‹ Histoire générale des Arabes; leur empire, leur civilisation, leurs écoles philosophiques, scientifiques et littérairesChapitre 8 sur 28 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

l'Ji -NOTES ET ÉCLAIIICISSEMEÎNTS.

Note 38, poge 80. — L'édition de Venise de 1 41>0, plusieurs fois réimprimée, comprend Avenzoar et Averroës (Albumeron Avenzohar et Auerroys) ; l'édition de 1-496 porte Abhomeron, Abyn-Zohar, Colliget, Auerroys. — La traduction d'Albucasis est intitulée : Liber theoriœ nec non practicce Alsaharavii qui vulgo Acavarius dicitur, etc., Aug. Vindel, 1519 ; voyez aussi Albucasis, De Chirurgia^ édition Channing, Oxon., 1578; Albucasis, Methochis medendi cum iiistriimeniis ad omnes fere morbos dépictis'. Basil., 1541 ; Pœiske, Miscellcutea medica, etc., publié par Gruner; Rossi, I}izionario degli autori arabi, et Abou- Osaibah, apud de Gaijangos, appendix du t. I d'Almakkari.

Note 39, page 84. — Jourdain, Essai sur les traductions d'Aristote; Eugoge. i. e.. Brève introductorium arabicuni inscientiani logices, el.c.,Rome, 1625; Sy7iopsis propositorum sapientiœ arahum philosophorum inscripta sp)ec\dum mundum reprœsentans, d'Abraham Ecchellensis, Paris, 1641; Tahida Cebetis, Lugd. Batav., 1640; Documenta j^hilosophioj Arabifm, éd. Schmolders, Bonnie,1836; Philosophus auto-didactus sive epistola Abi-Jaafar-Ebn- Tophail, etc., éd. F. Pococke, Genève, 1671 et 1686.

Note 40, page 88. — Essai sur les écoles pliilosophi' ques chez les Arabes, et notamment sur la Doctrine d'Al- Gazzali, par A. Schmolders, Paris, 1842; Œlsner, p. 148 et suiv. ; Book of religioU'< and philosophical sects, by Moh. Alsharastani, éd. W. Gureton, Londres, 1842.

Note 41, page O"?. — Hedayah or guide, a comment tary on the moossolman laïus, translated by Ilamilton, London, 1791. On a imprimé en iSf^ï une édition du Hedaiah à Calcutta, avec les couunentaii'os intitulés : Inmjah (;! Ivifinjali. \V. .Innos, en 17^)2, publiait Ir Sirajiah. or the

iiwhainiiijdan laiv of inheritance, etc. Voyez aussi Rosenmuller, Institutiones jiiris rnohammedani, etc., Lips., IS^S. C'est Matthews qui a donné, en 4809, à Calcutta, la traduction du Mischat-oul-Masahih. M. Perron a publié la traduction du Précis de jurisprudence lausulmane de Klialilben-lshak. On a lu avec intérêt, dans le Journal asiatique, les mémoires de MM. Worms et Ducaurois sui' la même matière.

Note -42, yage 94. — U Adjaroumiath a eu de nombreuses éditions, Rome, 1592 et 1631 ; Lugd. Batav., 1617 ; Amsterdam, 1755-1756 ; Paris, 1834, etc. Parmi les auteurs européens qui ont tiaitè de la grammaire arabe, S. de Sacy occupe le premier rang. Voyez la notice de J. J. Sedillot, insérée dans le Mo)iiteur du 2 septembre 1810. — « Je ne sais ce que j'aimerais le mieux avoir fait, écrivait alors ^I. de Sacy, notre excellent maître, de la grammaire arabe ou de l'extrait de M. Sedillot: c'est un morceau parfait dont je le l'emercie beaucoup ; il y règne une justesse d'esprit, une précision d'expressions qu'on ne saurait surpasser ; il eiit été bien plus facile de le faire plus long. »

Note 43, pi'O*^ •^^- — Djewheri a été imprimé à Constantinople en 1728, 1758 et 1802, et le Camous de Firouzabadi en 1814-1817; l'édition de Calcutta a paru en 1817. M. J. C Wetztein a commencé à Leipsig, en 1844, la publication du Lexicon de Zamachschari. Voyez V Anthologie grammaticale de M. S. de Sacy, la Rhétorique musulmane de M. Garcin de Tassy, et Zenker, BihL orient., p. 18, 41 et 45.

