RAYENNE. — SAINT-VITAL
Ravenne. — Saint -Vital. — Saint-Apollinaire a in Classe ». — Saint- Apollinaire le Nouveau. — Sans aller jusqu'en Orient, on trouve à Ravenne des monuments byzantins du plus haut intérêt. Cette ville, avant que Justinien l'eût reconquise sur les Barbares (552), avait déjà été un centre artistique important, lorsqu'elle était en fait la capitale de l'empire d'Occident et la résidence habituelle >\e l'empereur. Galla Placidia l'avait particulièrement embellie. Mais après la chute de l'Exarchat (752) elle perdit en quelques générations sa gloire, sa puissance, presque toute sa population. Elle est aujourd'hui une sorte de Pompeî du vi^ siècle. Comme Pompeï elle-même, comme Tolède, Carcassonne, Avignon , Sienne, elle est une de ces villes qui restent dans notre souvenir comme l'évocation d'une époque et d'une civilisation disparue.
En partant du groupe d'habitations seul reste de l'ancienne capitale des derniers empereurs d'Occident, des rois goths et des exarques, si l'on se dirige vers le sudest, on parvient, après avoir traversé pendant cinq kilomètres une plaine déserte et aride, où les brouillards malsains s'élèvent du sol, à une grande église qui se dresse morne et isolée, semblable à un accident de terrain. C'est Saint-Apollinaire in Classe. C'est là ce temple qui dominait le port militaire et le port marchand, près duquel se pressaient les vaisseaux et la foule affairée des matelots et des commerçants se mêlant aux oisifs et aux soldats. Aujourd'hui tout est mort : il n'y a plus trace du port comblé par les alluvions, la mer est trop loin pour qu'on puisse l'apercevoir, ou en entendre le bruit. Mais la vieille église atteste encore, par ses magnifiques mosaïques, l'importance du quartier qui l'environnait. Ses mosaïques ne valent pourtant pas celles de Saint-Apollinaire Nuovo, avec ses processions de saintes où semble être resté un souffle de l'art grec et des théories du Parthénon, ni surtout les mosaïques de Saint- Vital, qui, ei>
nous représentant d'un côté Tlicodora entourée de sas femmes, de 1 autre Justinien au milieu de ses dignitaires, tous dans des poses d'une solennelle uniformité el dan» des costumes d'une splendeur inouïe, semblent faire renaître âous nos yeux une société qui n'est plus
m. - L'ART BYZANTIN APRES JUSTINIEN
La querelle des iconoclastes. — Ses conséquences. — Si l'on trouve encore tant de mosaïques dans les églises de Ravenne, c'est que celle ville fut à l'abri des violences des iconoclastes ou briseurs d'images qui, au viii" siècle et surtout au ix*, dégradèrent les monuments religieux de la plupart des provinces de l'empire grec. Cette di»caffion théologique, qui cachait aussi une querelle poli*