LES ARABES D'AFRIQUE
Les Turcs ottomans ont pu étendre leur domination sur l'Égypte et dans les régences de Tripoli, de Tunis et d'Alger ; mais s'ils ont réussi à comprimer les populations, ils n’ont en rien altéré le caractère des tribus arabes qui sont restées, des bords du Nil à l'Atlantique, ce qu'elles étaient au temps de la conquête, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts, toujours prêtes à payer l'impôt si on leur laisse leur vie indépendante. On a remarqué souvent chez les Égyptiens modernes cet esprit résigné, mais actif.et observateur, qui distingue à un si haut degré les Arabes, et l’on comprend que Mohammed-Ali, après ses victoires sur les Wahabis, ait eu l’idée d’opposer à la puissance turque un État nouveau, vivifié au contact de la civilisation européenne. Les traductions qu’il a fait faire en arabe de nos livres de science, les nombreuses éditions de Boulacq destinées à répandre de tous côtés les connaissances de l’école moderne, attestaient des vues élevées et un ardent désir de régénérer les peuples soumis à ses lois. Malheureusement ses projets, combattus secrètement par la politique anglaise, devaient mourir avec lui; toutefois, la ligne de démarcation qui sépare les Arabes des Ottomans
a été profondément creusée, et l’on peut dire que l'Égypte aussi bien que les États barbaresques ne reconnaissent plus que l’autorité nominale des sultans de Constantinople.
Ce n’est pas seulement au nord de r’Afrique que l’influence arabe se faisait sentir; les côtes orientales n’ont jamais cessé d'obéir à des chefs musulmans. Le Coran pénétrait au commencement du XVII siècle dans le Soudan oriental; un descendant des Abbassides, Saleh, devenait à cette époque le chef politique et religieux du Ouaday dont les habitants se convertissaient à lislamisme. Tout récemment encore le sultan Saboun, aciuellement régnant, s’emparait du Baghirmeh en invoquant le nom de Mahomet, et s’avançait jusqu’au lac Tchad. Les voyageurs européens qui s'efforcent aujourd’hui de pénétrer au centre de l'Afrique en suivant les Arabes par le Kordofan et le Darfour, ou en s’élançant de Tripoli au travers du désert, ont pu constater ce nouveau mouvement des esprits. Tandis que les Wahabis cherchent à relever l'élan dans la foi religieuse en Arabie, les foullah se font les réformateurs et les missionnaires armés de la Nigritie.
L'Afrique occidentale a aussi reçu du Maroc quelques germes de civilisation; cet empire, resté pur de toute domination étrangère, aurait relevé avec honneur le drapeau de la nationalité arabe, si les dissensions intestines de la famille régnante n’avaient précipité sa décadence. Le prince régnant, Muley-Abderrahman, est monté sur le trône en 1822 ; Méquinez, Fez et Maroc, les trois résidences de l’empereur, ont encore quelque splendeur, Fez surtout, que l’on considère comme le
dernier asile des lettres orientales et qui compte de nombreuses écoles, avec une bibliothèque remplie de manuscrits précieux. On doit seulement regretter que les savants, jaloux de ce trésor inestimable confié à leurs soins, ne permettent à aucun Européen d’en approcher.
On peut évaluer la population du Maroc à six millions d'habitants qui se subdivisent en Berbères, Arabes, Juifs, Nègres, ete. Les Berbères sont répandus sur la chaîne montagneuse qui s'étend du sud-ouest au nordest; plus prés de la côte sont les montagnes du Rif, défendues par des tribus indépendantes dont nous connaissons à peine les noms. )
Le territoire se partage en Tell et en Sahara ; le Tell a soixantc-quinze myriamètres’ de longueur sur trente ou quarante de largeur, le double à peu près du Tell algérien; sa superficie est de trois mille deux cent vingt-cinq myriamètres carrés; les Sahara des deux États sont d’une étendue à peu près égale ; au sud et à l’est se trouve le petit État de Sidi-Hescham, fondé en 1810 et composé d’Arabes et de Chillouks. Talent en est la capitale; elle sert d’entrepôt entre Tombouctou et Maroc.
Les montagnes sont très-élevées dans cette partie de l’Afrique, la pente générale uniforme, les fleuves plus considérables que dans la contrée orientale; le Mlouia, le Loukkos, l’Ouarra, le Sbou, l'Omm-er-Rbia, le Bouragraz, se dirigent au nord ; le Guir, le Ziz, l'Ouad-Draa répandent leurs eaux vers le midi; c’est un pays magnifique, et dont on ne connait pas toutes les ressources. |
Les rapports des schérifs et des souverains d'Alger, de Tunis et de Tripoli avec les diverses puissances chrétiennes qui ont voulu occuper des points importants sur le littoral, fonder des établissements de commerce ou faire respecter leur pavillon, n’ont offert dans les premières années du XIXe siècle qu’un intérêt secondaire jusqu’au moment où les armées françaises sont venues en 1830 changer complètement la situation de l'Afrique septentrionale. Les hostilités commencées contre le dey d'Alger en 1827 s'étaient terminées trois ans après par la prise de sa capitale, et l’on pouvait croire que les liens du gouvernement ture se trouvant brisés d’un seul coup, la France profiterait aisément des divisions qui allaient éclater de toutes parts pour porter au loin sa domination; mais la révolution de juillet 1830 devait laisser en suspens la question d'Afrique et faire prévaloir le système de l’occupation restreinte ; d’ailleurs si les populations turques, arabes et kabyles se montraient hostiles les unes aux autres; si des chefs audacieux, tels que Hadji-Ahmed, Ben-Aiïssa, Ben-Zamoun, à l’est, Mbarek, Elbarkani, Bou-Mezrag, etc., à l’ouest, songeaient à satisfaire leur propre ambition au milieu du désordre général, tous se réunissaient dans un sentiment commun, la haine des chrétiens et l'espoir de leur prochaine expulsion.
La régence d'Alger se composait de quatre provinces : Oran, Constantine, Titery et Alger. Trois de ces provinces étaient soumises à l’autorité d’un bey ou lieutenant du dey; la quatrième, celle d'Alger, était administrée par l’agha des Arabes dont la juridiction comprenait Blidah et la plaine de Hamza jusqu'aux Portes-
de-Fer. À l’ouest, la province d'Oran, resserrée étroitement par le petit Atlas, touchait aux frontières du Maroc; la province de Constantine à l’est embrassait le bassin de l’Ouad-Rummel; la province de Titery au sud bordait les rives du Schelif et se prolongeait sur les flancs du grand Atlas.
Après la chute du dey, Hadji-Ahmed à Constantine sut maintenir son autorité, et ne fut pas inquiété. Les Kabvyles ou Kabaïles restérent indépendants; dans Îles provinces d'Oran et de Titery, les scheiks des tribus arabes, constamment écartés des affaires par les Turcs, cherchèrent à reconquérir leur ancienne prépondérance; les uns recherchérent l'alliance de l’empereur du Maroc, Muley-Abderrabman, qui envoya des troupes à Mascara et à Tlemcen; les autres se mirent sous la protection des Français qui avaient paru un instant à Bone et à Mersel-Kebir, mais sans y former d'établissement durable.
Au mois de septembre 1830, le général Clausel arrivait à Alger et imprimait aux affaires une allure plus décidée; étendre peu à peu l'influence française en s’appuyant sur les chefs arabes les plus renommés, telle fut la politique inaugurée en Afrique et suivie à partir de cette époque avec une heureuse persévérance. Mais il y avait bien des obstacles à vaincre; c’est ainsi que Bou-Mezrag, tout-puissant à Médéah, dans la province de Titery, après avoir fait en apparence sa soumission, excitait secrètement les Arabes à la guerre sainteetentretenait des intelligences avec le Maroc. Il fallut le combattre, et le résultat de cette première expédition lui fut défavorable ; fait prisonnier, il fut remplacé par Mustapha-ben-Omar, qui promettait de se montrer plus fidèle.
168 LIVRE VII, CHAPITRE Il.
Vers le nord-ouest, les Coulouglis (c’est le nom qu’on donne aux enfants des Turcs et des femmes maures ou arabes), chargés par le gouvernement déchu de la défense des places fortes, étaient serrés de près par les Arabes en armes, et le bey Hassan implorait les secours de la France. Le général Clausel fit occuper Mers-el- Kebir au mois de novembre, et Oran le 10 décembre ; par suite de conventions provisoires, cette dernière ville fut remise aux Tunisiens qui ne purent s’y maintenir, et le 18 août 1831 ils étaient définitivement remplacés par les Français.
Le général Berthezène avait pris le commandement de l’armée dès le mois de février 1831 ; mais il était à bout de ressources et comptait à peine neuf mille hommes sous ses ordres. De tous côtés les Arabes s’agitaient : Medeah était assiégée par le fils de Bou-Mezrag, et Mustapha-ben-Omar réduit aux dernières extrémités ; la ville fut dégagée le 25 juin; on ne pouvait songer cependant à y laisser une garnison suffisante ; la retraite fut ordonnée, et elle se fit dans des conditions très-défavorables ; l'ennemi plein de confiance croyait déjà à notre prochaine ton de l'Algérie.