Notes 44, page 97, et 45, j^^ge 98. — Les séances de Haiiri ont été publiées à diverses reprises par Schultcns, Reiske, Gaussin de Pcreeval (1819), Peiper (1832 et 1830), Buckcrt, 1836-1838, etc. ; mais rien n'égale la belle édition

1% NOTES ET ÉCLAIKCISSEMENTS.

(le Silveslre de Sacy (Paris, 1822), que réiinpriuie en ce moment M. Hachette. On compte plus de douze éditions des Fables de Locman, six de Calila et Dimna, et plus de trente des Mille et une Nuits, en français, en allemand et en anglais.

Note 46, page 99. — M. Quatremère, Notice sur Meidani, et Mémoire sur le Kitah-Alagani ; Meidanii proverbioraui arabicorum pars, par A. Schultens, Lugd. Bat., 1795; l'extrait de Habicht, Vratislavise , 1826, et l'ouvrage de Freytag {Arahum proverhia), 3 vol., Bonnye, 1838-1842.

Note 47, ^jage 103. — Moallakat or Seven arabiura poems, etc.. Ed. W. Jones, London, 1782; les Moallacat ont été imprimées plusieurs fois séparément; voyez Zenker, Bibliographie orientale (poètes arabes), p. 52-59, et la Chrestomfithie arabe de S. de Sacy.

Note 48, page i04. — Carmen mysticum Borda diclum, éd. J. Uri, Lugd. Bat., 1761, et l'édition de V. Edien von Ilosenzweig, Wicn, 1824.

Note 49, page 106. — Proverbia quœdam Alis imp. muslemici et carmen Tograi nec iion dissertatio Abou- Sinœ, Ed. J. Golio, Lugd. Bat., 1629; le même ouvrage en français, publié par P. Vattier, 1760; Ockley, Hist. des Sarrasins, etc., p. 337 ; Ilamasœ carynina, éd. Freytag, Bonme, 1828.

Note 50, page 100. — Viardot, t. H, p. 158 ; et Middeldorf déjà cité, d'après Casiri.

Note 51, j.ages 108 et 109.— Abulfeda, An)iales moslenrici, latinos ex arabid^ fcril, Reiske, 1794, el l'édition

NOTES ET ÉCLAinClSSEMENTS. |<)7

d'Adler, 1789-'1794; de Vilâ Moliarmnedis, édition .1. Gao-nier, IT^'i, ti'aduit en anglais par Murray et. en français par M. Desvergers, 1837 ; et enfui VHistoria anteislamica de Fleischer, Lipsire, 1831. — Historia comjiendiosa dynastiarum autore Gregorio Ahidpharajio^ etc., traduit par Pococke (Oxonise, 1663 et 1672), avec le supplément; l'édition en allemand de G. L. Bauer (Leipsig, ilS^-il85);'Lectiones abulpharagianœ, de Roeper (Dantzig, 1844), etc. — Vita et res gestœ Saladini auctore Bohadino F. Sjeaadi^ éd. Alb. Schultens, Lugd. Batav., 1733 et 1735.

Note 52, page ill. — M. Quatremère a publié le texte des prolégomènes d'Ebn-Khaldoun ; M. Slane a donné le texte de V Histoire des Berbères ; M. Desvergers Y Histoire de V Afrique sous les Aglahites (1841) ; Tornberg, les Expéditions des Fermes sur les terres soumises à Vislamisme (Upsal, 1841). Nous connaissons encore d'Ebn-Khaldoun un extrait sur l'art de l'architecture par (Coquebert de Montbret, 1827, et VArticolo sulV antica e varia arte discrivere appresso gli arnbi, imprimé à B.ome en 1820. — h'Histoire des sultans mnrnlonks de Makrizi a été commencée par M. Quatremère en 1837. Nous avons rendu compte de cet important ouvrage (Journal asiatique, 1839-1846). On a de Makrizi : 1" Historia. rerum islaniiticarura in. Ahyssinia, édition Rink, Lugd. Bat., 1798; 2" Historia monetœ arabicœ et tractatus de legalïbus arahum ponderïbus ac mensuris, édition Tychsen, 1797 et 1800. M. de Sacy a traduit ces deux traités en français, 1797 et 1799. ,

