‹ Histoire générale des ArabesChapitre 35 sur 51 · LETTRE DE M. CIIASLES A M. L.-AM. SÉDILLOT, SUR LA QUESTION · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. CIIASLES A M. L.-AM. SÉDILLOT, SUR LA QUESTION

de la variation lunaire découverte par aroul-wéfa.

Monsieur et Ami,

Quelques personnes vous opposent encore en ce moment votre campagne, malheureuse, disent-elles, contre un illustre savant, bien que vous ayez eu alors dans l'Académie Jes sciences l'assentiment de membres compétents tels que MM. Arago, Mathieu, Poinsot, Liouville. Vous pensez que, puisque je me suis laissé détourner parfois de mes éludes de prédilection par l'attrait qui s'attachait à certaines questions obscures de l'histoire des mathématiques, une curiosité naturelle ne m'aura point permis de rester absolument étranger à celle dont il s'agit, et vous me demandez de vous faire connaître mon opinion a ce sujet. Malgré bien des

occupations, je vais m'efforcer de recueillir mes souvenirs et de reprendre les éléments de cette question, pour répondre à votre désir. Il me serait très-pénible de ne pouvoir le faire ; je vous paraîtrais manquer à un devoir, car vos utiles et difficiles travaux, qui ont pris une large place dans l'histoire scientifique des Arabes, en nous faisant connaître plusieurs ouvrages mathématiques et astronomiques d'une importance incontestable qui restaient ignorés, vous ont acquis la reconnaissance de tous ceux qui s'occupent de ces recherches, et en particulier la mienne, comme vous le savez.

Je vais entrer en matière, et, je n'ai pas besoin de vous le dire, en me renfermant exclusivement dans les seules considérations scientifiques absolument nécessaires pour éclaircir les difficultés de la question et émettre une opinion sérieusement motivée.

Je diviserai cette lettre en deux parties : la première aura pour objet de détruire les objections qu'on vous a opposées, car elles me paraissent empreintes d'erreurs et sans fondement, quel que soit le mot final de la question à laquelle a donné lieu le passage obscur d'Aboul- Wéfà.

Je pourrais à la rigueur m'arrêter à ce premier point ; mais je ne sais si je satisferais pleinement à vos intentions. J'essaierai donc de traiter directement, dans une seconde partie, la question précise de savoir ce qu'était, par rapport à YAlmageste de Plolémée, l'ouvrage d'Aboul-Wéfà, dont il ne nous reste malheureusement qu'un fragment, et si l'auteur [a réellement découvert la variation. Ma conclusion, si je ne m'abuse, confirmera l'opinion que vous avez soutenue avec la il 18

m APPENDICE.

conviction que pouvait vous donner fa connaissance que vous possédez de la littérature arabe et des théories astronomiques des Grecs.

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