‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 114 sur 424 · II. — ARTS INDUSTRIELS · texte numérisé non relu

II. — ARTS INDUSTRIELS

Les arts industriels, soutenus par le luxe privé dont les empereurs donnent de plus en plus l'exemple, résistèrent longtemps à la décadence.

Gravure en pierres fines. Camée de la Sainte- Chapelle. Dioscuride. — Le camée dit de la Sainte-Chapelle [Apothéose d'Auguste, Bibl. Nat.), ceux de Vienne [Auguste et sa famille ^), de Hollande [Triomphe de Claude), de Nancy [Apothéose d'Antonin), nous montrent à quel degré de luxe et d'habileté l'art des graveurs en

1. En échange de ce camée qui appartint à Saint-Sernin de Toulouse jusqu'en 1530, le pape Paul II (1464-71) offrit à la ville de faire construire un ponl ■ur la Garonne ! Il se trouvait au couvent de Poissj lorsque les protestants pillèrent celte ville (1561). Il fut probablement donné, comme solde, à un chef de reîtres qui le vendit à Rodolphe II. — Le camée de la Sainte-Chapelle (0 m. 30 êur 0 m. 26) fat donné à St Louis par l'empereur de Constantinople Baudoin Q.

pierre fine fut poussé pendant l'empire. Le plus illustre, Dioscaride, grava la figure d'Auguste sur un cachet qui servit de sceau à ses successeurs. On connaît quelques intailles signées de lui [Cicéron, Démosthène, Bibl. Nat.) Ses trois fils Eutychès (buste d'Athèna^ Berlin), Hérophile et Hjllos suivent ses trace». D'autres œuvres signées nouf

Fig H7 — Camée de Vienne Auguste et sa famille.

permettent de juger du talent d'Evodos (Camée de Julie, fille de Titus), de Pamphile [Apollon Citharêde, une merveille, Bibl. Nat.), de Solon, d'Aspasîos, de Diodote, d' Épithyncanos (Satyre, Bibl. Nat.) et Agalhopous dont on a retrouvé Tépitaphe dans le Columbarium des affranchis d'Auguste, etc. Orfèvrerie. — Trésors de Bernay et d'Hildesheim. — L'orfèvrerie atteignit aussi chez les Romains une importance qui a été rarement dépassée. Nous pouvons nous

ORFEVREKIE. — BERNAY. — HILDESHEIM 201

en faire une idée par les trésors découverts à Berthouville près Bernay, 1830, Petrossa (Roumanie), 1837, Hildesheim, 17 oct. 1868, Chaource près Montcornet (Aisne), 1883, Bosco-Reale près Pompéi, 1894, Tarante, 1897

Fig. 118. — Vaso du trésor J'Ili!des!.ei

Le trésor de Bernay (Bibl. Nat.) est composé en grande partie d'ex-vcto depuis Auguste jusqu'à la fin de l'Empire. Il contient entre autres un magnifique vase en argent repoussé représentant un athlète accompagné des divinités qui l'ont

protégé dans la lutte. Un autre vase presque aussi considérable nous montre, dans un bas-relief, le payement de la rançon d'Hector. Le trésor d'Hildesheim, qui est au musée de Berlin, mais dont ou peut voir une reproduction galvanoplastique au musée de Cluny, est formé d'une série de coupes dont plusieurs sont signées, et nous font connaître entre autres le nom de l'orfèvre Lucius Maliens Bocchus. Le trésor de Chaouice comprend 32 vases d'argent massif, 6 vase?

de bronze plaqués d'argent et une statue de la Fortune. Le trésor de Bosco-Reale, aujourd'hui au Louvre, le plus original, trouvé sous les cendres du Vésuve, dans la villa d'Amphion, a formé un service de table.

Il a des pièces signées Saheinos et Polycnos.

N'oublions pas enfin l'admirable patère découverte à Rennes en 1774, (aujourd'hui à la Bibl. nationale). Elle est en or massif. Un sujet central, le Combat d'Hercule et de Bacchus, est

VERRERIE. — CERAMIQUE 203

entouré d'une bordure composée de médaillons d'empereurs d'Hadrien à Géta.

Verrerie. — Le vase de Portland. — Céramique. — Les

Romains attachaient aussi un grand prix aux belles verreries. Les fabriques de Phénicie et d'Egypte, Alexandrie, Sidon, Tyr, qui maintenaient leur vieille réputation, trouvaient presque des rivales en Italie même, à Rome, à Sorrente ; sans parler de l'emploi des émaux de couleur variée et de la gravure en creux, l'antiquité romaine nous a donné des vases à décors en relief, ciselés dans la masse même, qui semblent le dernier mot de l'art du verrier. Telle est l'amphore de Pompéi composée de deux couches de verre de couleur différente, où sur un fond bleu foncé s'enlèvent en relief, comme dans un camée, des scènes de vendanges en verre blanc opaque. Tel est le Vas^ de Portland, œuvre du iii« siècle, de fabrication analogue, et qui est peut-être le plus beau spécimen de ce genre de tous les temps et de tous les pays * On a vu à l'exposition de 1878, dans la section anglaise, un vase en verre du style et de l'importance du vase de Portland ; il avait déjà coûté 75,000 francs, et l'on comptait qu'il exigeait encore trois ans de travail. Pour la céramique, à partir du ri^ siècle on préfère aux vases peints les patères à reliefs dont les produits d'Arezzo sont le type; on en conserve de nombreux échantillons , par exemple des fragments récemment découverts à Vichy, portant des sujets relatifs à Trajan.

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