Note 53, page I l'-J. — Relation de VÉgypte d'Ahdallatif, etc., par S. de Sacy, Paris, 1810; l'édition de Pococke et de T. VVbite, 1800, et les /Egyptiacado W. WiHt(',1801 ; Mousley a donné, en 1808, la Vie d'Ahd<(ll(ilif (Vi\\)rôs X])o\\- Os(>!b;d\. — Nous avons encore do Makrizi : 1" Narrai io de

expeditionibus a Grœcis Francisque adversus Dimyatham , édition Hamacker, 1824 ; 2" Historia Coptorum christianorum in Egypto, édition Wetze. Voyez aussi Denkivurdigkeiten œgyptens in Hinsicld auf naturreich and physische heschaffenheit des Landes und der Einivohner, etc., édition Wahl, 1790, et le Maured Allatafet Jamaleddini Togri-Bardii seu rerum J^gyptiacarum annales ah anno Christi 071 risque ad annnm 1453, édition J. E. Garlyle, 1792.

Note 54, page 114. — M. Sprenger a donné, en 1841, le premier volume de V Encyclopédie historique de Masoudi, et M. Dubeux, en 1836, le premier volume de la Chronique de Tabari ; voyez aussi le Tabari de Kosegarten, Gryphiswaldi», 1831-1838. — ]j'Historia saracenica d'Elmacin, traduite par Erpenius, Lugd. Bat., 1625, et par Vattier,. Paris, 1657, a été souvent mise à contribution. La traduction latine oftVe de singulières méprises; on y lit, par exemple: Dedicerat ventonnn stationes: unde notusest ventvs almamonis.W s'agit, au lieu de vent, d'une table astronomique (rigr au lieu de rUi) ; Weidler et Bailly lui-même ont répété cette étrange eri'eur.

Note 55, pc/f/e 116. — J. Lnssen Rasmussen a publié, en 1821, des extraits de Nowairi ; Silvestre de Sacy nous a fait connaître Otbi (t. IV des notices et extraits des man.). Pour la vie de Timour d'Ahmed-Arabscbab, veyez l'étlition de Golius, Lugd. Bat., 1636, et la traduction de Manger, Lesvardine, 1767-1772.

Note ^(î, page iil. — 77/c Jiistori/ ofllie Molianmieda» dijnasties hi Spainhg al-Mahhari. transi, hy I\ de Gayangos, London, 1840, et les ouvrages cités dans l'inlrodiK-fion ; voyez aussi Gasiri.

NOTES ET ÉCLAIHCISSEMENTS. 199

Note 57, page il8. — On trouve rindication des extraits publiés jusqu'à ce jour des historiens persans dans la Bihliotheca ortentalis de Zenker, Leipsig, 1840 ; il faut y joindre les notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque impériale.

Note 58, page 119. — Voyez l'édition deHadji Khalfapar Fleugel, Leipsig, 1835-1850, Vlhn Khallican de M. Slane, Paris, 1838-1842, et celui de F. Wustenfeld, Gotting., 1835- 1840; le Dictionnaire des hommes illustres d'Abou- Zacharia-Yahia-al-Nawawi, publié par Wustenfeld, Gotting., 1841. Voyez aussi V Histoire de la littératvre des AraheSy par H. de Hammer.

Note 59, page 121. — Gibbon, t. >C ; Viardot, t. II; The history ofthe mahometan empire in Spaiu, etc., par J. Cavanah Murphy, Londres, 181().

Note 60, page I2i. — Monuments arabes et mauresques de Cordoue, SétHlle et Grenade, 1836-1839, in-fol. ; Essai sur l'architecture des Arabes et des Maures en Espagne, en Sicile et en Barbarie, 1841, et l'article consacré à ces deux ouvrages par M. Reinaud {Journ. asiatique, avril 1842) ; Don Pablo Lozano, Antiquedades Arabes de Espana, 1804 ; A. de Laborde, Vogage pittoresque et historique en Espagne ; Murphy, Arabian antiquities ofSpain, Londres, 1816.

Note 61, page 123. — Moniteur universel, 25 mai 1852.

