CHAPITRE IV
LES OMMÏÀDES (660-705)
Déjà, à la mort d'Olhman, le sang avait coulé pour un autre but que le but sacré de la propagation du Coran ; le khalifat d'Ali n'avait été qu'une longue série de guerres intestines ; les Coréischites, ces fiers rivaux de Mahomet, que sa clémence avait ramenés à la cause de l'islamisme, formaient, pour les Arabes, une sorte de noblesse généralement acceptée et s'étaient rendus maîtres insensiblement de toutes les avenues du pouvoir. Contenus par Omar, ils avaient contribué à l'élévation d'Olhman, s'en étaient délivrés, dès qu'il avait youIu se soustraire à leur influence; puis, sous prétexte de venger un meurtre qui était leur ouvrage, ils avaient prêché la révolte sur tous les points de F«mpire, et ne pouvant triompher d'Ali que personne n'égalait en bravoure et en magnanimité, ils l'avaient vaincu parla ruse et l'avaient désigné au poignard d'un fanatique.
Le fils d'Abou-Sophian, une fois maître de l'autorité souveraine, devint un excellent chef d'État; il récompensa Amrou de l'appui qu'il lui avait prêté, en lui rendant le gouvernement de l'Égypte. Sans crainte du côté d'Hassan fils aîné d'Ali, qui avait abdiqué solen-
nellement en 661, et dont l'ambition se bornait à jouir d'une retraite paisible à Médine, il réprima la secte turbulente des Kharégiles, et fit de la Syrie le siège de son empire ; jusque-là le khalifat avait été électif ; Moawiah voulut le rendre héréditaire dans sa famille ; il trouva une opposition constante dans son frère adoptif, Ziad, qui faisait planer sur l'Orient une sombre terreur. La mort de ce tyran cruel leva tous les obstacles, et Yézid fut reconnu comme héritier du trône ; mais son avènement (679) devait être le signal de nouveaux troubles.
Les Ommïades avaient trouvé dans i'Hedjaz et dans l'Irak une population qu'ils avaient eu grand'peine à surmonter. Les habitants de la Mecque et de Médine prétendaient conserver le droit de proclamer les khalifes, droit qu'Abou-Bekre, Omar, Othman et Ali avaient respecté; ceux de Koufah et de Bassorah arguaient de leur nombre, de leur courage et du séjour d'Ali parmi eux, pour s'attribuer ce privilège qui constituait une véritable suprématie. Ces deux partis avaient vu avec peine Damas devenir la capitale de l'empire. Comprimés par Ziad et son lieutenant Sambah, qui, durant l'espace de moins de six mois, avaient fait périr plus de huit mille personnes dans la seule ville de Bassorah; terrifiés par l'exécution sanglante d'IIejer, le plus vertueux citoyen de Koufah, dont le seul crime était de vénérer la mémoire d'Ali; par la mort violente de Hassan, empoisonné à Médine en 661 ; d'Ayescha, mise à mort par trahison en 675 ; d'Abderrahman fils de Khaled, que son mérite faisait redouter, etc., ils se continrent pendant le règne de Moawiah, et n'éclatè-
rent qu'au moment où il s'agit de lui donner un successeur. Tandis que les musulmans de Syrie reconnaissaient son fils Yézid, en faisant ressortir les avantages qui devaient résulter pour l'empire d'une succession héréditaire, l'Irak, dévoué aux intérêts des Alides, s'appuyait du même principe pour réclamer la couronne en faveur des enfants de Fathime comme étant les vrais
héritiers de Mahomet. Le gouverneur nommé par Yézid fut repoussé, et Hossein, second fils d'Ali, appelé par les hommes les plus considérables de la province, quitta le fond de l'Arabie, comptant se mettre à la tête des mécontents ; il élait digne du poste élevé qu'on lui offrait; il avait la bravoure et le courage de son père; plus ambitieux que son frère Hassan qui, en abdiquant, avait porté aux siens un coup funesle, il avait su garder sa dignité, même dans l'abaissement. La seule chose qui lui manquait, c'était l'esprit d'intrigue, qui caractérisait les enfants d'Ommïah ; pendant qu'il s'approchait du désert, le lieutenant d'Yézid, Obeidollah, avait étouffé dans son germe, par des mesures vigoureuses, l'incendie qui de Koufah menaçait de se propager dans toute la contrée. Hossein arriva sur les bords de l'Euphrate, ignorant encore ces fâcheux événements ; toute sa famille l'avait accompagné. Sa caravane se composait de soixante-dix personnes. Grande fut son inquiétude quand, au lieu des auxiliaires qu'il attendait, il rencontra près de Kerbelah une armée ennemie tout entière. Le farouche Schamer avait reçu l'ordre de ne faire aucun quartier ; toute résistance était impossible; le petit-fils du prophète voulut pourtant imposer ses conditions ; il demanda
