C-othLque rajoanani
nous trouvons eomme types principaux certaines par'iie* fie Chartres, Noyon, Saint-Remi de Reims, Saint-Germain fies Prés, Saint-Denis surtout, qui nou» rappelle qu'à l'origine du style ogival l'influence du i;Tand ministre Suger, dont le génie ♦•rabrasse toutes les choses de son temps, joua un rôle important dans notre histoire architecturale. Ces monuments conservent les formes rondes quand l'ogive n'est pas nécessaire à la construction , par exemple dans les arcades qui joignent les pitiers de la nef centrale et même dans ies voûtes des bas cotés : Noyon, Saint - Germain des Prés, église de Bagneux. Les éléments des rosaces sont formés (à Chartres et à Saint-Denis) de lignes circulaires (fin du XII® s.). Le style n'en est pas moins ogival, parce <jue l'arc brisé est toujours employé dans les grandes voûtes. Gothique à lancette. — On retrouve encore les forme» circulaires, mais à l'état d'exception, dans le gothique à lancette. Il est caractérisé par l'emploi de l'ogive aiguë. Les lignes y sont pures, l'ornementation y »'St sobre; car à l'origine le gothique a été, à certains égards, une réaction de ^implicité contre le roman fleuri de la dernière époque. Le plus souvent il n'y <i de chapelles qu'autour de l'abside et du chœur, fort rarement le long des collatéraux. On y trouve encore de gros piliers monocylindriques, avec d'importants chapiteaux (Paris, Laon). Lorsque les colonnes se groupent autour des piliers, elles ont encore un diamètre asse« important ; mais les trois quarts de leur fût restent
Fig. 17*. — Gothiq»»
fliaiboTnnt.
tpparentg. Elles sont même parfois détachées du pilier qu'elles accompagnent; par exemple à Laon et à Gantorbéry. A Laon, quatre des piliers de la grande nef sont formés d'une colonne centrale et de six colonnes plus étroitiîs, gfr'paréc* et isolées dans toute la longueur de
leur fût. Des galeries, réduite* quelquefois à la largeur de simples passages , sont |)ratiquées au-dessus des collatéraux.
Flèches. — Dès cette période les tours sont construites de manière à recevoir 'les flèches, mais ces flèches ne sont souvent ajoutées qu'à /a période suivante; souvent aussi elles ont disparu (Laon) ou on s'est découragé de les élever (N.-D. de Paris). Les flèches de la fin du xii^ et du xiii*= s. sont simples et grandioses, en général d'une seule venue, sans étages. La flèche septentrionale de Chartres, terminée dès 1145 et s'élevant jusqu'à 112 mètres, est un chef-d'œuvre justement célèbre, que les constructions plus riches des siècles suivants n'ont pu faire oublier. Style rayonnant. — Le style rayonnant {xiv« siècle et début du xv°j a en général l'ogive moins pointue, les piliers plus minces ; les fenêtres deviennent de plus en plus grandes, avec des meneaux et des divisions plus nombreuses. Parmi les découpures en maçonnerie qui les forment, on trouve non seulement le trèfle, mais des figures rayonnantes à quatre et à cinq feuilles, etc. , ornement qui rem-
Fig. 175.
Gothique flamboyant.
STYLE RATOKKANT.
STYLK FLAMBOYANT SJ7
place également la forme trilobée dans les arcatures. Les rosaces des portails, où se montre surtout le caractère rayonnant, présentent un plus grand diamètre et de plus nombreux compartiments. Les contreforts sont terminés par des clochelons plus légers et plus évidés.
Style flamboyant. — Le style flamboyant, qui apparaît dans le second tiers du xv° siècle et se pt-olonge dans les édifices religieux jusque vers 1560, est caractérisé par l'excès d'une décoration surchargée el contournée de manière à former des espèces de flammes, chose particulièrement sensible dans les séparations de pierre formant les compartiments des fenêtres et rosaces. Alors l'ogive s'abaisse etderient obtuse; mais les sommeis^ des ogives et des pignons sont couronnés de bouquets épanouis rcunissantdeuxmoulures qui dessinent des arcs rentrants tangents aux " ~ Arc en accolade. deux côtés de l'ogive (fîg. 175). Les nervures des voûtes se croisent suivant des dessins très variés, el à chaque point d'intersection sont ajoutées des figures en relief, emblèmes, armoiries, etc. Quelquefois la clef de voûte s'allonge en ciselure de pierre et forme un pendentif*. Cependant ce style, où le luxe de la décoration est poussé jusqu'à l'excès, présente à certaiHs points de vue une sira plification. Le plus sous^ent les chapiteaux sont supprimés; les piliers sont formés à l'extérieur de colonnettes de diverses dimensions, engagées, amalgamées et se continuant dans les nervures de la voûte. La naissance de
1. Chapelle de Henri VII à Westminster, chapelle de la Vierge à la Ferté- Beraard. — Il ne faut pas confondre ces pendentifs avec les pendentif» de la coupole bjiantinu; il n^y ■ là qu'une similitude malheureuso de nom.
l'arcade n'est signalée, et encore pas toujours, que par un léger rebord (Saint-Gervais , cathédrale de Séville, etc.). Les flèches sont la partie la plus belle peut-être des monuments de cette époque (flèche nord de Chartres, flèche d'Anvers, couronnement de la flèche de Strasbourg).