Note 62, j)age 126. — Abu-Zacharia, t. I; Duruy, Géograp)hie du moyen âge ; Almakkari, Irad. de Gayangos, t. T, introd.

Note (13, page 121. — Qilsncr, )). ^2ir)-2-i8 ; Voyage de

200 NOTES ET KCLAIHCISSEMENTS.

Chardin; Tahleax île V empire ottaman, par irOlisson ; Anderson, On IHst. {leihiction of fhe orifiine of commerce.

Note G4, page l'iS. — Relation des voyages faits par les Arabes elles Persans dans l'Inde et à la Chine, et le discours préliminaire de M. Ileinaud, p. 118; Deguignes, Journal lies iiavants, nov. 176i, ]». 21.

Note (yîi, page 1^28. — VAfriq'xe de Hitter, édition française, Paris, 1836.

Note 66, page ISO. — Voyez Piohort, Trailè d'artillerie, 1836; Beekinann, Teclin olog ie : Y\a.rdot, Essai siir l'histoire des Arahes d'Espagne, t. II, p. 1-47.

Note 67, page iSJ . — Klaproth, lettre à M. de Humboldt sur l'invention de la boussole, 1834; Azuni, Difiseriation sur V origine de la houssole, 1805.

Note 68, page 135. — Mills, Histoire du Maliométisme, rappelle, p. 85, que les anciens connaissaient le papier de linge et que les Arabes firent revivre cet art ; il cite Tite" Live, liv. IV, c. vu; Symmaque, liv. IV, ép. 34; le Néarque de Vincent, p. 15. Voyez aussi Andrès, Hist. gén. des sciences, t. I, p. 105; Montfaucon, Pahcographia grœca, p. 18; Nouveau traité de diplonmliqiir. t. I, cli. vu, etc.

Note 69, page ISO. — De la domination turque dans l'ancienne régence d'Alger, par M. Walsin Esterhazy, Paiis, 1840. — Les Bédouins (m Arfdjes du désert, etc., par Mayeux, 1816, 1818. — La Description del'Égypte, etc.

Note 70, page 1S8. — T>'histoire des derniei's khalifes a été écrite par Diailiecri, et insérée dans sa chronique inti-

lnl(''c: All.lmniisi. ■ — • Kn voici la liste (■liii)ii(il(i;/i((iie :

Mostanser-Billah-Alimed, 12G1 ; Hakem, 4201-1302; Mostakfi, 1302-1340; Watek, 1340-1341 ; Hakem, 1341-1352; Mothaded, 1352-1362; Motawakkel, 1362, 1377, 1383 et 1389-1406; Mostazem, 1377; Wateh 1383-1385; Motassem, 1385-1389; Mostain, 1406-1415; Mothaded, 1415-1451; Zaini, 1451-1454; Mostandged, 1454-1479; Motawakkel, 1479-1496; >[ostamsek et Motawakkel, dernier khalife, 1496-1538.

Note 71, ])a(je J41. — Histoire des sultans mamelovh^ de Makrizi, traduite par E. Qiiatremère, et les diverses notices ([ue nous avons données de cet ouvrage (Journal asiatique, 1839, 1840 et 1846).

Note 72, page 74/. — Histoire de V Egypte depuis la conquête des Arabes, etc., par Marcel, 1834, et la dissertation insérée par M. Tercier dans le t. XXI des Mémoires de r Académie des inscriptions.

Note 73, page I ^t.'y. — D. Cantemir, Histoire de l'empire ottoman, t. Il et suiv. — De Haanner, Histoire de l'empire ottoma)(., 3'^' édition française, 1855. — Hisloni of the ottoman empire, etc., by Uphain. Edinburgh, 1829. — Historiœ lemame, edid. Johannsen, Bonna', 1838.

Note 74, page 150. — Delacroix, Abrégé chronologique de l'histoire ottomane; Description de l'Arabie, par Niébuhr.; Grichton, Historg of Arabia ancient a)id modem, etc., Edinburgb, 1838; et les récents voyages de MM. Lottin de Laval, de Laborde, Saltley, etc.

