I. — ART BRAHMANIQUE ET BOUDDHIQUE
Les plus anciennes constructions. — Architecture en bois. — Cependant, quelque grandioses et élégants à la fois que soient les monuments de Tart iranien, c'est peutêtre dans l'Inde que l'art musulman a donné son dernier mot. D'ailleurs une partie du mérite de ces monuments peut être rapportée à l'influence persane elle-même, car, en dehors de leur aspect qui le prouve absolument, c'est lorsque la domination des Afghans, puis des Mongols, descendants de Tamerlan, s'est établie dans l'Inde, que cet art s'y est développé (fin du xvi® et xvii^ siècle) Ce sont les plus beaux monuments de la presqu'île.
Les plus anciens qu'on y rencontre sont d'une date moins reculée qu'on ne l'a cru longtemps ; ils ne remontent pas plus loin que le iii^ siècle av. J.-G. Il y en a eu d'anté-
1. Langlès, Monuments anc. et modernes de CHindoustan. — Rousselet, l'Inde des Rajahs. — Lebon, les Civilisations de VInde. — Maindron, VArt Indien.
rieurs, mais qui ne devaient être ni très importants ni très nombreux. Mégasthenes, ambassadeur de Séleucus auprès de Sandrocottus (Tchandra Goupta), le plus puissant des rois qui régnaient sur le bassin du Gange, décrivant Palibothra, la capitale de ce prince, auprès duquelil avait séjourné quelque temps, vante la richesse et la puissance de la ville, mais affirme qu'elle était toute en bois, y compris son enceinte fortifiée.
Architecture en pierre. — Influence grecque. — On peut fixer cependant au temps de Sandrocoihus lui-même ou du célèbre Asoka, ce roi qui fut à la fois un héros et un saint du boudhisme (vers 250 avant J.-C), les débuts de l'architecture de pierre. Ces débuts correspondent au temps où le bouddhisme s'est substitué pour quelques siècles au brahmanisme comme religion prépondérante. C'est aussi le temps où l'influence grecque se fait surtout sentir par l'extension de l'empire grec de Bactriane (V. p. 139 et 179). On trouv» dans l'architecture indienne trois tjrpes distincts de constructions, correspondant à trois époques de l'art.
1*> Édifices creusés dans le roc. — Éléphanta. — Salsette. — Les temples, couvents ou habitations sont d'abord creusés dans le roc, et soutenus par des piliers réservés dans la masse du rocher, tels que les temples d'Éléphanta, près de Bombay, et de Salsette*.
bramanyer (Tandjoiir).
1. On peut voir des constructions de ce genre sans sortir de France, par exempla réglise souterraine à trois nefs de Saint-Emilion. A une époque oii la poudre était inconnue, on eut recours sans doute pour creuser la pierre au moyen suivant. Dans un «rou rectangulaire pratiqué dans le roc, on faisait entrer à frottement très dur \ine pièce de bois que l'on mouillait lentement et qui, en gonflant par rhumidité, faisait éclater le roc dans un rayon assez grand autour du madrier (action combinée de l'incompressibilité des liquides et de la capillarité). '^^