‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 130 sur 424 · SAINTE-SOPHIE. -^ ISIDORE DE MILBT · texte numérisé non relu

SAINTE-SOPHIE. -^ ISIDORE DE MILBT

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des matériaux de toute couleur, mais employés avec goût, a« fit qu'ajouter à l'effet d'ensemble et se maria parfaitement «vec la richesse déployée dans la décoration. Les principaux architectes de Sainte-Sophie fuient deux Grecs d'Asie Miaeure, Antliéniitis de Treilles et Isidore de Milet. Le plan général. — La coupole. — Isidore le Jeune. — Si

l'on excepte l'abside orientale, le monument est compris dans an espace à peu près carré [11 m. sur 76"». 70). TI est précédé d'un

Pig. 130. — Vue exterieiiTe de Suiute-Sopliio de Constnntinople éUit ackueJ ayoc les minarols ajoutés par les musulmans.

«irmm et d'un double narthex. Le second narthex communique par neuf portes avec l'intérieur. Dès l'entrée on saisit l'ensemble de l'édifice dans la grandiose harmonie de lignes droites et de courbes magistralement unies. Au centre s'élèro une coupole de 35 mètres de diamètre s'appiiyant sur quatre arcs de même diamètre; les deux arcs perpendiculaires à la nef reposent sur deux demi-coupoles, les deux autres sont fermés par les murs ajourés des colonnades. La construction de la coupole attira surtout l'attention des architectes. Ou l'appuya »ar des piliers massifs conslruils avec le plus grand soin, et pour en alléger le poids énorme, on se servit de tuiles bUu- •èies spongieuses fabriquées à Rhodes, et qui, à dimcnsiou

égale, pesaient cinq fois moins qu'une tuile ordinaire. Tooles ces précautions furent inutiles : la coupole avait résisté en 553 à un tremblement de terre qui dura quarante jours ; mais en 557 un nouveau tremblement de terre qui renversa une partie de la ville l'ébranla à tel point, qu'elle s'écroula bientôî, après (7 mai 558). Les premiers architectes étaient morts, mais le neveu d'Isidore de Milet, Isidore le Jeune, osa reprendre la construction en lui donnant même plus d'élévation; mais, au lieu d'employer la forme sphérique, il fît porter la coupole sur un tambour peu élevé percé de vingt-quatre fenêtres et lui donna une forme surbaissée et elliptique qui ajoute à l'efFet de grandeur et presque d'effroi qui frappe le spectateur au centre du monument.

Décoration intérieure. — Un luxe inouï avait été prodigué dans l'ornementation ; l'or et les pierres précieuses s'y mêlaient aux marbres les plus beaux. L'ambon seul coûta les revenus d'une année de la riche province d'Egypte. La mosaïque était partout répandue. Quel spectacle admirable, lorsque les six mille candélabres dorés, qu'on allumait aux jours de fêtes, illuminaient la clôture d'argent massif du sanctuaire, — faisaient scintiller l'autel d'or, étincelant de gemmes et d'émaux, sous son dôme soutenu par quatre colonnes d'argent et d'or, — et semblaient se refléter dans les yeux des grandes figures en mosaïque du Christ, de la Vierge, des anges, des apôtres, des .prophètes, gardiens et hôtes éternels de l'enceinte sacrée!

Malgré les iconoclastes, malgré les Turcs, qui ont fait couvrir à la chaux les figures humaines qu'un bon musulman ne saurait souffrir dans un temple, l'effet d'ensemble reste encore incomparable, et le regard va chercher au fond du sanctuaire, sous le badigeon qui les cache, les lignes confuses d'une figure colossale, image de la Sagesse divine, qui, sous ce voile demitransparent, assiste impassible aux cérémonies d'un culte étranger. L'extérieur a été plus défiguré , non pas tant par les quatre minarets qui se dressent aux quatre angles, que par les constructions parasites, tombeaux, écoles, boutiques, •échoppes même, qui ont déparé Sainte-Sophie, comme tant d'autres monuments restés chrétiens. Sainte-Sophie n'en est pas moins le Parthénon de l'art byzantin.

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