L'ART EN BELGIQUE, EN ITALIE
Sain'rezy, Penon, Krieger, Majorelle; de céramistes, émailleurs ou verriers comme Deck, CoUinot, les Haviland, Pouyat, PUliwuyt, Vieillard, Ulysse, Chaplet, Montagnon (à Nevers), Delahei'che, Boulenger, Dammouse, Thesmar, Appert, Léveillé, Braccard, Garnier, Grandhomme, Massier, Lœhnitz, comme Ziégler puis Carriès qui ont renouvelé l'art du grès, comme JoUivet, Stattler, qui ont pratiqué l'émail sur lave. Une mention spéciale est due à Galle qui, avec ses émules V. Prouvé et Daum, a fait de Nancy un des centres les plus distingués de ce qu'on pourrait appeler les arts de la vie. Il a montré dans ses meubles la même science, le même art ingénieux et délicat que dans ses céramiques ou dans ses verreries, qui luttent contre les produits les plus recherchés des cristalleries de Baccarat et de Choisy. Saint-Louis ne nous appartient plus. L'Exposition universelle de 1900, après celle de 1889, a montré le rôle brillant et considérable que pouvait jouer la céramique appliquée à l'architecture. Elle nous a montré aussi, dans tout leur éclat, la prospérité persistante des deux plus anciennes fabriques de porcelaine de l'Europe, Meissen en Saxe et Berlin^ ainsi que la renaissance de la céramique hollandaise (fabrique de liosenburg) et les poétiques nouveautés de la porcelaine de Copenhague. La maison Salviati soutient la vieille réputation de Venise dans la verrerie, la mosaïque et la dentelle. Les écoles étrangères. La Belgique, Tltalie. Allemagne- Autriche. Suisse. États Scandinaves. Etats-Unis; etc. — A l'étranger, l'art dans toutes ses branches a tait preuve de forces nouvelles. Un des grands événements de l'histoire de l'art au XIX® s. est l'apparition d'une école belge ou troisième école flamande, qui se forma au temps où la Belgique recouvrait son indépendance politique et reconstituait sa nationalité. Elle occupe un des premiers rangs et a pour centre Bruxelles. Abandonnant l'enseignement de David représenté avec modération par Navez (1787-1869), Van Brée (1773-1836), Mathieu (1805-61), elle revient à la tradition de Rubens (que Herreyns 1743-1827 avait timidement défendue) avec Wappers (1804-74), GaLlait (1810-87), de Biefve (1809-81), de Keyser (1813-87), Wiertz (1806-65), Slingeneyer, Decaisnc (1799-1852). On était en plein romantisme et on se contenta trop d imiter les brillant» dehors du grand artiste national. La solidité des études man»
quait encore à l'école; elle lui fut donnée par le mouvement réaliste qui s'appuya aussi bien sur la tradition des peintres nationaux antérieurs à Rubens [Leyss, 1815-69, est comme un élève des Van Eyck) que sur l'étude de l'humanité moderne prise dans la vie bourgeoise, mondaine ou populaire [Alfred Stevens, de Groux). D'ailleurs les talents abondent avec les peintres d'histoire, de genre ou de portraits, Madou (1796- 1877), Portaels, Franc. Simonau (1783-1859), Willems, Guffens, Siverts, Cluysenaar, Hermans, Verlat, Verhas, de Brxkeleer, Dejonghe, Dillens, Hamman, de Winne (1821-80), Watelet, A. et J. Devriendt, de Lalaing, Van Schendel qui fait sa spécialité des effets de lumière artificielle, M^ Fanny Geefs, Ém. Wauters; les animaliers Omme^anc^ (1755-1826), /. Stevens, Rohbe, Werwée, Verhœckhœven, Kiiytenbroimer; les paysagistes Lamorinière, de Knyff, Courtens, Fourmois (1814-71), Hipp. Boulanger (1837-74), Verstraete, Xavier et César de Coch, JJ/"^ M, Collart; les peintres de marine Clays et Mois; les peintres de monuments Van Meer, Bossuet, Stroobant; les peintres de fleurs Van Dael (1764-1840), Roiie. Un nouveau mouvement réaliste s'est manifesté de nos jours avec Struys peintre puissant, ému, dont les tableaux reflètent sans effort une moralité élevée. Il est plus simple et, parla, supérieur à Frederick dont les œuvres ont quelque chose d'agressif. La sculpture a aussi bien tenu sa place avec Simonis, G. Geefs (1806-83), /. Geefs, Fraikin, Dillens, de Vigne, Van der Stappen; le mouveii eut réaliste et populaire s'y est fait sentir comme dans la peinture avec C. Meunier (1831-1905), Charlier, le hrutail Jef Lambeaux et d'autres.
