‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 107 sur 424 · BAALBEK. — DAPHNE · texte numérisé non relu

BAALBEK. — DAPHNE

que l'effet fût diminué par ce redoutable voisinage. Ils y ont si bien réussi que les montagnes entrevues à travers les colonnades apparaissent rapctissées et que, de quelque côté qu'il regarde, le spectateur aperçoit toujours le ciel entre les frises et le plafond. »

Les propylées qui se trouvent au sommet d'un escalier monumental donnent entrée dans une vaste cour hexagonale précédant le forum des marchands, au fond duquel se trouve le

Fig. 106. — Ruines de Baaibek, d'après Mariihat.

temple du dieu du jour, Baal ou Ilélios, d'où les deux nom» de la ville : Baaibek et Héliopolis. Les colonnes du grand temple ont, entablement compris, une hauteur de 23 mètres. Le temple de Jupiter, ou petit temple, est un des mieux conservés ; il a 227 mètres de longueur sur 117 de large. La hauteur des colonnes avec base et chapiteau est de 19™, 81, le diamètre, 1»",90. La terrasse sur laquelle il est placé est formée de pierres taillées, de dimensions énormes, d'environ 20 mètres de long sur 5 de large et de haut. Rien de plus parfait que I» coupe de f'^s pierres énormes, dont trois suffi-

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sent au fût d'une colonne. Elles ne sont jointes par aucun ciment, et cependant la lame d'un couteau n'entre pas dans les interstices. Ces trois pierres sont, reliées entre elles par une pièce de fer carrée fichée en creux dans leur centre et scellée avec du plomb. Ces axes remplissent si bien leur objet que plusieurs colonnes ne se sont pas disjointes dans leur chute, que cette chute soit le fait de tremblements de terre qui ont plus d'une fois éprouvé la contrée, notamment en 1759, ou bien que les Arabes les aient renversées pour en retirer les métaux. En dehors de l'enceinte, au milieu des jardins, s'élève entre autres un temple circulaire, mais dont la corniche forme des arcs de cercle rentrants, supportés par des colonnes corinthiennes monolithes. Les inscriptions des propylées de Baalbek sont en l'honneur d'Hadrien.

A la même période se rapportent le tombeau à deux étages de Petra, les grands travaux faits à Smyrne et à Pergame (aux amphithéâtres), une bonne partie des immenses constructions d'Antioche, dont le faubourg de Daphné a mérité d'être appelé l'Olympie de l'époque impériale. Un édifice de dimension médiocre, le prétoire de Phaena (Mousmieh, au sud de Damas), ne saurait être non plus oublié. Élevé par les soldats des légions III« Gallique et VI® Flavienne, sous la direction du centurion Egnatius Fuscus, pendant Fadministration d'Avidius Gassius, il présente une première idée du pendentif.

Sculpture. — Imitation égyptienne. Archaïsme. — Le goût du cosmopolitisme, joint au goût de l'archaïsme, se montre mieux dans la sculpture ; les tendances de l'école de Pasitélès se manifestent, par exemple, dans V Espérance du Louvre. On imite quelquefois les sculptures assyriennes. On imite surtout l'Egypte pharaonique ^ qui fut alors l'objet d'un véritable engouement, comme on le vit en

1. La Pyramide de G. Cestius, à Rome, date de la fin de la République. Les empereurs firent transporter à Rome plusieurs obélisques; six sont encore debout. On a trouvé à Narbonne des statuettes en forme de momies. — Le goiît de l'archaïsme est attesté pour la peiature par Quintilieu (XII, 1(»).

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