LES TEMPLES
Fig. 43.
Grèce, mais plus souvent à l'époque romaine (Maison cari'ée de Nîmes), les colonnes du temple périptère, aa lieu d'être indépendantes des murs latéraux comme sur la façade, furent engagées dans ces murs : ce fut le temple pseudopériptère (fig. 43).
On peut aussi classer les temples d'après le nombre des colonnes d-^ leur façade, depuis 4 jusqu'à 12 (tétrastyle à la Victoire Aptère d'Athènes , dodécastyle au grand temple d'Eleusis), ou d'après le plus ou moins d'écartement des colonnes {pycnostyle lorsque l'entre-colonnement est de trois modules, c'est-à-dire de trois fois le diamètre de la base ; arxostyle, plus de six modules).
L'intérieur des temples d'une certaine importance (nous prendrons pour type le Pari lié trois parties. 1° Un vestibule {pronaos) était formé par le prolongement des murs de la cella et par un mur transversal. 2° Le sanctuaire proprement dit était comme partage en trois nefs par un double ordre de colonnes superposées, mais de telle sorte que la ligue inclinée des colonnes basses se continuait dans les colonnes supérieures ; cet ordre supérieur était parfois ionique même dans les temples doriques; c'est là qu'était placée la statue d'Athéna ; la décoration de ce sanctuaire était ies plus riches. « Qu'on se figure, dit M. Collignon, des colonnes décorées d'armes , de boucliers ; qu'on se figure des œuvres d'art, des tables votives, de somptueuses étoffes accumulées autour de la statuo de la déesse... Les églises byzantines peuvent seules nous donner une idée rJe ce qu'était la décoration du naos grec » 3" L'opisthodome ou pièce postérieure con-
Fîg. 44 — Plan du Parth^noi
tenait le trésor de la déesse et le trésor de la république; on y conservait aussi des souvenirs historiques, tels que le cimeterre de Mardonius *.
Dans la construction, la pierre était seule employée, saul pour la charpente du toit et pour la couverture de l'édifice ; mais même là, des plaques de marbre remplaçaient souvent les tuiles. Les pierres étaient appareillées sans liaison de mortier, les architraves étaient d'un seul morceau ; pour pouvoir élever plus facilement ces énormes pierres, on faisait parfois à leurs extrémités une entaille en forme d'U ou de fer à cheval, où des cordes pouvaient être engagées*.
Puissance des colonies et des iles : Samos, Ephése, Paestum, Agrigente, Sélinonte. — Mais au moment où se constituaient les types architectoniques de l'art grec, les colonies et les îles se trouvaient encore être plus puissantes et plus civilisées que la métropole. Samos, qui sous le tyran Polycrate avait joui d'une grande prospérité, possédait un tempre d'Héra lé plus grand du monde grec après le temple de Diane h Ephèse. Celui-ci, qui passait pour une des merveilles du monde, comptait 142 m. sur 75; ses colonnos monolithes avaient été données par Grésus. Commencé par Chersiphron, à la fin du vu® s., il fut continué par Métagènes, Bémétrios et Pœonios; il n'en reste rien. Au contraire, la Grande 'Grèce et la Sicile nous présentent encore des ruines admirables, où l'on peut juger de l'art un peu fruste, mais simple, énergique, de ces premiers temps, à Paestum, à Métaponte, à Syracuse, à Agrigente, à Tauroménium, à Ségeste, à Sélinonte. Sélinonte offre peut-être l'ensemble de ruines religieuses le plus considérable de l'Europe. On n'y compte pas moins
1. Un des problèmes qui ont le plus occupé les archéologues est celui de l'éclairage des teraple&. M. Chipiez l'a résolu d'une façon simple et ingénieuse dans le modèle en relief du Parthénon qu'on a vu à l'Exposition universelle de 1889, et dans les dessins qui se trouvent aujourd'hui à la Sorbonne. l'ourla décoration du Parthénon, voir la restitution de Loviot. (Ecole des beaux-arts.)
2. Cette disposition se voit dans les débris du temple de Zeus à Agrigente; l'entaille a 0'",14 de profondeur et 0'",05 de large.