À Tlemcen et à Mostaganem, les divers partis étaient en présence; à Mascara, devenue un centre d'action après le massacre de la milice turque, le marabout Mahi-Eddin préparait la voie à son fils Abd-el-Kader. Le général Boyer réussit à tenir les Arabes en échec de ce côté, et le cadi d’Arzew, allié des Français, fournit toutes les provisions nécessaires aux garnisons d'Oran et de Mers-el-Kebir.
Pendant ce temps, aux environs d'A une vaste
conjuration s'était formée ; Blidah et Coleah venaient d’y entrer; Médéah se plaçait sous la suzeraineté de l’empereur du Maroc. Le général Berthezène, vainqueur au gué de l’Arrach et à la ferme-modéle, dissipa ce nouvel orage, et Ali-Mbarek, nommé agha des Arabes, maintint, comme 1l s’y était engagé, la tranquillité de la plaine.
Au mois de novembre 1831, le duc de Rovigo arrivait à Alger, et quelques mois plus tard les hostilités recommençaient sur une grande échelle. Le scheik El- Farhat, ennemi du bey de Constantine, avait fait des ouvertures au général français, et ses envoyés avaient été assassinés sur les terres de la tribu d’El-Ouffia ; la destruction de cette tribu fut résolue; elle eut lieu le 10 avril et provoqua une coalition à laquelle la défection d'Ali-Mbarek donna quelque consistance et qui ne fut entièrement dissipée qu’en octobre 1832.
Vers la même époque, d'importants événements se passaient dans l’est; Bone, un instant occupée en 1830, s'étant soustraite à l'autorité du bey de Constantine Hadji-Ahmed, celui-ci, qui avait besoin d’un port, s’en empara après une attaque vigoureuse le 5 mars 1839, et'se signala par d’affreux massacres ; son triomphe ne fut pas de longue durée. Un coup de main hardi rendit les capitaines d’Armandy et Yousouf maîtres de la Casbah, et au mois de mai, Bone était au pouvoir des Français. Hadji-Ahmed fit de vains efforts pour la reprendre ; il s’était attiré la haine d’un grand nombre de tribus arabes qui se déclarèrent ouvertement contre lu; et hâtérent sa défaite. |
L'année 1833 s’annonça sous d’heureux auspices ; la
ville d'Alger, la banlieue, leterritoire situé entre l’Arrach, la Metidja, la Mazafran et la mer étaient soumis. Le général Voirol faisait tracer des routes militaires, organisait des camps retranchés et assurait la prépondérance française par des razzias contre les tribus qui ne se montraient pas disposées à la paix. La possession de Bone obligeait Hadji-Ahmed de reporter ses vues sur Bougie, et il allait assiéger inutilement Médéah. À l’ouest, les Français occupaient Oran et une lieue de rayon autour de la place, le fort de Mers-el-Kébir ; ils avaient les Coulouglis pour alliés à Tlemcen et à Mostaganem, et l’empereur du Maroc, sentant son impuissance, abandonnait ses idées d’agrandissement.
Un ennemi redoutable surgit tout à coup et ralluma le feu de la guerre sainte. |
Cet ennemi était Abd-el-Kader. A la mort de son père, Mahi-Eddin, il s'était fait reconuaitre chef des tribus du pays de Mascara, et 1l excitait de tous côtés les Arabes à prendre les armes. Les succès du général Desmichels et les journées de Kaddour-Debby et de Sidi-Mahattan n’arrêtèrent point sa marche progressive ; proclamé bey de la province à Tlemcen, où les Coulouglis ne conservaient que le Méchouar, il s'empara d’Arzew dont il’fit décapiter le cadi, notre allié, et menaça Mostaganem. Les Français couvrent aussitôt cette dernière ville; appuyés par les tribus des Douairs et des Zmélas, ils chassent d’Arzew le nouvel émir, le défont à Ain-Beda le 4er octobre, à Tamezouat le 3 décembre, et lui imposent le 26 février 1834 un traité qui met fin aux hostilités.
A l’est, le bey de Constantine, Ahmed, voyait tous ses
projets déjoués; Bone avait de nouveau résisté à ses attaques, et Bougie était tombée au pouvoir du général Trézel le 29 septembre 1833. Les Kabyles, qui avaient occupé cette place dès l’année 1831 et qui avaient plusieurs fois repoussé les bâtiments français de la côte, étaient punis de leurs actes de barbarie, et les tribus arabes intimidées venaient offrir leur appui au vainqueur.
Il en était de même dans la plaine d'Alger où l’on réparait les ponts de Bouffarick; Médéah et Blidah entretenaient des rapports de bonne intelligence avec le général en chef; le camp de Doueira était fondé, et les tribus de la Metidja n'étaient plus à craindre.
La France pouvait donc consolider en paix sa conquête; la grande commission d'Afrique étudia les moyens d’en recueillir le fruit, et le 22 juillet 1834, une ordonnance constitua sur de nouvelles bases l’organisation politique de la régence. On créa un gouverneur général, ayant sous ses ordres un lieutenant général commandant les troupes, et les services divers reçurent des chefs SpéClaux.
Le général Drouet d’Erlon, chargé de la haute direction des affaires, s’attacha surtout à réduire les dépenses d'occupation; 1l forma un corps d’indigènes (spahis réguliers) et rétablit la charge d’agha qui avait été supprimée depuis la défection d’Ali-Mbarek. Le nouveau poste de Haouch-Chaouch, près de Bouffarick, protégea les colons. |
Cependant Abd-el-Kader avait profité d’un an de paix pour se forüfier de plus en plus; on le considérait comme le représentant de la nationalité arabe, et son
autorité était respectée partout où la France n'avait pas encore déployé la sienne; dans les provinces d'Oran et de Titery, il comptait de nombreux alliés. Par un hasard singulier, un événement qui devait semer la division parmi les Arabes, et par conséquent les affaiblir, vint accroître le pouvoir de l’émir. Un fanatique, Moussael-Darkaoui, ayant entraîné sous son étendard près de deux mille musulmans, surprit Médéah qui jusque-là avait repoussé les ouvertures d’Abd-el-Kader, et vint assiéger Milianah. Le fils de Mahi-Eddin se déclare aussitôt contre El-Darkaoui, le défait complètement, entre en vainqueur dans Médéah, et, parvenu au but secret de son ambition, nomme des caïds jusque dans la Metidja. |
De retour à Mascara, il ne cache plus ses projets, et fait de grands préparatifs pour la prochaine campagne ; il reçoit de l'étranger des munitions de guerre par l’embouchure de la Tafna et se dispose à punir les Douairs et les Zmelas de leur fidélité à la France. Le général Trézel, qui a remplacé à Oran le général Desmichels dès le mois de février 1835, se porte en avant du territoire de ces tribus, au commencement de juin, et donne ainsi le signal des hostilités; après une suite de combats sans résultats importants, assailli de toutes parts par un ennemi supérieur en nombre, 1l opère sa retraile sur les bords de la Macta, rivière formée de la réunion du Sig et de l’Habrah, essuie des pertes considérables et regagne avec peine Arzew.
Le désastre de la Macta produit un grand mouvement chez les Arabes ; tous s’empressent de reconnaître Abdel-Kader pour chef; Blidah même accepte de l’émir un
hakem ou gouverneur. Coleah n’est maintenu dans l’obéissance que par le camp retranché de Mahelma, en avant et à l’ouest de Doueira. Mais le moment n’en est pas moins fort critique, et le général Clauzel, nommé gouverneur général au mois d'août 1835, comprend qu’il est nécessaire de frapper un coup décisif; il annonce hautement sa résolution d’aller attaquer Abd-el- Kader à Mascara, au centre même de sa puissance, fait occuper à la hauteur de Tlemcen l’île Raschgoun qui domine l’embouchure de la Tafna, et le 26 novembre, ses préparatifs terminés, se met en marche avec le duc d'Orléans.
L’émir avait cherché à organiser un corps d’infanterie régulière, mais il ne pouvait songer à la résistance ; il enleva ses richesses de sa capitale et la livra aux flammes ; le 5 décembre, l’armée française y pénétrait et, après avoir détruit l'artillerie et le matériel de guerre que l’ennemi avait abandonné, elle opéra le 8 sa retraite, sans se laisser entamer.
