉQUINOXES.
Cher prince,
Je vous ai promis de rapporter 4n extenso quelques passages des écrits de M. Th.-H. Martin, que j'ai cités dans ma dernière lettre : Des savants arabes et des savants d'aujourd'hui, etc. (1); je viens acquitter ma dette.
M. Th.-H. Martin à présenté à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1864, et publié en 1864 un mémoire sur cette question : La précéssion des équinoxes a-t-elle été connue des Égyptiens ou de quelque autre peuple avant Hipparque (2)?
On sait que la précession des équinoxes, changement
(1) Des savants arabes et des savants d'aujourd'hui, à propos de quelques rectifications, lettre de M. L.-Am. Sédillot à D. B. Boncompagni, extrait du Bullettino di bibliographia e. di sioria delle scienze matematiche e fisiche, t. IV, p. 401-418.
(2) Mémoires de. l'Académie des inscriplions et belles-leitres, t. VIH, 1869, p. 303, 522.
432 AFPENDICE.
qui a lieu dans les longitudes des étoiles, vient de la figure aplatie de la terre et de l'attraction latérale du soleil et de la lune; Hipparque, le plus célébre des anciens astronomes, reconnut 128 ans avant notre ère,en comparant ses observations à celles d’Arystille et de Timocharis, qui florissaient vers 294 ans avant J.-C., que les étoiles n'étaient pas toujours à la même distance des équinoxes, ce qui constitue la différence de l’année sidérale et de l’année tropique. | |
Ptolémée, qui nous a conservé les précieux travaux d'Hipparque, prétendit que la valeur de la précession était de trente-six secondes par an; nous la faisons de 50° 1H0; mais M, Th.-H. Martin constate que la comparaison de l’année tropique d’'Hipparque avec son année sidérale donne un arc de 46” 807 pour la précession annuelle (1), et il en conclut qu’au temps de Ptolémée la doctrine de la précession était déjà amoindrie et faussée (2). Seulement il ajoute (3) :
« M. Sédillot a eu tort de dire que les observations chaldéennes avaient servi à Hipparque pour déterminer la longueur de l’année. Il résulte seulement des expressions de Ptolémée qu'Hipparque s’en était servi pour réformer la période qui ramène les éclipses de lune. » La critique de M. Martin tombe à faux, Hipparque dit lui-même, suivant le témoignage de Ptolémée (4), « qu’en
(1) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VITE, p. 438. Mémoire sur cette question: « La précession des équinoxes, etc. » |
(2) Id., ibid., p. 522.
(3) Id., ibid., p. 438.
(4) Composition mathématique de Claude Ptolémée, traduite par M. Halma, et suivie des notes de M. Delambre, t. I, p. 155. 1818.
calculant d’après certaines éclipses de lune, il a trouvé que l'inégalité dans les durées des années, considérée relativement à la durée moyenne, ne fait pas une différence de plus de la moitié et du quart d’un jour, » et plus loin Ptolémée nous apprend qu'Hipparque a établi, d’après les observations des Chaldéens et les siennes propres, que dans une période de,126,007 jours et une heure équinoxiale qui raméne le temps des éclipses après un égal nombre de mois, le soleil parcourt 845 circonférences entières moins 7° 1/2 environ (1), d’où l'on peut déduire une année sidérale de 365 jours 6 heures 14 minutes 12 secondes.
J'ai donc eu parfaitement raison de dire (2) qu’Hipparque a tiré parli des périodes des Chaldéens, en comparant leurs observations aux siennes propres, et que les observations chaldéennes lui avaient servi pour déterminer la longueur de l’année.
M. Martin indique bien que la comparaison de l’année tropique d'Hipparque avec son année sidérale aurait donné un arc de 46”.807 pour la précession annuelle (3); mais ilne dit pas que j'avais fait le premier et depuis longtemps cette remarque; 1l se contente d'imprimer en note (4) : « Voyez MM. Biot et Sédillot, [!. ce. » Cela ne suffit pas : J'avais communiqué mon travail à M. Biot, qui s'était attri-
(1) Composition mathématique, etc., t. I, p. 216.
(2) Mémoires présentés par divers savants, etc., t. I, p. 20, 1844. — Mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes, par M. L.-Am. Sédillot, p. 20. Paris, 1841. — Matériaux, etc., p. 13.
(3) Mémoires présentés par divers savants, etc., 1re série, t. VIE, p. 438. Mémoire sur cette question : « La précession des équinoxes, etc. »
(4) Id., ibid.