‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 252 sur 424 · SCULPTURE. — ECOLE DE MICHEL-AN3E · texte numérisé non relu

SCULPTURE. — ECOLE DE MICHEL-AN3E

Grand- Duc, à Florence), de Bacclo Bandinelll (1487-1559),. qui prétendait être le rival de Michel-Ange et ne l'a trop souvent que parodié (Hercule et Cacus). La juste tradition du grand maître se retrouve mieux dans le Tombeau de Paul ///à Saint-Pierre, par Guill. clella Porta, mort en 1597, et surtout dans les œuvres de l'artiste connu sous le nom de Jean de Bologne (1524-1688)*. Par la fontaine de la Grande- Place de Bologne, par Y Enlèvement d'une Sabine et la Statue équestre de Cosme Z^, de la place du Palais-Vieux à Florence, surtout par le Mercure volant, des Offices, une des statues les plus souvent reproduites, il dépasse tous les sculpteurs italiens de son temps; mais il n'est pas d'origine italienne. A une époque antérieure appartient le Florentin Andréa Contucci, dit le Sansovino (1440-1529). he Baptême du Christ, groupe de bronze, au-dessus de la porte centrale du baptistère de Florence, et les grands travaux exécutés sous sa direction à la Santa Casa de Loretto, entre autres des statues de Prophètes et de Sibylles, en font le plus grand sculpteur de l'Italie, entre Donatello et Michel-Ange. Il transmit son nom et une partie de son talent à son élève et compatriote Jacopo Tatti, dit aussi le Sansovino (1485-1570). Tatti travailla à Venise et y exécuta comme sculpteur les portes de bronze de Saint- Marc et les deux colosses de marbre qui ont donné leur nom à l'escalier des Géants. Citons aussi Gir. Lombnrdo et Montelupo (travaux à Loretto), And. RiccLo (1480-1532) (candélabre d*». la cathédrale de Padoue), Tullio et Ant. Lombardo (bas-rtniefs du tombeau de saint Antoine à Padoue), la famille des Léoni, qui s'illustra surtout en Espagne, à l'Escurial, au service de Philippe II, les sculpteurs en terre cuite MazzonieX Begarelli^ tous deux de Modène, et qui semblent s'inspirer l'un d'And. Mantegna, l'autre du Gorrège. Le plus populaire

1. Il était originaire de Douai, et Bologne ou Bolongne était son nom de {■mille. Voir Abel Desjardins, Jean de R'dogne.

des sculpteurs avec Michel-Ange est Benvenuto Cellini (1500-1571)^ Il doit en partie cette popularité à ses mémoires, qui jettent un jour si curieux sur les mœurs artistiques du temps. Il y raconte avec passion et avec une indifférence morale parfaite les événements divers de sa vie, y compris les meurtres et même les assassinats, dont il trouve toujours moyen d'éviter le châtiment par l'estime qu'inspire son talent. Il nous y apprend que c'est lui qui, du haut des remparts, a tué non seulement Bourbon qui assiégeait Rome, mais Philippe d'Orange qui assiégeait Florence. Deux coups d'arquebuse aussi heureux à quelques années dinleivalle se rendent mutuellement suspects. Le Pensée en bronze (à Florence), dont il a décrit d'une façon si vivante la fonte pleine de péripéties, est son œuvre la plus remarquable. Sa Nymphe de Fontainebleau, au Louvre, ne fait que mieux ressortir la supériorité de la Diane de son contemporain fronçais Jean Goujon. Cellini est surtout célèbre comme ayant été peut-être le premier des orfèvres. Malheureusement il n'existe guère de lui d'autres œuvres authentiques qu'une salière d'or à Vienne et un bouclier à ^^'inc]sor^.

Orfèvrerie : les armes ^. — Ce bouclier montre à quel point le lux.e des armes élait poussé. Les armuriers se coiifondent alors avec les orfèvres. C'est encore l'Italie qui donna les plus beaux modèles de cet art. Le Negroli elles Missaglia de Milan, Hercule de Fideli, qui est peut-être lauleur de l'épée de César Borgia, « la reine des épées », égalent ou dépassent les Siebenhurger de Nuremberg, les Ilelinschied d Augsbourg, les Sahagun de Tolède. Au xv« siècle les ar-

1. E. Pion a écrit d'intéressants ouvrages sur les Leoni et B. Cellini.

2. La Srulpiuie en cire, pratiquée par des artistes tels que Vcrrocliio o\\ Dupré, florissait en Italie, comme en France, grâce à une sorte de jus imir^mum conservé dans les grandes familles. Orsino, le o cirier » des Médicis, est rauliur probable de la célèbre tète du Musée Wicar à Lille. (G. Lf.breton, IJist. de la se. en cire, dans VAmi des monuments, t. VU, et les C. B. de l'Ac Ins., 1893).