Cette expédition devait avoir pour effet principal de détruire le prestige dont Abd-el-Kader était entouré; aussi plusieurs tribus arabes viennent-elles faire leur soumission. Le fils de Mahi-Eddin tente de se relever par un coup d'éclat; il menace le Mechouar de Tlemcen; il est prévenu par les Français et forcé de renoncer à ses projets. Poursuivi, d’après les ordres du maréchal Clausel, il voit son infanterie mise en pleine déroute, et lui-même ne doit son salut qu’à la vitesse de son cheval. |
À peine un ennemi a-t-1l disparu qu’un autre se lève à son tour. Cette fois ce sont les Kabyles de la rive
gauche de la Tafna et les Marocains de la frontière, toujours prêts à violer le droit des gens, qui offrent à Abd-el-Kader un nouveau point d'appui; défait dans deux engagements successifs, il se contente de harceler le corps expéditionnaire qui regagne Tlemcen et Oran.
Le défaut de ressources ne permet pas au gouverneur général d'achever l’œuvre si glorieusement commencée ; mais 1l recueille les fruits de cette expédition conduite avec hardiesse et fermeté. Les chefs de tribus réclament l'investiture en grand nombre. L'ordre et la paix renaissent aux environs d'Alger ; des établissements agricoles sont formés en dehors des avant-posies français. Vers l’est, la situation s’améliore aussi de plus en plus ; à Bougie, on profite habilement des divisions des Kabyles pour les tenir en respect; à Bone, on exploite les sentiments de haine que le beÿ Ahmed a excités chez les Arabes pour s’en faire d’utiles alliés, et l’on ouvre peu à peu à nos armes la route de Constantine.
Dans les premiers mois de l’année 1836, Abd-el-Kader renouvelle ses agressions, et l'agitation s'étend vers le sud. Une troisième expédition contre Médéah est jugée nécessaire pour raffermir la confiance des Arabes qui ont reconnu l'autorité française; les troupes, après quelques combats heureux, pénètrent dans la ville. Mais dès qu’elles ont repris le chemin d'Alger, de faux bruits se répandent, les Kabyles reparaissent en armes, et au mois de mai Ali-Mbarek est maître de Médéah.
À l’ouest, il a fallu soutenir les Douairs et les Zmelas contre les attaques des Garabas. Le général Perregaux s’est porté sur l'Habrah et la vallée du Schelif; le gé-
LIVRE VIL, CHAPITRE Il. 475 néral d’Arlanges a été chargé d'établir un camp sur la Tafna ; assailli par les tribus du Maroc, obligé de rentrer dans ses retranchements le 15 avril, il demande du renfort. Le général Bugeaud vient prendre le commandement de la division d'Oran au commencement de juin ; il parcourt le pays, repousse deux fois l’ennemi, défait Abd-el-Kader le 6 juillet au combat de la Sickah et l'oblige de regagner Mascara. L'empereur du Maroc s'engage à retenir en deçà de ses frontières les tribus qui se sont. empressées de faire cause commune avec l’émir. |
Libre de toute inquiétude de ce côté, le gouverneur général songe à réaliser ses projets contre le bey de Constantine, qui depuis cinq ans est resté paisible possesseur de cette ville et n’a jamais cessé de tenir l’offensive. Déjà le chef d’escadron Yousouf, nommé par le maréchal Clausel bey de la province, s’est avancé jusqu’à Dréan, à six lieues au sud de Bone, et s’est mis en relalions avec plusieurs chefs de tribus ennemies d’Ahmed. Il occupe sur le littoral la Calle qui, de 1520 à 1799, a fait partie de nos établissements connus sous le nom de concessions d'Afrique, et qui, cédée à l’Angleterre en 1807, reprise en 1816, a été détruite en 1827 par le dey d'Alger. Ce point, très-important pour la pêche du corail, se relève peu à peu de ses ruines, et les Kabyles du voisinage montrent des dispositions moins hostiles. |
Le 8 novembre, tout est prêt pour l'expédition. Le maréchal, accompagné du duc de Nemours, se met en marche à la tête de neuf mille hommes; le 45, on arrive à Ghelma ; le 24, on est sous les murs de Constantine.
Mais les éléments semblent se déchaîner contre l’armée : un hiver rigoureux, des pluies torrentielles paralysent tous les mouvements, et après d’inutiles attaques, il faut se replier sur Bone et résister à un ennemi qui, fier d’un succès si facilement acheté, cherche à rendre encore le désastre plus compiet par des charges continuelles. L’héroïque courage de nos soldats assure la retraite, et l’effet de cet échec est presque insensible. Les Arabes comprennent que la France prendra sa revanche et qu'une saison plus favorable lui offrira bientôt l’occasion de venger l'honneur de ses armes.
L'année 1837 se passe en préparatifs; on adopte les plus sages mesures pour maintenir les Arabes dans l’obéissance et pour rendre impossible le soulèvement général que rêve encore Abd-el-Kader. Le général Danrémont, troisième gouverneur général, part de Bouffarick avec sept mille hommes le 27 avril, se rend à Blidah et à Coleah, reconnaît le cours de la Chiffa, l’embouchure du Mazafran, puis se rapproche de Milianah et de la vallée supérieure da Schélif, une heureuse expédition contre les Isser et les Armraouas montre encore une fois aux Arabes leur impuissancé, et le général Bugeaud, opposé dans l’ouest à Abd-el-Kader, signe avec l’émir le traité de la Tafna, qui rend la paix à toute la contrée.
Ce traité a été apprécié diversement ; il est certain qu’il donnait à Abd-el-Kader un prestige inattendu, qu’on lui reconnaissait une sorte de souveraineté sur les Arabes, et que la France était en droit d'attendre des conditions plus favorables après Les sacrifices d’hommes et d'argent qu’elle avait faits. Mais l’on peut dire aussi
qu’il était d’une bonne politique de terminer une guerre qui exigeait de continuels efforts pour concentrer toute son attention sur la prochaine expédition de Constantine. Des camps avaient déjà été établis à Dréan, Ghelma, Nechmeya, Hammam-Berda; on avait atteint au mois de juillet Medjez-el-Ahmar, dont la position domine un des passages les plus dangereux de la Seybousse. Le 12 septembre, une première reconnaissance eut lieu sur la route de Constantine; on traversa sans obstacle le Rass-el-Akbah, et, après un engagement avec quelques cavaliers arabes, on atteignit la vaste plaine à l'extrémité de laquelle coule l’Oued-Zenati. Le 13, on était de retour. à Medjez-el-Ahmar. Du 21 au 93 on eut à soutenir plusieurs attaques où l'ennemi déploya beaucoup de résolution et de bravoure, mais fort inutilement. Le 28, le duc de Nemours arrivait au camp, et le 4er octobre le général Danrémont se mettait en marche; le 3, on bivouaquait au marabout de Sidi-Tamtam, au delà de l’Oued-Zenati; le 5, on passait le Bou-Merzough, petite rivière qui coule à deux lieues de Constantine; le 6, toute l’armée était réunie sous les murs de la ville, située au milieu d’une gorge formée à droite par les hauteurs de Mansourah, et à gauche par celles de Coudiat-Ati. Le siége commença : du 7 au 9, une pluie affreuse menaca l’armée d’un nouveau désastre; Ben- Aissa, lieutenant d’Ahmed, défendait la place et repoussait toute idée de capitulation; mais le temps s'était remis, et le 12 la brèche était faite. Le même jour, la mort du général Danrémont, aussitôt remplacé par le général Valée, exaltait le courage des troupes, et le lendemain Constantine était prise d’assaut (7). Ahmed,
retiré vers le sud, fait de vaines tentatives pour rentrer dans sa capitale; toutefois, sa soumission définitive n’eut lieu qu’au mois de mai 1848.
La France avait planté son drapeau sur les trois
principales villes de l’ancienne régence : Alger, Oran, Constantine ; les Arabes, divisés entre eux, semblaient. fatigués de la guerre; cependant on ne pouvait encore se fier à leurs dispositions pacifiques. Abd-el-Kader avait refusé de ratifier la convention du 4 juillet qui devait servir d'interprétation au traité de la Tafna, attendant une occasion favorable pour reprendre les armes; l’activité qu'il déployait révélait ses vues ambitieuses. En décembre 1837, il était sur les frontières de la province de Constantine ; en avril 1838, à Médéah, en mai à Tagdempt; il s’élançait ensuite à cent lieues de la côte pour aller attaquer à Aïn-Madhy le marabout Tedjini, qui se rendait le 15 janvier 1839. Six mois plus tard, il se rapprochait du Maroc, pénétrait sur le territoire de Zouaoua, et, par ses intrigues, entretenait de tous côtés une sourde agitation.
