‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 26 sur 424 · ASSYRIE · texte numérisé non relu

ASSYRIE

servait comme de centre à cette réunion de construetions riches et grandioses. » (Rawlinson.)

Le temps des Sargonides marque l'apogée de l'art asayrien. Le fondateur de la dynastie , Sargon , élève une ville nouvelle, Dour-Saryoukin; c'est aujourd'hui Korsabad, où Botta a découvert en 1842 les plus beaux restes de l'architecture assyrienne. Esarhaddon élève un palais àNimroud. Mais c'est Sennakhérib qui, malgré ses longues guerres, semble avoir été le plus grand constructeur parmi les rois assyriens. Il voulut rendre à Ninive, que Sargon avait abandonnée, tout son éclat. Sans parler des temples et des palais, qui dépassaient par leur dimension et leur magnificence la plupart des autres constructions assyriennes, il rétablit ou construisit des quais, des aqueducs, des fortifications. « J'ai reconstruit, ajoute-t-il, les rues anciennes, j'ai élargi les rues étroites, et j'ai fait de la ville entière une cité resplendissante comme le soleil. »

Architecture militaire. — Les Assyriens furent un peuple essentiellement guerrier. Aussi l'architecture militaire eut-elle chez eux une grande importance.

L'art de l'attaque et de la défense des places avait atteint dès le viii^ siècle un grand développement, comme on peut en juger par les bas-reliefs du règne de Sennakhérib. Nous y voyons des fortifications qui indiquent que les ingénieurs assyriens savaient tirer parti de la forme du terrain et de la présence des eaux, disposer et orienter leurs murailles et leurs tours de manière à ce qu'elles pussent se défendre réciproquement. Nous y voyons aussi des machines de guerre formidables, par exemple des béliers protégés par des abris roulants couverts par des peaux crues, que des soldats mouillent constamment pour empêcher qu'elles ne prennent feu sous les projectiles incendiaires de Tennemi.

Art industriel. — Mais c'est par l'art industriel sur-

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tout que brillèrent, l'Assyrie et la Babylonie. Lorsque la Grèce ne connaissait encore que l'industrie exercée dans l'intérieur de chaque famille, la Babylonie et l'Assyrie avaient de vastes ateliers savamment organisés, oij la tradition des meilleures méthodes se perpétuait et où tout progrès réalisé par un ouvrier profitait définitivement k l'industrie tout entière. Aussi les produits qui en sortaient, les armes, les bijoux, les pièces d'orfèvrerie, les objets d'ivoire, les poteries, les étoffes de laine ou de lin, les tapisseries surtout, étaient-ils recherchés en Egypta même, et furent-ils plus tard disputés sur les marchés d« 1« Gki'èce et de Rome.

Fig. 26. — Attaque d'une forteresse.

Babylone fut la ville de l'antiquité la plus célèbre par ses tapisseries de haute lice. Les peintres grecs y envoyaient des cartons. Au i^*" s. ap. J.-C, on y voyait encore des tentures représentant, soit des scènes de mythologie grecque, soit des faits de l'histoire des Perses, combats de Datis, victoires que s'attribuait Xerxès (Thermopyles, prise d'Athènes). Les tapisseries de Babylone atteignirent à Rome des prix exorbitants. Néron paya pour des étoffes de ce genre 840,000 francs de notre monnaie. On peut difficilement juger de l'art industrielbabylonien ou ninivite parles rares échantillons qu'on voit dans nos musées, et qui proviennent, pour une bonne part, des tombeaux égyptiens. Mais les objets représentés sur les bas-reliefs en donnent une idée plus complète.

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