ARCHITECTURE. — BRAMANTE
Architecture. Période de Bramante. — Dans la première période de la Renaissance, l'architecture italienne est dominée par Bninellesco et brille surtout à Florence. La seconde est caractérisée par Donato Lazzarl, connu sous le nom de Bramante (Monte-Astroaldo, près d'Urbin, iA44-Rorae, 1514), et a pour centre la ville des papes.
Fig. 229. — Saint-Pierre dt- Rome.
L'imitation directe de ranliquilé s'alfirme davantage; ce fut un malheur pour l'art, non pas que les architectes aient pris pour base de leurs constructions le système des ordres, mais qu'ils aieni été amenés à prendre pour modèles iesoi'dres tels que Vitrine les a mesurés et décrits, ces ordres amoindris, tronqués, déligurés, et notamment ce dori(]ue romain si différent de celui de Phidias ^ Et cepeudaul, en Sicile, en Italie même, on trouvait des monuments grecs ailînirables. L'on s'explique dirncilemenl que les temples de Pœstuiu n'aient pas attiré l'at; niion des arcîiiiecles. Alliciies morne et le Parthénon auraitui dû être connus d'eu.x, comme le remarque
t. Voyez Vitct, he^'ne des Deux Mondes, février 18G0.
M. Klazco, si l'on songe qu'au temps de Bruncllesco Athènes appartenait à une famille florentine, les Aceiaiuoli , qui n'en furent chasses par Mahomet II qu'en 1460.
Quoique Vitruve soit la grande autorité et que dans îes diverses peintures allégoriques à la mode alors on le choisisse toujours pour personnifier l'art sur lequel il a écrit «n traité, sa domination n'est pas tyrannique. Bramante et ses contemporains savent allier au respect de l'antiquité, les traditions plus récentes et les nécessités de leur temps. Ce qu'ils retirent surtout de leurs éludes précises des moindres débris de l'antiquité, c'est le sentiment des proportions qui doivent relier les diverses parties de l'édifice. Ils aiment sans doute les formes carrées dans les ouvertures, et séparent nettement les étages par des corniches ou des bandeaux. Il leur arrive de n'employer les colonnes que comme ua élément purement décoratif; mais plus souvent encore ils leur laissent la fouclion de support direct à laquelle elle» sont naturellement destinées, et ils donnent une grande place aux arcades portant sur piliers. Pour l'architecture religieuse, il semblerait qu'ils empruntent plus à l'art byzantin qu'à l'art romain. Le type qu'ils semblent préférer est la croix grecque à branches égales, arrondies à leur extrémité par des absides et recouvertes par des quarts de sphères. Sur la croisée s'élève une coupole portant elle-même sur un tambour élevé qui permet d'éclairer largement l'intérieur de l'édifice. C'est là le plan que Bramante donna pour Saint-Pierre, œuvre immense dont la première pierre fut posée le 18 avril 1506.
Notre-Dame de la Consolation à Todi est l'édifice religieux qui caractérise le mieux l'école de Bramante. Malgré la pureté du style et la perfection d'ensemble de cette église, ce ne sont pas les monuments religieux qui recommanderont Je préférence l'architecture de la Renaissance. Ce qu'on peut leur reprocher surtout, c'est la monotonie et la froideur. Mais parmi les monuments civils, quoiqu'on puisse souvent y relever les mêmes défauts, il y a des chefs-d'œuvre de simplicité habile et harmonieuse.
Nous citerons parmi les constructions des architecte»