Pendant cette même période, le nouveau gouverneur général avait mis le temps à profit; il avait organisé à Constantine trois khalifats et nommé trois caïds; ül avait donné à un hakem la ville elle-même, et confié à Ben-Ghanah la charge de scheikh-el-arab. Philippeville s'était élevée; on avait ouvert une route sur Sétif par Djemilah ;.au mois de mai 1839, Milah, Djidjelli, Djemilah étaient occupées. La plaine de la Medjana était soumise, et les habitants repoussaient eux-mêmes les attaques des Kabyles et des partisans d’Ahmed; enfin on avait dirigé de Bougie une reconnaissance au col de
. Tizi. À la fin de 1839, on jugea nécessaire d’opposer aux menées d’Abd-el-Kader une démonstration militaire de nature à contenir les tribus, et l’expédition des Portesde-Fer fut résolue. Parti de Sétif au mois de septembre, le duc d'Orléans franchissait ce pas redoutable et revenait à Alger par le pays de Hamza. Les Hadjoutes, alliés d’Abd-el-Kader, paraissent en armes et livrent les combats de la Chiffa et d’Ouad-el-Alig ; bientôt les hostilités sont reprises sur toute la ligne. Blidah, mise en état de défense, est l’objet de vives attaques de la part des Arabes qui éprouvent plusieurs défaites successives en décembre 1839, et la campagne de 1840 s'ouvre de nouveau pour la France sous les plus heureux auspices.
Tandis que, dans la province d'Oran, le général Lamoricière multiplie les razzias, tandis que la belle défense de Mazagran (2 février 1840) fait ressortir l’héroïque
‘ courage de nos soldats, la province de Constantine
reste tranquille; Ben-Ghanah met en füite au combat de Selsous (24 mars) un lieutenant d’Abd-el-Kader, et le châtiment infligé aux Haractah et aux Kabyles de Beni-Moussa (22 avril) fait cesser tout mouvement parmi les tribus; Ghelma et Sidi-Tamtam sont fortifiés, et lé camp d’Ain-Turk est établi à sept lieues de Sétif (15 mai). |
Le feu de la guerre se concentre dans la province d'Alger ; Cherchell est occupée le 16 mars à la suite du combat de Miserguin; au mois d'avril, l'expédition de Médéah, à laquelle prennent part le.duc d'Orléans et le duc d’Aumale, et dont les deux événements principaux sont le combat de l’Afroun et le passage du col de Mou-
zaïa, a pour résultat la prise de possession de cette: ville (17 mai) et celle de Milianah (8 juin), ravitaillée le 7 octobre et le 11 novembre de la même année. Abdel-Kader ne fait plus qu’une guerre de déprédations et d'attaques isolées. Mais il organise des bataillons réguliers et paraît toujours redoutable.
“Le 22 février 1841, le général Bugeaud remplace le général Valée ; il veut terminer la guerre en détruisant : le siége principal de la puissance de l’émir. Rejoint par le duc de Nemours au mois de mai, il se dirige vers l’ouest, s'empare de Tagdempt le 25 et de Mascara le 30; vainqueur le 1€ juin au combat d’Akbet-Khedda, il reste maître de sa conquête; pendant ce temps, l’expédition de Msilah, à vingt-huit lieues de Sétif, nous faisait faire un pas de plus vers l’est; au centre, Médéah et Milianah étaient encore une fois ravitaillées, et le général Baraguay-d’Hilliers détruisait Boghar et Taaza. A la fin dé l’année 1841, Abd-el-Kader était réduit sur tous. les' points à la défensive. Les campagnes de 1842 et de 1843 consolident la domination française ; la colonisation se développe de plus en plus; on touche déjà à l'entrée du Sahara; les populations se soumettent ; elles semblent fatiguées de leur longue résistance. La prise de ‘la smala d'Abd-el-Kader aux environs de Taghin, par le duc d’Aumale (14 mai 1843), porte un nouveau coup à l’émir, sans l’abattre. Fertile en ressources, il cherche de nouveaux alliés, et on le verra bientôt engager le Maroc dans la cause de l'indépendance arabe, .
A partir de 4844, les progrès de notre puissance sont de plus en plus appréciables ; les tribus sont assujetties
. à un régime administratif régulier; le cercle de nos conquêtes s'étend chaque jour davantage : à l’est, par la prise de Biscara, par la soumission des Ziban, du Belezma, de l’Aurès; à Alger, par les expéditions de Laghoua et d’Ain-Madhi, l'occupation de Dellys (29 avril), la création du poste d’Aumale et,la réduction du Sebaou ; à l’ouest, par la possession de Sebdou, de Nemours (Djema-Ghazaouat), de Lella-Maghnia, de Daya, de Sidibel-Abbès, par l'invasion des Kessours, etc. Le duc d’Aumale, commandant de Constantine, reconnaît la ligne frontière qui nous sépare de Tunis; on s’avance à cinq lieues au sud d'Alger. On punit l’empereur du Maroc qui protége Abd-el-Kader, de ses infractions aux traités qui le lient; le 30 mai, les Français opposent aux Marocains le camp de Lella-Maghnia; ils occupent Ouchda ; le 6 août, Tanger est bombardé; le 14, le général Bu: geaud gagne la bataille d'Isly, et le même jour le prince: de Joinville renverse à coups de canon les remparts de Mogador. Muley-Abderrahman demande merci, et la convention du 10 septembre est changée en paix définitive le 18 mars suivant.
En 1845, l'insurrection du Dahra éclatait, et une terrible répression ne se faisait point attendre. Un nouvel ennemi se levait contre les Français : c'était Bou-Maza qui, venu du Maroc, entraînait à sa suite un grand nombre de tribus; après avoir été battu à Ain-Meran, il menaça Orléansville, et favorisa par cette utile diversion les projets d’Abd-el-Kader; mais, après une vie d'aventures et plusieurs défaites successives, 1l fut obligé de se rendre (13 avril 1847) et fut interné en: France. |
Le fils de Mahi-Eddin n'était pas plus heureux; il avait essayé inutilement de soulever les Kabyles; une expédition dans l’Aurès (mai-juin 1845), la soumission des tribus voisines de Bougie, des démonstrations faites . à temps dans le Jurjura avaient eu pour résultat d’affermir partout notre domination. L’infatigable émir, défait à Ben-Nahar (7 mars 1846), obligé de se retirer vers l’ouest, en désaccord avec Bou-Maza qui tenait encore la campagne, ordonna le massacre des prisonniers de la Deira le 9 mai et se vit rejeté dans le Maroc. Son influence sur l'esprit des populations excita bientôt la défiance de Muley-Abderrahman, qui se déclara ouvertement contre lui, et le 25 décembre 1847, pressé de toutes parts, à bout de ressources, Abd-el-Kader se livra au général Lamoricière à Sidi-Brahim. Envoyé en France, il y fut retenu captif. Rendu à la liberté en 1855, par Napoléon JE, il vit aujourd’hui dans la retraite à Brousse (Turquie d'Asie).
Depuis la chute d’Abd-el-Kader, l'Algérie tout entière reconnaît nos lois; l'expédition du général Bugeaud dans la grande Kabylie (mai 1847) devait inspirer une terreur salutaire aux tribus belliqueuses de cette contrée; on n’a plus à enregistrer que des faits isolés, tels que l'attaque malheureuse de Zaatcha (16 juillet 1849), vengée le 6 octobre; quelques opérations militaires dans les deux Chott et contre les Kabyles, une razzia contre la tribu marocaine de Mzaouir en 1850, l’expédition du général Saint-Arnaud dans la Kabylie et la soumission des Flissas par le général Pélissier en 1891, etc.
Les gouverneurs généraux qui nat au maréchal
Bugeaud, le duc d’Aumale (27 août 1847), Cavaignac (25 février 1848), Changarnier (29 avril), Marey-Monge (14 juin), Charon (9 septembre), d’'Hautpoul (22 octobre 1850), Pélissier (10 mai 1851), Randon (11 décembre 1851), se préoccupent surtout de l’organisation administrative du pays; les tribus sont rendues responsables des crimes commis sur leur territoire; le tarif des amendes est fixé; d’utiles réglernents assurent la conservation des forêts, et les provinces d'Alger, de Constantine et d'Oran reçoivent une délimitation définitive.
Ces trois provinces forment autant de divisions militaires; la division d'Alger comprend six subdivisions dont les chefs-lieux sont Alger, Blidah, Médéah, Aumale, Milianah, Orléansville, avec les villes de Boghar, Cherchell, Ténès, Bougie, Dellys, Coleah, etc. La province d'Oran compte cinq subdivisions : Oran, Mascara, Mostaganem, Sidi-bel-Abbès ct Tlemcen, avec Arzew, Nemours, Tiaret, Zaida, Misserghin, Mazagran, Daya, Lella-Maghnia, Sebdou. Enfin la province de Constantine est partagée en quatre subdivisions : Constantine, Bone, Sétif, Batna, avec Biskara, Philippeville, Ghelma, Djidjelli, la Calle, Tebessa, etc. (7°).
L'Algérie, bornée au nord par la Méditerranée, à l’ouest par l’empire de Maroc, à l’est par la régence de Tunis, s'étend au sud jusqu’à Ghardeïa, dans l’oasis de l’Oueb- Mzab, par 31° 50° de latitude boréale.
