‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 162 sur 424 · II. — ARTS INDUSTRIELS MUSULMANS · texte numérisé non relu

II. — ARTS INDUSTRIELS MUSULMANS

Céramique. — L'ignorance où reste l'Orient musulman lui-même des procédés de la porcelaine n'empêche pas '/a céramique d'y taire de grands progrès. Les grands vase« persans et les plaques destinées à couvrir les murs se distinguent par la noblesse de la ligne comme par l'harmonie sobre des couleurs. Elles ont, avec raison, trouvé de nos jours une grande faveur et ont été imitées avec succès. Le tombeau de Mahomet à Médine (707 ap. J.-G.) est couvert de plaques céramiques ; l'une d'entre elles se trouve au musée de Sèvres. Les Kiusulmans eurent de« fabriques de faïence célèbres dans l'Asie Mineure, à Damas, à Rhodes. Mais les faïences hispano-moresques sont surtout renommées.

Leurs principaux centres de tabrication étaient : 1" Malaga, qui florissait au xiv** siècle et d'où est sorti le vase de l'Alhambra; 2° le

royaume de Valence, y compris Majorque. Maître du royaume (1238), Jayme d'Aragon promulgua une charte pour protéger les potiers sarrasins de Xativa.

La verrerie '. — La verrerie arabe, plus encore que la céramique, fut essentiellement artistique. Les produits des fyl)riqiies d'Alep, de Damas, du Caire, leurs verres gra-

1. r.ers(ja<li, la Verrerie. Sur la céramique tunisienne, v. Bull. Soc. de gèog. eommi-.rriale, t. XVIIl. M. E. Massoa y signale le caractère antique, phénicien et grec, qu'a conservé cette fabrication.

Peyre. — Hist. des B.-Arts. 16

fc'ig. 152. — Lampe àc mosqaéa en Terre émaillé.

vés et dorés, surtout ces verres émaillés qu'on imite avec succès aujourd'hui dans les fabriques européennes, étaient \ort recherchés peadant le moyen âge même en Occident. Mais, comme presque pour tous les arts musulmans, la décadence fut prompte, et dès le xvi* siècle les musulmans en étaient réduits à faire venir de Venise jusqu'à leurs lampes de mosquées, pour lesquelles leurs verriers rivalisaient autrefois d'élégance et d'habileté. Les Vénitiens même essayèrent d'aller fonder en Orient (notamment à Chiraz, en 1590) des fabriques de verre.

Les armes, Damas, Tolède. — La décadence fut moins prompte pour les armes. Damas, restée musulmane, aussi bien que Tolède, devenue chrétienne dès le xi® siècle, méritèrent longtemps leur renommée proverbiale pour la trempe de leurs lames et leur talent de damasqulnure .

Tapisserie : Tokat, Chiraz, Kairoan; le voile de la Kaaba. — L'habileté des ouvriers musulmans se maintint surtout pour les tapisseries. Viollet-le-Duc remarque avec raison que l'art textile devait tenir une place considérable chez un peuple habitué à vivre sous la tente. Il y avait des fabriques célèbres à Dabi4c, Damas, Tokat; à Chiraz, en Perse, etc. Mœz-li-din-AUah faisait exécuter en 964 à Kairoan, près du Sahara, une tapisserie représentant la terre avec ses montagnes, ses mers, fleuves, routes, villes, spécialement Médine et la Mecque, et chaque localité était accompagnée de son nom en fils de soie, d'argent et d'or. Chaque année encore un immense voile est porté à la Mecque pour couvrir le sanctuaire tout entier de la Kaaba et remplacer l'ancien voile, dont les pèlerins se disputent les débris comme une relique. Malgré la supériorité des produits anciens, les fabriques d'Asie et d'Afrique nous envoient encore des tapis où s'affirme ce sentiment de la décoration qui fit la plus grande partie peut-être de la gloire artistique des Arabe».

V^H-,-Ul

Fig. 153. — Abbaye de Cluny.

Page 1