‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 10 sur 424 · CARACTÈRE GÉNÉRAL. — LES PYRAMIDES · texte numérisé non relu

CARACTÈRE GÉNÉRAL. — LES PYRAMIDES

que leurs nécropoles valaient leurs villes vivantes : les pyramides étaient des constructions funéraires.

Architecture de l'ancien empire : les pyramides, le Labyrinthe. — Les pyramides à degrés les plus anciennes sont de plusieurs siècles postérieures au temple découvert à Giseh par Mariette près du grand Sphinx et que nous rappelions plus haut. Celle de Sakkarah date cependant de la deuxième dynastie (vers 4700). Elle serait plus célèbre sans les trois grandes pyramides élevées plus tard (4^ dynastie entre 4200 et 3900) par Kouw^ou, Kawra et Menkerah, (les Chéops, Képhren et Mycérinos d'Hérodote). Ces pyramides présentaient encore au temps des Romains un revêtement uni ; mais elles ont servi de carrière aux pays environnants. Ce qui fait qu'aujourd'hui elles s'élèvent par degrés, comme celles qui avaient été primitivement construites ainsi. Malgré ces pertes, la plus haute de ces pyramides, celle de Kouwou, a encore aujourd'hui 142 mètres de hauteur ; sa base a 248 mètres environ, soit la longueur de l'ancienne façade des Tuileries, entre le pavillon de Flore et le pavillon Marsan.

On ne mit que trente ans à rassembler les matériaux et à achever cet immense ouvrage. Il est vrai que 100,000 hommes, qu'on relevait tous les trois mois, étaient employés à ce travail. Des chambres sépulcrales sont ménagées à l'intérieur, mais l'accès en était rendu difficile à dessein; on n'y arrive que par des couloirs étroits, obscurs, dont l'entrée es*t dissimulée. L'entrée se trouvait à 50 mètres du sol, et était fermée par une pierre qui ne se distinguait en rien de toutes celles qui l'environnaient. Dans les monuments de ce genre, bien souvent l'explorateur est engagé dans des chemins sans issue et sans but(fig. 1). Il est arrêté par de véritables herses de pierre. On cherchait à dérouter le curieux ou le voleur par des stratagèmes ingénieux qui lui opposaient des difficultés morales et intellectuelles aussi bien que matérielles, et lui présentaient de véritables énigmes. Dans la pyramide de Menkerah, on parvient après de longs et pénibles efforts aune salle d'une très grande richesse

h L'ART EGYPTlEiN

d'ornemeutaliou, mais qui était restée inacherée. Ou voulait laisser croire que le tombeau n'avait pas été terminé et qu'il ëtait inutile d'aller plus loin ; c'était cependant au delà de cette pièce que se trouvait la salle qui contenait les momies et les U'ésors. Dans un autre tombeau plus moderne, on était brusquement arrêté par une ouverture béante; mais une pierre en faible saillie de l'autre côté du précipice permettait de le franchir en jetant une poutre en ira vers de l'onvertare.

do (le Chiîops, du sud 8u uord.

Ce qui montre mieux encuie à quel i)oint les RgN-iiliens ne reculaient devant aucun travail pour cacher ce qu'ils désiraient soustraire aux recherches, c'est le labyrinthe construit vers 2900 avant J. -G. par Amenhemat, à quelque distance et à l'ouest du lac Mœris et près de Crocodilopolis. 11 se composait, dit-on, de 3,000 chambres, dont 1,500 souterraines. On ne pouvait parvenir aux douze grandes pièces centrales que par des chemins si tortueux si compliqués, qu'il était impossible de ne pas s'y perdre, si l'on n'était accompagné d'un guide. C'était là que se cachaient le trésor religieux de l'Egypte, les sépultures de plusieurs rois et de plusieurs animaux sacrés,

« Les passages à rarers les chambres, dit Hérodote, les détours à travers les cours, me causaient par leur variété une

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