‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 173 sur 424 · SAINT BERNARD ET SUGÉR · texte numérisé non relu

SAINT BERNARD ET SUGÉR

taures, ces tigres tachetés, ces chasseur» sonnant du cor f Vous pouvez voir plusieurs corps se réunir sous une seul^ tête, ou plusieurs têtes sur un seul oorps, un quadrupède à queue de serpent à côté d'un serpent à tête monstre cheval par devant et chien par derrière, un animal à cornes traînant le corps d'un cheval ; enfin de toutes parts une variété de fornoies si étonnantes qu'il est plus attrayant de lire les marbres que les livre?-. Grand Dieu! ai 1 on n'est pas honteux de lanl de futilité, commeut du moins ne i-egrette-t-on pas tant de dépenses ? » Saint Bernard s'élève aussi contre le luxe de l'orfèvrerie ; mais il ne s'en tient pas là; il eondamnela hauteur immense des églises, leur longueur extraordinaire, l'inutile ampleur de leurs nefs, la richesse des matériaux polis, les peintures qui attirent le regard. « O vanité des vanités; mais encore plus insensée que vaine ! L'église brille dans ses murailles, elle est nue dans ses membres. Elle couvre d'or ses pierres, et laisse ses fils sans vêtements. » On le voit, les questions posées par saint Bernard étaient graves, et, pour nous en tenir aux arts, les Chartreux, allant plus loin que les moines du Clairvaux, détruisirent plus d'une fois dan» leurs églises les décorations déjà faites.

Cependant un autre personnage dont l'autorité était considérable aussi dans l'Eglise, mais qui était aussi un homme d'État et par conséquent un esprit moins exclusif, Suger, abbé de Saint-Denis et ministre de Louis le Gros, n'hésite pas à se mettre en opposition sur ce point avec celui qui était alors le grand maître des âmes. 11 y a quelque chose de piquant dans le spectacle de ces deux hommes éminents montrant en matière d'architecture cette même divergence de point de vue qui amène, vingt ans plus tard, leur désaccord, «utrement

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