LA VODTK. — LES C 0 .N" T F, E FO RT S
«'taitnt faciles à détruire : ils entassaient de la paille et des fagots sur le sol, la flamme montait, gagnait le plafond de bois, qui s'écroulait bientôt, entraînant avec lui une bonne partie de l'édifice. On voulut éviter à l'avenir de pareils désastres et substituer partout la pierre au bois. Le problème fondamental, dit M. A. Saint-Paul, résumant la ihéoriede Quicherat^ était de réunir deux éléments qui paraissaient d'abord irréconciliables : le plan basilical el !a voûte. Ce problème peut se for- - ^
muler ainsi : « Etant donnée une x\^
église de forme basilicale à trois '' nefs ou même davantage, la voûter entièrement par le procédé le plus simple, le plus solide, le plus franc, le plus universel, sans rien retrancher ou réduire de i édifice, en introduisant au con- " ' ^jg traire ou en admettant des ampli- Vo^te «n berceau cviiudiiqu-
. avec arcs-doubleaux.
fiçations. »
C'est autour de ce problème de la voûte qu'on peut grouper presque toute l'histoire de l'architecture du moyen âgf et même des temps modernes. Il suffit de rappeler les noms de Brunelleschi et de Michel-Ange, de Sainte-Marie des Fleurs et de Saint-Pierre. Môme aujourd'hui dans nos grands travaux publics : ponts, viaducs, tunnels, halles, gjires, n'est-ce pas toujours au fond le même problème qui s'impose pour satisfaire à des besoins nouveaux? Le développement récent pris par l'architecture métallique n'en est-il pas une solution nouvelle ? Cette solution avait déjà attiré l'attention par des succès importants , quand le dôme central et la galerie des machines de l'Exposition
1. Cette théorie était absolument neuve lorsque M. Quicherat l'exposa, et «llo «st aujourd'hui t<llc)iicnt passée dans le domaine public qu'on ne pensa mSrae plus à lui eu f.iiro honneur. Elle est cependant la base de raichéologi» fnoDHraeatalo du uidv.u ns^c Mais «'est (ian>^ sou cours qu'il la Gt connaîtr».
de 1889 sont venus lui donner une grande popularité. Rien ne montre mieux, que l'étude de la voûte à travers les âges, les rapports intimes qui lient la théorie à la pratique, et comment elles se prêtent un mutuel appui.
Contreforts, Arcs-doubleaux. — Les architectes du moven âge ne réussirent pas du premier coup à trouver la solution qu'ils cherchaient. Nous voyons en effet les constructeurs du x^ et même du xi* siècle faire des essais divers. La plupart des monuments de ce temps se sont d'abord écroulés. Alors on multiplie les précautions : on ne voûte qu'une partie de l'église, le chœur par exemple, la croisée du transept, ou seulement les bas côtés. La difficulté vient surtout de ce que, à la différence des constructions en plate-bande qui pèsent perpendiculairement sur leurs supports, la voûte exerce une poussée latérale considérable sur les murs qui la soutiennent, tend à les écarter et à les renverser en s'effondrant elle-même. On a recours alors à des murs très épais, présentant de rares ouvertures, et fortifiés de contreforts ou piliers extérieurs engagés dans les murs, là oîi l'on pense que la poussée sera la plus forte (fig. 157). On soutient la voûte par des arcs-douhleauxj cordons de maçonnerie qui doublent la voûte sur certains points et viennent porter sur des piliers (fig. 156). Pour mieux équilibrer encore la poussée, on a recours, pour chaque travée S à des voûtes d'arêtes au lieu de voûtes en berceau, et l'on fait porter ces voûtes sur des arcs-doubleaux qui se croisent en diagonales (fig. 155). « La voûte se déploya sur ces arcs diagonaux, construits en matériaux de choix, comme la toile d'une tente sur les baguettes qui la supportent. » La poussée augmente avec la largeur : on resserra les nefs.
1. La voûte d'arête fut d'abord surtout employée pour la croisée du transept. Ou appelle travée la partie de la nef comprise entre deux piliers consécutifs. La travée d'une voûte sera la partie de cette voûte portant sur deux piliers voisins et sur les doux piliers qui leur font face (fig. 155).
LA VOUTE. - LES C 0 N T r> E 1 0 II T S
Les bas côtés. — Éclairage des nefs. — C'était un problème particulièrement délicat d'ajouter des bas côtés à une église dont la grande nef était voûtée. Car en ce cas la poussée portera justement sur des murs en grande partie éridés, puisqu'il faudra bien établir dos communicationi continues entre la grande nef et les nefs latérales. Alors, comme à Saint- Savin (xi° siècle), on élève les arcs de ces bas côtés jusqu'à la naissance du berceau de la voûte centrale, de manière que les voûtes d'arêtes qu'on a employées de préférence pour couvrir les bas côtés viennent conlre-buter le berceau centrai. Pour plus de solidité, l'église s'éclaire seulement par le transept et l'abside. Pour les nefs proprement dites on n'ose d'abord donner du jour que par les fenêtres des bas côtés; il n'y en a pas dans la nef centrale. Mais dès la fin du xi^ siècle, à Saint-Paul d'Issoire par exemple, on imagine de placer au-dessus des bas côtés proprement dits une seconde galerie formant un second étage. La galerie basse est couverte par des voûtes d'arêtes fortement soutenues d'arcsdoubleaux latéraux et transversaux. La galerie haute s'ouvre sur la nef par des arcatures reposant sur des colonnettes et éclairées par desjours ménagés dans le mur extérieur qui continue en élévation les murs des bas côté». Cette galerie est couverte en demi-berceaux soutenant la voûte centrale et s'élevant presque aussi haut qu'elle. Ces demiberceaux sont comme UQ arc-boutant continu (F. p. 321).
Fig. 157. — CoatreiorU romans.
L'AIIT ROMAN
Influence byzantine; la coupole. — Saint-Front de Périgueux. — Imitation du Saint-Sépulcre. — Le» architectes de l'époque romane trouvèrent une nouvelle occasion de perfectionner leurs procédés et de vaner leurs formes dans l'imitation des monuments de l'Orient. Saint-Front de Périgueux, qui réunit le plan byraxitin aux procédés de construction de l'Aquitaine, en es!
rig. 158. — Saint-Front de Périgueux.
l'exemple le plus célèbre. Les relations de la Gaule arec la capitale de l'Orient chrétien n'avaient jamais été interrompues, comme le prouvent, par exemple, l'envoi des ornements de patrice fait par l'empereur Anastase à Gloris, et l'histoire de Gondowald.
L'influence de Saint-Front se fil sentir dans io\itf U région ( V. p. 306). D'ailleurs Jérusalem attirait vers rOrient un nombre croissant de pèlerins, qui revenaient l'esprit d'autant plus frappé des monuments qu'ils avaient ▼us, qu'ils y attachaient de plus précieux souvenirs. Le