‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 375 sur 424 · ARCHITECTURE MÉTALLIQUE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE MÉTALLIQUE

le type des édifices analogues *. Il faut signaler i^et les halles en sont un exemple) la grande importance des travaux publics, tels que l'aqueduc de Roquefavour par de Montricher, les ouvrages de Belgrand pour amener à Paris les eaux delà Vanne et de la Dhuis, etc. L'invention des chemins de fer a provoqué la création de types nouveaux : la gare et ses annexes. Pour couvrir les vastes espaces libres qu'exigeaient les divers services, le fer a été appelé à jouer un rôle de plus en plus grand dans cette architecture. On avait déjà vu le parti qu'on pouvait en tirer dans les Halles, la Bibliothèque Sainte-Geneviève, le Palais de l'industrie, mais on ne pouvait prévoir à quels résultats merveilleux, ce mode de construction devait aboutir à la Galerie des machines du Champ de Mars, à la Tour Eiffel haute de 300 m. et, surtout au Pont du Fort, où

I ingénieur Baker a donné aux arches centrales une ouverture de 500 m. ^dépassée de 48 m. au pont de Québec^. L'architecture métallique s'est d'abord développée et perfectionnée aux Étals-Unis, où la main-d'œuvre est fort chère et où l'on cherche à la restreindre ^. Lu des premiers qui se sont fait un

1. Parmi les travaux les plus considérables exécutés de nos jours, il faut placer la réunion du Louvre et des Tuileries, coiiiniencée par Visconti, achevée par Z.e/uel • -a basilique du Sacré-Cœur à Montmartre par d'Abadie, N.-D. de Fourvières par Bcssand, la reconstruction de Chantilly par Daumei. Mais ce n'est pas dans de» constructions de ce renre, forcément rattachées aux types du passé, qu'on pourrait chercher le style moderne. On pourrait le dégager de certaines constructions privées, villas, hôtels ou châteaux. A cet égard l'avenue des Champs-Elysées iiré^entait un ensemble varié et intéressant; mais ces constructions artistiques > nt lié peu à peu remplacées par des maisons de rapport, et l'hOtel Paiva qui subsiste encore ebl bien menacé.

2. C'est là certainement un progrès en bien des cas. Mais il faut reconnaître que l'emploi des grandes tiges de fer comme matériaux de construction n'a pas encore la sanction suffisante du temps. Un édifice en pierre doii être entretenu et réparé sans doute, mais on a affaire à des matériaux qui, depuis des milliers d'années, ont accompli leur évolution et sont à l'état d'équilibre interne définitif.

II n'en est pas de même pour la fonte et le fer forgé ou laminé. On lui a donné, par le travail mécanique auquel on l'a soumis, une contexture artificielle. Les molécules ainsi violentées cherchent à se grouper de nouveau, malgré tout, dans leur état naturel, a quitter l'état fibreux pour repasser à l'état cristallin. Le fer perd ainsi en partie sa force de résistance et devient cassant. De là, et pour d'autres causes analogues, des accidents souvent fort difficiles à prévoir et a prévenir (voir par exemple le rapport de MM. CnUignnn et Ilauser sur la tatastrophe du pont de Mœnclienstein ; Berne, 1892, iu-4»). C'est pourquoi ie système des ponis suspendus, qui avait fait naître tant d'espérances, est généralement abandonné aujourd'hui, sauf pour des circonstances spéciales. Le nment arme donne.' ait lieu à des léserves analogues. Quoi qu'il en soit, le fer comme le ciment

nom par des travaux de ce genre est Rœbling qui a construit l'aqueduc suspendu de Pittsburg, le pont du Niagara et le pont de Brooklyn terminé par son fîls.

Le japonisme. L'art industriel. — La guerre des Anglais et des Français en Chine et les traités qui ont suivi, la révolution imprévue et profonde qui a rapproché le Japon de la civilisation occidentale, ont amené entre 1 Europe et l'extrême Orient des relations plus fréquentes et plus intelligentes. Tandis que le Japon s'efforçait de devenir européen, l'Europe, qui avait pu voir aux expositions universelles de 1867 et 1878 des œuvres exquises des artistes japonais et chinois, se reprochait de ne les avoir pas jusque-là assez admirées. L'influence japonaise s'est fait sentir non seulement sur nos arts industriels, mais même sur nos peintres. Ce goût du japonisme a coïncidé justement avec le succès des grands efforts faits d'abord en Angleterre à la suite de lexposition universelle de 1852 (musée de South-Kensington), puis en France (importance prise par l'Union des arts appliqués à l'industrie), pour développer les industries d'art, répandre l'enseignement du dessin et relever le niveau des écoles professionnelles. Les progrès qui ont suivi sont un fait considérable. On n'a qu'à comparer le dessin des étoffes, l'imagerie populaire, les affiches d'il y a cinquante ans, avec ce que nous voyons aujourd'hui. L'art français peut être fier de Braqiienié^ qui rivalise avec les Gobelins; d'orfèvres tels que Froment-Meurice^ Rudolphi, Veckte, Fannière, Dufresne, Susse, Christophle, Barbedienne, Rivière-Théodore; de bijoutiers comme ^eawgrand, Bapst, Mellerio, Boucheron, Falize, Aucoc, Vever^ Lalique; d'ébénistes comme Fourdinois, Lemoine, Guéret,

armé aura god emploi dans les constructions qui ne sont pas destinées à une durée inJélinie, et pour lesquelles on aura avantage à compenser la moindra durée par une économie parfois considérable dans les frais d'établissement. Dans la maçonnerie proprement dite, les progrès de la science de l'équilibre et la connaissance plus exacte de la résistance des pierres et des bois a permis d'arriver aux mêmes résultats qu'autrefois, en employant moins de matière. A cet égard, les procédés actuels paraissent supérieurs à ceux des Romains par exemple. Mais nos ouvrages seront-ils aussi solides ? Cet excès de matière dans les monument» anciens augmentait les frais de construction; mais était, pour une bonne part, comme un capital de garantie. De même des économistes ont reproché à tort à la Banque de France, l'excès de son encaisse métallique et à la France mêm* l'excès de sa circulation monétaire.

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