LES ARTISTES. — INFLUENCE GRECQUE
d Osiris « un temple comportant pylônes, obélisque, salle hypostyle et canal s'embranchant au Nil ».
A la différence des architectes, les peintres et les sculpteurs ne sont considérés que comme des artisans. On sait le nom du sculpteur des colosses de Memnon. Il s'appelait Amenhotep.
Le sculpteur Iretesen, qui travaillait sous Mentouhotep \1 (1er empire thébain), se vante (stèle 14 du Louvre) « d'avoir occupé une place tout au fond du cœur du roi ». Il nous apprend aussi qu'il savait ciseler également bien la pierre, l'or, l'argent, l'ivoire etl'ébène. Mais les noms des sculpteurs qui nous sont parvenus sont rares.
Influence grecque : le Sérapéum. — Quoi qu'il en soit, on voit qu'un art aussi fortement constitué que l'art égyptien était en état de profiter des influences étrangères, sans se laisser absorber par elles. Lorsqu'une dynastie macédonienne s'établit sur le trône des Sésostris, l'art égyptien et l'art grec se juxtaposèrent sans se confondre et sans se nuire, comme on le voit au Sérapéum de Memphis *.
Le Sérapéum élevé par les Ptolémées vint se joindre au Sérapéum qui remontait au temps de l'ancien empire, et s'harmonisa avec lui. Un temple de style égyptien était précédé d'un vestibule à colonnes de style grec ; de ce premier temple partait une grande avenue dallée de deux kilomètres de longueur, et bordée de 160 statues colossales représentant des sphinx. Cette avenue aboutissait à un portique massif précédant un petit temple placé à l'entrée de l'enceinte d'un second temple plus grand. On arrivait à ce monument par une galerie intérieure bordée des statues des dieux et des grands hommes de la Grèce : Pluton, Bacchus, Homère, Lycurgue, Platon, Solon, Pindare, qui se trouvaient ainsi associés aux divinités et aux grands hommes de l'Egypte.
Conclusion : l'art égyptien est un art classique. — L'art égyptien, qui sut ainsi se maintenir en face de l'art
1. On appelait Sérapéum un lieu de sépulture pour les bœufs Apis. Il y an • vait plusieurs en Egypte. Voir B. de Presles, Sérapéum de Memphis.
L'ART EGYPTIEiN
grec, a eu une influence coiîsidérable autour d« iui, en Asijyrie, en Nubie, en Phénicie, en Judée, en Perse, en Grèce même ; nous le retrouverons même plus tard à Rome. Aujourd'hui encore nos architectes peuvent s'en inspirer avec profit, comme l'a prouré M. Duc dans la façade du Palais de justioe sur la place Dauphine. G'esi que l'architecture égyptienne est vraiment une architecture classique, formant un ensemble raisonné, clair, simple et beau. « L'Egypte visait au grand, a dit Bossuet, et voulait frapper les yeux de loin, mais toujours en les coritenant par de justes j)roportions. Elle avait imprimé le cachet de l'iramortalité sur tous tes ouvrages. * »
Fig, 20. — Retour triomphal de Ramséa II (Sésostris).
t. Les fouilles récentes de MM. Pettrie, Morgan, Amelincau à Abydos ont fait connaître un art égyptien préhistorique d'une importance considérable (édifices d'habitation, tombeau d'Osiris [?]). Les constructions sont en brique séchée et en bois. Si les blocs de grandes dimensions sont une caractéristique des beaux monuments de l'Egypte (architecture religieuse), la brique a toujours joué un rôle ronfti^»able dans l'architecture ciyile et militaire, dans l'architecture usuelle.