trois choses : d'être conduit en sûreté devant Vézid, de retourner à Médine, ou d'être employé dans une ville de la frontière opposée aux Turcs. Sur le refus de Schamer, il préféra dans un sublime désespoir la mort à la captivité. Enveloppé de toutes parts, il tomba couvert de blessures sur les corps de ses amis expirants. Ses sœurs, et un de ses fils qui n'avait pas encore la force nécessaire pour combattre, furent seuls épargnés, et le khalife les renvoya en Arabie. Les Koufiens furent indignés du meurtre d'IIossein, dont leurs avances directes et leur lâcheté avaient été pourtant l'unique cause ; ils crurent racheter celle tache ineffaçable en rendant à sa mémoire les plus grands honneurs. Encore aujourd'hui c'est pour les Schiites le plus vénéré des martyrs de l'islamisme; chaque année, le 10 du mois de raoharrem, ils célèbrent sa mort par une fête funèbre, où leur haine contre les Sonnites s'exhale dans de tristes lamentations. Cette terrible catastrophe ne détruisit pas le parti des Alides qui essayèrent encore de saisir le pouvoir; mais elle les priva pour longtemps d'un chef capable, et les força d'ajourner leurs espérances (680).
L'Hedjaz ressentit profondément l'impression pénible que la journée de Kerbelah avait produite dans le cœur des mahométans sincères. A la voix d'Abdallah, déjà renommé pour son éloquence et ses talents militaires, et dont le père, Zobéir, avait été l'adversaire d'Ali, les Coréischites se soulevèrent; Médine l'appela dans ses murs, et chassa le gouverneur que lui avait envoyé Yézid; la Mecque et les villes voisines suivirent son exemple, et Abdallah se crut autorisé à prendre le titre
de khalife ; Yézid dirigea aussitôt contre lui un corps de troupes, qui battit les Coréischites, força l'entrée de Médine et mit le siège devant la Mecque. C'était une entreprise bien hardie, car il était à craindre qu'un tel sacrilège ne soulevât tous les esprits. Quoi qu'il en soit, la prise de la ville était imminente, lorsque la mort d'Yézid, arrivée le 4e jour de rébi 1er, 64 de l'hégire (683 de J.-C), à Hauwarin, sur le territoire de Hems, changea tout à coup la face des choses. L'armée assiégeante se replia vers la Syrie, tandis que l'Arabie, l'Egypte, l'Irak et le Khorasan se déclaraient pour Abdallah. C'en était fait du khalifat ommïade de Damas, si le fils de Zobéir était venu réclamer les armes à la main l'obéissance des Syriens ; mais il ne voulut pas quitter THedjaz; il laissa à ses ennemis le temps de se concerter pour choisir un chef. Le fils d'Yézid, Moawiah II, refusait le pouvoir, et malgré les instances de sa famille il rentrait dans la vie privée, six semaines après avoir été proclamé. Merwan Ier fils de Hakem le remplaça, à la condition qu'il désignerait pour son successeur Khaled, autre fils d'Yézid, jeune prince de grande espérance. Sans perdre un instant, il attaqua les partisans d'Abdallah, et annonça par ses victoires qu'on avait trop tôt compté sur la chute de la maison d'Ommiah. Ayant reçu la soumission d'Émèse et d'une partie de la Mésopotamie, il se tourna du côté de l'Egypte, battit le gouverneur de cette province, la réduisit, et chargea un de ses fils de recevoir les contributions du pays. Les villes saintes se trouvèrent privées du blé qu'on leur envoyait par le canal de Colzoura, et la position d'Abdallah fut complètement chan-
gée. Son frère Musab s'étant avancé avec une armée contre Damas, fut mis en déroute et revint à Bassorah.