Note 75, page 150. — Mémoire sur les Irois plus fameu.ses sectes du musulmanisme, les Wahabis, lesNosairis et les Tsmaé'.is, par Rousseau. 1818; T)escri})lion du pacladik

i02 NOTES ET ÉCI.AIHCISSEMENTS.

tIeBagdad, suivied'une notice historique surles Wahabis, etc. pai' le même, 1809. — Histoire des Waliahis depuis leur origine jusqu'à la fin de 1809, par Gorancez, in-8, 1810. — Hisfory of seid said sultan of Muscat ivith an account of the countries and people on the shores ofthe Persian Gulf, particularly of the Wahahys hy Shask Mansur, etc., in-8, 1819. — Notes on the Bédouins and Wahabys, etc.. hy J. L. Burckhardt, Londres, 1830.

Note 76, 2^ctge i54. — Relation de l'expédition de Moka en 1737 sous les ordres de M. Delagarde Jazier, Paris, 1739.

Note 77, pagre i59. — Voyez les Études historiques et géographiques sur V Arabie de M. Jomard ; la notice que nous avons donnée de cet ouvrage {Journal asiatique, 1840), et le Voyage en Orient de M. de Lamartine, t. IL

Note 78, page ill . — Marmol Carvajal, Description générale de l'Afrique et histoire des guerres contre les Infidèles et les Chrétiens. 2 vol. in-fol., 1573-1599; Carette, Études sur la Kahylie, 2 vol. in-8, 1848. Consulter aussi Shaler, Esquisse de Vétut d'A^grer, 1830 ; Ch. Sédillot, Campagne de Constaniine, 1838, etc., et l'exploration scientifique de l'Algérie, pulvliée sous les auspices du gouvernement.

Note 79, page 183. — Voyez le tableau de la situation des <''ta])lissements IVançais en Algérie, puhhé annuellement par \('. ministre de la li^uerre.

• (T. I, p.2.) DES EMPRUNTS FAITS PAU LE FRANÇAIS A LA LANGUE ARABE

{Comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences, 8 mai, 19 juin. 24 juillet 18 seiitembre 1871. — lîevue orientale, avril 1870, p 164.)

L'intérêt avec lequel l'Académie des sciences a, dans sa séance du 24 avril dernier, accueilli les Observations rriliques de M. Egger sur les termes scientifiques empruntés à la langue grecque m'engage à faire quelques réserves en faveur de la langue arabe; car si l'on peut dire qu'avant la renaissance des lettres le français contenait à peine un mot d'origine grecque contre cinq cents mots d'origine latine, il serait juste d'ajouter : et contre presque autant de mots d'origine arabe; encore ces rares expressions étaient-elles venues plutôt par rinlermédiaire de l'arabe que ilu latin.

On oublie trop, en effet, que les Arabes ont été nos maîtres, aussi bien en sciences que dans les autres branches des connaissances humaines; et nos meilleurs dictionnaires, même celui de M. Littré, ont laissé subsister une lacune trés-regreltable en donnant des étymologies que nous ne pouvons admettre pour des termes dérivés directement de l'arabe.

Dès le Ville siècle, les musulmans étaient en possession de tout le midi de la France. Charles Martel préserva le nord de l'invasion (732-739); mais il laissa aux Sarrasins la Septimanie, où ils formèrent des établissements durables, contractant des alliances dans le pays, introduisant, dès cette époque reculée, une foule de mots de leur vocabulaire, pour les usages ordinaires de la vie. La domination des Arabes était même préférée par le clergé à celle des guerriers germains, qui ne se gênaient guère pour disposer des biens ecclésiastiques; de nombreux liens unissaient déjà chrétiens et mahométans : une fille du duc d'Aquitaine devenait la femme d'un émir arabe. Les villes du Languedoc conservaient leurs comtes particuliers et une administration qui leur était propre; Mauronte, duc de Marseille, était l'allié fidèle des envahisseurs de la Gaule, et luttait avec acharnement contre les fils de Pépin d'Héristal ; et lorsque Pépin le Bref acheva, en 759, la conquête de la Septimanie, les Arabes conservèrent dans la contrée leur résidence et leurs biens. Sous Charlemagne, des relations d'un autre genre s'établissent entre les deux peuples ; la politique commence à se substituer aux faits de guerre. Les khalifes de Bagdad portent la civilisation arabe au plus haut