Grandeur du treizième siècle. — Mais quel que soit l'aspect brillant des constructions de cette époque, la belle période gothique est le xiii» siècle, ce xiii' siècle qui est le plus beau du moyen âge et un des plus beaux de l'histoire de la civilisation.
En Allemagne, c'est la période des Hohenstaufen et des Minnesinger; en Angleterre, c'est le temps de Roger Bacon et de la Grande Charte ; en Espagne, les Maures sont définitivement vaincus, sinon chassés ; en Italie, le siècle, qui s'ouvre par saint François d'Assise, se termine par Dante et Giotto. Mais malgré les grands noms et les grands faits que présente l'histoire des autres peuples de la chrétienté, c'est alors la France qui est le centre de la civilisation. C'est l'université de Paris qui est reine et maîtresse des sciences, et saint Thomas d'Aquia, l'Ange de l'école, appartient aussi bien à la France qu'à son pays d'origine. C'est Philippe-Auguste, c'est surtout saint Louis qui présente à toutes les nations le modèle des souverains. Ce sont nos trouvères qui inspirent partout les poètes. Les écrivains étrangers, les Italiens mêmes, considèrent la langue française comme la langue la plus répandue et « la plus délectable à ouïr » . C'est enfin la France qui est le centre de l'art. « Comme un écrivain qui a fait son livre et qui l'enlumine d'or et d'azur », la France entière s'enlumine d'abbayes et d'églises. L'art et la langue française se répandent ou se maintiennent en même temps que notre influence politique : en Italie, avec les dynasties normandes, puis avec la maison d'Anjou ; en Castille et en Portugal, où régnent des princes issus de la maison capétienne ; en Hongrie, oîi régnera bientôt aussi une dynastie angevine; sur le Bosphore et en Grèce, avec l'empire latin de ConstaD
APOGEE DE L'ARCHITECTURE
tinoplc ; en Syrie, où les principautés franques se muinticadront jusqu'à la fin du siècle ; à Rhodes, w Chypre, que les Lusignans posséderont jusqu'au xv-e siècle; en Angleterre enfin, oà règne une dynastie qui a une double origine française, anferine et normande.
Fiff. 1T7. — Ketre-Daïue de Paiig,
Apogée de T architecture. — Unité et variété. — les^ francs-maçons. — Le style de cette époque doit son unité et la conformité de ses procédés, au milieu d'une admirable variété d'inspiration, à lapuissante organisation des ouvriers du bâtiment, dont les diverses corporations
340 L'ART MONUMENTai. AU XIII* SIÈCLE
s'unissaient, dans une association plus vaste, aux ouvriers similaires des autres pays. L'institution des corporations municipales et celle du compagnonnage, souvent hostiles entre elles, semblent ici s'être réunies. Cette société de francs- maçons est née peut-être dans la haute Italie au VIII® siècle. En Angleterre on en retrouve une charte constitutive datant de 926, et elle y étaitassez puissante pour que de grands personnages comme Edwin, frère du roi Athelstan,tinssentàs'yafrilier. Gesassociationsfurent surtout importantes en Allemagne, où le morcellement politique les rendait particulièrement utiles. Elles durent beaucoup à Erwin de Steinbach, l'architecte de la cathédrale de Strasbourg, et reçurent des privilèges de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, du pape Nicolas III et de plusieurs de leurs successeurs. Les francs-maçons étaient affranchis des impôts, des corvées et des statuts locaux (de là leur nom de francs). Ils ne dépendaient que de Rome.
Architectes célèbres. — Pierre de Montereau. — Libergier. — Jean d'Orbais, Robert de Coucy, Robert de Luzarches, etc. — On a conservé ou retrouvé les noms des architectes de plusieurs monuments de cette époque mémorable. 11 n'est que juste de rappeler ces noms, dont la plupart ne sont pas arrivés à la gloire, tandis que des monuments bien inférieurs, mais plus récents, ont assuré à leurs auteurs une grande et durable renommée. Les Français ont été particulièrement dédaigneux de leur gloire artistique et ont été les premiers à se placer au-dessous des étrangers. Il est donc naturel que les étrangers aient propagé cette opinion. D'ailleurs bien des œuvres sont restées anonymes. Dans la période de transition, Mathieu de Loudun &X Normand de Dax élèvent la cathédrale d'Angers. De Pierre de Montereau, ou plutôt de Montreuil (m. en 1266), nous n'avons plus que la Sainte-Chapelle du Palais. — Hugués Libergier (m. en 1265) construisit Saint-Nicaise de Reiras, continuée pair Robert de Coucy (m. en 1311). Cette