La Kabylie proprement dite, toujours difficile à contenir, embrasse sur le bord de la mer un espace de cent quarante-six kilomètres entre Dellys et Bougie; elle se prolonge du côté du continent jusqu’au Biban
ou Portes-de-Fer au sud-ouest, et jusqu’à Sétif au sudest. Là vivent les descendants de ces Musulans et Quinquégentiens qui, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, opposèrent une si vive résistance aux Romains. Ce pays était alors appelé #mons ferratus, la montagne bardée de fer ; pour les Arabes, ce fut la terre ennemie, EL-ADOUA ; ils y introduisirent l’islamisme par l'entremise pacifique des marabouts, sans jamais y fonder une domination durable; il en fut de même des Turcs, et personne ne peut encore prévoir si nous serons plus habiles ou plus heureux.
L'Algérie, soumise à nos armes, en contact avec la civilisation européenne, se transforme peu à peu. Quelle sera l'influence de cette civilisation sur la race arabe de l'Afrique? L'avenir seul nous l’apprendra.
Note À, page 3. — Pococke, Specimen his. Arabum, 1650, p. 33 ; S. de Sacy, mémoire sur divers événements de l'histoire des Arabes avant Mahomet, dans le t. XLVIII des Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, p. 484 et suiv.
NoTE 2, page 5. — Sur les nestoriens et l’école d’Édesse, Jourdain, Recherches critiques sur les traductions d’Aris- Lote, 1843, p. 81 ; de Humboldt, Cosmos, p.257. — Assemani (J. S.), Bibliotheca orientalis Clem. Vat., etc., 1719-1728, et (S. E.) Acta sanctorum martyrum Orient. et Occid., ete. 1748, Bibl. apost. vatic. cod. manuscr. catal., 4756.12 Pour l’Inde, Chasles, Recherches sur l’astronomie indienne, 1846; Reinaud, mémoire géographique et historique sur l'Inde d’après les écrivains arabes, persans et chinois, antérieurement au milieu du XTe siècle de l’ère chrétienne, 1846, et le rapport que nous avons fait de cet ouvrage (Bulletin de la Société de géographie, 1851, t. IT). — Voyez aussi ce que nous disons des Indiens dans le t. II de nos Matériaux pour servir à l’histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les Orientaux, 1845-1849. — On s’est beaucoup exagéré l’importance des traductions faites en
langue syriaque ; M. L. Leclerc prépare une note curieuse à ce sujet.
NOTE 3, page 8. — Aboul Pharadje, Hiët. dyn., p. 160 ; Casiri, t. T1; Cedrenus (Comp. hist., p. 548); Fabricius, Bibl. græc., t. XIII, p. 261 ; Weidler, Hist. astron.; Montucla, ist. des math., t. T; Colebrooke, Misc. ie (PE 1 PA p. 348 ; Golius in an p. 67, et notre introd. aux Tables Ou br 1839, Ter ee ,p-40et suivantes.
NOTE 4, page 10. — Les Éléments d'astronomie d’'AIfragan ont été publiés à Ferrare en 1493, à Nuremberg en 1937, à Francfort en 1590 et à Amsterdam en 1669. — Nous n'avons d’Albumazar que ses traités d’astrologie, imprimés à Augsbourg en 1488 et 1489. On peut les comparer à celui d’Alchabitius (1478 et 148%), astrologue du Xe siècle, et à celui d’Albohazen-Hali-Filius-Abenragel, Venise, 1485. — Pour Mohammed-ben-Musa, c’est l’auteur du Traité d'algèbre traduit par Ab 1831. — Voyez lappendice n° II.
Note 5, page 13. — Voy. nos prolégomènes d’Oloug-Beg, introd., p. 19, et la série des auteurs que nous avons cités dans cet ouvrage.
NoTE 6, page 15. — Albatégni a été traduit en latin par Plato Tiburtinus; deux éditions ont été publiées de son livre De scientia stellarum, toutes deux très-fautives. Nous avons apprécié Albatégni dans le t. I de nos Matériaux déjà cités ; voy. aussi Boncompagni, Delle versioni fatte du Platone Tiburtino, etc. Roma, 1851.
Nore 7, page 17. — La grande table hakémite, p. 106 et suiv.; Casiri, passim, et nos prolégomènes d’Oloug - Be, p. 33.
NoTE 8, page 20. — Voyez l’article que nous avons inséré sur Abderrahman-Soufi dans le Supplément au Dictionnaire de la conversation, notre mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes, p. 117; Assemani, Globus cœlestis Cuf. Arab., 1790, et la traduction que vient de donner à Saint-Pétersbourg, en 1874, M. H.-C.-F.-C. Schjellerup sous ce titre: Description des étoiles filantes, composé au X° siècle de notre ère par Abderrahman-Soufi.
NoTe 9, page 21. — Pour les princes Bouides, Gibbon, t. X; Casiri, t. I; Wilken, Geéschichte, etc., Berlin, 1835; Erdmann, Erlauterung, etc., Kasan, 1836, et nos prolégomènes d’Oloug-Beg, introd., p. 44 et suiv.
Norte 10, page 23. — Nous avons donné dans le t. I de nos Matériaux, etc., tout ce qui concerne Aboul- Wéfa; les objections soulevées à l’Académie des sciences au sujet de la découverte de la troisième inégalité lunaire ; les réponses que
"nous avons faites. Voyez les Comptes-rendus des séances de l’Académie des sciences, de 1836 à 1851. On y remarquera les expressions peu mesurées de M. Biot, désertant le terrain de la science pour se jeter dans des personnalités. Nous supposions que la lettre que nous a adressée M. Chasles en 1862 mettrait fin à toute controverse. M. Bertrand a renouvelé le débat en faisant valoir les mêmes arguments que M. Biot. Nous pensons que notre lettre à MM. les membres du Bureau des longitudes, que nous reproduisons plus loin, terminera cette longue polémique. — Voyez l’appendice n° III.
Nore 11, page 2%. — La grande table hakémite d'Ebn- Jounis est encore inédite. M. Caussin en a publié des extraits dans les notices des man. de la Bibl. nation. ; voy. aussi les beaux travaux de J.-J. Sedillot dans l'Histoire de l’astro-
nomie au moyen âge de Delambre. — On peut consulter Histoire du Collége de France, t. III, p. 864; notre notice sur Hassan-ben-Haïthem; son Opticæ Thesaurus, publié par Risner, Basil., 1572; Assemani, Glob. cœl. Cuf. Arab., p. 33; Montucla, Histoire des mathématiques, t. I, p. 359; Aboul-Pharadje, p. 293 et 340, et nos prolégomènes d’Oloug- Begÿ introduction, p. 72. — Voyez l’appendice n° 4.
NoTE 12, page 29. — Mideldorff, Commentatio de institutis litterariis in Hispania que arabes œuctores habuerunt, Gott., 1810; Al Makkari, édition de Gayangos; Casiri, passim ; notre édition d’Aboul Hassan, introduction, p. 8, et notre mémoire sur les instruments astronomiques des
Arabes, 1845.
NoTE 13, page 29. — La publication des œuvres d'Alphonse X (Libros del saber de astronomia del Rey D. Alfonso X de Castilla, compilados, annotados y commentados por don Manuel Rico y Sinobas, Madrid, 1863 * et suiv.) confirme cette assertion, il est à regretter seulement que les noms des auteurs arabes soient, pour la plupart du temps, estropiés. Voyez aussi Comptes-rendus des séances de l’Académie des sciences, 7 novembre 1864, p. 76», article de M. Le Verrier.
NoTE 14, page 30. — Delambre, Astronomie au moyen âge. — Dechalles, Curs. mathem.
Norte 15, page 31. — Voyez nos prolégomènes d’Oloug- Beg, introduction, p. 86; Bouillau, Astronomia philolaica, 1645 ; d’'Herbelot, Bibl. orient. ; Chardin, Voyages en Perse, etc. M. Biot, dans le Journal des Savants, a porté sur Aboul-Hassan un jugement contre lequel nous avons protesté (Bulletin de la Société de géographie, déc. 1851).
Note 16, page 32. — Voyez l'excellente notice sur Albirouni, publiée par le prince Boncompagni dans le Bulletino, etc.
Note 17, page 34. — Voyez nos Matériaux, t. IT ; Casiri, Bibl. hisp. arab. Escur., t. I, p. 322; Aboul-Pharadje, p. 229 et 348 ; le mémoire sur l’Inde, de M. Reinaud, 1845- 1846, et notre rapport déjà cité.
Nore 18, page 35. — Prolégomènes d'Oloug-Beg, p. 309 du texte, et les notes que nous y avons jointes ; Beveridje, Instit. chronolog., 1734; Velchii, Comment. in ruzname naurus, etc. ; l'Annuaire du Bureau des longitudes de 1850, et les articles que nous avons donnés dans le Bulletin de la Société de géographie, 4 série, t. [, p. 165 et suiv.
