CARACTÈRE GÉNÉRAL DE L'ART ARABE
monde, comme le peuple arabe lui-même. Cependant ce n'est pas dans son pays d'origine qu'il s'est développé; c'est en Espagne, là où les musulmans se sont le plus mêlés aux chrétiens, que l'art arabe a produit ses chefsd'œuvre, et c'est au contact de l'art byzantin et d'après ses modèles qu'il s'est constitué. Il était naturel qu'il en fût ainsi. Les musulmans s'attaquèrent d'abord à l'empire d'Orient, et, après la victoire, ils prennent pour les consacrer à la religion nouvelle les édifices du culte chrétien ^ Ces édifices étaient bien plus beaux à tous égards que ceux qu'ils avaient vus jusque-là; ils étaient bien plus dignes d'Allah et de son prophète. Il ne faut donc pas s'étonner que les musulmans les aient reproduits et que la mosquée arabe soit sortie de l'église byzantine. Mais remarquons : 1° que les Arabes montrèrent dans les premiers siècles de l'Hégire une vivacité intellectuelle que le Coran ne devait pas tarder à éteindre ; 2° que, sans parler des constructions considérables élevées dès une haute antiquité dans l'Yémen, et dont les ruines, voisines de la grande ville de Sana, attestent encore l'importance, il y avait déjà dans l'Hedjaz des monuments de quelque valeur, tels que la Kaaba de la Mecque, qui les mettaient en état d'apprécier les œuvres plus belles; 3° que le Coran ^ ou du moins le souvenir des entretiens traditionnels de Mahomet, défendant les représentations de la figure humaine, et cette interdiction étant devenue de plus en plus formelle et rigoureuse, les Arabes furent amenés à un système de décoration particulier, d'où ils tirèrent un parti merveilleux; 4° que les modèles byzantins imités
j 1. A Damas, Omar partagea en deux l'église Saint-Jean, laissant la partie occi- ' dentale aux chrétiens et réservant la partie orientale aux musulmans. ; 2. La question de la peinture musulmane est très controversée. Quoique I Makripi ait écrit une biographie des peintres, la peinture n'a pas eu chez les ' Arabes une véritable importance. Il y a cependant des exceptions (salle du jugement à l'Alhambra, fresque à sujets du Palais de Kossew-Amra datant de 860, etc.), et la figure humaine se montre assez souvent dans les tapisseries.
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.par les Arabes devaient correspondre à d'autres idées, ■s'appliquer à d'autres mœurs et par conséquent créer <ies formes nouvelles. Cette dernière raison seule suffirait 4 expliquer l'originalité de l'art arabe ; elle se résum« dans la mosquée et le palais.
La mosquée : elle procède de la Eaaba. — Le minaret. — La Kaaba était et est restée, malgré la restaMratior
Fig. 136. — La Caab».
?.otale de 1G25, un petit sanctuaire entouré d'un grand carré de galeries «à colonnes. La mosquée, quoique d«vunue la maison de la prière où les croyants peuvei** »e réunir en nombre, garde quelque chose de ce plan. Toutes les mosquées ont une forme rectangulaire. An railieu de l'une des façades est établie une niche appel<*^! Mihrah, qui indique la direction de la Mecque et verr Uquelle on doit se tourner pour prier. A droite, le siège du scheik; à gauche, la tribune du muezzin; vers l'intériaur, la inember, chaire du prédicateur. Les mosquéi*«