‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 34 sur 424 · SUSE · texte numérisé non relu

SUSE

échelonnées en retrait, où se voient les débris de palais de diverses dates. Ces terrasses sont entourées de murs construits avec de grands blocs de marbre taillé, appareillé sans ciment avec une grande précision. Sur la terrasse intermédiaire se dressent encore une quinzaine de colonnes de marbre blanc de 50 à 60 pieds, dont plusieurs prouvent par leurs formes sveltes et leur grande hauteur qu'elles étaient destinées à supporter seulement des constructions en bois* : ce sont les restes du palais de Xerxès. Mais la merveille architecturale de Persépolis était le double escalier à rampes opposées et parallèles situé sur le côté occidentaV ^e la plate-forme, et par lequel seul on pouvait y arriver. Cet escalier, Tort endommagé aujourd'hui, était couvert de basreliefs dont la plupart représentent les délégués des provinces apportant au roi le tribut annuel. Le double escalier monumental de l'Orangerie de Versailles, qui reste la partie la plus grandiose de toutes les constructions de cet immense palais,

1. La colonne persépolitaine est très originale. Elle est caractérisée par sa hauteur parfois fort grande relativement à sa base (13 fois le diam.), par ses 4S cannelures juxtaposées, par un long col d'ornement formé de campanules (souvenir de l'Egypte) et de volutes (souvenir de l'Ionie) enroulées en sens inverse les unes des autres, par sa base en forme de campanule, surtout par ce chapiteau bicéphale qu'on ne trouve qu'en Perse, chapiteau dans lequel deux avant-corps de taureau, tendant leur tête en partie redressée, à droite et à gauche du fût, forment un vide dans lequel vient s'engager la poutre qui porte le plafond. Cette colonne est postérieure à la création de l'ordre ionique, dont elle a emprunté les volutes, mais en les disposant verticalement au lieu de les placer horizontalement (fig. 31 et 32)

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est inspiré de l'escalier de Persépolis. Le voyageur Chardia en avait rapporté des dessins qui servirent très probablement à Mansart et à Lenôtre.

Les fouilles récentes de M. et M"* Dieulafoy à Suse ont montré "!!• !n -somptuosité de cette ville égalait celle •le Persépolis. L'Apadana ou salle (l'honneur du palais d'Artaxerxès Mnémon (405-362) recouvrait sept iiiille mètres carrés, deux mille de plus que celui de Xerxès à Persépolis. Mais ces fouilles, déjà célèbres, nous ont fait connaître sur out le grand rôle qu'ont joué dans i'.ii'chitecture les briques émail- !ées, — soit plates , soit estampées ^11 relief, — pour représenler par leur assemblage des sujets divers.

La frise des Lions et la frise des Archers, retrouvées à Suse, ajoutent, comme on l'a dit, un nouveaa chapitre à l'histoire de l'art

Jugement sur l'art perse. — (Cependant, les ruines de Suse nussi bien que celles de Persépolis ne constituent pas en Perse un art tout à fait national. « Elles nous font connaître, aditM. J.Darmesteter^ un art composite, né de la fantaisie royale, qui a réuni dans une unité artificielle et puissante comme son empire même, toutes les formes artistiques qui l'ont frappé dans ses provinces d'Assyrie, de Grèce, d'Egypte : c'est le caprice d'un dilettante toutpuissant qui a le goût du grandiose. »

Fig. 34. — Tragmoul de lii frise des Archers. (Suse.)

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