Les événements qui ont rendu à 1 Italie une importance politique et satisfait chez elle le sentiment national, ont contribué à réveiller son activité artistique. Dans la sculpture elle a un grand nombre de praticiens d'une habileté rare, mais qui en abusent; elle a aussi beaucoup d'artistes éminents : Muntevevde (l'Invention de la Vaccine), Vêla (Napoléon mourant), Bergozzoli (Amour des anges), E. Bazarro, Ci\iletti (Canaris), Argenti, Tantardini, Monti, Barzaghi. Bistolfi, que ses sujets funéraires rapprochent de Bartholomé, Tabacchi, Butti, Ferrari, Gemito (Porteur d'eau Napolitain), Astorri, Magni (la Liseuse), Marcello, pseudonyme de la duchesse Colonna di
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Casliglione, Gallori (Garibaldi, sur le Janicule), 3/"^^ Lancellot- Croce, Alberti, Secchi (statue équestre de Mac-Mahon sur le champ de bataille de Magenta, 1896). Elle a aussi des peintres d'un coloris agréable, d'un dessin facile et connus de l'Europe : Podesti, Ussi, Mussini, Morelli, Vanutelli, Barabino, Micheffi (scènes populaires), Morhelîi Balestieri (Beethoven, Femme de poète), Pagliano, Marchetti, Detti, Lessi, peintres d'histoire ou de genre; le brillant Boldini, dont les portraits sont moins solides, moins harmonieux que ceux de M^^^ Romani qui imite Henner et Roybet, l'animalier Palizzi (1813-88), le peintre devenu parisien de IVittis (1846-84), Pasini, qui prend ses sujets en Perse et s'est placé au premier rang des orientalistes. Mais le fait dominant de l'histoire de la peinture italienne dans cette dernière période, c'est la formation d'une remarquable école de paysage, qui fut une des surprises de l'exposition de 1889. Les paysagistes italiens ont poursuivi, de leur côté, les études dont s'occupait l'impressionnisme français. Aucun de nos impressionnistes ne dépasse Ségantini, qui s'était formé à peu près seul en étudiant, avec la ténacité d'un paysan et la passion d'un poète, la nature tyrolienne dont il reproduit les sites et les habitants. A côté de lui citons Leonardo Bazzaro, Sartori, Ciardi, peintres des lagunes vénitiennes, Carcano et Oignons, peintres des lacs lombards^.
Nous avons indiqué ci-dessus l'évolution récente de la peinture anglaise, ainsi que le réveil artistique de l'Espagne, de la Hollande et de la Russie où a surtout brillé le sculpteur Antoko- Isky qui fait revivre aussi bien la sérénité divine du Christ, l'énergie souveraine et quelque peu brutale de Pierre le Grand ou la pensée concentrée dans le corps maladif de Spinoza.
En Allemagne, l'impulsion donnée par Guillaume de Kaulhach, dont le fils Hermann (1846-1909) se distingue aussi dan» l'urt paternel, continue à y rendre les peintres plus soucieux de Texécution et de la couleur, plus curieux des effets donnés par la nature. A 1 influence de Kaulbach s'ajouta celle du réalisme, puis de limpressionnisme français : de Courbet, qui se
1. Le célèbre ministre patriote Massimo d'Azeglio (1801-1866) se fit un nom parmi les peintres comme parmi les écrivains de son pays. Ses paysages furent médaillés au snlon de 1836 à Paris et on vit à l'Expos. universelle de 1867 son Ulysse et Xausicua. — L. Gallari. Storiu ileli Ai te conlemporanea italiaiia.
vit décerner et accepta une décoration du roi Louis de Bavière; de Manet, qui fut encore plus encensé en Allemagne que chez nous et y fut appelé un nouveau Vélasquez ( Velasquez redivivus), sans avoir cependant entraîné les peintres allemands (sauf rares exceptions) vers l'inconsistance dans laquelle tombaient en France bon nombre de ses partisans.