3. Voy. MaindroQ, les Armes; — catalogues de la collection Spitzer; — Edouard de Beaumont, P'ieur des belles épées.

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mures valaient déjà une fortune. Au xvi^ siècle on donne plus au travail de l'ornementation qu'à la richesse de la matière. Les plus grands artistes : Vinci, Titien, Jules Romain surtout, font des dessins pour les armuriers, et nous voyons que Cellini ne pense en i-ieu déchoir en se faisant compter parmi eux. L'habileté des ferronniers se manifestait dans les marteaux de porte, pour lesquels un Sansovino donnait des modèles. dans ces magnifiques lanternes en fer forgé et ciselé qui décorent à Florence les palais de ceux qui avaient obtenu du magistrat l'honneur envié du droit aux lumières (lanternes du palais Strozzi par Nicolo Grosso, dit Caparra).

Les médailleurs. — Cellini s'est aussi distingué comme nicdaiilcur (médailles de François I^r et de Clément VII). La gravure en médaille, pour laquelle les modèles de l'antiquité étaient plus accessibles que dans les autres ants, devait naturellement profiter du mouvement de la Renaissance. Aussi les médailleurs de talent abondent. Pisanello (1397-1456) est le créateur de l'école *; Laurana (vers 1460), s'attacha au roi René et fît une médaille de Louis XI; puis viennent Caradosso (vers 1500), Domenico Yeneziano (vers 1548), Matteo del Ndsorn, etc. La gravure eu pieiues fines compte aussi des artistes éminents tels que Valerio Belli de Yicence (f 1546). La céramique. — Au moment de la Renaissance, les produits de la céramique brillent dans le centre et le nord de l'Italie |)ar- la forme comme par la décoration : ils suffiraient à attester, à défaut des grandes œuvres, combien le sens du beau était éveillé chez les Italiens de ce temps. Sans revenir sur la céramique monumentale des Délia Robbia à Florence, de Mazzoni et de Begarelli à Modène, les principaux centres pour les dalles émnillées et les vases peints furent : Facnza, Albarello, Castcldarante, Cafjagiolo, Gubbio avec Georgio Andreolt (vers 1510), et surtout Urhino (dont les fabriques furent à leur apogéesousle duc Guiduhaldo II, 1538, avec Gnido Burantino, Xanio A^-elli, les Fontana, puis avec Patanazzi^. La verrerie. — La mosaïque. —A partir de la fin du xv^ et

1. Vittore Pisano, dit Pisanello, est aussi un peintre remarquable (voy. p. 401). Le Louvre possède de lui un portrait et de très curieux dessins d'animaux.

2. Jacquemart, JJist. de la Céramique. — Darcel, Cnt. du Louvre. — R. Peyre, Us Majoliques d'Urbino {Comment deienir connaisseur, 1900). — Catalogue Spitzer.

pendant le xvi^ siècle, la verrerie véuilienue, arrivée à son apogée, e?t aussi remarquable par l'habileté technique dans la coloration et la composition des pâtes, que par la fantaisie inépuisable des formes et la richesse de l'ornement. Les pots et coupes de verre de Venise, peints, décorés, gravés, sont recherchés dans toute l'Europe et même en Orient. Ils atteignent une valeur telle que l'archiduc Maxiiuilieu, au moment de sa guerre avec Louis XI, ayant contracté un emprunt à Bruges, donne en gage un pot de « voirre de Venise, jaune, garny d'or ».

La mosaïque est aussi pratiquée avec une grande activité à Rome (chapelle Chigi, à Sainte-Marie du Peuple, par Aloiso délia Pace, 1516, commencement des travaux de Saint-Pierre, etc.), et plus encore à Saint-Marc de Venise avec Bianchini, les Zuccati, ejc. A Florence , ce genre de décoration réussit enfin grâce à Domenico Glnrlandajo (mosaïque de Sainte - Marie des Fleurs). Son frère David fut surtout un mosaïste. Il ne faut donc pas s'étonner de voir les plus grands peintres Titien et Unphaël exécuter des cartons pour les mosaïstes. Mais on commence déjà à tomber dans l'erreur de demander à la mosaïque exactement les mêmes effets qu'à la peinture. Le meuble. — Toutes les ressources des arts que nous »^enons de passer en revue sont mises au service de l'ébéûisterie, qui produit des chefs-d'œuvre (écoles de Sienne, Vérone, Bergame, Florence, Venise). Des artistes tels que Z/e«edetto da Maiano, Donatello et Signorelli, ne dédaignent pas de s'associer à ce genre de travaux, surtout pour ces cabinets où les procédés les plus variés, la menuiserie, la ciselure, la niellure, la damasquinure, l'incrustation, la gravure, l'émailierie, la mosaïque ; où les matières les plus diverses et les plus précieuses, l'ivoire, la nacre, le corail, l'écaillé, le cuivre, Tar- "•ent, l'or, l'onyx, l'agathe, la topaze, le lapis-iazuli, sont réunis et semblent rivaliser d'efforts pour le plaisir des yeux (musées de Cluny,du Louvre; château de Ferrières). Baccio d'Agnolo y •consacre le meilleur de son talent. Les Italiens sont incomparables pour les Tarsie (mosaïques de bois colorés) qui sont de véritables tableaux (stalles de S. M, iu Organo à Vérone par Fra Glo<.'annî]. Signalons aussi les admirables stalles de Sainte- Justine de Padoue sculptées par le Français Richard Taurigny.

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