‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 274 sur 424 · PERIODES DE L'ART AU XVII» SIECLE · texte numérisé non relu

PERIODES DE L'ART AU XVII» SIECLE

leurs contemporains. — La peinture à Rome, Florence, Venise. Les décorateurs. — Ecole génoise. Strozzi. Castiglione. — Ecole napolitaine. Ribera. Salvator Rosa. Le paysage romantique. Ltica Giordano. La facilité. — Décadence politique et morale de l'Italie. — Décadence de l'art italien.

Les grands faits de l'histoire de l'art au dix-septième siècle. — Le xvii^ siècle est un grand siècle artistique; et s'il n'a pas un aussi grand nombre de génies de premier ordre que la période de la Renaissance proprement dite, il gagne en étendue ce qu'il peut avoir perdu en élévation. Il suffit, pour s'en rendre compte, d'indiquer dans leur ordre chronologique la succession des écoles, à mesure qu'elles arrivent à leur apogée. Cette revue rapide est d'autant plus nécessaire que nous serons parfois obligés de ne ^-.is suivre l'ordre du temps, et de négliger les synchronismcs.

1» Au début du siècle, l'Italie a repris le premier rang : par la seconde école bolonaise et les Carraches : Louis (1555- 1619) , Anuibal (1560-1609) . — Puis viennent 2» la seconde école flamande. Riibens (1577-1640) s'établit à Anvers (1609). La Descente de croix (1611). — 3» L'école napolitaine. Ribera (1588-1656). — 4o L'école génoise : Strozzi (1581-1644). — 5<> L'école française devient une grande école : Poussin (1594- 1665) est appelé eu France en 1640 ; Mort de Germanicus, 1627 ; le Saint François- Xavier, 1641; Diogène, 1648). — 6» Poussin est presque contemporain de Velasquez (1599-1660). Eclat de l'école espagnole : les Buveurs (1628), les Lances (1647). — 7° Constitution définitive et apogée de l'école hollandaise. Rembrandt (1608-1669) : Ronde de nuit (1642) , les Syndics des drapiers (1661). — 8o L'époque de Louis XIV : Lebrun (1619-1690). Si nous portons nos regards hors d'Europe, nous trouvons • 9° la plus belle période de l'art de l'Hindouslan (ai-t indo-musulman), le Tadj-Mahal (voy. p. 270); et 10° la période la plus importante de l'art chinois sous le règne de Khang Hi (1662- 1723) et de l'art japonais. Au Japon achèvent de se constituer les écoles classiques et commence à se former en dehors d'elles^ une école populaire d'où sortira Hou-Kou-Saï ((indu 18'^siècleL

Nouvelle Renaissance en Italie. — Le concile de Trente*. — Dans les dernières années du xvi° siècle, à la suite du concile de Trente et de l'œuvre de la réforme catholique qu'il avait entreprise, il y eut en Italie comme une seconde Renaissance, où domina d'une façon sérieuse, sinon très profonde, le sentiment religieux. Cette Renaissance se personnifie dans le Tasse et dans les Carraches, noms qui suffisent à montrer les liens intimes qui unissent alors les lettres et les arts.

On en trouve une preuve frappante dans le grand nombre de sujets empruntés à la Jérusalem délivrée par les peintres presque contemporains du poêle (1544-1595) 2. L'on sait d'autre part combien le Tasse fut préoccupé de la religion, et quelle était la sincérité de sa foi. Cette sincérité se retrouve aussi, quoi qu'on en ait dit, dans la plupart des artistes de cette période. Il suffit de lire leur biographie pour n'en pas douter. S'ils donnent souvent à la piété une expression maniérée ou outrée qui nous choque, il faut y voir la preuve d'un sentiment mal compris, mais non affecté, et cela provient d'un manque de goût qui tient à l'état d'esprit des contemporains. Ce retour à l'inspiration religieuse n'a en effet rien d'ascétique. On restreindra la part de la mythologie, on imposera à l'artiste des sujets où l'orthodoxie et la morale n'auront rien à reprendre ; mais les écrivains, même ecclésiastiques, qui font alors des traités pour moraliser et sanctifier la peinture, ne songent nullement à la ramener aux principes d'exécution qui précédèrent « Tinvasion païenne ». Fra Angelico luimême n'est cité qu'une fois, et encore est-ce pour sa vertu plus que pour son talent. Un fait cependant montrera combien le sentiment de l'art s'est affaibli : c'est le projet fort sérieusement repris alors de détruire le Jugement dernier de Michel-Ange.

1. Dejob, Influence du concile de Trente sur la litlèrature et les beaux-arts chez let peuples catholiques.

2. Sans sortir du Louvre, Renaud et Ar/nide, Herminie chez les bergers, du Dominiquin ; Renaud et Armide, de Van Dyck. On y voyait aussi naguère Herminie chu les bergers, et Herminie iecowani Tancrède, par F. Mola.

ARCHITECTURE. — BORROMINI. — LE BERNIN 52S L'architecture. — Style dit jésuitique. — Saint-Pierre. —

Borromini. — Le Bernin. — Comme l'architecture u'a pas, aux yeux des écrivains, d'action morale directe, et qu'il n'y a pas de sujets à lui imposer, on songe encore moins à la ramener à un lointain passé; c'est même alors que se constitue l'architecture que l'on a appelée jésuitique, parce que les jésuites l'ont adoptée et l'ont répandue, avec les nombreuses églises qu'ils édifient alors dans toute la chrétienté, jusqu'en Amérique et en Chine. Les jésuites pensaient sans doute que « l'austérité non motivée était comme du despotisme sans moyen de se faire obéir* »; que loin de combattre les goûts et les tendances du jour, lorsque l'intégrité de la foi ou de la morale n'y était pas attachée, on ne trouvait que des avantages à se servir de ces mêmes tendances pour confirmer les populations dans la religion catholique, ou chercher à les y faire entrer. Sur ce point ils agirent en Europe comme dans leurs missions lointaines, et leur rôle dans l'art fut analogue à leur rôle dans la politique 2. Il en résulte cependant que le sentiment religieux continua à s'affaiblir en architecture, tandis qu'il renaissait dans les autres arts. Nous n'en donnerons pour preuve que ce qui fut fait à Saint-Pierre de Rome.

Ligorio, Vignole même, qui fit les deux coupoles latérales, avaient, sur l'ordre du pape, respecté le plan de Bramante et de Michel-Ange. Gmcomo délia Porta (1541- 1604) et Z). Fo/i?a7ia (1543-1607), sous Sixte-Quint, se contentèrent de surélever la courbure extérieure du dôme. Mais Carlo Maderna (1556-1629), sous le pontificat de Paul V, prolongea la nef et la plaqua d'une façade qui cache en partie la coupole , n'a aucun rapport avec le reste de l'édifice et conviendrait plutôt à un palais qu'à une église. Maderna fut mieux inspiré dans ses plans du palais Maffei. D. Fontana^, et G. délia Porta, laissés à leurs propres

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