NorTE 19, page 37. — Raschid-Eldin, Histoire des Mongols, traduite par M. Quatremère ; Jourdain, Mémoire sur l'observatoire de Méragah ; Bailly, Histoire de l'astronomie moderne, t. l; Souciet, Observations, etc., t. I; p. 2092 ; notre Lettre au Bureau des longitudes, Paris, 1834; nos prolécomènes d’Oloug-Beg, p. 101 ; le t. IT de nos Matériaux, etc., et l’article de M. Bazin dans le Journal asiatique, 1852, p. 356. ,
NoTE 20, page 35. — Ed. Bernard, Philosoph. transact., n° 163, p.721 ; Veterum mathematicorum synopsis, p. 2%: catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Leyde, d'Angleterre et d'Irlande, etc. ; Golius ad Alfergan, notæ, p. 252; D’Herbelot, Bibliothèque orientale ; Flamsteed, Hist. cœl. prolegomena, p. 28. k
Note 2, page 40. — Comparer Delambre, Histoire de l'astronomie au moyen âge, et nos prolégomènes d’Oloug-
Beg, Paris, 1847; Kehr, Monarchiæ asiatico saracenicæ
stat, etc., Lipsiæ, 1724 ; notre mémoire sur les monnaies des Timourides de la Transoxiane, Paris, 1839, et la vie du sultan Schah Rokh, par E. Quatremère. — Appendice n° 4.
Note 22, page 42. — Consultez nos Matériaux pour servir à l’histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les Orientaux, 1845-1849, t. I; nos prolégomènes d’Oloug-Beg, introd., et page 77 de la traduction.
Note 25, page 44. — The algebra, etc. Ed. Rosen, 1836.
NoTE 24, page 44. — Voyez la notice que nous avons donnée de ce manuscrit dans le tome XIII des notices et extraits des manuscrits, 1838. — Voyez le Traité des instruments astronomiques d'Aboul-Hassan, traduit par J. J. Sedillot et publié par nous en 1834-1835. Les extraits des auteurs arabes que mon père a communiqués à Delambre forment la partie vraiment originale de son Histoire de l'astronomie au moyen üge. |
Note 25, page 48. — Nous avons donné l'analyse de ce traité dans le Journal asiatique en 1837.
NorTe 26, page 50. — Nous avons traité longuement cette question dans notre mémoire sur les systèmes géographiques des Grecs et des Arabes, Paris, 1842, et dans nos Matériaux, etc., déjà cités, t. Il.
NorTe 27, page 55. — Voyez la Géographie du moyen äge de Lelewel, le magnifique atlas qu'il a Joint à son travail et la notice que nous en avons donnée dans le Journal asiatique et dans le Bulletin de la Société de géogruphie (1851).
NorTe 98, page 57. — Voyez notre mémoire sur les Systèmes de géographie comparée des Grecs et des Arabes, Paris, 1841 ; l’atlas de Lelewel, loc. cit. ; Albatégni et Ebn- Jounis, dans l’Astronomie.au moyen âge de Delambre, d’après J. J. Sedillot ; Zenker, dans sa Bibliothèque orientale, ne cite pas même Albatégni ; Liber climatum d’Abou- Ishak-el-Faresi-al-Istachri, Ed. Moller, Gothæ, 1839, et la traduction en allemand de Mordtmann., Hamb., 1845; Il Segistan, du même, Milan, 1842; Disputatio de Ibn-Haukalo, par Uylenbrock, Ludg. Batav., 1822; Frœhn (Ibn- Fozlan, p. 9, 22 et 256-263) a montré que la géographie d’'Ibn-Haukal, publiée à Londres en 1800 par Ouseley, est celle d’Abou-Ishak-al-[stachri. É
Norte 29, page 60. -— Albirouni ne nous est connu que par les extraits d’Aboul-Feda ; voyez Lelewel, loc. laud. — Avant la traduction d’Am. Jaubert (Paris, 1836-1840), nous : n’avions d’Édrisi que la version latine de Gabr. Sionita, Paris, 1619 ; l'Afrique de Hartmann, Gott., 1796 ; l'Espagne de Conde, Madrid, 1799 ; la Sicile de Tardia, Palerme, 1790, et la Syrie de Rosenmuller dans ses Analecta arabica.
NorTE 30, page 61. — Aboul-Hassan-Ali, de Maroc, dont la traduction fut jugée digne d’un des grands prix décennaux en 1809, et que nous avons publiée en 1835. — Voyez aussi nos Matériaux, etc., t. Il, et Lelewel, Loc. laud.
Notre 31, page 63. — Travels of Ib Batuta ; Ed. $. Lee, London, 1829, et les Dissertations de Kosegarten et d’Apetz, lenæ, 1818 et 1819. Des fragments d’Ebn-el-Vardi ont été publiés par Aurivillius, Upsal, 1752 ; Faxe, Lundæ, 1786 ; Fræhn, Halæ, 1804; À. Hylander, Lond. Gothorum, 1824 ; Thornberg, Upsal, 1835-1839. -— Géographie d’Aboul-Feda, par MM. Reinaud et Slane, 1840 ; Aboul-Feda a donné lieu
à de nombreux travaux ; nous citerons ceux de Greaves, Londres, 1650 ; de Laroque, Amsterdam, 1718 ; d’Arvieux, Londres, 1733 ; Kohler, Lipsiæ, 1766 ; Gagnier, Oxon, 1740 ; Michaelis, Gott., 1775; Eichorn, Gott., 1791; Rinck, Leiïps., 1791 ; Wustenfeld, Gott., 1835; Schier, Dresde, 1842- 1845. — Voyez les Extraits que Greaves a donnés de Nassir- Eddin-Thousi et d'Oloug-Beg, 1648 et 1652, et le Djihan numah, édition de C. P., 1732, avec la traduction latine de Norberg, Londini Gothorum, 1818.
NorTE 32, page 67. — Voyez nos prolégomènes d’Oloug- Beg, introduction, p. 124, et l’article inséré dans le Journal des Savants par E. Quatremère, novembre 1847. — On voit par là le cas que l’on doit faire des opinions paradoxales que A. W. de Schlegel développait encore en 1832 dans ses réflexions sur, l'étude des langues asiatiques, imprimées en français à Rouen.
Norte 33, page 72. — Hofer, Histoire de la chimie, et notre introduction aux Tables d'Oloug-Beg, 1® fasc., p. 32.
NoTE 34, page 73. — Lyell, Elements of geology, introduction ; Extraits de Gaziwini, traduits par Chezy et insérés dans le t. II de la Chrestomathie arabe de M. de Sacy; Catalogue d’Assémani, t. IT, p. 251 ; Tychsen, Éléments de la langue arabe, et à la fin de l'édition d’Oppien, donnée par M. Belin de Balu ; voyez aussi Bochart, Hurozoïcon.
Note 35, page 14. — De proprietatibus ac virtutibus medicis animalium, plantarum ac gemmarum tractatus triplex nunc primum ex arabico idiomate latinitate donatus ab Abrahamo echellensi maronita, Paris, 1647. — Libro de agricultura, su autor.el doctor excellente Abu- Zaccaria-Jahia-Aben-Mohammed -ben-Ahmed - Ebn-el- Awam, Sevillano, traduit par don Josef Antonio Ban-
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 195 queri, Madrid, 1802. — Extrait du Livre des merveilles de la nature de Kaxwini, traduit par Chezy, Paris, 1805. — Rarii specimen arabicum continens descriptionem el excerpta libri Ahmedis Teifaschii de gemmis.et lapidibus pretiosis traj. ad Rhen., 178%.— Ebn-Bitar, De malis limonicis ven., 1853; Geosse zusammen stellung der Bekannten einfachen Heil-Und nahrugrmittel ven. Ebn-Baithar, édition J. Sontheimer, Stuttgart, 1840.
Note 36, page 74. — Essai historique et littéraire sur la médecine des Arabes, par Amoreux, Montpellier, 1805 ; Histoire de la médecine de Freind, et surtout celle de Sprengel; v. aussi l'Histoire de la médecine arabe, par le D: Leclerc, 1876.