Merwan venait de consolider sa puissance par ce nouveau triomphe, mais ce fut son dernier succès; une mort subite l'enleva en 684. Abdelmalek, son fils, méprisant les droits de Khaled fils d'Yézid, s'empara du gouvernement de la Syrie et de l'Egypte, et fut inauguré khalife le 3 ramadhan, 65 de l'hégire (avril 685). Voyant la Mecque fermée à ses partisans, il ordonna que le pèlerinage se ferait à Jérusalem, et s'occupa activement de réunir l'empire arabe sous sa seule domination. Ses premiers efforts se portèrent sur l'Irak où régnait le plus grand désordre depuis la mort d'Hossein. Les uns avaient reconnu Abdallah ; les autres restaient obstinément fidèles aux Alides et refusaient d'obéir à quiconque n'avait pas été accepté par les chefs de celte famille, appelés imans. Un parti avait à sa tête Soliman fils de Sorad, qui avait repoussé Obeidollah fils de Ziad; un second était dirigé par Almoktar qui, après avoir défendu à la Mecque la cause d'Abdallah, mécontent de voir ses services mal récompensés, s'était jeté au milieu des rebelles, espérant profiter des événements et s'élever à la puissance souveraine. Enfin, des sectes religieuses contribuaient encore à diviser les habitants de l'Irak et à leur ôter cet esprit d'ensemble, qui avait toujours fait la force des premiers musulmans. Abdelmalek laissa ces factions se combattre et s'entre-détruire. Soliman s'étant porté inconsidérément sur les frontières de la Syrie, fut taillé en pièces par Obeidollah. Al Moktar rassembla les débris de l'armée vaincue, prit le titre de khalife et vengea la mort d'Hossein par
le massacre de tous ceux qui s'étaient signalés à la funeste journée de Kerbelah (Schamer entre autres), tua Obeidollah qui, fier de sa récente victoire, s'avançait vers Koufah, et resta maître de tout l'Irak babylonien. Mais Musab commandait toujours à Bassorah au nom de son frère Abdallah ; il reparut alors sur la scène, et plus heureux qu'Obeidollah, vainquit Al-Moktar. Celuici se retira dans le château de Koufah, et après une défense héroïque périt de la mort des braves (686). Ses partisans, au nombre de sept mille, s'étant rendus à discrétion, furent passés au fil de l'épée. Tristes effets des guerres civiles ! Al-Moktar, indépendamment des hommes tués dans les combats, avait immolé près de cinquante mille personnes, sous prétexte de venger la mémoire d'Ali et de ses fils.
Abdelmalek voyait avec joie les divisions des partis, qui assuraient son prochain triomphe ; il venait de punir à Damas la rébellion d'Amrou fils de Saïd, et n'avait plus qu'un seul ennemi devant lui. Vainqueur de Musab à la bataille de Masken, il fut reçu à Koufah sans opposition. On lui apporta, dans le château de la ville, la tête du frère d'Abdallah, qui avait préféré la mort à une fuite honteuse, c Chose étrange, dit un des assistants, j'ai vu dans cette forteresse la tête d'Hossein présentée à Obeidollah ; celle d'Obeidollah à Al-Moktar ; celle d'Al-Moktar à Musab ; celle de Musab à Abdelmalek. » Le khalife, frappé de cette sinistre coïncidence, ordonna que le château serait rasé de fond en comble.
