‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 190 sur 424 · CONCOURS ARTISTIQUES 32T · texte numérisé non relu

CONCOURS ARTISTIQUES 32T

porte l'empreinte d'une pompe et d'une magnificence telles, que l'art et la puissance des hommes ne puissent rien imaginer de plus beau ; et cela d'après la résolution prise en conseil privé etpublic par les personnages les plus habiles de cette ville, de n'entreprendre pour la commune aucun ouvrage dont 1 exécution ne doive répondre à des sentiments d'autant plus grand» et plus généreux, qu'ils sont le résultat des délibérations d'une réunion de citoyens dont les intentions nï forment, sous ce rapport, qu'une seule et même volonté. »

6° Émulation des villes : Amiens et Metz, Beauvaîs et Saint-Pierre de Rome. — Aspect d'une église gothique. — Non seulement les villes d'une même région rivalisent entre elles, mais l'c- > mulation gagne des pays politiquement distincts. Les habitants de Metz construisent en 1332 /^ U'ne nouvelle cathédrale qui pré- '"^^y^. ':^

tend l'emporter sur celle d'A- M.^= >,

miens. La voûte dépasse en eUct % -^"^

d'un ou deux pieds la voûte d'Amiens, qui était jusque-là la plus haute de la chrétienté. Dan% la seconde moitié du xvi^ siècle, l'architecte François Mare- ^'o- lea. — Cbapiu-uu gothique chai voudra rivaliser a Beauvais «epoquo).

avec le dorae de Saint-Pierre ; malheureusement son oeuvre s'écroulera peu après son achèvement.

Mais les faliufues, les dépenses, le? déceptions mêmes, qui ont puni q«iel(|uelois les entrepris'-is trop audacieuses, tout était oublié lotxjue le monument admiré, et d'autant plus aimé qu'il a coûté plus d'efforts, apparaissait dans toute sa gloire. C'est surtout les jours de fête qu'il convient de voir la cathédrale. Sur la façade déjà peinte et dorée flottent de longues bannières. A l'intérieur, les lumières partout répandues remplissent les sombres nef*

d'étoiles mêlant leurs points brillants aux rayons atténués da soleil qui passent en se colorant à travers les TÎtraux, où parfois les reflets semblent attacher des pierres précieuses. Quel spectacle lorsque, le long des arcades, sons ces voûtes qui s'élancent vers le ciel soutenues par des faisceaux de colonnettes partant du sol comme des fusées, passait la longue procession du clergé avec ses riches costumes, au milieu de l'encens, des cierges et des chants auxquels le peuple répondait!

Nombre prodigieux des monuments élevés au treizième siècle. — 1-e nouveau siyie excita un enthousiasme extraordinaire , mais les avantages de cet enthousiasme furent, à certains points de vue , chèrement payés. Une pas- ^. .. sion vive est tror*

souvent excessive €t intolérante. On ne se contenta pas d'élever des monuments nouveaux, on détruisit un grand nombre de monuments romans pour faire place à des constructions à la nouvelle mode. Le vandalisme artistique, le vandalisme qui s'appuie sur l'amour exclusif d'une certaine forme de l'art, est souvent plus dangereux poui les œuvres du passé que le vandalisme baj-bare, parce qu'il détruit méthodiquement, et que les nouveaux monuments ne laissent plus trace des anciens qu'ils remplacent. Cette passion alla si loin, au commencement du xiii^ siècle, qu'on modifia, sans autre raison que l'amour de la nouveauté, la plupart des édifices qui venaient d'être rebâtis pendant le xii* siècle (cathédrales de Paris, Laon, Rouen, Chartres, le Mans').

1. L'exemple le plus mémorable peut-être est celui de la cathédrale du Mans. 4Ieureusemcnt on n'a déinuli 1 ancienne éc;lise qu'au fur et à mesure d«

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