NoTE 37, page 78. — La première édition d’Avicenne (Aboali-Abin-Sceni) est de Milan, 1473; de Rhazès, 1480 et 1481 ; de J. Sérapion, Venise, 1479 ; de Sérapion junior, Milan, 1473 ; du Juif Isaac, Padoue, 1487 ; d’Ali-ben-Abbas, Venise, 1492; de Jean Mesué, Milan, 1473; de Mesué junior, Venise, 1471; de Raby Moyses (Maimonide), Florence, 1483. L'édition de Mesué, Venise, 1549, contient plusieurs autres traités d’Ibn-Wafed-el-Lakhmi, d’Alkindi, etc. Voyez. aussi la traduction d’Aboul-Hassan-el-Moukhtarben-Bollan, de Bagdad, Argentor, 1531, et celle d’Abou-Ali- Tahia-ben-Isa-ben-Djezla, de Bagdad, Argentor., 1532; Das Diatetische sands chreibon des Maimonides (Ramban) an den sultan Saladin, ein Beilrag zur geschichte der medicin, mit noten von Dr. Wintermotz, Wien, 1843 ; Aliben-lsa monitorii oculariorum S. Compendii ophthalmia-trici, édition C. À. Hille, Dresdæ et Lipsiæ, 1845. Voyez aussi la curieuse dissertation de M. Daremberg sur le Zad-el- Mouçafir d’Abou-Djafar et le Maleki d’Ali-Abbas ou d’Isaac, Archives des missions, septembre 1851, p. 506 et 507.
ll, 13
Norte 38, page 80. — L'édition de Venise de 4490, plusieurs fois réimprimée, comprend Avenzoar et Averroës (Albumeron Avenzohar et Auerroys} ; l'édition de 1496 porte Abhomeron, Abyn-Zohar, Colliget, Auerroys. — La traduction d’Albucasis est intitulée : Liber theoriæ nec non practicæ Alsaharavii qui vulgo Acavarius dicitur, etc., Aug. Vindel, 1519 ; voyez aussi Albucasis, De Chirurgia, édition Channing, Oxon., 1578; Albucasis, Methodus medendi cum instrumentis ad omnes fere morbos depictis. Basil., 4541 ; Reiske, Miscellanea medica, etc., publié par Gruner; Rossi, Dizionario degli autori arabi, et Abou- Osaibah, apud de Gayangos, appendix du t. F d’Almak kari.
NoTE 39, page 84. — Jourdain, Essai sur les traductions d’Aristote; Eugoge. ïi. e., Breve introductorium arabicum in scientiam logices, elc., Rome, 1625; Synopsis propositorum sapientiæ arabum philosophorum inscripta speculuwm mundum repræsentans, d'Abraham Ecchellensis, Paris, 1641 ; Tabula Cebetis, Lugd. Batav., 1640; Documenta philosophiæ Arabum, ed. Schmolders, Bonn:æ, 1836 ; Philosophus œuto-didactus sive epistola Abi-Jaafar-Ebn- Tophail, etc., ed. F. Pococke, Genève, 1671 et 1686.
NôTE 40, page 88. — Essai sur les écoles philosophiques chez les Arabes, et notamment sur la Doctrine d’'Al- Gazzali, par À. Schmolders, Paris, 41842; Œlsner, p. 148 et suiv. ; Book of religious and philosophical sects, by Moh. Alsharastani, ed. W. Cureton, Londres, 1842.
Nore 4t, page 92. — Hedayah or quide, à commentary on the moossolman laws, translated by Hamilton, Eondon, 179%. On à imprimé en 1834 une édition du Hedaixh à Calcutta, avec les commentaires intitulés: /rayah et Kifayah. W. Jones, en 1792, publiait le Sérajiah, or the
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 195 mohammedan law of inheritance, etc. Voyez aussi Rosenmuller, Institutiones juris mohammedani, ete., Lips., 1895. C’est Matthews qui a donné, en 1809, à Calcutta, la traducion du Mischat-oul-Masabih. M. Perron a publié la traduction du Précis de jurisprudence musulmane de Khalilben-I[shak. On a lu avec intérêt, dans le Journal asiatique, les mémoires de MM. Worms et Ducaurois sur la même matière.
Note 42, page 94. — L’Adjaroumiath à eu de nombreuses éditions, Rome, 1592 et 1631 ; Lugd. Batav., 1647 ; Amsterdam, 1759-1756 ; Paris, 1834, etc. Parmi les auteurs européens qui ont traité de là grammaire arabe, $. de Sacy occupe le premier rang. Voyez la notice de J. J. Sedillot, insérée dans le Moniteur du 2 septembre 4810. — « Je ne sais ce que j'aimerais le mieux avoir fait, écrivait alors M. de Sacy, notre excellent maître, de la grammaire arabe ou de l'extrait de M. Sedillot: c’est un morceau parfait dont je le remércie beaucoup ; il y règne une justesse d'esprit, une précision d'expressions qu’on ne saurait surpasser ; il eût éfé bien plus facile de le faire plus long. »
Nort #3, page 96. — Djewheri a été imprimé à Constantinople en 1798, 1758 et 1802, et le Camous de Firouzabadi en 1814-1817; l'édition de Caléutta à paru en 1817. M. J. G. Wetztein a commencé à Leipsig, en 4844, la publication du Lexicon de Zamachschari. Voyez l'Anthologiegrammaticale de M. $S. de Sacy, la Rhétorique musulmane de M. Garcin de Tassy, et Zenker, Bibl. orient., p.18, 41 et 45.
Notes 44%, page 97, et 45, page 98. = Les séances de Hariri ont été publiées à diverses reprises par Schultens, Peiske, Caussin de Perceval (1819), Peiper (1832 et 1836), Buckert, 1836-1838, etc. ; mais rien n’égale la belle édition
196 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENIS.
de Silvestre de Sacy (Paris, 1822), que réimprime en ce moment M. Hachette. On compte plus de douze éditions des Fables de Locman, six de Calila et Dimna, et plus de trente des Mille et une Nuits, en français, en allemand et en anglais.
NorTE 46, page 99. — M. Quatremère, Notice sur Meidani, et Mémoire sur le Kitab-Alagani ; Meidanii proverbiorum arabicorum pars, par A. Schultens, Lugd. Bat., 1795; lextrait de Habicht, Vratislaviæ, 1826, et ouvrage de Freytag (Arabum proverbia), 3 vol., Bonnæ, 1838-1842.
Nore 47, page 103. — Moallakat or Seven arabium poems, etc., Ed. W. Jones, London, 1782 ; les Moallacat ont été imprimées plusieurs fois séparément; voyez Zenker, Bibliographie orientale (poètes arabes), p. 52-59, et Ja Chrestomathie arabe de S. de Sacy.
NorTE 48, page 104. — Carmen mysticum Borda dictum, ed. J. Uri, Lugd. Bat., 1761, et l'édition de V. Edien von Rosenzweig, Wien, 1824.
NoTE 49, page 106. — Proverbia quædum Alis imp. muslemici et carmen Tograi nec non dissertatio Abou- Sinæ, Ed. J. Golio, Lugd. Bat., 1629 ; le même ouvrage en français, publié par P. Vattier, 1760; Ockley, Hist. des Sarrasins, etc., p. 337; Hamasæ carmina, ed. Freytag, Bonnæ, 1828.
NorE 50, page 106. — Viardot, t. II, p. 158 ; et Middeldorf déjà cité, d’après Casiri.
Notre 51, pages 108 et 109.— Abulfeda, Annales moslemici, latinos ex arabicis fecit, Reïiske, 1794, et Pédition
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 197 d’Adler, 1789-1794; de Vitä Mohammedis, édition J. Gagnier, 4722, traduit en anglais par Murray et en français par M. Desvergers, 1837; et enfin l’Historia anteislamica de Fleischer, Lipsiæ, 1831. — Historia compendiosa dynastiarum autore Gregorio Abulpharajio, etc., traduit par Pococke (Oxoniæ, 1663 et 1672), avec le supplément; l’édition en allemand de G. L. Bauer (Leipsig, 1783-1785); Lectiones abulpharagianæ, de Roeper (Dantzig, 1844), etc. — Vita et res gestæ Saladini auctore Bohadino F. Sjeaadi, ed. Alb. Schultens, Lugd. Batav., 1733 et 1735.
NoTE 92, page 111. — M. Quatremère a publié le texte des prolégomènes d’Ebn-Khaldoun; M. Slane a donné le texte de l'Histoire des Berbères ; M. Desvergers l’ Histoire de l'Afrique sous les Aglabites (1841) ; Tornberg, les Expéditions des Francs sur les terres soumises à l’islamisme (Upsal, 1841). Nous connaissons encore d'Ebn-Khaldoun un extrait sur l’art de l'architecture par Coquebert de Montbret, 1827, et l’Articolo sull’ antica e varia arte discrivere appresso gli arabi, imprimé à Rome en 1820. — L'Histoire des sultans mamlouks ‘de Makrizi a été commencée par M. Quatremère en 1837. Nous avons rendu compte de cet important ouvrage (Journal asiatique, 1839-1846). On à de Makrizi : 1° Historia rerum islamiticarum in Abyssinia, édition Rink, Lugd. Bat., 1798; 2% Historia monelæ arabicæ et tractatus de legalibus arabum ponderibus ac mensuris, édition Tychsen, 1797 et 1800. M. de Sacy a traduit ces deux traités en français, 1797 et 1799.
