‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 11 sur 424 · LE LABYRINTHE · texte numérisé non relu

LE LABYRINTHE

admiration infinie alors que nous passions des cours dans les chambres, des chambres dans les portiques, des portiques dans lo^-i espaces couvert» , et de là daus d'autres cours. » Hérodote ne put visiter la partie souterraine du monument. « Les prêtres égyptiens qui en avaient la garde ne permirent point qu'on me les montrât, parce qu'ils servaient de sépulture aux oiocodiles sacrés et aux rois qui ont fait bâtir col édifice. » Près de l'un des angles du labyrinthe «'élevait une haute pyramide, sépulture d'Amenhemat. Les Egyptiens avaient donné à ce mo- "ument le nom de Lopero-hount, c'est-à -dii'c temple situé à l'entrée du lac. C'est de là que les Grecs ont fait le mot Labyrinthe , nom propre devenu uom commun et servant à désigner toute construction oti se trou-^ vent des détours nombreu.K et compliqués destinés à dérouter le visiteur .

labyrinthes de Crète, de Lemnos, de Clusium.

Pour re\eiiir «lUx py- i- ig.

Statue de Chéphren.

GONSTRUCTIOIN DES PYRAMIDES 9

ramides, ces monuments ne sont pas seulement remarquables par leur dimension ; ils présentent aussi une admirable habileté d'appareillage, même pour les plus grandes masses. Dans les galeries intérieures, les pierres sont si bien jointes et si bien équilibrées qu'encore aujourd'hui on ne pourrait passer l'ongle dans les interstices. Les plafonds en dalles posées sur des poutres de pierre qui couvrent les chambres sépulcrales ont supporté depuis des milliers d'années le poids colossal qui les surmonte. Mais ce qui nous étonne le plus, c'est que l'on ait pu remuer ces matériaux énormes, étager ces prodigieuses constructions, dresser enfin des obélisques, lorsqu'on n'avait à sa disposition que le plan incliné, la roue et la poulie. Il faut, pour se l'expliquer, penser au respect de la discipline inné chez les Égyptiens, et au pouvoir absolu des rois qui les gouvernaient.

Un jour, raconte Maxime Ducamp *, me trouvant dans les ruines de Thèbes, je m'écriai involontairement : « Mais comment ont-ils fait tout cela ?» Mon drogman Joseph, qui est un grand philosophe, me toucha le bras, et, me montrant un palmier qui se balançait au loin, il me dit : « Voilà avec quoi ils ont fait tout cela. Savez-vous, signor, qu'avec cent mille branches de palmier cassées sur le dos de gens qui ont toujours les épaules nues, on bâtit bien des palais, et des temples par-dessus le marché ! » C'est là une application utile peutêtre, mais assurément très indirecte, du bois à l'architecture.

La Bible nous a conservé le souvenir des vexations auxquelles les corvées exposaient surtout les peuples tributaires.

Les artistes qui élevaient ces édifices gigantesques avaient déjà aussi le sentiment de l'élégance, comme le montre le petit temple de granit et d'albâtre découvert par Mariette auprès de la pyramide de Chéphren.

1. Maxime Ducamp, le Nil, p. 261. Disons une fois pour toutes que le musée de Boulât, ensuite transporté à Giseh, est établi aujourd'hui dans un palais cons» truit dans un faubourg du Caire.

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