Les lieutenants que Musab avait laissés à Bassorah, à Mausel et en Perse, firent leur soumission. L'un d'eux, Al-Mohalled, homme de courage et d'expérience, dis-
persa les azarakites, ennemis jurés de tout gouvernement établi, spirituel et temporel, qui s'étaient répandus dans les environs d'Ahwaz; et dès ce moment l'autorité d'Abdelmalek fut reconnue dans toutes les provinces orientales de l'empire musulman. Toutefois, son ambition ne pouvait être satisfaite tant qu'il n'aurait pas entre les mains les villes saintes occupées par Abdallah ; il envoya donc dans l'IIedjaz le meilleur de ses généraux, Hégiage fils de Joseph, dont l'éloquence persuasive devait exercer sur les esprits une salutaire influence. Hégiage eut bientôt réduit Abdallah à se renfermer dans la Mecque, et il n'hésita pas à en commencer le siège. Le fils de Zobéir y avait placé toutes ses ressources. La ville était bien approvisionnée, ses murailles réparées, ses défenseurs braves et habiles. Hégiage avait peine à calmer les scrupules de conscience de ses soldats qui n'osaient attaquer les portes de la cité sainte. 11 y réussit cependant, et après huit mois de siège, la Mecque fut emportée d'assaut. Abdallah et ses principaux officiers périrent sur le seuil morne de IaKaaba; le vainqueur s'empressa d'envoyer leurs têtes au khalife, puis il s'occupa de rétablir l'ordre dans la Mecque. Il avait intérêt à montrer, par des actes solennels, que la piété des musulmans était toujours respectée ; aussi le vit-on réparer avec le plus grand soin tous les dégâts que les machines de guerre avaient causés dans la ville. Pendant le premier siège que la Mecque avait soutenu, en 683, la Kaaba avait déjà été renversée, et Abdallah avait dû la réédifier complètement. Hégiage, en la relevant une seconde fois, imprima un nouveau lustre à sa gloire. Maître absolu de l'Arabie,
il se montra barbare à l'égard des habitants de Médine, qui s'étaient les premiers soulevés contre les Ommïades. De nouveaux mouvements provoqués par les azarakites déterminèrent Àbdelmalek à le rappeler et à lui confier le gouvernement de l'Irak, du Khorasan et du Sedjestan. Dans ces nouvelles fonctions, Hégiage servit puissamment la cause de l'islamisme, en resserrant les liens si faibles qui existaient entre ces diverses provinces ; il sévit avec une excessive rigueur contre les habitants de l'Irak, sans cesse disposés à se révolter, et il enveloppa dans ses sanglantes exécutions les Coréischites qui avaient pris part au meurtre d'Othman. Les Azarakites reparurent en forces. Deux kharégîtes, Shébib et Saleh, tinrent longtemps la campagne; à la tête de leurs partisans appelés safriens, ils livrèrent près d'Amide une bataille qui resta indécise, et se signalèrent par plusieurs actions d'éclat. Bientôt après Saleh fut surpris et tué près de Mausel. Shébib, plus heureux, s'empara de Koufah pendant qu'Hégiage était à Bassorah; mais, assailli par des troupes supérieures en nombre, traqué de retraite en retraite jusque dans la Perse et le Kerman, il finit par succomber près de Dojail-el-Ahwaz (696). A partir de cette époque, l'empire arabe ne vit plus qu'un dernier soulèvement, provoqué en 701 par un ennemi d'Hégiage, Abderrahman fils de Mohammed. Un instant l'Orient fut en feu. Abderrahman, vainqueur dans un premier combat, s'empara de Bassorah et de Koufah; puis la fortune se déclara contre lui, et il se donna la mort pour ne pas tomber vivant entre les mains de son rival.
