EXTRÊME ORIENT
Népaul, Chine, Japon. — Relations avec l'Occident — Les jardins. — La grande muraille, la tour de porcelaine de Nankin. — Perfection des arts industriels, le bibelot. — Supériorité du Japon. — Hou-Kou Saï. — Le bouddha de bronze de Nara^ — L'art bouddhique du Népaul et du Thibet marque par ses formes la transition entre l'art brahmanique de l'Inde et l'art chinois. L'art chinois avec les arts qui en dérivent, art coréen et art japonais, a étendu son influence sur une superficie et une population supérieures à celles de l'Europe entière. Mais il s'est développé d'une façon assez indépendante pour que nous puissions nous borner ici., quoique à regret, à le signaler par quelques mots.
1. Paléologue, l'Art Chinois. Paulier, la Chine. Gonse, l'Art japonais, 2 vol. 111-4» résumés daus un vol. in-8°. Stan. Julien, Hist. de la Porcelaine chinoise. Bushell l'Art chinois, traduit et annoté par d'Ardenne de Tizat. Giles. Chinese Picturt. E.dt» Goncourt, Hou-Knu-Sa . Les découvertes Je la Mission Ghavannes ( 1907-1908).
Remarquons d'abord que, quelque fermée qu'ait été la Chine aux influences extérieures, elle a fait cependant, à diverses reprises, plus d'un emprunt autour d'elle. Elle imita anciennement l'art assyrien et ses tours à étages; plus tard elle imita l'art bouddhique dans ses pagodes, auxquelles elle ajouta ses loitsàbords relevés, trait caractéristique de l'architecture chinoise, et qui rappellent la forme des tentes, demeure des peuples nomades. Les émaux cloisonnés lui viennent de l'empire byzantin. Enfin, tandis que les Européens imitaient la variété ingénieuse des jardins chinois, dans les jardins dits anglais, !e Fils du Ciel faisait tracer parles jésuites français, alors très on faveur auprès de lui, des parcs classiques dans le stylo de Versailles. Il reste peu de chose des anciens monuments chinois : cela tient à leur mode de construction et aux évolutions (iestruclrices qui ont ravagé ce pays pourtant si traditionnel. Nous rappellerons cependant la Grande Muraille, commencée eu 275 av. J.-C, qui, sur une longueur de près de six cents lieues, protège la frontière du pays contre les Tartares; le grand pont de pierre, construit sur « le Pulésanghin » (Hohenho), que décrit Marco Polo; les sépultures des Mings (xv« s. a|). J.-C.) avec la longue avenue de statues colossales (hommes et animaux) qui y conduit ; la Tour de porcelaine, de Nankin, construction en brique émaillée, détruite en 1861 par les Taïpings ^.
Mais où les Chinois se placent au premier rang, c'est dans
1. Faute de place pour traiter de l'art chinois, nous dirons seulement quelles sont, à notre avis, les grandes périodes de son histoire — (1). Très anciennement se constitue un art primitif qui fixe la mentalité esthétique des Chinois, telle qu'elle résistera aux influences étrangères : d'abord — (2) l'influence chaldéo-assyrienne \x" s. av. J.-C.,v. p. 43j; — (3) puis, après Alexandre, l'influence de la Grèce, surïout par l'intermédiaire de ia Bactriane (monnaies gréco-bactriennes à inscriptions chinoises). L'influence grecque est fortifiée par l'influence romaine (campagnes dePan-Tchao vers l'occident, 97 ap. J.-C.) — (4). Mais déjà le Bouddhisme, venu de l'Inde, était introduit en Chine (67 ap. J.-C). C'est le fait capital de l'histoire de l'art chinois. Le Bouddhisme allait exercer une action prépondérante et permanente, auprès de laquelle celles des Byzantins et des Sassanides (v. p. 236) sont secondaires. L'art bouddhique chinois, arrive à son apogée sous les Tang (618) elles Song (960-1280). — (5). La Conquête Mogole (1280) facilite les relations avec l'Occident dont l'influence se fait sentir de nouveau, principalement sous la forme franraise au xvii« siècle (v. p. 662), quoique — (6) depuis l'expulsion des Mogols (136S), la Chine se fût « recueillie », et à peu près fermée.