ORGANISATION DU TRAVAIL
« Bref, la passion de bâtir des églises fut telle , dans la première moitié du xiii® siècle, au rord de la Loire, que l'on s'explique difficilement, dit M. Lassus^ comment il se trouva pendant un espace de cinquante années à peine assez d'ouvriers de bâtiments : sculpteurs, statuaires, peintres, verriers, et, pourrait-on ajouter, assez de ressources sur un territoire qui ne comprend à peu près qu'un tiers de la France actuelle, pour exécuter un nombre aussi prodigieux d'édifices. »
7° Organisation du travail. — Les corporations soumises au maître de l'œuvre. — Il est vrai que les ouvriers se sont groupés en corporations et que, parmi les plus puissantes et les mieux organisées, comptent les métiers du bâtiment : maçons, imagiers, peintres, charpentiers, forgerons. Ces divers corps d'armée travaillent sous la direction du « maître de l'œuvre ». Ce maître de l'œuvre est un grand personnage , et tant qu'il aura une grande autorité, tant qu'il saura imposer l'unité de vue à ses divers chefs d'ateliers et empêcher que chacun ne cherche à briller aux dépens de l'ensemble, l'art ogival produira des chefs-d'œuvre. L'art est moins anonyme alors que dans l'époque précédente. Celui qu'on appellera plus tard l'architecte"^ a généralement l'honneur d'être enterré dans le monument qu'il a élevé, et la place de sa tombe est marquée par une dalle funéraire où il est représenté avec ses attributs : le compas, la règle, etc. Malheureusement bon nombre de ces pierres ont été efface és ou détruites, et, plus encore que les historiens poli-
la construction gothique qu'on voulait lui substituer. Puis, lorsque le zélé ou l'argent ont fait défaut, on a raccordé comme on a pu les deux constructions. L'ensemble n'en est pas moins fort beau, et il est particulièrement intéressant do voir ainsi côte à côte dans le même monument les deux styles nettement tranchés.