‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 378 sur 424 · LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

LA MUSIQUE

LES GRANDES EPOQUES DE L ART MUSÎCAL DEPUIS l'antiquité

La musique au muyen âge. — Origine de rbarmonie. — Cbailemagne. — La gamme. Guy d'Arezzo. Le xiii* siècle. — Prépondérance française. L'école gallo-belge. — Prépondérance de l'Italie. Paleslrina. — Le xvii* siècle. — Origine de l'opéra et de l'oratorio en Italie. — La musique moderne. Première époque. Les fondateurs : J.-S. Bach, Hœndel, Rameau. — Deuxième époque : Haydn et Gluck. — Troisième époque : Mozart. — Quatrième époque : Beethoven. — Cinquième époque : Weber, Rossini, Schubert, Meyerbeer. — Sixième époque : Mendelsohn , Schumann, Chopin. — Septième époque : la musique contemporaine ; "Wagner, Gounod*

La musique au moyen âge. — Origine de l'harmonie. — Charlemagne. — La gamme. Guy d'Arezzo. — La musique du moyen âge est une des questions les plus délicates de Térudition et de l'art. Remarquous tout d'abord que l'oreille n'a

1. Fétis, Histoire de la musique. — Fétis, Dictionnaire des musiciens. — Lavoix, histoire de la musique et la Musique française. — De Coussemaker, IJist. de l'harmonie au moyen âge. — Roland, l'Opéra avant Lulli et Scarlatti. — Soubiee, la Musique allemande. — F. Clément, Histoire de la musique religieuse. — Mlle L. Collin, Histoire abrégée de la musique. — Lavignac, La Musique. — Mendel, Musikaliichis- Conversation-Lexicon, 17 vol. in-8. Berlin, 1870-83. — Eitner, Biographisch-libliogrupl'-'sches quelleii lezicon der Musiker tind Musikgelehrter. Leipsig, 1900-4

pas alors les mêmes habitudes qu'à présent; que la gamme majeure, qui est la base de notre musique, a été fort longue à se constituer et ne domine vraiment qu'à partir du xviii* siècle. On évite aujourd'hui, sauf de rares exceptions, de faire entendre plusieurs fois de suite des notes séparées par des intervalles de quarte ou de quinte ; l'oreille se révolte à de pareils sons, il semble qu'on entend deux mélodies jouées sur des tons différents. Or, ces intervalles étaient au contraire recherchés par les musiciens du moyen âge. Cette remarque nous montre qu'ils connaissaient l'harmonie, c'està-dire l'emploi simultané de sons différents. On a la preuve que cet usage existait déjà au vii^ siècle.

La musique dut beaucoup à Charlemagne, qui fonda la célèbre école du Palais à Aix-la-Chapelle et d'autres écoles musicales à Metz et à Soissons. Il aimait lui-même à chanter au lutrin, nous dit Egiuliard, et censurait impitoyablemeni les clercs qui ne s'acquittaient pas de cet office.

La notation musicale se constitue peu à peu; on invente les portées, les clefs, la gamme. Guy d'Arezzo, au xi« siècle, protégé par le pape Jean XIX (1024-1033), expliqua la musique de son temps, résuma les progrès réalisés et nomma les notes delà gamme, alors au nombre de six; le s/ y manquait encore*. Un peu plus tard on donna aux notes des valeurs, et, au xiii« siècle, la division régulière de la phrase musicale cntemps et en mesures, constitua un nouveau progrès. Le xiii* siècle fut, pour la musique comme pour tous les autres arts, une date importante. Les instruments en usage sont déjà nombreux et variés. A côté de la musique d'église, la musique profane est développée. Les bardes, les troubadours, les trouvères, les minnesœngcrs, chantaient leurs poésies en s'accompagnant sur le luth on la harpe cl l'on doit faire une place dans l'histoire de la musique à de hauts personnages tels que Renaud de Coucy, Richard Cœur de lion, l'empereur Frédéric II, Thibaut de Champagne. Bertrand de Born, JVolfram d'Eschenback, Henri d'Ofterdingen. Il y avait toujours eu des chansons populaires, chansons guerrières, chansons à boire. On fît, par

1- Guy d'Arezzo, malgré son nom, était probablement Français dor;gia« {Revue des questions historiques, avril 1893.)

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