Nore 53, page 112. — Relation de l'Égypte d’Abdullatif, etc., par S. de Sacy, Paris, 1810; l’édition de Pococke et de J. White, 1800, et les Ægyptiaca de W. White, 1801 ; Mousley a donné, en 1808, la Vie d’Abdallatif d'après Abou-
Oseibah. — Nous avons encore de Makrizi: 19 Narratio de
expeditionibus a Grœcis Francisque adversus Dimyatham, édition Hamacker, 1824 ; 2 Historia Coptorum christianorum îin Egypto, édition Wetze. Voyez aussi Denkwurdigkeiten cœgyptens in Hinsicht auf naturreich and physische beschaffenheit des Landes und der Einwohner, etc., édition Wahl, 1790, et le Maured Allatafet Jamaleddini Togri-Bardii seu rerum Ægyptiacarum anriales ab anno Christi 971 usque ad annum 1453, édition J. E. Carlyle, 1792.
NorTe 54, page 114. — M. Sprenger a donné, en 1841, le premier volume de l'Encyclopédie historique de Masoudi, et M. Dubeux, en 1836, le premier volume de la Chronique de Tabari; voyez aussi le Tabari de Kosegarten, Gryphiswaldiæ, 1831-1838, — [L'Historia saracenica d'Elmacin, traduite par Erpenius, Lugd. Bat., 1625, et par Vattier, Paris, 1657, a été souvent mise à contribution. La traduction latine offre de singulières méprises ; on y lit, par exemple: Dedicerat ventorum stationes : undè notus est ventus almamonis. I s’agit, au lieu de vent, d’une table astronomique (z1g au lieu de rih) ; Weidler et Bailly lui-même ont répété cette étrange erreur.
NorTE 99, page 116. — F. Lassen Rasmussen a publié, en 1821, des extraits de Nowairi ; Silvestre de Sacy nous a fait connaître Othi (t. IV des notices et extraits des man.). Pour Ta vie de Timour d'Ahmed-Arabschab, veyez l'édition de Golius, Lugd. Bat., 1636, et la traduction de Manger, Lesvardine, 1767-1772.
Norte 56, page 117. — The history of the Mohammedan dynasties in Spain by al-Makkari. trans. by P. de Gayangos, London, 1840, et les ouvrages cités dans l'introduction : voyez aussi Casiri,
Nore 57, page 118. — On trouve l'indication des extraits publiés jusqu'à ce jour des historiens persaris dans la Bibliotheca orientalis de Zenker, Leipsig, 1846; il faut y joindre les notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque impériale.”
NorTE 58, page 119. — Voyez l'édition de Hadji Khalfa par Fleugel, Leipsig, 1835-1850, l’Ibn Khallican de M. Slane, Paris, 1838-1849, et celui de F. Wustenfeld, Gotting., 1835- 4840; le Dictionnaire des hommes illustres d’Abou- Zacharia-Yahia-al-Nawawi, publié par Wustenfeld, Gotting., 1841. Voyez aussi l'Histoire de la littérature des Arabes, par H. de Hammer.
Nore 59, page 121. — Gibbon, t. X; Viardot, t. IT; The history of the mahometan empire in Spain, etc., par J. Cavanah Murphy, Londres, 1816.
Note 60, page 1921. — Monuments œrabes et mauresques de Cordoue, Séville et Grenade, 1836-1839, in-fol. ; Essai sur l'architecture des Arabes et des Maures en Espagne, en Sicile et en Barbarie, 18, et l’article consacré à ces deux ouvrages par M. Reinaud (Journ. asiatique, avril 4849); Don Pablo Lozano; Antiquedades Arabes de Espana, 1804; À. de Laborde, Voyage pittoresque et historique en Espagne ; Murphy, Arabian antiquities of Spain, Londres, 1816. |
Notre 61, page 1923. — Moniteur universel, 95 mai 18592.
Note 62, page 126. — Ahu-Zacharia, t. I: Duruy, Géographie du moyen âge ; Almakkari, trad. de Gayangos, t. I, introd.
Nore 63, page 197. — Œlsner, p. 245-298 : Voyage de
Chardin; Tableau de l'empire oltuman, par d’Ohsson ; Anderson, On Hist. deduction of the origine of commerce.
NoTE 6%, page 128. — Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans l’Inde et à la Chine, et le discours préliminaire de M. Reinaud, p. 118; Deguignes, Journal des savants, nov. 1764, p. 91.
NorTe 65, page 198. — L'Afrique de Fütter, édition françcaise, Paris, 1836.
Note 66, page 130. — Voyez Piobert, Traité d’artillerie, 1836 ; Beckmann, Technologie ; Viardot, Essai sur l’histoire des Arabes d'Espagne, t. TX, p. 147.
Note 67, page 131. — Klaproth, lettre à M. de Hüumboldt sur l’invention de la boussole, 1834; Azuni, Dissertation sur l’origine de la boussole, 1805.
Nore 68, page 135. — Mills, Histoire du Mahométisme, rappelle, p. 85, que les anciens connaissaient le papier de linge et queles Arabes firent Yevivre cet art ; il cite Tite” Live, liv. IV, c. vis; Symmaque, liv. IV, ép. 34; le Néarque de Vincent, p. 15. Voyez aussi Andrès, Hist. gén. des sciences, t. T, p. 105; Montfaucon, Palæographia græca, p. 18; Nouveau traité de diplomatique, t. I, ch. vit, etc.
NoTe 69, page 136. — De la domination turque dans l’ancienne régence d'Alger, par M. Walsin Esterhazy, Paris, 1840. — Les Bedouins ow Arabes du désert, etc., par Mayeux, 1816, 1818. — La Description de l'Égypte, etc.
NoTE 70, page 138. — L'histoire des derniers khalifes a été écrite par Diarbecri, et insérée dans sa chronique intitulée: Alkhamisi. — En voici la liste chronologique :
Mostanser-Billah-Ahmed, 1261 ; Hakem, 1261-1302; Mostakfi, 1302-1340 ; Watek, 13401341 ; Hakem, 1341-1352 ; Mothaded, 1352-1362; Motawakkel, 1362, 1377, 1383 et 1389-1406 ; Mostazem, 1377; Wateh 1383-1385; Motassem, 13851389 ; Mostain, 1406-4415; Mothaded, 1415-1451 ; Zaim, 1451-1454; Mostandged, 1454-1479 ; Motawakkel, 4479-1496; Mostamsek ct Motawakkel, dernier khalife, 1496-1538. i
Nore 71, page 141. — Histoire des sultans mamelouks de Makrizi, traduite par E. Quatremère, et les diverses notices que nous avons données de cet ouvrage (Journal asiatique, 1839, 1840 et 1846).
Al
Note 72, page 141. -— Histoire de l'Égypte depuis la conquête des Arabes, etc., par Marcel, 1834, et la dissertation insérée par M. Tercier dans let. XXI des Mémoires de l’Académie des inscriptions.
Nore 73, page 143. — D. Cantemir, Histoire de l'empire ottoman, t. IT et suiv. — De Hammer, Histoire de l'empire ottoman, 5° édition française, 1855. — History of the ottoman empire, etc., by Upham, Edinburgh, 1829. — Historiæ lemancæ, edid. Johannsen, Bonnæ, 1838.
NoTE 74%, page 150. — Delacroix, Abrégé chronologique de lhistoire ottomane; Description de l'Arabie, par Niébuhr.; Crichton, History of Arabia ancient and modern, etc., Edinburgh, 1838 ; et les récents voyages de MM. Lottin de Laval, de Laborde, Saltley, etc.
NoTE 75, page 150. — Mémoire sur les trois plus ! fameuses sectes du musulmanisme, les Wahabis, les Nosairis et les Ismaélis, par Rousseau, 1818; Description du pachalik
de Bagdad, suivie d’une notice historique sur les Wahabis, etc. par le même, 1809. — Histoire des Wahabis depuis leur origine jusqu’à la fin de 1809, par Corancez, in-8, 1810. — History of seid said sultan of Mascat with an account of the countries and people on the shores of the Persian Gulf, particularly of the Wahabys by Shask Mansur, etc., in-8, 1819. — Notes on the Bedouins and Wahabys, etc., by JL. Burckhardt, Londres, 1830.
Nore 76, page 154: — Relation de l’expédition de Moka en 1737 sous les ordres de M. Delagarde Jazier, Paris, 1739.
(Nore 77, page 159. — Voyez les Études historiques et géographiques sur l’Arabie de M. Jomard ; la notice que nous avons donnée de cet ouvrage (Journal asiatique, 1840), et le. Voyage en Orient de M. de Lamartine, t. IT.
NoTE 78, page 177. — Marmol Carvajal, Description générale de l’ Afrique et histoire des querres contre les Infidèles el les Chrétiens. 2 vol, in-fol., 1573-1599 ; Carette, Études sur la Kabulie, 2 vol. in-8, 1848. Consulter aussi Shaler, Esquisse de l’état d'Alger, 1830 ; Ch. Sédillot, Campagne de Constantine, 1838, etc., et l'exploration scientifique de l'Algérie, publiée sous les auspices du gouvernement.
Note 79, page 183. — Voyez le tableau de la situation des établissements français en Algérie, publié annuellement par le ministre de la guerre.