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degré de splendeur, el Haroun-al-Raschid recherche l'alliance du puissant empereur des Francs. Les khalifes de Cordoue font de J'Espagne la perle de l'Occident. Les sciences fleurissent des bords de l'Indus aux colonnes d'Hercule; et pendant les temps d'anarchie qui suivent le glorieux règne de Charlemagne, lorsque la barbarie du moyen âge s'appesantit de plus en plus sur la Gaule et la Germanie, les Arabes, maîtres du raidi de la France, des Pyrénées jusqu'aux Alpes, partent de leur colonie de Fraxinet (la Garde-Frainet) pour étendre leurs incursions au nord jusqu'en Bourgogne et en Suisse, au sud dans leTyroletla Lombardie (888- 975), consolidant la prépondérance arabe dans ces régions, et transmettant à nos pères les connaissances qu'ils recevaient eux-mêmes des écoles fondées dans le vaste empire des successeurs de Mahomet.

Ici se manifeste un nouveau progrès de l'influence arabe sur les races latines. Les rapports avec l'Espagne sont plus fréquents. Quelles que soient les divergences d'opinions sur le voyage de Gerbert à Barcelone, il n'en est pas moins avéré que l'usage des chiffres arabes et de la numération décimale s'introduit dès celle époque parmi nous. J'ai montré que ces chiffres n'étaient iju'une transformation des chiffres romains avec l'addition du zéro; que leurs noms, leurs modifications successives étaient purement arabes. En 956, Abdérame 111 était en relation directe avec les divers princes chrétiens de l'Espagne, de la France, de l'Allemagne el des États slaves ;Olhon III entretenait un ambassadeur auprès de ce grand prince. La cour de Toulouse était comme un reflet de celle de Cordoue. Les concours de poésie,

réorganisés plus lard par Clémence Isaure, rappelaient les moallacât des anciens Arabes, et lorsque la princesse Constance fut appelée par Robert II sur le trône de France, vers 999, les mœurs et la langue subirent à Paris une véritable révolution.

Les croisades (1095-1291) contribuèrent puissamment à entretenir ce mouvement social, surtout celle de saint Louis, qui résida plusieurs années en Orient. Le contemporain de ce prince, Frédéric II, avait une garde arabe ; il recevait les fils d'Averroès (Ibn-Roschd) à sa cour ; l'astronomie, les matbématiques, les sciences naturelles étaient étudiées dans les livres arabes. Dès le XIII^ siècle, Roger Bacon et Raymond LuUe appelaient l'attention sur l'importance des langues orientales, et le concile de Vienne (1311) exprimait le vœu qu'elles fussent enseignées à Rome, à Paris, à Bologne et à Oxford. Les Souverains-Pontifes entretenaient à Paris vingt élèves originaires de l'Orient, familiarisés avec l'arabe, l'hébreu et les autres idiomes de l'Asie.

La médecine arabe, avant Fernel, formait la base de la science de nos docteurs : Froissart, dans ses Chroniques, se sert souvent de locutions arabes; Guillaume Postel, nommé professeur de mathématiques et de langues orientales au collège de France, publiait, en 1538, un Essai de grammaire arabe. Les rapports de la France avec les États harbaresques inspiraient, en 1587, à Henri III l'idée de créer au Collège royal une chaire d'arabe, et d'y nommer Arnoul Delisie, qui était envoyé à diverses reprises à Fez et à Maroc pour traiter de la délivrance des esclaves français; enfin l'expulsion des Maures do l'Fspagne (1493, 1571 et 1609) peuplait

de rechef la France de tribus arabes, qui y introduisaient de nouveaux noms de famille. La conquête de l'Algérie n'a-t-elle pas de nos jours doté la langue française de mois inconnus jusque-là?

