‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 14 sur 424 · II. — LA PEINTURE · texte numérisé non relu

II. — LA PEINTURE

Variété des sujets. — Les grottes de Eiban-el-Molouk. — L'écriture. — La peinture sui^^l à peu près les méraes -«fluctuations, mais ne peut avoir à nos yeux la même valeur. Les peintres égyptiens n'ont pas connu le modelé, le clair-obscur, la perspective, le raccourci. Ils joignent des yeux de face à des têtes de profil, des jambes de profil à un tronc qui se présente de face et est surmonté d'un buste de trois quarts. Ils n'em ploient d'autre coloration que des teintes plates. Mais on ne saurait nier la netteté, la fermeté et la simplicité de la ligne, l'habileté à savoir saisir le trait qui donnera de la

Fig. 9.

Polissage d'un sphinx.

Fig. IC — f'.'luturt; dan tableau et coloriage d'une statue.

manière la plus sommaire la forme caractéristique, enfin une fécondité d'imagination qui a permis à des artistes qui n'avaient pas eu de prédécesseurs, de représenter, d'une manière claire et variée, tant de gestes, tant de groupes divers dans des scènes embrassant, comme nous l'aveni

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dit, l'ensemble de la vie humaine, scènes de la \'ie de famille, de la vie agricole, militaire, judiciaire, ouvrière, commerciale, représentation des procédés des divers métiers, jeux et exercices de toute sorte, fêles religieuses, officielles et mondaines'. Les peintures inachevées de?

Fig. 11.

Une tonnion mondaine, peinture du Bvitisch Muséum.

hypogées de Hiban-el-Molouk, où la couleur n'est pas venue recouvrir les lignes de l'esquisse, donne particulièrement une idée juste de celte hardiesse et de cette liberté de pinceau. D'ailleurs l'écriture égyptienne même ne fut, jusqu'à la fm^, qu'une peinture abrégée, même lorsque l'hiéroglyphe n'avait plus en bien des cas qu'une valeur phonétique, syllabique ou alphabétique.

1. Une peinture du Musée Britannique représente une de ces réunions de société. Des femmes parées de colliers, de bracelets, avec des fleurs à la main, «•-Nsistcnt à des danses, écoulent de la masiquo ; des domestiques passent des r.ifraîclîissomcnts, et on aper(;oit dans un coin du tableau un buffet abond.tmment servi. — La musique a été fort cultivée sur les bords du Nil. Une vitrine du Louvre est remplie des instruments de musique de l'aucieaae Egypte. Les Égyptiens connaissaient la harpe, la guitare, le tambour, la trompette, ils avaient des flûtes de diverses espèces, a Un fonctionnaire spécial, analogue a l'intendant des menus plaisirs sous l'ancien régime, portait le nom d'intendant du chant et de la récréation du roi. Toute manœuvre, toute opération pcuilile, était soutenue par un chant particulier. On a conservé les paroles de la chanson des Bœufs, par laquelle on accompagnait le dépiquage du blé. » (Piekiîkt.) Il était indispeusable de régler par ua rythme régulier les manœuvres par lesquelles on déplaçait les énormes pierres qui servaient à la construction des monuments.

2. Nous disons jusqu'à la fin; car toutes les écritures à l'origine ont eu ce cHractère d'être une représentation figurée plus ou moins complète du mot qu'on voulait faire comprendre.

ARTS INDUSTRIELS

îf<. • LHS ARTS INDUSTRIELS

Meubles, céramique, verrerie, émaux, bijoux et

tapisserie. — Dans un pays riche, où la civilisation était si développée, oà la femme, jouant un grand r<*lle, était vraiment la maîtresse de la maison et partageait leg honneurs de son époux, les arts qui contribuent à embellir rinléricur das habitations, les arts de Tameublement et du vêtement, devaient étrt> fort en honneur. Les échantillons.

qui nous en restent nous montrent i°0 en effet que les l'.gyptieus avaient un grand souci du luxe et de l'élégance. Ils connaissaient l'art de décorer les étoffes de figures et d'ornements, soit peints, soit brodés, s-oil découpés et appliqués sur la toile, soit enfin tissés dans l'étoffe même * ; les meubles étaient souvent fort riches, sans être alourdis par un luxe exagéré de sculpture, ni j)ar des courbes comj)liquées. Il y en avait de bois j^récieux venus de fort loin ; ces bois étaient parfois dorés, incrustés d'ivoire et de faïences émaillées. Nos musées renferment également un grand nombre de curiosités, vases, objets de tabletterie, jouets

Fig, 12. — Vase émaillé.

1. Voir Dupont Auberville, l'Ornement des tissiis, explication de la première planche ; Munt7^ la Tapisserie. Los manufactures d'étoffes, soit pour les tentures, soit pour les vêtements, étaient nombreuses eu Kgyi)te, et quelques-unes étaient fort importantes : l'organisation des af<'li<<rs y était très avancée, et le travail y était réglé avec beaucoup d'intelligence. Les hommes et les femmes y étaient employés. Les manufactures comprenaient plusieurs ateliers distincts, sous des chefs dépendant d'un directeur général. Les chefa d'ateliers cherchaient parfois à s'enlever leurs ouvriers, comme on le voit par les réclamations d'un chef d'atelier Ahmès au direcMOT d« «« nwnufae- Inre. dans un papyrus du Louvre (vers 200 av J -C.).

tt L'ART ÉGYPTIEN

d'enfants, etc., qui sont des chefs-d'œuvre d'exécution. Dès l'ancien empire, les Égyptiens connaissaient le verre, le coloraient et irisaient dans la pâte. Ils connaissaient les émaux de différentes couleurs, et les incrustaient avec une grande délicatesse dans l'or et l'argent, taisaient ainsi

Fig. 13. Trônes égyptiens.

des objets cloisonnés comparables à ceux des Byzantins et des Chinois. Ils se servaient aussi pour ces incrustations de pierres précieuses, comme le montrent (Giseh) les bijoux d'Ousourtesen II, d'Ousourtesen III, d'Amenhemat III (xxx® s.) découverts à Dachour et ceux de la reine Aahatep, ou Ahhotpou (xviii® s.) ^

1. La momie d'Ahhotpou avait été enlevée par une des bandes de voleurs qui exploitaient la nécropole thébaine vers la fin de la XX* dynastie (xiîi» s.). Ils la rachèrent, en attendant qu'ils eussent le loisir de la dépouiller en sûreté, et il est probable qu'ils furent pris et mis à mort avant d'avoir pu exécuter ce beau dessein. Le secret de leur cachette périt avec eux et ne fut découvert qu'en 1860, par les fouilleurs arabes. On voit au Louvre les bijoux fort remarquables aussi d'un prince nommé Psar. 11 résulte d'une communication de M. Berthelot il l'Académie des sciences qu'avant la découverte des alliages constitutifs du bronze.* ks métallurgistes égyptiens avaient trouvé un procédé pour durcir le caJTre, en ajoutant à ce métal de très faibles doses d'arsenic.

ELÉMEiNTS DE L'AKCUITECTURE EL.Ïi'ilENME «.

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