‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 242 sur 424 · NGI. CÈNE. 1 )CONDE. COMBAT DE CAVALERIE · texte numérisé non relu

NGI. CÈNE. 1 )CONDE. COMBAT DE CAVALERIE

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Fiff. 2-.1. — La Joconde

œuvre plus divine qu'humaine ». Cette toile signale le dernier développement de son talent, dont les autres périodes ont été marquées par la Vierge aux rochers et la Cène.

En 1503, Léonard de Vinci fut chargé de décorer l'un des côtés de la salle du conseil au Palais-Yieux, dont Michel-Ange devait peindre la muraille opposée. Les peintures ne furent pas exécutées, et les cartons sont perdus; perte qu'on ne saurait trop déplorer; car aucune des œuvres de ces deux incomparables artistes n'excita plus d admiration, et Celliui les appelle « les écoles de l'univers ». Léonard avait représenté la Bataille d'Angiiiari; nous ne pouvons nous en faire aujourd'hui qu'une idée bien incomplète par un fragment de l'ensemble, gravé par Édelinck d'après un dessin de Rubens. C'est un combat de cavaliers, et jamais, jusqu'à Géricault, la forme du cheval ne fut mieux rendue. On sait d'ailleurs que daos «es nombreuses éludes analomiques Vinci n'avait pas négligé celle du cheval. En 1515, François l^»" le décidait à venir en France; mais il était vieux et fatigué. Il s'occupa surtout de projets de canalisation, comme il l'avait fait avec succès en Italie, et n'eut malheureusement pas sur l'art français l'influence qu'on aurait pu en attendre. Il mourut au petit château de Cloux ou Clos-Lucé, situé en contre-bas du château d'Amboise, sur les coteaux qui dominent la rivière de la Masse *. Cet homme illustre entre tous n'a plus de tombeau. Il avait été enseveli dans la chapelle qui se trouvait sur la terrasse du château d'Amboise. Cette chapelle fut impitoyablement détruite, avec tout ce qu'elle contenait, non pas par la Révolution, mais par l'ex-consul provisoire Roger Ducos : il voulait donner plus de symétrie au jardin qui entourait sa nouvelle habitation! En 1869 le gouvernement a fi.it recueillir les ossements trouvés sous l'emplacement de lé lifice détruit et les a fait transporter dans la petite chapelle de Saint-Hubert qui avait été épargnée. C'est là que reposent encore, mêlés à des dépouilles obscures, quelques derniers débris du grand Florentin. La France s'honorerait en élevant à cette place un monument digne d'un pareil souvenir.

1. Frauçois ï<"" n'assista pas à sa mort • il ét.iit alors à Saint-Germain.

SOLARI. — LUINI. — FERRARI. — BAZZI. — PERUZZF 445

Disciples de Léonard. — A l'école de Léonard se rattachent de nombreux disciples, qu'ils aient ou non reçu directement ses leçons. Le Louvre n'a rien de Cesare da Cesto^ de Marco d'Oggione, de Salaïno, de F. Melzl. Mais il possède un des rares tableaux authentiques de Beltraffio. Beliraffio (1467-1516) était un gentilhomme donnant ses loisirs à la peinture. Ce fait montre la considération qui s'attachait déjà à la pratique de l'art. And. Solari ou Solario (1458-1530^, frère du sculpteur, fut appelé en France par Chaumont d'Amboise et couvrit de fresques la chapelle du château de Gaillon, démolie en 1793. Il nous a laissé un Calvaire et l'adorable Vierge au coussin vert (Louvre). Bernardino Luini (1470-1530) s'est, plus que tout autre, assimilé la manière et surtout l'esprit du maître : on confond parfois leurs œuvres. Nous avons au Louvre son Hérodiade, digne pendant de la Jocnnde et des fresques. Mais pour juger de l'élendue de son génie il faut le voir à Saint-François de Lugano (le Calvaire]^ à la cathédrale de Gôme et surtout à l'église de Saronno, où sa décoration du choeur devrait être citée parmi les œuvres capitales de la Renaissance à côté des Stanze. C'est aussi à Saronno seulement qu'on peut apprécier à sa valeur le plus remarquable des peintres piémontais, Gaudenzio Ferrari (1484- 1550), qui en a peint la splendide coupole, supérieure à son Assomption de Verceil. Bazzi (1479-1554) vint renouveler avec Ballliazar Peruzzi (1480-1536) l'école de Sienne, en lui donnant un style bien imprévue chez elle; car c'est le charme de l'expression et la beauté des formes qui

dominent dans sa manière, comme le montrent le Mariage

de Roxane et d'Alexandre (à la Farnésine), le St Sébastien (des Offices) et même V Evanouissement de Ste Catherine (à Saint-Dominique de Sienne). Mais Ferrari et Bazzi subissent aussi l'influence de Raphaël et profitent probablement de leur séjour à Florence, où Léonard de Vinci Q'a pu fonder une tradition et où domine Michel-Ange.

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