‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 144 sur 424 · CTÉSIPHON. — ARTS INDUSTRIELS · texte numérisé non relu

CTÉSIPHON. — ARTS INDUSTRIELS

le calife Abou-Djafar Almanzor aurait vainement tenté de l'abattre. On n'y voit plus les tours sur lesquelles brûlait le feu sacré de Zoroastre; mais la façade de 83 mètres présente ■deux ordres de hautes colonnes engagées et superposées, séparées par une corniche. Ces deux grands étages sont subdivisés chacun en deux étages plus petits. Au rez-de-chaussée s'ouvrent de larges portes à plein cintre surmontées de triples fenêtres qui se répètent au troisième étage. Un cinquième étage, composé de petits édicules, couronne l'édifice. Au milieu de la construction s'élance un arc immense, allant du bas en haut du palais sur une hauteur de 28 mètres, sur une largeur de 22, et y pénéîrant sur une profondeur intérieure de 35 mètres qu'il couvrait autrefois de sa large voûte. Sur l'immense pièce ainsi formée s'ouvraient des fenêtres correspondant aux divers étages. C'était la salle du trône. L'effet de cette ouverture d'un seul jet et couronnée d'un arc brisé que décore un feston est tout à fait grandiose.

Orfèvrerie. — Tapisserie. — Les arts industriels n'avaient pas dégénéré non plus sous les Sassanides et maintenaient la vieille réputation des orfèvres et des tapissiers de la Bab34onie. La coupe de Chosroès P"" (531-579), à la Bibliothèque nationale, est composée de plaques d'or découpées en compartiments, dans lesquels on a fixé des médaillons de cristal de roche et de verres colorés imitant les pierres précieuses. Au centre, un médaillon plus grand, également en cristal de roche, représente en gravure Chosroès sur son trône. Les conquérants arabes trouvèrent à Ctésiphon (637), entre une multitude d'autres pièces, un immense tapis de soixante aunes de tour, fait par ordre du même Chosroès. Il représentait un jardin orné de statues, sillonné de cours d'eau, avec des arbres et des fleurs. Des pierres rares et des verres colorés figuraient les fleurs; des fils d'or représentaient les tons jaunâtres du sol. — Cet art puissant ne fut pas détruit par l'invasion arabe, et nous le retrouverons.

^œmm

ilifpillf^M^lrtlt|ti.|)|il||M|tliifiyi|iil|lllHl|p|pil|l|||li(||i|lîiig

Page 1