LES ORDRES IONIQUE, CORINTHIEN
est en général plus élancé que le dorique (neuf diamètres environ à l'Erecthéion). Les cannelures sont plus rapprochées (au nombre de vingt-quatre en général), plus creuses, séparées par une côte et non par une arête, terminées enfin par une calotte en quart de sphère, comme une niche (Z>). Une différence fondamentale, c'est que l'ionique a une base composée au moins de deux tores {c et c') reliés par une courbe rentrante appelée scotie [d] et reposant sur une plinthe [e). Dans l'entablement il n'y a plus de triglyphes, ce qui donne une frise unie plus favorable au développement des sculptures.
3° Ordre corinthien. — Vers le milieu du v® siècle parut Vordre corinthien, dont on attribuait l'invention à Callimaque de Corinthe (440). Le chapiteau très fouillé, en forme de feuilles d'acanthe, était d'abord métallique. Le fût en général a une hauteur de dix fois le diamètre. L'ordre corinthien ne fut employé à l'origine que pour des colonnes isolées, comme celle qu'Ictinos plaça dans le temple de Bassae, vers 430. En 390, Scopas l'appliquait à la colonnade intérieure du temple d'Athena à Tégée : ce fut seulement vers la fin du iv® siècle que Thargelios l'appliqua à l'ordonnance extérieure d'un édifice important : l'Asclépion deTralles. Le premier exemple qui nous en soit parvenu, le petit monument choragique de Lysicrate à Athènes, est un peu antérieur (335)
4° Ordre cariatide. — Mais longtemps avant cette date, ce que l'on pourrait appeler l'ordre humain avait été déjà employé. Il peut se subdiviser : 1° l'ordre persique ou atlante, où la colonne est remplacée par une figure d'homme (de plus de 7 mètres de haut au temple de Zeus à Agrigente) correspond à l'ordre dorique ; 2° l'ordre cariatide, où une figure de femme tient la place de la colonne (à l'Erechthéion, fig. 48), rappelle l'ordre ionique*.
1. Des atlantes en forme de satyres accroupis soutenaient lavan» «rone ■■ théâtre de Dionvsios à Athènes.
L'AKT GREC
Les temples grecs. — Description générale. — Classification sommaire. — Le temple présente le type le plus caractéristique de l'architecture grecque. Il est construit sur un emplacement consacré entouré d'une cour et d'une enceinte avec les demeures des prêtres. Il ne repose pas sur le sol, mais sur un soubassement de pierre à degrés. Il se compose avant tout d'un sanctuaire [naos ou cella] où se trouve le simulacre ou la statue du dieu.
On distingue généralement les temples d'après le rôle que les colonnes jouent dans leur disposition. Le temple est dit à antes * quand les deux extrémités de la façade sont formées par le prolongement des murs de la cella et comprennent entre eux deux colonnes intermédiaires(fig.41);yo ros/j/e, quand cettefaçade est formée d'une rangée de quatre colonnes indépendantes, distinctes de la cella ; amphiprostyle, lorsque cette disposition se répète à la façade postérieure (fig. 42); périptère (fig. 44), lorsque la colonnade se prolonge le long des murs latéraux et fait ainsi tout * ® © © le tour du temple (le temple a au moins alors 6 colonnes de façade) ; diptère, lorsqu'il est entouré d'une double rangée de colonnes (8 colonnes au moins de façade).
Plus tard, Hermogènes, au temps d'Alexandre, supprimait, à Téos, un des deux rangs de colonnes , tout en laissant la même distance entre la colonne extérieure et le mur du sanctuaire, le bois remplaçant la pierre dans la couverture de
Fig. 40, — Cariatide.
Fig. 41.
Fig. 42.
pourtour. Ce fut le temple pseudodiptère '^. Rarement en
1. On appelle antes des piliers carrés formant l'extrémité des murs.
2, On peut supposer aussi un temple pseudodiptère à colonnes engagées.