LE PARTHENON
donna des dimensions plus fortes. Les métopes eurent un peu plus de hauteur que de largeur, afin de paraître carrées pour celui qui les voyait du sol ^. Le Parthénon était encore à peu près intact extérieurement à la fin du xvii^ siècle, (les Turcs en avaient fait une poudrière), lorsque Morosini et Kœnigsmark, vinrent mettre le siège devant Athènes (1687). Ils n'hésitèrent pas à diriger leurs bombes sur le monument, que les Barbare»
Fig. 50. — L'Érecthéion à Athènes.
avaient respecté. La toiture sauta, et un grand nombre de sculptures furent détruites. Ce qu'il en reste, soit à Athènes, soit au Musée Britannique, suffit à confirmer l'opinion de l'antiquité qui plaçait les statues et bas-reliefs du Parthénon au premier rang parmi les œuvres de l'art grec.
SCULPTURE
La sculpture est par excellence Tart de la Grèce, et au V® siècle cet art, en possession de toute la science, de toute l'habileté techrique qui lui est nécessaire, trouve dans le sentiment reagieux et national « une grandeur et une pureté d'inspiration qui ne seront pas dépassées »
t. Tout cela était un système raisonné qu'explique Vitruve.
% L'ART CxREC
Les prédécesseurs de Phidias : Myron à Argos, Kalamis à Athènes. — Phidias, comme on l'a vu, après avoir étudié à Athènes, avait achevé de former son talent à Argos à l'école d'Agéladas; il y rencontra Myron. Myron était déjà un novateur ; il donnait à ses figures plus d e mouvement et de liberté. Sa statue du Discobole parut de son tem|)S une œuvre pleine d'audace et est restée justement célèbre. Il excellait aussi dans la représentation des animaux : « Berger, dit une poésie grecque, fais paître ton troupeau plus loin, de peur que, croyant voir respirer la vache de Myron, tu ne la veuilles emmener avec tes boeufs. »
Lorsque Phidias revint à Athènes, le sculpteur jouissant de la plus grande notoriété était Kalamis, dont les sculptures du Theseion peuvent faire comprendre le style ' . Mais Phidias allait tellement dépasser Kalamis et Myron, que ces grands artistes, qui étaient presque ses contemporains, ne tardèrent pas à paraître notablement plus anciens, et qu'on oublia les progrès qu'ils avaient réalisés.
Phidias. Ses premiers ouvrages. — Phidias, en effet, fondit ensemble les qualités attiques et doriennes en y ajoutant son propre génie, et fut la personnification de l'art hellénique tout entier, en même temps que le plus grand artiste d'Athènes. Il travaille d'abord sous l'administration de Gimon. Il fait alors le groupe de bronze consacré à Delphes avec le butin de Marathon, groupe où il représenta Miltiade en compagnie de treize héros ; Y Athéna de Lemnos; YAthéna Promachos, qui se dressait sur un piédestal isolé au sommet de l'Acropole, à quelque distance à gauche du Parthénon, et dont on voyait la lance de l'entrée du golfe Saronique.
Le Parthénon. — Mais c'est de l'administration de Périclès que datent ses œuvres les plus célèbres : les
1. Le bas-relief d'Eleusis représentant Cérès faisant connaître Le blé à Triptolème n'a pas d'attribution certaine; mais c'est peut-être l'œuvre la plus remarquable qui nous reste de l'école attique immédiatement avant Pliidias.
MYRON, KALAMIS, PHIDIAS 97
frontons, la frise, les métopes et la statue de Pallas du Parthénon. Des parties qui subsistent encore, ce qui n'eii pas à Athènes est à Londres, sauf an des has-relitfg de la
frise, une métope et une
tête fort endommagée que l'on voit au Louvre. Le«< frontons ont donné lieu à des interprétations bien di ▼ erses : mais ces oeuvres mutilées, Tllissus, le Thésée, les Kharites, le groupe de Déméter et Coré, etc., n'en ont pas moins épuisf ladmiration. « La sublimité de lart grec y éclate, dit A. Tonnelle. Pourtant, comme ces mouvements sont naturels ! Il semble qu'ils ne puissent être autres, et que cp soil la nature ou la réalit<^ qui ce»-
Fig. 51. — Parthénon; frise orientale.
Fig. .52. — Partliéuou : frise orientale.
ëent d'être naturelles quand elles s'en écartent. » Nous pouvons mieux juger de la frise qui, courant tout le long de la colonnade, représente la procession des Panathénées et fait par conséquent défiler sous nos yeux toute U cité athénienne*. Quelle variété de gestes, de groupes et
1. Ou peut en voir im moulage à l'École dos beaux-arts. L'étude technique ^e cei œuvres offrirait aussi un grand intérêt; lo métal y était mêlé aroe dL^créSion au marbre : des te-ous dans la pierre et des traces do rouille prou»
Peyrk. — Hist. des B.-Arts. 6