‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 385 sur 424 · WAGNER. — GOUNOD. — LES CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

WAGNER. — GOUNOD. — LES CONTEMPORAINS

Ferd. Hiller (1811-85), auteur de la Symphonie du printemps. Ces compositeurs sont moins connus à l'étranger que Liszt (1811-86) qui fut surtout un virtuose extraordinaire, que Strauss célèbre par ses valses et les auteurs d'opéras-comiques fortement italianisés en général : Flotow (1812-82), Niaolaï (1809-49) dont on peut rapprocher les Irlandais Balfe et Wallace.

L'influence de Wagner a été considérable même hors de l'Allemagne. En France, elle s'ajouta à celle d'Hector Berlioz (1803-1869). Berlioz n A pas été aussi victime de l'indifférence de ses contemporains qu'on le dit, et surtout qu'il l'a dit luimême. Malgré son caractère, qui n'était pas précisément aimable, il a parcouru le cycle des récompenses officielles : prix de Rome, Légion d'honneur, Institut, exécution de se& œuvres au Conservatoire ; la symphonie de Roméo et Juliette eut même, en 1839, un très grand succès. Depuis sa mort, ce musicien inégal a été admiré sans choix, jusque dans se» moindres inspirations. Cet engouement excessif risque de préparer une réaction; mais l'auteur de la symphonie citée plus haut, l'auteur de la Damnation de Faust et de l'Enfance du Christ, le maître qui a su trouver pour l'orchestration, après tant de progrès réalisés, des effets nouveaux et heureux^ occupe une place éminente dans l'art musical. Il réussi moins dans la musique théâtrale qui reste pourtant encore la forme presque exclusive de la musique française avec Adam (1803- 1856) {le Chalet, Giralda), Reber, Amh. Thomas [le Songe d'une nuit d'été, le Caïd, Mignon, Hamlet), Vict. Massé (1822- 1884) (les Noces de Jeannette, Galatée), Léo Delibes {le Roi la dit, Lakmé, le ballet de Coppélia), A. Maillart {les Dragons de Villars, Lara), Poise, le romantique Monpou {les Deux Reines)^ F. David (1810-76), auteur de Lalla-Rouk (1862) et de l'odesymphonie le Désert (1844), le plus heureux représentant de l'orientalisme en musique; surtout Bizet (1838-1875), l'auteur de Carmen et de Y Artésienne ; Reyer, l'auteur de Sigurd^ œuvre admirable, qui est une sorte de Lohengrin français, et Ch. Gownoû?(1818-93), qui, par ses œuvres d'une inspiration poé-^ tique et passionnée comme Faust, Roméo et Juliette, Mireille, Philémon et Baucis, aussi bien que par le Médecin malgré lui, un des chefs-d'œuvre de l'opéra-comique, se place dans la famille des plus grands musiciens. Il a apporté dans l'art une Peyre. >- Hist. des B.-Arts. 47

force expressive nouvelle et a été comme un autre Weber *.

Depuis un demi siècle, la musique d'orchestre, accompagnée ou non de chant, nous est devenue familière, grâce à ces Concerts vraiment populaires dont Pasdeloup (1819-1886) a été l'initiateur (27 oct. 1861) et qui font de lui un des hommes qui, dans notre siècle, ont le mieux mérité de l'éducation nationale. Nos musiciens, sûrs de trouver des auditeurs ont dès lors travaillé pour le concert comme pour le théâtre. Citons Massenet [Eve ei Manon); Guiraud; Lalo [le Roi d'Ys); Ckahrier [Gwendoline); Bourgault-Ducoudray; M'^^ Holmes; Paladilhe [Patrie); d'indy {Fervaal); Charpentier Louise et Impressions d'Italie); Bruneau; Fauré [Requiem); Messager [la Basoche); Camille Saint-Saëns surtout, l'auteur de Samson et Dalila, dont îa Symphonie, la Lyre et la Harpe, le Déluge, le Rouet d'Omphale ont déjà pris rang dans le grand musée classique du Conservatoire. L'exécution posthume des Béatitudes est venue confirmer la renommée tardive du grand maître César Franck, tien plus méconnu que Berlioz, et sur lequel on s'est beaucoup moins apitoyé, parce qu'il ne s'était pas plaint lui-même.

Aujourd'hui le centre de la musique, même instrumentale, c'est plus l'Allemagne, mais la France, malgré Brahms (1823) iîu/f vl822), G. Mailler (Symph. avec choeur), R. Strauss (Sulomé), malgré les Russes cités plus haut, les Tchèques Smetana (1824-84), Dvorak (1841-1902), Fibich (1850-1902), les Scandinaves Niels Gade (1801) et Grieg (1843). Avec l'habileté et la science qui se montrent partout, les musiciens doivent se mettre en garde, comme les peintres, contre le danger de confondre l'art du développement et de la répétition avec l'invention, la mémoire avec limagiuation créatrice, la mise en <fiuvre avec la pensée, l'originalité avec l'alfectation, la brutalité avec la sincérité, la science des mots avec le sentiment expressif, la rhétorique avec l'éloquence. Quoi qu'il en soit, l'art du xix^ s., pris dans son ensemble, peut attendre sans inquiétude le jugement de la postérité.

1 . Ce goût de la musique au théâtre se montre dans la vogue persistante dfi l'opérette qui empiète à la fois sur le vaudeville et l'opéra-comique avec Offenbach ' lSlO-80) qui a fait la popularité du genre (Orphée aux Enfers, la Belle Hélène^ la Grande Duchesse, la Vie Parisienne), Lecoq dont la veine est plus Iranche et plus variée (la fille de 3/™* An^ot, le Petit Duc'), Messager, Puguo. Planqiielie, Audran^ Hervé. OlFenbach est poétique et distingué à luccassion [Contes d' Uolfmanii).

Arrivé au terme dune étude qui nous a montré l'art à l'origine des civilisations les plus élémentaires comme dans les civilisations les plus raffinées, nous voudrions indiquer sommairement quelques-unes des leçons générales qui semblent se dégager des pages qui précèdent.

Pour qu'une école puisse vivre, la facilité naturelle, les facultés brillantes mêmes, ne lui suffisent pas : il lui faut la conscience et le talent.

Une école, quelle que soit l'habileté qu'elle ait acquise, n3 tarde pas à dépérir si elle n'est pas soutenue par des passions vivantes, par des sentiments qui l'unissent à la nation dont elle émane : a Belle tête si l'on veut, mais de cervelle point. )>

Le génie lui-même a besoin d'étude et de règle, mais l'exagération de tout système est un danger

L'art est à la fois permanent et varié comme la nature humaine.

« On ne peut rien rendre fortement, comme l'a dit un grand artiste, quand on ne croit à rien. L'œuvre est le résultat d'une ardente conviction. »

Il n'y a donc pas de grand art sans élévation morale. Or, à l'origine de l'art comme à son apogée, dans l'essai du sauvage qui s'efforce vainement de donner une forme matérielle aux vagues lueurs de son esprit, comme dan»

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