‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 172 sur 424 · LA DECORATION · texte numérisé non relu

LA DECORATION

Saint-Sépulcre a été imité dans tout l'Occident, à Neuv)r (Cher), à Rieux-Mérinville (Aude), à Cambridge, etc. Les Templiers, par les nombreuses églises qu'ils élèvent, contribuent à répandre ces imitations. On en voyait la preuve encore, il y a cent ans, au Temple de Paris, dont la chapede, comme nous l'apprend M. de Curzon dans son livre sur la Maison du Temple, fut vendue en 1795 à un per ruquier nommé Garlet, à condition qu'elle serait démolie

Les clochers. — Un autre élément de variété pour l'art roman fut l'importance donnée aux clochers, conséquence du développement de l'usage des cloches. On les plaçait soit tout près, mais séparés, de l'église, comme on le fit longtemps encore dans le Midi; en Italie (Florence, Pise) , en Aquitaine (Saint-Michel et le Peyberland de Bordeaux) ; soit des deux côtés de la façade, soit sur la croisée du transept; et dès le xi® siècle on vit jusqu'à trois tours dans les grandes églises. La confiance des architecte?

croît de génération en génération , leurs églises deviennent de plus en

plus majestueuses, tout en étant plus élégantes et moins sombres; les fenêtres sont ornées de colonnettes et de moulures, et nous arrivons à un roman qu'on a pu appeler le roman fleuri. Cette richesse de décoration se développe surtout librement dans les portes, qui sont, comme on l'a dit, les véritables bijoux des églises romanes.

Variété de l'art roman. — Richesse de l'ornementation. — Querelle de saiut Bernard et de Suger. — Tous les plans que réalisera l'art gothique et d'autres qu'il dédaignera ont été exécutés par les architectes antérieurs. Forme basilicale, croix grecque, croix latine, croix archiépiscopale, précédées ou non de porches et de narthex,

Fig. 159.

Fenêtre romaoa.

— églises circulaires (plus ou moins imitées du Saint- Sépulcre), polygonales (Ottmarsheira), triangulaires (Planés, dans les Pyrénées-Orientales), en trèfle (N.-D. d'Aubune), — voûtes de divers modèles appliquées à la couverture des nefs, — coupoles (Angoulème, Solignac) ou pyramides aveugles (à Saint-Ours de Loches) couvrant chaque travée de la voûte centrale, etc. Cette imagination se montre également dans les clochers et les tours, qui s'élèvent déjà à des hauteurs considérables, dans les piliers octogones, cylindriques ou carrés, avec des rolonnettes engagées au sommet i.'sauelles s'épanouissent lesneriires des arcs-doubleaux, dans ii-s chapiteaux qui empruntent 1 -urs ornemenls aux divers règnes (JH la nature, comme aux formes g(^ométriques les plus diverses.

Elle se montre mieux encore, quoique d'une façon un peu barbare, dans la richesse de la décoration; car les églises romanes se prêtent plus aisément, avec leurs larges surfaces de pierre, à la peinture et à la sculpture, que ne le feront souvent les églises gothiques. Le luxe devient tel qu'il soulève une controverse à la fois religieuse et artistique qui est un épisode intéressant et imprévu dans l'histoire du moyen âge. La plus grande autorité morale de l'Église -se fait entenare pour blâmer ces ]>rodigalilés fri- Toles. Saint Bernard s'inquiète et s'indigne.

La verve de l'illustre orateur se donne carrière dans une lettre datée de 112oi. « A quoi bon, devant des frères qui lisent, ces monstres ridicules et ces étonnantes difformités ? Que font ici ces singes immondes, ces bons farouches, ces cen-

1 II est inutile de faire remarquer l'intérêt do ce passage comme description de romemontation des églises romanes. Ln 2« croisade est de 1147.

Fig. 16».

Chapiteau roman.

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