LA MOSQUEE. — LA KAABA
ressemblent d'autant plus à la Kaaba qu'elles sont plus anciennes. La mosquée d'Amrou, au Caire, construite dès les premières années de la conquête arabe, présente un sanctuaire couvert de dimension médiocre, s'ouvrant dans le mur d'une vaste cour carrée en face de la poi'te d'entrée. Les croyants peuvent entrer avec leur cheval dans cette cour et y prier, la face tournée vers le sanctuaire. Autour de la mosquée, et le plus souvent dans une cour carrée, se trouvent des piscines et des fontaines pour les ablutions. On y voit aussi une salle de lecture. A côté de la mosquée se dressent les minarets (lieux de lumière). Ces tours grêles ajoutées plus tard au plan primitif, comme les clochers à nos églises, sont ceintes de balcons en saillie d'où le muezzin se tourne vers tous les points de l'horizon pour appeler les fidèles à la prière. (Voy. p. 257.)
Le palais. — Le palais, qui doit préserver ses hôtes des ardeurs du soleil et des regards étrangers, présente au dehors des murs droits à peu près nus, avec de rares ouvertures, et terminés en terrasse ; c'est à peu près le même caractère extérieur que pour les mosquées.
Procédé de construction. — D'ailleurs les Arabes ont peu employé la pierre de taille et le moellon. Leur procédé habituel consistait à fabriquer un mortier auquel ils mêlaient du gravier ou de gros cailloux ronds. Entre deux planches écartées de la largeur dont on voulait le mur, était placé le mélange, et quand il était solidifié on relirait les planches et on recouvrait le mur d'un stuc. 11 ne faut donc pas s'étonner que les monuments musulmans présentent rarement à l'extérieur un profil remarquable.
La décoration. — L'écriture koufique. — Mais dans la décoration intérieure se déploie une merveilleuse imagination pour ces agencements de lignes qui ont reçu le nom d'arabesques. Elle se montre aussi bien dans les dessins posés à plat sur les murs que dans les reliefs de stuc, de bois et de pierres taillées, qui, semblables à des
':ristallisations ou à des stalartites, varient les surfaces. L'arcade, portée sur de minces colonnes, affecte toutes les fermes : l'arr- de plein cintre, simple, surbaissé ou surhaussé ; l'arc en fer à cîheval ; l'arc brisé plus ou moins ouvert et même outre -passé ; l'arc en accolade, l'arc trilobé ou festonné. Les pendentifs eux-mêmes sont taillés, découpés, gaufrés, et ces formes envahissent souvent la coupole elle-même*. Il n'est pas jusqu'aux ver- ^>>;^ : ^^à'-^, sets du Coran qui ne
V'; : i^^iÉl servent de motif à une
ornementation des plus agréables. Les lettres arabes, surtout les caractères koufiques', sont d'un grand effet
en pendentifs (médias uaraujas). , , ,.^
*^ décoratif , et aucune
écriture, pas même l'écriture syrienne, dont l'écriture koufique est pourtant issue, n'offre les mêmes ressources.
1. Les Arabes et les Maures d'Espagne, grâce à la simplicité de ces éléments de décoration, grâce au talent et au goût avec lesquels ils les employèrent, ont pu donner le cachet arabe à des constructions wisigothiques, et tromper plus d'une fois la postérité sur ce point, par exemple pour une bonne partie des murs de Tolède et de l'Alcazar de Ségovie. Cet alcazar, avec sa grande tour carrée élargie à sa partie supérieure par de petites tours rondes qui sont suspendues à ses flancs comme de gros tuyaux d'orgue, et dominent, du cercle étroit de leurs créneaux, les créneaux rectilignes de leur grande compagne, est un des châteaux forts les plus originaux de l'Europe. L'architecture des Wisigolhs, les plus civilisés des Barbares qui envahirent l'empire romain, méritait au moins un souvenir.
2. L'écriture koufique tire son nom de la ville de Koufa. Koufa, l'ancienn» Borsippa des Chaldéens (140 kil. sud de Bagdad, à droite de l'Euphrate), fut avant Bagdad la résidence de plusieurs califes. — F. un exemple p. 246.
m:. — r.ciii.iuu uc pviuc.-
EGYPTE. — GOXSTANTINOPLE 26Î