Hégiage (31) avait assuré le triomphe des Ommïades,
dont l'autorité ne fut plus contestée. La Syrie conserva une sorte de supériorité sur toutes les autres provinces ; Damas resta la capitale des États musulmans, et l'Arabie rentra dans une obscurité que le pèlerinage de la Mecque venait seul interrompre par ses solennités. Les hahitants de Nedjed et de l'Hedjaz commencèrent à reprendre leur ancienne vie indépendante, et cessèrent déformer l'élément principal des armées de l'islamisme.
Ce ne fut pas là le seul résultat des guerres civiles. Elles modifièrent, sinon la nature, du moins la forme du pouvoir des khalifes. Ce pouvoir resta bien ce qu'il avait été dès l'origine, un despotisme à la fois civil et religieux. Mais en séjournant à Damas, les successeurs de Mahomet prirent les goûts et les mœurs des souverains qu'ils avaient vaincus; la bassesse de leurs nouveaux sujets leur inspira l'orgueil des empereurs byzantins et des rois de Perse, en même temps qu'elle fit perdre aux Arabes leur fierté native.
On peut encore attribuer à ces guerres l'atténuation qui se manifeste déjà dans le respect des peuples pour les préceptes de Mahomet. Le Coran est toujours invoqué, il est toujours le code unique des musulmans, et cependant l'on ne craint pas de violer ses commandements. Les khalifes eux-mêmes en donnent l'exemple : Yézid boit du vin, malgré la défense expresse du prophète ; Abdelraalek frappe les premières monnaies arabes où il est représenté ceint d'une épée.
Ces penchants, exagérés par les courtisans, furent suivis du plus grand nombre; on en vint à mépriser des pratiques trop sévères, et l'exaltation religieuse, qui avait été un mobile si puissant dans les armées, devint
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le partage de quelques sectes qui prétendirent ramener les musulmans au véritable esprit de Fislamisme. Parmi celles qui se signalèrent pendant cette période, on peut citer les kharégites, les motazélites ou séparatistes, les cadoniens, les azarakites et les afriens. Les hommes qui en faisaient partie se distinguaient tous par une grande énergie ; ils voulaient le bien, disaientils, et souffraient plus que personne des troubles qui désolaient l'empire. Prêts à donner leur vie pour leur foi, ils poussèrent le fanatisme jusqu'à chercher dans l'assassinat les moyens de faire triompher leurs idées.
Ali avait été poignardé par un kharégite qui croyait par là assurer la paix du monde ; les motazélites s'annoncèrent comme les vengeurs du khalife Othman; les azarakites, autre secte de séparatistes, exercèrent les plus affreuses cruautés, sans distinction d'âge ni de sexe, en invoquant toujours le nom de Dieu. Les autres musulmans se sentaient sans force contre ces hommes audacieux pour qui la mort n'était rien ; ils les voyaient souvent au nombre de cent ou de deux cents, défier au combat des milliers d'ennemis, et quelquefois sortir vainqueurs de ces luttes disproportionnées. Un tel spectacle excitait l'admiration, mais ne faisait point accepter des réformes qui se présentaient sous un jour aussi sombre. De part et d'autre on se livrait aux plus terribles excès ; Hégiage dont les historiens arabes vantent la grandeur et le génie, la bienveillance et la libéralité, avait fait égorger cent vingt mille personnes, et à sa mort plus de cinquante mille languissaient encore dans les prisons.
C'était surtout dans la Mésopotamie, TAderbidjan,
l'Irak Adjemi, qu'affluaient les sectes dont nous venons déparier; leur persistance et leur indomptable courage expliquent les arrêts cruels portés par les lieutenants des khalifes de Damas, qni s'efforçaient d'éteindre dans des flots de sang l'incendie qui les menaçait. En Occident, au contraire, rien de semblable ne s'était manifesté, et là le prosélytisme ravivé marchait déjà à de nouveaux succès.