On comprend aisément que ces communications, en quelque sorte non interrompues pendant plusieurs siècles, nous aient transmis un grand nombre d'expressions et de locutions orientales ; ce n'est pas ici le lieu de parler des emprunts dus aux relations de la vie commune ou à la politique. Il était tout naturel que les Arabes, maîtres de la Méditerranée depuis le VIIl^ siècle, donnassent à la France et à l'Italie la plupart des termes de marine : amiral^ escadre, flotte, frégate, corvette, caravelle^ felouque, chaloupe, sloop, barque, chiourme, darse, calfat, estacade, et, en première ligne, la boussole, improprement attribuée aux Chinois ; que dans la formation des armées permanentes on adoptât les titres donnés aux officiers des armées musulmanes, le cri de guerre des Arabes, l'emploi de la poudre à canon, des bombes, des grenades, des obus; que dans l'administration, les termes de syndic, aides, gabelle, taille, tarif, douane, bazar, etc., fussent empruntés aux gouvernements de Bagdad et de Cordoue. Les rois de France de la troisième race les imitaient en tout; c'est ainsi que la plupart des termes des grandes chasses sont arabes : chasse, meute, laisse, curée, hallali, cor de chasse, fanfares, etc. ; que le mot tournoi, que les lexicographes modernes font venir de torneamcntum, est bien l'arabe tournou, spectacle militaire; mais c'est principalement à la nomenclature scientifique que nous devons nous attacher.

Personne n'ignore que les travaux de l'école d'Athènes et d'Alexandrie nous ont été en grande partie transmis par les Arabes ; on a accusé ces derniers d'avoir dénaturé les termes grecs dont ils s'étaient servis. Ce reproche est mal fondé; car les Arabes reproduisaient consonnes pour consonnes, à l'exception du P remplacé par B, supprimant les voyelles ou leur substituant trois lellres qiiiescentes que les traducteurs latins lisaient de travers; c'est ainsi qu'ils ont fait de l'arabe Ibbarchos, Abrachis; d'Aristotélès, Arislole; d'un adjectif 77 tii^iTr,, Valmageste; de Semt (-al-ras, le côté de la tête) senii ou zénith, etc. On peut voir dans Cesi, Giggei, Schickard, Assemani, à quel point les noms arabes des étoiles ont été défigurés. Il était bien difficile qu'il en fût autrement, quand on songe que les racines arabes donnent naissance à quinze formes de verbes qui ont toutes une signification distincte, et à vingt-huit formes de pluriels irréguliers répondant à une ou plusieurs formes de noms ou d'adjectifs singuliers : aussi faut-il un grand travail de recherche pour découvrir certaines élymologies orientales sous des déguisements dus à l'ignorance ou à des erreurs de copistes. Mais ce que nous pouvons constater avec certitude, c'est que notre astronomie est peuplée d'expressions arabes : almicantharatSj azimuts, zénith, nadir, les pièces de Vastrolabe, alidade, alancabuth; les noms d'étoiles : Aldébaran, liigely Allhair, Wéga, Acarnar, Alglwl, etc. ; qu'il en est de même pour les mathématiques : chiffres^ zéro, algèbre, etc. ; pour la chimie : alchimie, alcool, alcali, alambic, etc. ; pour l'histoire naturelle et la médecine : bol, clixir, sirops, julcps, sorbet, mirubolans, etc.,

et ce haschich d'où nous est venu le terme assassins.

Que résulte-t-il de ces observations? La nécessité de revoir mot par mot tous nos grands dictionnaires, pour rectifier les fausses étymologies qui y sont multipliées, et de faire pour la langue française, à la suite des essais incomplets tentés jusqu'à ce jour, ce que d'honorables savants, MM. Dozy et Narducci, ont réalisé, dans ces derniers temps, pour l'espagnol et l'italien.

L'intéressante communication de M. Roulin (1) soulève plusieurs questions sur lesquelles je prends la liberté d'appeler de nouveau l'attention de l'Académie. Mais, avant tout, je prie M. Roulin d'être bien persuadé que je partage ses sentiments d'admiration pour l'immense travail de M. Littré, et que les preuves à rappid de mes observations ont été produites^ et surabondamment, à son insu sans doute (2).

En ce qui touche la nomenclature scientifique, je rn'associe complètement aux réflexions pleines de sens de M. Egger; peut-être, seulement, s'est-il montré un peu trop sévère pour les mots endosmose, exosmose et théodolite. Si, laissant de côté &cr^ôs, action de flairer,

(1) Comptes-rendus, mai 1871, n»» 20 et 21, p. 591 et 648.

(2) Voyez la Revue orientale d'avril 1870, p. 164 et suiv., et les ouvrages qui s'y trouvent cités.

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