Le premier rang appartient d'abord à Adolphe Menzel (1815- 1905). Menzel est tout prussien. Né à Breslau, il a vécu à Berlin qui, par suite de sa gloire politique, devient un centre d'art de plus en plus prépondérant en Allemagne. A une solidité et une puissance d'exécution rares chez ses compatriotes, il joint un tempérament original qu'il sait conserver dans la peinture officielle. Il est le peintre de Frédéric II [Bataille de MoUvitz, Frédéric à Potsdain) comme de Guillaume I«'^(son Couronnement à Kœnigsberg, son Entrée à Berlin après la déclaration de guerre). Il a peint aussi des sujets modernes (là Forge). Il a un rival dans Ant. Werner (Breslau, 1843), plus clair de «oloris et plus somptueux {Luther à Wornis^ Moltke à Paris, Proclamation de l'empire allemand à Versailles). D'autres en ont approché : Leutze {Passage de la Delaware par Washington); Scholz {Banquet des officiers de Wallenstein); Geselschap, Camphausen, Bleibtreu, Jansen, Simler^ Knackfuss, Rœher^ qui, avec Werner, ont décoré la Galerie des Gloires (Berlin).
Lenhach (1836-1904) est le premier portraitiste de l'Allemagne, un des premiers de l'Europe. Plein de l'enseignement des anciens (Hais, Titien, Rembrandt) et psychologue à la moderne, il a créé, dans sa manière triste et puissante qu'on a comparée à de la lave refroidie, les figures inoubliables de Bismark, Moltke et Guillaume, le terrible triumvirat. Il sait aussi au besoin rendre toute la grâce féminine et réussit même <dans le doux genre du pastel (la reine d'Italie^ la comtesse Gœrz). Un peintre bien différent d'inspiration, G. Richter qui a fait aussi des grands tableaux {Baptême de Clovis), garde, auprès de lui, toute sa valeur dans la poétique ligure de la reine Louise de Prusse (mus. de Cologne) comme dans l'aimable et beau portrait de ^l^^ Richter pov\.an\, son petit enfant.
Uhde et Liebermann ont mérité de grandes médailles d'honneur à nos expositions universelles : le premier, par des scènes de l'Évangile présentées sous la forme de scènes populaires
AUTRICHE. MUNKACZY. MATEJKO. MAKART 809
moJernes, voie dans laquelle il a été suivi, entre autres, par von Gebhiud ; l'autre, par ses effets de lumière et de plein air appliqués â des scènes de la vie hollandaise. Max Klinger, penseur comme Cornélius, est de plus un habile praticien, Leibl, Heichert, Richard Muller, Rod. Lehmann, Bruit, Simm, Schrseder, Becker, Riefstahl, l'aquarelliste Ludwig Passini (scènes du midi), Hosemann, Meyerheim fils, soutiennent la réputation des peintres de genre, mais sans égaler Knauss *. Schreyer et Weber se sont fait connaître aux salons de Paris, l'un par une émouvante Bat. de Traktir, l'autre par un charmant Réveil de Psyché. Parmi les paysagistes et les animaliers, citons Kampf, Lins, Weishaupt, Zugel, Saal, Volkmann; parmi les architecturistes Kuehl et Wendling. Hesterich, Lepsius, Koner {Guillaume II), Thedy , le pastelliste Klamroth, Arthur de Ramberg (Scènes d'Hermann et Dorothée), Henneberg, Stuck se distinguent dans l'histoire et le portrait. Stuck est aussi un des bons sculpteurs de l'Allemagne. Son nom doit être ajouté, ainsi que ceux de Hœsel, Schaper, Rod. Maison, Schottj Tuaillon, A. Hildebrandt, Lederer et du très habile sculpteur sur bois Kruse, aux noms cités plus haut (p. 718).
Si l'art, dans l'Allemagne du Nord, s'est maintenu, il a fait plus en Autriche : il y a pris une importance toute nouvelle. Trois peintres ont fait surtout connaître l'art de l'Autriche au delà de ses frontières : Makart, Matejko, Munkaczy.
Makart, né à Salzbourg en 1840, a séduit tous les regards à l'Exposition universelle de 1878 par sa brillante et noble Entrée de Charles-Quint à Anvers, mais il est un peu superficiel, il n'a ni l'éclat solide dans l'exécution, ni la puissance de reconstruction historique du polonais Matejko, auteur de Ladislas recevant les envoyés de la Russie, l'Union de Lublin, la Diète de 1773, la Cloche de Sigismond et des toiles colossales de la Délivrance de Vienne par Jean Sobiesky (Vatican) et de la Bataille de Tannenberg. Le hongrois Munkaczy a, comme Makart et Matejko, le sens des grandes compositions, mais il l'emporte, même sur Matejko, par l'originalité de la conception et le sentiment du pathétique, qualités qu'il manifestera
i.H. Schlesinger (le« Cinq Sens, l'Enfant volé), Heilbuth onl fait, comme les ani maliers Brendel et Schench, presque toute leur carrière en France. Le général Heiddeger^ baron de Heideck (1788-1861) a été un paysagiste de talent.
aussi bien dans ses tableaux de genre sur la vie hongroise contemporaine [SoiH-enir des grandes guerres^, le Dernier jour d un condamné) que dans ses grandes toiles [Milton aveugle dictant le Paradis perdu à ses filles^ le Christ devant Pilate, le Calvaire, les Derniers moments de Mozart). Chez les tchèques de Bohême, le peintre le plus considérable est Brozik [Défenestration de Prague, Jean IIuss au Concile de Constance .) Le réveil artistique dans 1 empire de Habsbourg est moins dû aux Allemands qu'aux Slaves et aux Magyars.
Plusieurs autres noms méritent l'attention et l'estime : les peintres d'histoire et de portrait, Jules de Payer (scènes de l'expédition polaire de John Franklin), Hynais (plafond du théâtre de Prague), Rahl (fresques de l'université d'Athènes), Jaroslav Cermah, Pinkas, JJelticli, Angeli, Fuchs, Rodakovski, Kaplinski, Klimt, Benczur, Lazlo, M^^ Parlaghy ^ Thaddée Slyka (son portrait par lui-même, salon de 1907), le serbe Ivanovitch, Bruck-Lajos, les paysagistes Jettel et Riharz; les animaliers et peintres de la vie rurale, Othon von Thoren, Pettenkofen, Deak Ebner; les peintres de genre Defregger (scènes du Tyrol, tableaux sur la Vie d'A. Hoefer) Charlemont^ Adalbert Weiss, Czok, Van Hnanen (scènes populaires à Venise), Prohsf. M^^ Luma Von Flesch-Bvunning.
La monarchie austro- hongroise peut aujourd'hui pour la sculpture comme pour la peinture rivaliser presque avec l'Allemagne prussienne, grâce à Fadruiz (statue équestre de Mathias Corvin), Rona (statue équestre du prince Eugène à Zentha), Sucharda (monument de Palacky), Saloun (monument de Jean Huss), Zala, Mystberk, Strasser, le croate Franges, et les graveurs en médaille Scharf et Tautenhayn.
Les artistes de la Suisse ont été réunis, soit à Técole allemande, soit à l'école française, soit à l'école italienne. Il est certain qu'ils ont eu trois centres divers d'attraction, Par-is, Dusseldorf, Milan. Mais il y aurait lieu néanmoins de déterminer une école Suist^e, ne fût-ce que par ses paysagistes^. L'école
1. On ne peut oublier, lorsqu'on a tu ce tableau, la fijrure d'un pauvre bossa au regard fier qui écoute avec une tristesse poi<rnante le récit de ces action» héroïques, dont l'écbo retenlit dans sou âme et auxquels son infirmité physique lui interdit et lui interdira à jamais de prendre part.
2. L'Histoire des peintres suisses, que Jean Gaspard Fuessli achevait depublier •n 1774 remplissait déjà 4 vol. in-f». On ne doit pas oublier que Pedtot, Huùer,